Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘s’en aller’

Vous en rirez (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021



Illustration: Christen Dalsgaard
    
Vous en rirez. Mais j’ai toujours trouvé touchants
Ces couples de pioupious qui s’en vont par les champs,
Côte à côte, épluchant l’écorce de baguettes
Qu’ils prirent aux bosquets des prochaines guinguettes.
Je vois le sous-préfet présidant le bureau,
Le paysan qui tire un mauvais numéro,
Les rubans au chapeau, le sac sur les épaules,
Et les adieux naïfs, le soir, auprès des saules,
À celle qui promet de ne pas oublier
En s’essuyant les yeux avec son tablier.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Elle avait pris ce pli … (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



    

Elle avait pris ce pli …

Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin;
Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère;
Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s’asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s’en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu’elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c’était un esprit avant d’être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh! que de soirs d’hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J’appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu’elle est morte! Hélas! que Dieu m’assiste !
Je n’étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J’étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j’avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Veni, vidi, vixi (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



Illustration: Désiré François Laugée
    
Veni, vidi, vixi

J’ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m’entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;

Puisqu’au printemps, quand Dieu met la nature en fête,
J’assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ;
Puisque je suis à l’heure où l’homme fuit le jour,
Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète ;

Puisque l’espoir serein dans mon âme est vaincu ;
Puisqu’en cette saison des parfums et des roses,
Ô ma fille ! j’aspire à l’ombre où tu reposes,
Puisque mon coeur est mort, j’ai bien assez vécu.

Je n’ai pas refusé ma tâche sur la terre.
Mon sillon ? Le voilà. Ma gerbe ? La voici.
J’ai vécu souriant, toujours plus adouci,
Debout, mais incliné du côté du mystère.

J’ai fait ce que j’ai pu ; j’ai servi, j’ai veillé,
Et j’ai vu bien souvent qu’on riait de ma peine.
Je me suis étonné d’être un objet de haine,
Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé.

Dans ce bagne terrestre où ne s’ouvre aucune aile,
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains,
J’ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle.

Maintenant, mon regard ne s’ouvre qu’à demi ;
Je ne me tourne plus même quand on me nomme ;
Je suis plein de stupeur et d’ennui, comme un homme
Qui se lève avant l’aube et qui n’a pas dormi.

Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse,
Répondre à l’envieux dont la bouche me nuit.
Ô Seigneur, ! ouvrez-moi les portes de la nuit,
Afin que je m’en aille et que je disparaisse !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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L’éphémère et la silhouette (Mariem Mint Derwich)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020




    
L’éphémère et la silhouette

Je te danserai l’éphémère sur la dune endormie
L’imperceptible de la trace
Le vent qui efface, caresse chuchotée,
Les notes envolées, fugitives des histoires d’antan

Je te danserai la lumière de la lune
la lumière tremblotante
au feu assoupie,
ce que murmure l’homme quand il rêve

Je te danserai les palmiers au ciel découpés
le nuage dans le regard des bergers,
les gestes esquissés et qui s’en sont allés,
la paume au sol posée, disparue

Je te danserai l’entre souffle,
les crépuscules, l’instant parfait,
la plénitude d’ici
quand d’autres parlent de demain

Je te danserai l’ailleurs, l’horizon en renaissance,
le lieu secret de l’homme qui s’expire,
il y aura cet à peine visible,
silence

Je te danserai les pistes et les déserts,
un mot balbutié sur la paupière de la nuit,
que tout s’enfuit, que tout reste,
qu’il n’est de battement que celui que l’on porte

Je te danserai la flamboyance de la mer,
la goutte d’eau puisée,
la vague qui fait les mondes,
l’empreinte de ton pied sur le sable mouillé

Je te danserai les brumes qui rendent aux yeux la fulgurance,
les silences des choses, les chants des mondes,
les animaux de l’aube et les premiers frissons,
la beauté de ce qui est et la silhouette tremblée de toi homme

