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La matinée s’avance à petits pas (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



la matinée s’avance à petits pas et c’est
encore la même besogne de vitrier
ou de raccommodeur de porcelaine
le même ouvrage de plus en plus délicat
auquel il faut se livrer sans délai :
repriser la mémoire étamer l’espérance
restaurer les éclats d’une lucidité qu’ébranle
chaque nuit davantage un vertige sournois
et le merle moqueur de l’ancienne rengaine
n’est de nul secours ni la tourterelle voisine
puisque bâtir sur rien la nouvelle journée
ou plutôt non, la relever des ruines
d’hier afin de décliner les sempiternelles
prémisses de son effondrement, c’est ton lot

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Après trois ans (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 

Hippolyte Maindron  Velléda [1280x768]

Après trois ans

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.

Rien n’a changé … J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin …
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux saule tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.

Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue
– Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.

(Paul Verlaine)

Illustration: Hippolyte Maindron

 

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Je n’aurai jamais le temps (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



je n’aurai jamais le temps
de lire tous les manuels
de procédure et de philosophie
je n’aurai jamais le temps

ni d’aimer les dames du temps
jadis ni même de ce temps-ci
sous la pluie sempiternelle
des formules de logique formelle

l’amphithéâtre des amours
regorge de cadavres exquis
je ne serai jamais à jour

je traînerai dans le maquis
des institutes coutumières
et je me noirai dans la bière

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Le temps passe et ne laisse rien (José Àngel Valente)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2015




Le temps passe et ne laisse rien.
Il emporte, il entraîne beaucoup de choses avec lui.

Le vide, il laisse le vide.
Se laisser vider par le temps
comme les petits crustacés et les mollusques
se laissent vider par la mer.

Le temps est comme la mer.
Il nous use jusqu’à être transparents.
Il nous donne la transparence
pour que le monde puisse se voir à travers nous
ou puisse s’entendre

comme nous entendons la sempiternelle rumeur de la mer
dans le creux d’un coquillage.

(José Àngel Valente)

Illustration

 

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