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Poésie

Posts Tagged ‘s’embrasser’

Dans le bois de la nuit (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



Dans le bois de la nuit
Il faudrait des millions de Christine
Et des millions d’Yvon.
Je t’ai embrassée comme une première fois
Petite fille, je te le jure.
Tu sentais la vie comme la bruyère
Comme le dahlia frais de rosée
Sur ma figure.
Ton baiser était nouveau
Profond comme la forêt
Long comme le chemin
Et on s’est perdu
Dans un petit bois d’un petit village
Peut-être qu’on voulait se perdre ?
On a ri comme des gosses,
Regarde les gens,
Ils sont heureux de nous voir.
Endors-toi,
Réveille-toi,
Prends la bruyère
Cours, aime, chante, dis l’amour ; fais l’amour.
On ne peut pas nous tuer
La vie rigole Christine,
Parce que les enfants sont gentils
Quand on ne les frappe pas ;
Parce qu’on était heureux
Avec nos deux mains
Avec nos lèvres
Avec nos caresses
Avec nos yeux bleus et marrons
L’autre jour, l’autre vie dans la forêt
Aujourd’hui, demain je t’aime,
Viens avec la Vie, on se rencontrera,
C’est vrai
J’arrête mes mots parce qu’on s’embrasse,
Tu joues
Tu travailles
Tu ris à côté
de moi et tu me dis « Viens plus près ».
Il faudrait des millions de Christine
Et des millions d’Yvon.
Tu es là comme pour la première fois
Il ne faut pas se perdre
Donne-moi la main,
Ta main qui travaille, qui caresse, qui…
Porte un fusil pour s’aimer.

(Yvon Le Men)

 

 

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DIALOGUE AVEC IBN HAZM (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2020



 

Albena Vatcheva   (9) [1280x768]

DIALOGUE AVEC IBN HAZM

— Quelle âge as-tu ?
— Une heure
car je viens de donner
un baiser à celle que j’aime.

— Quel âge as-tu ?
— L’âge de l’éternité
car j’ai donné un baiser au baiser

— Quand es-tu né ?
— Quand toi tu commenceras à naître
et quand le baiser s’embrassera
sans que j’ai besoin de ma bouche
pour le donner

(Serge Pey)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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Mais ce cœur est rongé d’ennui (Benjamin Fondane)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020


 


Campos Edson  04 [1280x768]

Mais ce cœur est rongé d’ennui comme le mien,
comme le mien aussi salé de solitude
on ne peut s’embrasser qu’à travers un miroir,
se toucher qu’à travers un fleuve de silence

(Benjamin Fondane)

Illustration: Campos Edson

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Mauvaise mémoire (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020


 

Les cimes dispersées les oiseaux du soir
Au chevet de la rue
Les échos féminins des baisers
Et dans les abris du désir
La grande obscurité éblouissante
des rebelles qui s’embrassent.

A pleines mains la pluie
Sous les feuilles sous les lanternes
A plein silence les plâtras des heures
Dans les brouettes du trottoir
Le temps n’est pas le maître
Il s’affaisse
Comme un rire étudié
Qui dans l’ennui ne germe pas.

L’eau ignorante
la nuit étourdie
vont se perdre
La solitude falsifie toute présence
Un baiser encore un baiser un seul
Pour ne plus penser au désert.

(Paul Eluard)

 

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Osiris ou la fuite en Égypte (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2020




    
Osiris ou la fuite en Égypte

C’est la guerre c’est l’été
Déjà l’été encore la guerre
Et la ville isolée désolée
Sourit sourit encore
Sourit sourit quand même
De son doux regard d’été
Sourit doucement à ceux qui s’aiment
C’est la guerre c’est l’été
Un homme avec une femme
Marchent dans un musée désert
Ce musée c’est le Louvre
Cette ville c’est Paris
Et la fraîcheur du monde
Est là tout endormie
Un gardien se réveille en entendant les pas
Appuie sur un bouton et retombe dans son rêve
Cependant qu’apparaît dans sa niche de pierre
La merveille de l’Égypte debout dans sa lumière
La statue d’Osiris vivante dans le bois mort
Vivante à faire mourir une nouvelle fois de plus
Toutes les idoles mortes des églises de Paris
Et les amants s’embrassent
Osiris les marie
Et puis rentre dans l’ombre
De sa vivante nuit.

