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Posts Tagged ‘s’embraser’

TON FEU QUI TRANSFORME (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019




    
TON FEU QUI TRANSFORME

Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale,
Sanctifie cette vie en la consumant dans Ton feu.
Soulève mon corps afin de le convertir
En une lampe de Ton tabernacle,
Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale.

Que Tes caresses dans le noir, de membre en membre,
Fassent s’épanouir toute la nuit de nouvelles étoiles.
Les traces d’ombre disparaîtront des regards, mes yeux
Ne percevront que Ta lumière de tous côtés.
Toute ma souffrance s’embrasera vers le haut.
Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Prologue (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



 

Kandinsky

Prologue

De la pensée aux mots,
un monde.

Dès qu’ils viennent en gros,
la ronde.

De la phrase à la phrase,
la stance.

Des couplets qui s’embrasent,
la danse.

Du chagrin à l’oubli,
un antre.

Sous toute philosophie,
le ventre.

Des coulisses aux décors,
un voile.

Du trépas à la mort,
un râle.

De la graine à l’épi,
un germe.

Du néant à la vie,
le sperme.

Du mineur au ministre,
un rang.

Et du lord jusqu’au cuistre,
un temps.

Du génie au crétin,
un gène.

Du raté au malin,
la veine.

Du gendarme au voleur,
un rôle.

En tout un, son tricheur,
son drôle.

Du vice à la vertu,
un tour.

De la mode au rebut,
un jour.

De ta main à la mienne,
un choix.

De l’amour à la haine,
un pas.

De la phrase à la phrase,
la stance.

Des couplets qui s’embrasent,
la danse !

(Esther Granek)

Illustration: Kandinsky

 

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AVEC TOI (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2018



Illustration
    
AVEC TOI

Turquoise rafale fuient
Par couples les perroquets
Véhémences
Le monde flambe
Un arbre
Bouillonnant de corbeaux
S’embrase sans brûler
Immobile
Parmi les hauts tournesols
Tu es
Pause de la lumière
Le jour
Un vaste mot clair
Battements de voyelles
Tes seins
Mûrissent sous mes yeux
Ma pensée
Est plus légère que l’air
Je suis réel
Je vois ma vie je vois ma mort
Le monde est réel
Je vois
J’habite une transparence

(Octavio Paz)

 

Recueil: Versant Est
Traduction: Yesé Amory,Claude Esteban,Carmen Figueroa,Roger Munier,Jacques Roubaud
Editions: Gallimard

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Bois l’eau vivante (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




    
« Bois l’eau vivante, disait-elle,
anime le tambour.

Rassemble tes choses aussi, qu’on entende leur voix :
la coquille et la lance, les lettres de lumière.

Écoute encore ce qui soigne,
le feu et son venin, la perle qui dort dans l’écho.

Et seulement alors, regarde-moi,
marche enfin sur l’éclat.

Fixe-moi longuement, tu verras,
je m’embraserai. »

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Un désert s’embrase (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Un désert s’embrase du sel
meurtrier, vif aux blessures,
riant de la blancheur des os.

Neige torride qui brûla
le fruit pulpeux d’une lèvre,
l’arbre qui rêvait de l’oiseau

et dont la croute vêt la chair
et le visage de la terre
d’un faux hiver incendié.

Il ne reste que mains de pierre,
griffes de monstres lunaires
hérissés de fleurs de pus.

Mais la ville que nous ferons
baignera la main des hommes
dans l’amitié des fontaines.

(Jean Joubert)

Illustration: Isabelle Planté

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Sous mille formes (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Cécile Mendousse
    
Sous mille formes tu peux te cacher,
Pourtant, ô bien-aimée, sitôt je te reconnais ;
Tu peux te couvrir de voiles magiques,
Ô toute présente, sitôt je te reconnais.

Au jeune élan très pur du cyprès,
Ô femme de belle stature, sitôt je te reconnais ;
Dans l’ondulation des flots du canal,
Ô toute séduisante, sitôt je te reconnais.

Quand le jet d’eau montant se déploie,
Ô toute joueuse, avec joie je te reconnais ;
Quand la nue se forme et se transforme,
Multiple créature, je te reconnais bien.

Au tapis des prairies semées de fleurs,
Sous ta parure de mille étoiles, je reconnais ta beauté ;
Et quand s’épand partout le lierre aux mille bras,
Universelle étreinte, je te connais.

Quand à l’aube s’embrase la montagne,
Soudain, toute-sereine, je te salue,
Et qu’ensuite au-dessus de moi s’arrondisse la voûte des cieux,
Ô toi qui dilates les coeurs, je te respire.

