Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘s’élargir’

NAISSANCE DE LA MER (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

Ana Cruz cc

NAISSANCE DE LA MER

Au terme de ma course,
je me laisse tomber.
La terre vient à moi
comme une récompense.

La terre sur ma joue,
la terre sous mes paumes,
et je puis m’élargir
à lui cacher le ciel.

Un vaste écho de vagues
monte gonflé d’odeurs
et roule ses galets
à travers ma fatigue.

Un torrent taciturne
qui s’enfle sous les herbes
et prend la voix de l’homme
dont je porte le nom.

(Axel Toursky)

Illustration: Ana Cruz

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chant du matin (Nakahara Chûya)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Illustration: Herbert Bayer
    
Chant du matin

Au plafond surgit une couleur rouge
Par la fente de la porte filtre la lumière,
Souvenirs rustiques de fanfare militaire
De mes deux mains que faire ? Oh non rien à faire.

Des oiseaux on n’entend aucun chant
Le ciel aujourd’hui doit être d’un bleu pâle,
Contre un cœur humain qui s’écoeure
Que dire ? Oh non rien à dire.

Dans une odeur de résine le matin s’afflige
A jamais perdus tous ces rêves divers,
Les arbres serrés dans la forêt résonnent au vent !

Tandis que s’élargit sereinement l’azur,
Le long des berges s’en vont filant
Toujours si splendides tant de rêves divers !

(Nakahara Chûya)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Nakahara Chûya Poèmes
Traduction: Yves-Marie Allioux
Editions: Picquier poche

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE VIEILLARD ET LES NYMPHES (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



Illustration: Palma le Vieux
    
LE VIEILLARD ET LES NYMPHES

Un vieillard aveugle habite la montagne.
Pour avoir regardé les nymphes, ses yeux sont morts, voilà longtemps.
Et depuis, son bonheur est un souvenir lointain

« Oui, je les ai vues, m’a-t-il dit : Helopsychria, Limnanthis ;
elles étaient debout, près du bord, dans l’étang vert de Physos.
L’eau brillait plus haut que leurs genoux.

« Leurs nuques se penchaient sous les cheveux longs.
Leurs ongles étaient minces comme des ailes de cigales.
Leurs mamelons étaient creux comme des calices de jacinthes.

« Elles promenaient leurs doigts sur l’eau
et tiraient de la vase invisible les nénufars à longue tige.
Autour de leurs cuisses séparées, des cercles lents s’élargissaient… »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon Dieu je sais que vous n’entendrez pas cette prière (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Mon Dieu je sais que vous n’entendrez pas
Cette prière,
Votre monde n’est qu’un seul corps
Une seule âme.

Comment cette voix faible qu’est la mienne
Une poussière à peine
Monterait-elle jusqu’à vous
Qui là-haut dans les siècles des siècles

Les sphères des sphères sans horizons
Écoutez la rumeur unanime
De la matière et de l’esprit
Mêlée à tous les autres sons?

Pourtant elle monte ma voix
Et comme un cercle s’élargit
Couvrant toute la mer
Où bat le grand coeur unanime.

Comme la vague sur le bord
Dépose un tas de coquillages
Ma prière fait de l’or
De tout ce qu’elle touche au fond des âges.

(Franz Hellens)

Illustration: William Blake

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retouche à minuit (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017




    
retouche à minuit

Les coups de la pendule
autant de graviers
dans le miroir
les ondes s’élargissent, effaçant jusqu’au noir de la fenêtre,
et d’un coup se resserrent
jusqu’à mon poing sur la table.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les Marquises (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017





    Les Marquises

Ils parlent de la mort comme tu parles d’un fruit
Ils regardent la mer comme tu regardes un puits
Les femmes sont lascives au soleil redouté
Et s’il n’y a pas d’hiver, cela n’est pas l’été
La pluie est traversière, elle bat de grain en grain
Quelques vieux chevaux blancs qui fredonnent Gauguin
Et par manque de brise, le temps s’immobilise
Aux Marquises

Du soir, montent des feux et des points de silence
Qui vont s’élargissant, et la lune s’avance
Et la mer se déchire, infiniment brisée
Par des rochers qui prirent des prénoms affolés
Et puis, plus loin, des chiens, des chants de repentance
Et quelques pas de deux et quelques pas de danse
Et la nuit est soumise et l’alizé se brise
Aux Marquises

Le rire est dans le cœur, le mot dans le regard
Le cœur est voyageur, l’avenir est au hasard
Et passent des cocotiers qui écrivent des chants d’amour
Que les sœurs d’alentour ignorent d’ignorer
Les pirogues s’en vont, les pirogues s’en viennent
Et mes souvenirs deviennent ce que les vieux en font
Veux-tu que je te dise : gémir n’est pas de mise
Aux Marquises

(Jacques Brel)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Le ciel s’élargira (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Illustration: Edouard Vuillard
    
Le ciel s’élargira
Nous en avions assez
D’habiter dans les ruines
du sommeil.

(Paul Eluard)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Autant la vision s’élargit (Al’Niffari)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



 

Autant la vision s’élargit, autant la phrase se rétrécit.

(Al’Niffari)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Dans ce bistrot mal famé (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Edouard Manet 
    
dans ce bistrot mal famé
les servantes apportaient sur des plateaux de lèvres les jupons usés
fanés de leurs rires d’antan

les clients tous buvaient au même verre où leurs langues cherchaient
le stigmate du baiser en vain espéré coursé traqué une vie durant

sur les écrans des yeux grands d’une fille solitaire de farouches
ombres s’embrassaient bouche à bouche ses mains d’écume
dessinaient l’espoir

d’un fol amour fou
tout son jeune être adhérait
n’était qu’une unique pensée

Elle n’entendait pas le choc que produisaient s’entrecognant les
épaves des voix éraillées des hommes attablés — ombres —

Un amas opaque de fumée enlaçait ses tentacules brumeux
à l’asphalte de leur chevelure hirsute que la main fatiguée
des ans avait décoiffée.

là dans ce bistrot mal famé je te vis TOI
que j’avais patiemment tissé de rêves
ne m’oublie pas dans
tes pleurs
pleur de la nuit sur la paupière qui
ne veut pas s’ouvrir au
jour
pleur de feu sur les doigts qui veulent
griffer
non caresser

ne m’oublie pas dans
tes pleurs
pleur de la fange dans
un amour qui s’élargit comme
manche défaite
ne peut s’extérioriser

pleur de l’encre dans un lit
que creusèrent deux ombres
érotiques
ne m’oublie pas dans
tes pleurs
pleur de la lumière dans un
tunnel où grimacent multicolores
des affiches de vie

pleur du silence
à des lèvres frémissantes
adolescentes
ne m’oublie pas dans
tes pleurs

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: … Et nous apprîmes
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

BERCEUSE ? CELLE-CI — TIENNE (Aïgui)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2016



Anna Nordgren  (1847-1916) - Rest  [1280x768]

BERCEUSE ? CELLE-CI — TIENNE

es-tu
grande ou petite? toi qui
de toute-toi — transformes
mon coeur en berceuse / les jours
passent pour nous
comme des années / ô davantage :
qui crées tout / toi ô enfant / par la berceuse
de moi-même : saisit — et s’élargit
cette sonorité — venue du coeur même
dirait-on du par-le-monde-entier-cher ! et tournoie en tour — du tréfonds

du petit-énorme
toi

(Aïgui)

Illustration:  Anna Nordgren

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :