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Poésie

Posts Tagged ‘Seine’

Je viens de la rue (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Je viens de la rue aux travaux sans nombre,
j’ai vu l’arroseur matinal changer
le bord du trottoir en azur léger,
sur l’autre trottoir c’est encore l’ombre.

J’ai vu fuir, presque silencieuse,
une automobile merveilleuse,
et les petits bars, très en retard
sur le jour (ils n’ouvrent que le soir).

J’ai vu peu de chose et bien des choses,
la rosée au fond des parcs déserts,
la Seine où mouraient de froides roses,
les chalands de leurs panneaux couverts.

Que m’en restera-t-il dans dix années,
et dans trente, seul, geignant dans un lit?
Rien peut-être, une incertaine pensée,
ou bien tout un monde, épars dans ma nuit?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il était monté tout en haut de Notre-Dame (Jean-Paul Labaisse)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019




    
Il était monté tout en haut de Notre-Dame,
Se tenant, essoufflé, près du lourd carillon.
L’infirme caressait le fabuleux bourdon
Et la vue de Paris émerveillait son âme…

Sous ses pieds s’étendaient la Seine et ses bateaux,
L’île de la Cité, ses places, ses venelles,
Les flèches et les tours, tranquilles sentinelles…
Plus loin, c’était Montmartre et ses charmants coteaux.

Quasimodo pencha la tête et regarda :
Sur le parvis dansait la belle Esmeralda,
Créoles, caraco doré, châle vermeil.

Et le bossu, parmi les gargouilles sévères,
Les griffons, les serpents, les guivres, les chimères,
Rêvait d’un peu d’amour et d’un rai de soleil…

(Jean-Paul Labaisse)

 

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La Seine (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



La Seine a pavoisé ses avirons ses belles
ses oiseaux ses pontons ses bains froids ses ombrelles
sous le Trocadéro s’en vont les bateaux-mouches
les ans gris les ans blonds les baisers sur les bouches

(Armand Lanoux)

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Il faut définitivement quitter le royaume de l’enfance (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Il faut définitivement
quitter le royaume de l’enfance
ses sentiers vers la ligne des peupliers
à travers le stade Edmond Magnez
où se pressait la foule des dimanches
pour assister aux matches de football
ses carrés d’herbe à lapins
la grotte de la sorcière
qui nous maudissait
la digue des champs d’épandage
que nous dévalions en luge sur la neige
la ballastière et ses étangs
la décharge où gamins peu fortunés
nous récupérions les jouets abîmés
des gosses de riches
les gros tuyaux Bonna
dans lesquels nous nous cachions

Il faut définitivement couper le pont de Saint-Germain
Avec l’Ile du Bac
Mette les souvenirs dans un sac
Et le jeter dans la Seine.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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EN PASSANT PAR LYON (Eurydice El-Etr)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018




    
EN PASSANT PAR LYON

La Seine coule à Lyon,
et le Rhône à Paris.
Il faut changer quelquefois!

(Eurydice El-Etr)

 

Recueil: Je tousse de la lumière
Traduction:
Editions: La Délirante

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Paris blanc (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Paris blanc

La neige et la nuit
Tombent sur Paris,
À pas de fourmi.

Et la ville au vent
Peint l’hiver en blanc,
À pas de géant.

La Seine sans bruit
Prend couleur d’encens
Et de tabac gris.

À l’hiver en blanc,
Le temps se suspend,
À pas de fourmi.

A pas de géant
Tombent sur Paris
La neige et la nuit.

(Pierre Coran)

Illustration: Robert Doisneau

 

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L’ÉQUINOXE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018




    
L’ÉQUINOXE

Un coq à d’autres coqs répond. Le temps est gris,
L’équinoxe roulant ses tonneaux à grand-peine
Depuis la mer du Nord jusqu’aux bords de la Seine
À travers les odeurs, les éclairs et les cris.