Tout ce que je connais en moi et hors de moi,
Ô source de tout savoir, je le connais par toi ;
Et quand je nomme les cent noms d’Allah,
Avec chacun résonne aussi un nom pour toi.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Goethe Le Divan
Traduction: Henri Lichtenberger
Editions: Gallimard

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DANS UN VIEIL ALBUM (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




DANS UN VIEIL ALBUM

Tu reviens toujours, mélancolie,
O douceur à l’âme solitaire.
Pour sa fin s’embrase un jour doré.

Humblement devant la douleur
S’incline celui qui s’est fait patience.
Résonnant d’harmonie et de tendre folie.
Vois ! Il va faire noir déjà.

La nuit revient, quelque chose de mortel se plaint
Et quelque autre souffre avec elle.

Tremblant sous les étoiles d’automne
Chaque année la tête penche davantage.

***

IN EIN ALTES STAMMBUCH

Immer wieder kehrst du Melancholie,
O Sanftmut der einsamen Seele.
Zu Ende glüht ein goldener Tag.

Demutsvoll beugt sich dem Schmerz der Geduldige
Tönend von Wohllaut und weichem Wahnsinn.
Siehe ! es dämmert schon.

Wieder kehrt die Nacht und klagt ein Sterbliches
Und es leidet ein anderes mit.

Schaudernd unter herbstlichen Sternen
Neigt sich jährlich tiefer das Haupt.

(Georg Trakl)

Illustration: Claude Verlinde

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Le petit bois d’or (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration
    
Le petit bois d’or a cessé de bruire
en son gai sabir, son sabir de bouleau,
et les tristes grues qui passent dans le ciel
ne savent déjà plus où porter leurs regrets.

Qui regretter ? Chacun n’est-il pas errant sur terre,
va, vient, puis quitte à nouveau la maison.
Ores sur les défunts pleurent la chènevière
et la lune ronde au-dessus de l’étang bleu.

Je suis seul au milieu de la plaine nue
où le vent emporte au loin les grues,
hanté de souvenirs d’une enfance joyeuse
— du passé néanmoins je n’ai aucun regret.

Je ne regrette ni les années perdues,
ni de mon âme le thyrse fané.
Quoique s’embrase au jardin le sorbier
il ne réchauffera jamais personne.

Ni ne mourra l’herbe d’avoir jauni,
ni ne se oonsumeront les grappes du sorbier.
Tel l’arbre en silence laisse choir ses feuilles,
ainsi laissé je choir les mots d’une chanson triste.

Et si le temps, armé du balai des vents,
les ratisse un jour en mottes inutiles,
dites alors… que le petit bois d’or
a cessé de bruire en son doux sabir.

***

(Sergueï Essénine)

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Les roses mystiques (Stanisław Wyrzykowski)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

Les roses mystiques

Des roses mystiques tombent dans l’obscurité,
Dans l’espace morne dépourvu d’étoiles ;
Leur éclat sombre me les fait suivre du regard
Jusqu’aux friches noires qui sont au loin.

Et je te vois, des débris de gravier derrière ton dos,
Jettent, sous la lumière, des lueurs fades et des reflets ;
Je te vois emportée dans un vent furieux,
Au milieu d’un tourbillon de feuilles qui s’embrasent.

Le bourgeon vierge de tes seins s’est flétri,
Ton corps séduisant a perdu sa chaleur ;
De tes mains mortes, tombent impuissantes,
Ces roses mystiques qui se perdent dans l’ombre.

Ta chevelure ébouriffée par le vent,
Des souffles et des courants froids la caressent,
Toi, tu cherches mes yeux, perdue comme en rêve,
Mais le fond de ton œil est funeste.

Tu tournes, tu voles et tu te tords comme un serpent,
Dans le tourbillon des feuilles mortes,
Tes yeux me cherchent et me cherchent encore,
Tandis que de tes mains, tombent ces roses.

(Stanisław Wyrzykowski)

Découvert ici : poetespolonais

Illustration

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Questions indécentes (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



    

Questions indécentes

Je demande à la source :
L’avez-vous déjà habitée ?
La source me montre sa bouche.

Je demande à l’arbre d’automne :
Ses cheveux sont-ils nés de vous ?
Le haut du peuplier s’embrase.

Je demande à l’ombre du soir :
Pourquoi la suivez-vous sans cesse ?
L’ombre répond : je suis le clair de son obscur.

Je demande à sa semblance :
Venez-vous du même miroir ?
Son reflet dit : naître nous a séparés.

Je demande au vent débridé :
Pourquoi ne pas souffler jusqu’en son rêve ?
Le vent répond : pour laisser mûrir tous ses épis.

Je demande au livre :
Saurez-vous la vêtir de vos mots ?
Le livre dit : son corps est formé de mes mots.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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