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Poésie

Posts Tagged ‘s’en aller’

Aussi bien (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017


 

SOYEZ SPONTANÉ SOYEZ SPONTANÉ SOYEZ SPONTANÉ SOYEZ SPONTANÉ SOYEZ SPONTANÉ !


 

Aussi bien,
cherchez le naturel
il s’en va au galop.

(Laurent Albarracin)

 

 

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Mai (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



Auguste Renoir la femme aux lilas

 

Mai

Depuis un mois, chère exilée,
Loin de mes yeux tu t’en allas,
Et j’ai vu fleurir les lilas
Avec ma peine inconsolée.

Seul, je fuis ce ciel clair et beau
Dont l’ardente effluve me trouble,
Car l’horreur de l’exil se double
De la splendeur du renouveau.

En vain j’entends contre les vitres,
Dans la chambre où je m’enfermai,
Les premiers insectes de Mai
Heurter leurs maladroits élytres ;

En vain le soleil a souri ;
Au printemps je ferme ma porte
Et veux seulement qu’on m’apporte
Un rameau de lilas fleuri ;

Car l’amour dont mon âme est pleine
Retrouve, parmi ses douleurs,
Ton regard dans ces chères fleurs
Et dans leur parfum ton haleine.

(François Coppée)

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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Le Poète (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2017



Le Poète

Celui qui s’en allait
Celui qu’on retrouvait tous les soirs sur les quais
Dans les désordres du langage
Celui qui n’avait plus que sa joie pour bagage
Et dont l’astre brûlait les registres du port
Celui qui s’engouffrait dans les voiles du sort

Tournant vers le matin ses paumes lumineuses
Celui se se gardait une fin bienheureuse
En répondant au nom de tous les condamnés
Il est là maintenant
Son coeur est désarmé
Tandis que le soleil encombre les vitrines
Il sort de longs couteaux rouillés de sa poitrine

Penché sur l’horizon réduit du bastingage
Il regarde
Il n’a plus les ferveurs de son âge
Il ne renverse plus le monde en se levant
Tout est loin dans la rogue épaisse du levant

Pour retrouver l’éclat des santés
La jeunesse
Et le grand large avec ses marées de tendresse
La bonne odeur du jour
Il tend les bras
Il est certain de son amour.

(René-Guy Cadou)

 

 

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Pensée d’une nuit fraîche (Wang Pou)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Pensée d’une nuit fraîche

Ton absence trop longue me déchire le coeur.
Au pays lointain, ton visage a-t-il changé de couleur?
Sous la lune, cette nuit, je cherche l’accord sur mon luth plaintif.
Vers toi, toujours, s’en iront mes pensées.

(Wang Pou)

 

 

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Retouche à l’imagination (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



retouche à l’imagination

jours aussi fermés que livres d’ameublement
l’écrivain n’a plus que cuirs et dorures
où sont allées ses créatures
sans doute à des obligations de parlement

(Daniel Boulanger)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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Retouche à l’innocence (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



retouche à l’innocence

premier amour plus simple que la fleur des champs

sous le ciel en ceintre
la prairie séchait sur la barre d’horizon
et le ruisseau plus bas s’en allait comme avant

(Daniel Boulanger)

Illustration: William Bouguereau

 

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Soudain (Radovan Ivsic)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



et la nuit si vite
dans les ramures houleuses
et la petite fille
soudain en rêve si vite
et les branches les branches les branches

elle court elle court
mais l’ombre ne veut pas à tous les coups
ni les feuilles
ni ses mains ni la merveille
ni ses yeux légers

alors lentement
elle marcha sur le rire
sur la rive
s’étonna devant ses mains
et se dit oh tout bas

si longtemps
elle courut sur les frondaisons
qu’elle devint
tourbillon autour de ses doigts
et forêt pour chaque poisson

par la main au bleu
toutes les pierres par la main
le sommeil par la main
la vague par les feuilles
le noir par les feuilles

puis elle devint
tellement triste qu’elle retira
la nuit de la forêt
des coquillages des nuages
et s’en alla pas à pas

(Radovan Ivsic)


Illustration

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Le mot dit ne s’efface pas (Yves Boisvert)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Le mot dit ne s’efface pas
à moins de l’ôter de sa mémoire
et de le remplacer par son suivant
et puisqu’il faut des mots
ils sont ce qui nous reste
quand tout le monde s’en va

(Yves Boisvert)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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LE POT DE FLEURS (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



LE POT DE FLEURS

Parfois un enfant trouve une petite graine,
Et tout d’abord, charmé de ses vives couleurs,
Pour la planter il prend un pot de porcelaine
Orné de dragons bleus et de bizarres fleurs.

Il s’en va. La racine en couleuvres s’allonge,
Sort de terre, fleurit et devient arbrisseau;
Chaque jour, plus avant, son pied chevelu plonge,
Tant qu’il fasse éclater le ventre du vaisseau.

L’enfant revient: surpris, il voit la plante grasse
Sur les débris du pot brandir ses verts poignards;
Il la veut arracher, mais la tige est tenace;
Il s’obstine, et ses doigts s’ensanglantent aux dards.

Ainsi germa l’amour dans mon âme surprise;
Je croyais ne semer qu’une fleur de printemps
C’est un grand aloès dont la racine brise
Le pot de porcelaine aux dessins éclatants.

(Théophile Gautier)

 

 

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Dis-moi, ma simple et ma tranquille amie (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Dis-moi, ma simple et ma tranquille amie,
Dis, combien l’absence, même d’un jour,
Attriste et attise l’amour ,
Et le réveille, en ses brûlures endormies ?

Je m’en vais au-devant de ceux
Qui reviennent des lointains merveilleux
Où, dès l’aube, tu es allée ;
Je m’assieds sous un arbre, au détour de l’allée ;
Et, sur la route, épiant leur venue,
Je regarde et regarde, avec ferveur, leurs yeux
Encor clairs de t’avoir vue.

Et je voudrais baiser leurs doigts qui t’ont touchée,
Et leur crier des mots qu’ils ne comprendraient pas,
Et j’écoute longtemps se cadencer leur pas
Vers l’ombre où les vieux soirs tiennent la nuit penchée.

(Emile Verhaeren)

 

 

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