Le corps décapité de l’évêque Denis
Saigne avec les raisins d’Argenteuil et Suresnes.
On enchaîne à des chars des héros et des reines.
Les temples, un à un, croulent sur les parvis

Mais, tout à l’heure encore, un arc-en-ciel de nuit
Enjambait la vallée et la lune vers lui
Roulait. Le jour parut et tout ne fut que brume.

Mérite-t-il vraiment le nom de jour, ce jour
Dont s’encrasse la ville et la vie et l’amour ?
Oui, car la flamme enfin, dans le brouillard s’allume.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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Revoir Paris (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018


 


 

Revoir Paris

Revoir Paris
Un petit séjour d´un mois
Revoir Paris
Et me retrouver chez moi
Seul sous la pluie
Parmi la foule des grands boulevards
Quelle joie inouïe
D´aller ainsi au hasard
Prendre un taxi

Qui va le long de la Seine
Et me revoici
Au fond du Bois de Vincennes
Roulant joyeux
Vers ma maison de banlieue
Où ma mère m´attend
Les larmes aux yeux
Le cœur content

Mon Dieu que tout le monde est gentil
Mon Dieu quel sourire à la vie
Mon Dieu merci
Mon Dieu merci d´être ici

Ce n´est pas un rêve
C´est l´île d´amour que je vois
Le jour se lève
Et sèche les pleurs des bois
Dans la petite gare
Un sémaphore appelle ces gens
Tous ces braves gens
De la Varenne et de Nogent

Bonjour la vie
Bonjour mon vieux soleil
Bonjour ma mie
Bonjour l´automne vermeil
Je suis un enfant
Rien qu´un enfant tu sais
Je suis un petit Français
Rien qu´un enfant
Tout simplement

Paris

(Charles Trenet)

 

 

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Seine, va (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



Seine, va

S’il faut que tu partes pars, pars mon ami(e)
Du jour où l’on vient le départ est promis
L’amour a glissé à travers mes anneaux
Je n’ai pas su fermer les doigts sur ton eau

Seine va
Tu me quittes déjà
Seine va
Je ne te retiens pas

Tu dois t’en aller quand moi je t’aime encor
Je suis dans ma barque enchaîné à ton bord
Je vois chaque instant t’éloigner de ma rive
La goutte est partie une autre goutte arrive

Sur ta peau je pêchais avec ce roseau
Cette canne que je glissais sur tes eaux
Après moi plus loin des pêcheurs inconnus
Dans ce même flot vont plonger leurs bras nus

Même en t’en allant tu sembles t’arrêter
Dis-moi si tu vas vraiment de ce côté
Dis-moi si tu vas un jour me revenir
Dis-moi si déjà tu n’es qu’un souvenir

Cette eau dans mes yeux cette eau sur mon visage
Vient-elle de toi vient-elle des nuages
Vient-elle du fleuve en larmes sous les cieux ?
Elle vient de moi cette eau-là dans mes yeux

Seine va
Tu me quittes déjà
Seine va
Je ne t’oublierai pas

(Guy Béart)

 

 

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Le Beau Temps (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2017



Le Beau Temps

La cerise commence à rougir,
mon cœur à n’avoir plus de peine,
et les lavandières à rire
le long de l’Oise et de la Seine.

Assis à l’ombre du village,
je ne me lasse point d’admirer,
d’ici au fond du paysage,
l’herbe à lapin aux fleurs dorées.

Sur un mur frissonnant de lierres,
avec leurs couronnes aux bras,
les croix de fer du cimetière
font une ronde tout là-bas.

Est-il bien utile d’agir ?
Entre mes doigts fleure une rose.
La cerise commence à rougir.
Ah ! Phébus, laissons faire aux choses

et se coiffer d’autres villages,
comme de gais bonnets pointus,
ces villages près des nuages
dans les bleus lointains confondus.

(Paul Fort)

 

 

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