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Posts Tagged ‘s’élever’

Trouve l’Amour de tous les commencements (Dîn Doyal)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2023



    

Trouve l’Amour de tous les commencements,
Connais-le,
Alors chaque jour est émotion durable
Jamais ne se rompra le commencement.
Si le doux sage joue, subtil, du Plein Amour,
Pierre précieuse,
Lotus flottant sur le lac,
Alors la lune s’élève dans le ciel bleu,
L’étoile accrochée,
Les deux prises l’une à l’autre ;
Deux lettres enlacées pour être,
Trois pour le rituel,
L’extase portée vers.

L’Amour agit
Si tu sais mourir vivant à l’Amour,
Immortel tu deviendras dans le monde mortel

Trouve l’Amour de tous les commencements,
Connais-le.

(Dîn Doyal)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Telle qu’une pluie de fleurs (Mâgha)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2023




    
Telle qu’une pluie de fleurs,
il tombait une averse de perles
sur la poitrine d’un amant,
comme si le collier de la jeune maîtresse
avait dit en se rompant :
« Honneur à celle qui a vaillamment supporté
le choc de cette région des seins !

Des sons inarticulés, un murmure bas et doux,
des paroles sollicitant la pitié,
des expressions pleines d’amour,
des mots qui imposaient la défense,
les cris d’oiseau des parures, semblables à des rires :
tout s’élevait alors dans une jeune femme
à la puissance d’une incantation d’amour.

(Mâgha) (VIIe siècle)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dès que le bras levé tu heurtes les étoiles (Joy Goswami)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2023




    
Dès que le bras levé tu heurtes les étoiles
De l’eau s’élève un souffle parfumé
Ayant cueilli une ou deux étoiles de la main
Tu les remets en place à l’arrivée du matin

(Joy Goswami) (1954)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Assis avec ma femme au début du printemps (Xu Junqian)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
Assis avec ma femme au début du printemps

Toilettes et parures audacieuses,
Tu t’apprêtes toujours d’avant-garde.
L’herbe encore courte perce au travers des sandales
Les prunes en promesse détachent leur parfum d’à venir
Les arbres s’inclinent pour cueillir ton châle de brocarts
Et l’air s’élève délicat puis dégage ton col écarlate
Remplis ma coupe de vin d’orchidée !
Cette seule vue fait chanter mon esprit.

(Xu Junqian)

(540-609)

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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L’esprit de la rivière (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
L’esprit de la rivière

Je joue avec toi par les Neuf rivières.
Les vents furieux s’élèvent soulevant les vagues.
Je conduis le char d’eau, au dais de lotus,
Tiré par deux dragons qu’accompagnent deux serpents d’eau.
J’arpente le Kun Lun fixant mon regard aux quatre points cardinaux.
Mon coeur s’élance vers les cieux — mon coeur agité d’impatience.
Alors que le soleil se couche, dans ma douleur, j’oublie de m’en aller.
Songeant à la distance accomplie, je m’allonge éveillé.
Sa maison d’écailles aux salles de dragon,
Aux portes de porcelaine pourpre — palais de perles.
Que fait l’esprit des eaux caché au fond de l’onde ?
Il chevauche une tortue blanche que suit une horde de poissons tachetés.
Je joue avec toi entre les îlots de la rivière.
Sauvages sont les eaux nées du ressac.
Tu prends ma main et me conduis jusqu’aux rivages du midi.
Les vagues, de houle en houle, nous saluent
Et les poissons, de banc en banc, forment ma suite nuptiale.

(Anonyme)

Le Recueil des chants du Sud (Chuci)
(IV III siècles : période des Royaumes combattants)

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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Icebergs (Louis MacNeice)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2022




    

Icebergs

Si sous les eaux les icebergs étaient capables de chaleur
Nul ne grimacerait à leurs sommets dentés,
S’élevant et plongeant sur la houle
Ils pourraient signaler que tout est pour le mieux.

Mais dans les eaux obscures les icebergs sont froids,
Aussi froids à la base que blanchis à la crête,
Et ceux qui plongent pour en avoir la preuve
Peuvent ne trouver aucun indice qui change leur opinion.

Il n’y a pas de mots sous l’eau,
Pas davantage de locutions,
De phrases, excepté celle
Qui vous informe que votre vie est terminée

Et que ce dont vous avez joui
N’était que la neuvième ou la dixième partie;
Le reste, simple claque à ceux qui osèrent supposer
Les icebergs sous l’eau capables de chaleur.

***

Icebergs

If icebergs were warm below the water
One would not wince at their jagged tops,
Lifting and dipping on the swell
They still might signal all was well.

But icebergs are cold in the dark water,
Cold their base as white their crest,
And those who dive to check the fact
Can find no signal to retract.

There are no words below the water,
Let alone phrases, let alone
Sentences – except the one
Sentence that tells you life is done

And what you had of it was a mere
Ninth or tenth; the rest is sheer
Snub to those who dared suppose
Icebergs warm below the water.

(Louis MacNeice)

Traduction de Marie Etienne

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Naufragés (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2022



Naufragés

Poussé par l’immonde marée de l’époque moderne
Et naufragés par sa fureur informe qui ne cesse de croître,
Sachons nous élever jusqu’à l’obscur qui nous est propre, et dessiner
De nouveau les traits d’un visage aux proportions exactes.

(William Butler Yeats)

 

 

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AUTOMNE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2022



automne [800x600]

AUTOMNE

Automne, automne, automne, oh,
La saison de l’ancolie
La saison où les tonneaux
Se remplissent de folie,

Saison du blaireau, du loir
Et des premiers doigts du froid,
Bords de la Loire ou du Loir
— Monte la fumée des rois —

Automne, automne, automne, oh,
Un maigre fagot de bois
Des paraphes infernaux
Sur le ciel glacé de droit,

Puis des brumes ravigotes,
Des écharpes de velours,
Des guivres, des matelotes
Des rumeurs et des tambours

Automne, automne, automne, oh.
C’est la rentrée des écoles,
C’est la rentrée des tonneaux
Des rouliers de Picrochole.

La poix des matins des soirs.
Jeux brutaux et têtes-bêches,
Le morne ennui des dortoirs.
Les souliers et les bobèches.

Automne, automne, oh, chenu
Mon coeur se fond d’amertume
Les bois, les taillis sont nus
Le givre aux lampes s’allume.

Mon enfance vous évoque
Tandis qu’un soleil léger
Pâle comme oeuf à la coque
S’élève sur les vergers.

Oh garde-moi ma présence
Là-bas près des figuiers bleus
J’y reconnais mon enfance
Mon petit sarrau de serge

Sous le regard des persiennes
Où dorment ceux que j’aimais
J’y entends des voix anciennes
Qui ne se tairont jamais.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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Si plus rien tout à coup n’était inexprimable (Marcel Havrenne)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022



Si plus rien tout à coup n’était inexprimable,
on entendrait s’élever le choeur le plus harmonieux du monde ;
un ensemble sans fin de banalités glorieuses.

(Marcel Havrenne)

Illustration

 

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Susurre le vent (Wang Bo)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration: Shen Zhou  
    
Susurre le vent : ombres, fraîcheurs
Purifiant pour moi vallons et bois
Il fouille, près du torrent, la fumée d’un logis
Et porte la brume hors des piliers de montagne

Allant, venant, sans jamais laisser de traces
S’élève, s’apaise, comme mû par un désir
Face au couchant, fleuve et mont se calment :
Pour vous, il éveille le chant des pins

(Wang Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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