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Embrasse-moi
Traduction:
Editions: Gallimard

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Cygnes (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020




    
Cygnes

Quand Un fit l’amour avec Zéro
Les sphères embrassèrent les tores
Et les nombres premiers s’avancèrent
Tendant leurs mains vers les frais sycomores
Et les fractions continues blessées à mort
Dans le torrent des décimales muettes se couchèrent

Quand B fit l’amour avec A
Les paragraphes s’embrassèrent
Les virgules s’avancèrent
Tendant leur cou par-dessus les ponts de fer
Et l’alphabet blessé za mort
S’évanouit dans les bras d’une interrogation muette

(Raymond Queneau)

 

Recueil: L’instant fatal
Traduction:
Editions: Gallimard

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Lâchez les réseaux sociaux (Achbé)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2020



Illustration: Achbé
    
Lâchez les
réseaux sociaux
embrassez-vous.

(Achbé)

 

Recueil: Ma rue par Achbé
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quand un gros nuage (Fred Astaire)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Quand un gros nuage maladroit
d’ici
rencontre une petite nuée duveteuse
de là-bas,
il ondule vers elle.

Elle s’enfuit
mais il file droit sur elle.
Elle pleure un peu et là,
vous avez
une petite douche.

Il la console.
Ils s’allument l’un l’autre,
ce sont les éclairs.
Ils s’embrassent,
c’est le tonnerre !

(Fred Astaire)

 Illustration

 

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Nous jouons tous les deux (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

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Nous jouons tous les deux
Et l´amour est un jeu
Dangereux
On joue à se frôler
On joue à s´embrasser
On joue sans s´avouer
Que l´on ne fait que jouer
On triche quelques fois
On se ment à mi-voix
C´est la Loi

On cherche la couleur
Qui nous rendra vainqueur
Mais à la moindre erreur
On y laisse son cœur

Nous jouons tous les deux
Et l´amour est un jeu
Dangereux
On joue à s´embrasser
On joue à se blesser
On joue sans s´avouer
Que l´on ne sait pas jouer
Quand tu joues avec moi

Moi je suis contre toi
Dans tes bras

Heureux d´être imprudent
Heureux d´être perdant
Car si j´y perds mon cœur
L´amour est le vainqueur

(Georges Moustaki)

Illustration: Abdalieva Akzhan

 

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Sur le banc devant la maison (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2019




    
Sur le banc devant la maison

Viens t’asseoir à côté de moi sur le banc devant la maison,
femme, tu en as bien le droit,
voici quarante ans que nous sommes ensemble.

Cette fin d’après-midi, alors qu’il fait si beau,
c’est aussi le soir de notre vie.
Tu as bien mérité, vois-tu, un peu de repos.

Maintenant, les enfants sont placés.
Ils sont allés chacun de son côté et nous sommes de nouveau rien que les deux,
comme quand nous avons commencé.

Femme, te souviens-tu?
Nous n’avions rien pour commencer, tout était à faire.
Et nous nous sommes mis à l’ouvrage.

Ça n’allait pas tout seul, il nous en a fallu du courage !
Il nous en a fallu de l’amour,
et l’amour n’est pas ce qu’on croit au commencement.

Se serrer l’un contre l’autre, s’embrasser, se parler tout doux à l’oreille.
Ça, c’est bon pour le jour de la noce !
Le temps de la vie est grand, mais le jour de la noce ne dure qu’un jour.

C’est seulement après, qu’a commencé la vie.
Les enfants viennent; il leur faut quelque chose à manger,
des vêtements et des souliers, ça n’a pas de fin.

Il est aussi arrivé qu’ils étaient malades, alors tu devais passer toute la nuit à veiller
et moi, j’étais à l’ouvrage d’avant le jour jusqu’à la nuit tombée.
Nous croyions être arrivés à quelque chose, puis après, tout était en bas et à recommencer.

Des fois, nous étions tout dépités de voir que nous avions beau faire,
nous piétinions sur place et même, nous repartions en arrière.
Te souviens-tu, femme, de tous ces soucis ?

Mais nous sommes restés fidèles l’un à l’autre,
et ainsi, j’ai pu m’appuyer sur toi, et toi la même chose sur moi.
Nous avons eu de la chance d’être ensemble, les deux.

On s’est mis à l’ouvrage, nous avons duré et tenu le coup.
Le véritable amour n’est pas pour un jour.
C’est toute la vie que nous devons nous aimer, s’aider et se comprendre.

Puis, les affaires sont allées du bon côté, les enfants ont tous bien tourné.
Mais aussi, on leur avait appris à partir sur le bon chemin.
Nous avons un petit quelque chose au soleil et dans le bas de laine.

C’est pourquoi, cette fin d’après-midi, alors qu’il fait si beau,
assieds-toi à côté de moi.
On veut pas parler, nous n’avons plus rien à nous dire.

Nous n’avons besoin que d’être les deux
et laisser venir la nuit,
bienheureux d’avoir bien rempli notre vie.

(Traduction du texte patois)

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

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