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Poésie

Posts Tagged ‘semblable’

SIRÈNES (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



 

Illustration: Victor-Louis Mottez
    
SIRÈNES

Pensée funeste,
Toi qui embrases et qui troubles l’amour
Afin que je me tourne inlassablement vers le haut,
Tu modifies, impatiemment, les apparences
Et, avant même que je touche au but
Et me détrompe,
A d’autres songes déjà tu m’enchaînes.
Semblable à cette mer inquiète et flatteuse
Qui offre et cache au loin
L’île fatale,
Multipliant tes leurres,
Tu mènes qui encore espère
A la mort.

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chaque jour en des instants semblables quelqu’un, quelque chose (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019




    
QUELQU’UN, QUELQUE CHOSE

chaque jour
en des instants semblables
quelqu’un, quelque chose, sous quelle forme?
me rejoint — chaque jour — me rejoint –
m’enfonce le visage dans un sac et là, me terrorise et me fait mal
mêlé au grain, dans l’odeur d’écurie
ou
d’étable — chaque jour — me terrorise et me fait mal
c’est
c’est sa fonction, son rôle
voici exactement ce qui se passe, ce qu’il advient de moi au présent
lorsque
la chose approche, m’empêche — tête dans le sac — de respirer
c’est pour
c’est pour t’apprendre l’humilité
me dit une voix que je puis qualifier encore d’humaine
c’est pour cela
que
chaque jour, en des instants semblables,
la vie
se rétracte un peu plus encore
plus pénible
voici

(Franck Venaille)

 

Recueil: Ça
Traduction:
Editions: Mercure de France

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REPOS NOCTURNE (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019




Illustration: Pascal Renoux
    
REPOS NOCTURNE

Soir. Deux jardins plus loin fait rage le printemps
et des corsaires se glissent dans le noir.
Quelque part des ongles se battent pour une fourrure. Cris
pour des miettes d’amour. Oreilles mordues.
Le rut guerrier d’une nuit de printemps.

Presque oublié comment, plein d’une rage semblable,
je chassais dans le noir, comment toi plus fourbe encore
qu’une chatte tu enfonçais tes ongles dans trois coeurs.
Il y a longtemps de cela et comme tu es toujours belle.

J’ai compté un par un les jours
et avec les meilleurs mots que j’ai :
je t’aime. En toi je trouve un lit.

Et c’est le renouveau et nous partageons ici
la même nuit avec tout ce que cela dit.

***

NACHTRUST

Avond. Twee tuinen verder woedt het voorjaar
en sluipen kapers door het donker.
Ergens vechten nagels om een yacht. Gekrijs
om kruimels liefde. Stukgebeten oren.
De krolse oorlog van een voorjaarsnacht.

Bijna vergeten hoe ik met dezelfde woede
door het donker joeg, hoe jij nog valser
dan een kat je nagels in drie harten sloeg.
Wat is het fang geleden en wat blijf je mooi.

Ik heb de dagen één voor één geteld
en met de beste woorden die ik heb:
ik hou van je. In jou vind ik een bed.

En het is lente en we delen hier
dezelfde nacht met alles wat dat zegt.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

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Les amusements m’ont ennuyé (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019



Illustration: Joane Michaud
    
Les amusements m’ont ennuyé –
Dans l’ennui, au fond de l’ennui
Une fleur,
Une découverte de couleur claire
Souvent.
Mais trop respirée, trop aimée –
Trop semblable à moi devient-elle
Tourment, devient-elle,
Amère, intense, implacable…
Je recours au plaisir qui ennuie.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme il a des gestes semblables (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2019



Je regarde avec toi occupant tout l’écran
une scène d’amour Comme il a des gestes semblables
l’acteur principal

(Tawara Machi)

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Derrière les étoiles (Daniel Leduc)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2019



Derrière les étoiles
d’autres étoiles
se nomment

l’inconnu

toujours semblable
au différent

bouche
qui vocifère
son silence

tourbillon
extatique

d’une mémoire
sans
temps

La lumière
nous partage
nous
défragmente aussi

lien
qui lie
l’un à l’autre

autant
qu’il nous relie
à nous-même

épaisseur
de la page invisible
que l’on tourne
à peine
lorsque
l’on meurt

(Daniel Leduc)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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POÈME MATINAL (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2019



Illustration de l’auteur
    
POÈME MATINAL

Semblables au panache de fumée
qui en apparence s’élève du néant
ainsi apparaissent sur la page blanche
les premiers mots.
un nouveau poème
gouttes de rosée scintillantes
sur les pétales de l’aurore.

***

MORGENGEDICHT

So wie manchmal eine Rauchwolke
aufsteigt anscheinend aus dem Nichts
erscheinen auf dem weißen Blatt
die ersten Worte,
ein neues Gedicht:
Tautropfen, die glitzern
auf den Blütenblättern des Tagesanbruchs.

***

晨 诗

就像有时一缕烟

显然不知从何处冒出来一样,
出现在这张白纸上的,
第一句话,
一首新诗:

露珠在黎明的
花瓣上闪闪发光。

原 作:比利时 乔曼·卓根布鲁特

***

POEMA MATINAL

Como a veces un penacho de humo
aparentemente surge de la nada
aparecen sobre la hoja blanca
las primeras palabras
un nuevo poema
gotas de rocío que brillan
sobre los pétalos del amanecer.

***

OCHTENDLIJK GEDICHT

Zoals soms een rookpluim
ogenschijnlijk opstijgt uit het niets
verschijnen op het witte blad
de eerste woorden
een nieuw gedicht:
dauwdruppels die glinsteren
op de bloembladeren van de dageraad.

***

MORNING POEM

Sometimes, like a plume of smoke
rises somehow from nowhere,
appears suddenly on the white sheet
the first words,
a new poem:
dewdrops glittering
on the petals of dawn.

***

POESIA DEL MATTINO

Come a volte un pennacchio di fumo
sembra salire all’apparenza dal nulla,
così appaiono sul foglio bianco,
le prime parole,
di una nuova poesia:
gocce di rugiada che luccicano
sui petali dell’alba.

***

POEMA MATINAL

Como um penacho de fumaça às vezes
surge aparentemente do nada
aparecem sobre a folha branca
as primeiras palavras
um novo poema:

gotas de orvalho que brilham
sobre as pétalas do amanhecer.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 590
Traduction: Français Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Chinois William Zhou / Espagnol Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo DegraziaEditions: POINTS

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A chacun de tes retours (Paula Ludwig)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2019



Illustration
    
A chacun de tes retours
il me semble
que c’est la première fois que je te vois :

Une poussière d’argent s’envole de mon âme
semblable aux chatons de saule
lorsque le vent printanier
les émeut pour la première fois.

*

Quand le froid devient trop vif
eux aussi
les oiseaux résignés
poussent un dernier cri
avant que leur cœur ne s’arrête.

***

Immer wenn du zurückkommst
ist mirs
als sähe ich dich zum erstenmale;
Silbern stäubt es aus meiner Seele
wie aus den Weidenkätzchen
wenn der Frühlingswind
sie zum erstenmale berührt.

*

Wenn die Kälte zu groß wird
dann stoßen auch sie
die geduldigen Vögel
einen Schrei aus
eh das Herz ihnen still steht.

***

每次你回来
在我看来
就像我第一次见到你:
银色的它像柳絮一样
从我的灵魂飞出
当春风第一次
触摸它们的时候

*

当寒冷变得太严酷时
那么生病的鸟儿也
要在心脏
停跳之前大叫一声

***

Each time you come back
It seems to me
as if I see you for the first time:
Silvery it flies up from my soul
like willow catkins
when the spring breeze
touches them for the first time.

*

When the cold becomes too big
then the patient birds also
raise a cry
before the heart stops.

***

Cada vez que vuelvas
me parece
como si te viera por primera vez:
Plateado cae por mi alma.
como candelillas de sauce
cuando la brisa de primavera
las roza por primera vez.
***
Cuando el frío se hace demasiado grande
entonces también chillan
las aves pacientes
un grito
antes de que pare el corazón

***

Telkens als je terugkomt
lijkt het mij
alsof ik je voor de eerste keer zie:
Zilverig stuift het uit mijn ziel
zoals uit de wilgenkatjes
als de voorjaarswind
ze voor het eerst beroert.

*

Als de koude te groot wordt
dan stoten ook zij
de geduldige vogels
een kreet uit
alvorens hun hart stilstaat

***

Each time you come back
It seems to me
as if I see you for the first time:
Silvery it flies up from my soul
like willow catkins
when the spring breeze
touches them for the first time.

*

When the cold becomes too big
then the patient birds also
raise a cry
before the heart stops.

