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La passion de t’inventer d’un néant (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021



 
    
La passion de t’inventer d’un néant me fait
écrire, un simple filament, bientôt un autre
signe, un tissu fébrile et nous avons un cheval
entier avec le son et l’exactitude du nom.

J’ignore ta robe, mais tu portes le champ,
la liberté et la force que j’expérimente en toi.
Là où tu vas, cheval, si rapide, si fougueux
ou trottant paisiblement sans selle et libre, libre !

Je parcours cette terre comme un sein amoureux,
tu cours déjà dans mon corps avec la vie du feu,
ta passion m’aveugle et embrase ma terre.

C’est toi qui me nourris avec les mots justes
qui émanent de ton élégance et de ton rythme,
et m’élèvent à une vie pure et verticale.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Aurore printanière (Su Shih)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2016



Eclairant la campagne la lune caresse les vaguelettes.
Traversant le firmament les couches de nuages s’estompent.
Sous son garde-boue, mon cheval trotte encore, allure fière;
Moi ivre, je désire céder au sommeil sur l’herbe parfumée.
Miracle de l’instant: tout un ruisseau de vent et de lune:
Que point ne soit piétiné ce jade parfait!
Je défais la selle, m’adosse au saule près du pont.
Au premier cri du coucou, aurore printanière.

(Su Shih)

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