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mon amoureuse (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


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te perdre,
c’est retrouver le néant des sables
avec ses os de seiches obstruant ma bouche,
c’est retrouver le jour encombré d’épluchures,
jonché de squelettes épineux.

toi perdue,
mes mains se videront de tout ce qui les faisait gémir ou trembler,
mes lèvres n’atteindront plus aux voiles du ciel frais,
les épines des rosiers ne serviront plus qu’à composer au monde
un visage barbelé.

toi perdue,
je serai ce corps neutre
où les angoisses font halte.

toi perdue,
je ne tiendrai dans mes bras
que ce tas de sable qui coule,
avec la mort embusquée dans le dernier grain.

(Tahar Djaout)

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mon amoureuse (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019


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te perdre,
c’est retrouver le néant des sables
avec ses os de seiches obstruant ma bouche,
c’est retrouver le jour encombré d’épluchures,
jonché de squelettes épineux.

toi perdue,
mes mains se videront de tout ce qui les faisait gémir ou trembler,
mes lèvres n’atteindront plus aux voiles du ciel frais,
les épines des rosiers ne serviront qu’à composer au monde
un visage barbelé.

toi perdue,
je serai ce corps neutre
où les angoisses font halte.

toi perdue,
je tiendrai dans mes bras
que ce tas de sable qui coule,
avec la mort embusquée dans le dernier grain.

(Tahar Djaout)

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Sous un air limpide (Norge)(Georges Mogin)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Sous un air limpide
un vase de légères fleurs
au bord de la mer
et sans que rien n’annonce un malheur

Le sable où quelques os de seiche
s’effritent. Quatre allumettes
mouillées par la marée. Un bouchon.

Monsieur, le temps est très calme.

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers

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Os de seiche (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



os de seiche,
barque volatile,
mon oiseau te piquera
de mille petits trous secs
goûtant sur sa langue
une idée d’océan.

(Katell Antoine)


Illustration

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Percevoir (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Percevoir avec le cerveau du chat
petit entre ses deux oreilles
mais de connexions très subtiles :
odeurs, présence, inaperçues de nous

regarder
avec les yeux à facettes des mouches

comprendre avec l’intelligence d’une seiche
immense, nous dit-on,
— et plus nous serions seiche,
plus la profonde mer nous bercerait.

Toutes ces versions du monde
inconnues
trouvons jouissance à songer à elles

qui nous observent
et
peut-être
ne nous envient pas d’être nous.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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LA FILLE QUI VA À LA MER (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2017



LA FILLE QUI VA À LA MER

Si blanche est la jupe que porte
la fille qui va à la mer !

Que ne la tache point, fillette,
l’encre de la seiche des mers!

Si blanches sont tes mains, fillette
qui t’éloignes sans un soupir !

Que ne les tache point, fillette,
l’encre de la seiche des mers!

Il est si blanc, ton coeur, fillette,
et si blanc aussi ton regard!

Que ne les tache point, fillette,
l’encre de la seiche des mers !

(Rafael Alberti)

 

 

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Le cimetière (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2015



Le cimetière

Ici sera ma tombe, et pas ailleurs, sous ces trois arbres.
J’en cueille les premières feuilles du printemps
Entre un socle de granit et une colonne de marbre.

J’en cueille les premières feuilles du printemps,
Mais d’autres feuilles se nourriront de l’heureuse pourriture
De ce corps qui vivra, s’il le peut, cent mille ans.

Mais d’autres feuilles se nourriront de l’heureuse pourriture,
Mais d’autres feuilles se noirciront
Sous la plume de ceux qui content leurs aventures.

Mais d’autres feuilles se noirciront
D’une encre plus liquide que le sang et l’eau des fontaines:
Testaments non observés, paroles perdues au-delà des monts.

D’une encre plus liquide que le sang et l’eau des fontaines
Puis-je défendre ma mémoire contre l’oubli
Comme une seiche qui s’enfuit à perdre sang, à perdre haleine?

Puis-je défendre ma mémoire contre l’oubli?

(Robert Desnos)

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