***

Ogni volta che torni
mi sembra
come ti vedessi per la prima volta:
Si libra d’argento dalla mia anima
come amenti
quando la brezza di primavera
li tocca per la prima volta.
***
Quando il freddo si fa insopportabile
allora anche gli uccelli pazienti
alzano un grido
prima che il cuore si fermi.

***

Cada vez que voltas
me parece a primeira vez:

Cor de prata cai na minha alma.
como lágrimas de salgueiro
quando a brisa da primavera
toca-as pela primeira vez.

*

Quando o frio se faz demasiado
também, então, chilreiam
as aves pacientes
um grito
antes que pare o coração.

(Paula Ludwig)

 

Recueil: ITHACA 589
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Allemand original / Chinois William Zhou / Français Germain Droogenbroodt / Espagnol Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia
Editions: POINTS

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Il est des jours (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2019



Illustration 
    
Il est des jours

Comme les autres
Ni tout à fait semblables

Les jours
Où l’on sait

Que les nuages là-bas ne seront plus jamais les mêmes

Que la mer se retire pour encore revenir

Que la joie de Jean-Sébastien demeure

Qu’il y a des mots pour tout dire

Des jours

Où je dis merci au monde
De me garder encore

Un peu

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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COMMENT (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2019




    
COMMENT

Comment puis-je te le dire? Tu es proche irrésistiblement,
Tu es tel un fruit qui éclate dans le cœur,
Tu es le nom que porte la bouche muette
Semblable à une mer dans la paume de la terre.
Je palpe, et envie ma main qui palpe;
Palper, j’aspire à palper.
L’angoisse face à ce moment immobile ne passe pas:
Tu es ici à l’intérieur, ici est ici à l’intérieur.
Ici brûle le feu de l’âme,
Mais ne consume pas le feu du cœur.

***

¿Cómo decirte? Estás insoportablemente cerca,
Eres fruta que estalla en el corazón,
Eres el nombre que lleva la boca muda
Como un mar en la palma de la tierra.
Toco y envidio mi mano que toca;
Y tocando, anhelo tocar.
No cesa el miedo en este instante inmóvil:
Estás aquí dentro, aquí es dentro de aquí.
Donde arde el fuego del alma,
Donde sin calcinarse arde el corazón.

***

爱的魔法
如 何

如何说呢?你靠得太近让人难以承受,
你是心中爆裂的果实,
你是喑哑的口中含着的名字
就像地球掌心里的海。
我触摸,并羡慕我触摸的手;
触摸着,我渴望去触摸。

这静止的时刻让人恐惧:
你被层层包裹在这里的最深处。
灵魂之火在这里燃烧,燃烧。
这颗心燃烧不尽。

***

HOW

How can I tell you? You are unbearable close,
You are fruit bursting in the heart,
You are the name the mute mouth bears
Like a sea in the palm of the earth.
I touch, and envy my touching hand;
Touching, I yearn to touch.
The fear at this motionless moment doesn’t pass by:
You are here inside, here is inside here.
Here burns the fire of the soul,
Not consuming the fire of the heart.

***

HOE

Hoe kan ik het je zeggen? Je bent ondraaglijk dichtbij,
Je bent als fruit dat openbarst in het hart,
Je bent de naam die de mond sprakeloos draagt
Zoals een zee in de palm van de aarde.
Ik raak je aan en ben jaloers op mijn aanrakende hand;
Aanraken, ik verlang om aan te raken.
De angst op dit roerloze moment gaat niet voorbij:
Je bent hier binnenin, hier is hier binnen.
Hier brandt het vuur van de ziel,
Maar verbrandt het vuur niet van het hart.

***

WIE

Wie soll ich es dir sagen? – Du bist unerträglich nah.
Du bist die aufplatzende Frucht im Herzen.
Du bist der Name, der vom stummen Mund getragen wird
Wie ein Meer in der Handfläche der Erde.
Ich berühre und beneide meine berührende Hand,
Berührend und sehne mich danach zu berühren.
Der Schreck dieses unbeweglichen Augenblicks vergeht nicht:
Du bist hier drinnen, hier ist hier drinnen.
Hier brennt das Feuer der Seele,
Aber es löscht das Feuer des Herzens nicht.

(Amir Or)

 

Recueil: ITHACA 583
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Amir Or – Fiona Sampson / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck
Editions: POINTS

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