Je te danserai les couleurs à peine rencontrées,
les livres qu’on n’écrira jamais,
la poésie enfermée dans la main,
les mots et les oiseaux, la trace et le rien

Et, au milieu de la nuit du monde,
l’heure bleue, celle des hommes en prières,
l’immensité de ce qui s’écoute,

Je te danserai l’éphémère et la silhouette…

(Mariem Mint Derwich)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Rien n’avait résisté… (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Rien n’avait résisté…

Rien n’avait résisté ni le fer ni l’acier
Dieu est une arme plus cruelle
que la houe du jardinier
j’aurais voulu me coucher dans la terre une
jarre d’eau fraîche à portée de main mais
où étaient mes mains?

J’ai recollé ma tête et mes pieds
pour épargner le sable

mais rien ne tenait on avait broyé mes os
Alors j’ai suivi la route des fourmis
mon souffle dans leurs pattes
La colonne avançait en bénissant les nuages
pour trois gouttes d’eau
aucun dieu ne nous a aidés.

Nos pieds allaient vers la mer
loin des arbres à histoires
Nous marchions vers un monde
que nous ne connaissions pas
nos sandales ne comprenaient plus le sable.

La marche m’a forcée
à habiter mon corps
le désert à l’oublier
La mer fut un miracle
je l’ai remerciée de nous porter
plus encore de nous laisser.

Ce que j’ai vu
aucune eau ne pourra l’effacer
aucune source aucune pluie la
mer elle-même a renoncé.

Aujourd’hui je suis là de l’autre côté
avec ma peau d’hier et d’avant-hier
je suis là et je vous regarde grande comme je peux
avec ce poids au bout de mes bras
Des ondes me traversent que je ne comprends pas
ni la force qui me porte
ni le courage qu’elles me donnent
Si je le savais mon coeur s’en irait avec elles.

(Marilyse Leroux)

 

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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SOUVENIRS (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
SOUVENIRS
À Georges Pioch

Souvenirs, ô souvenirs !
Le présent pèse sur vous
Comme l’eau sur des jardins
Submergés depuis trois ans !
La guerre sur vous s’augmente
Et ajoute à votre foule
D’autres souvenirs noyés.
Je voudrais m’en aller seul
Sur un haut plateau ;
Je ne verrais que le ciel,
Le ciel de toujours
Et les tribus d’herbes frêles
Qui tremblent et rêvent.
J’établirais mon abri
Dans les cailloux millénaires
Fidèles du vieux soleil.
C’est là qu’après trois années
Enlisées dans les désastres
Je retrouverais
Ce silence où les pensées
Font leur bruit violent.
Ô souvenirs de la guerre,
C’est là que je connaîtrais
Vraiment vos voix redoutables ;
Et c’est là qu’enfin mon cœur
Pourrait délivrer
Sa colère et sa douleur,
Sa honte et ses larmes.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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VALSE POUR CAMILLE CLAUDEL (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2020



Camille Claudel
    

VALSE POUR CAMILLE CLAUDEL

Mettre le cap près du soleil…
Ian Curtis

Tu tournes sans relâche
jusqu’à enlacer l’univers
tu cherches

infiniment
cette seconde avant le contact
celle qui nous mène

à l’essentiel vertige
tu tournes et t’en retournes
en suspens continu

en volutes instables
toute une vie en bascule
pour ce seul tourbillon

qui te prend maintenant
ce lent tourbillon de langueur
cette ronde enfantine

qui fait vaciller les siècles
en drapé de nuit
douce et profonde

l’enroulement
l’étreinte
l’ardent abandon

jamais
tu n’interromps
le souffle du vivant

par effleurements
par torsades
par souvenirs renversés

tu avances
petite châtelaine de l’intensité
spontanément universelle

tu avances et tournes
promesse
des plus savants déséquilibres

par sinuosités
par accès de véhémence
par étourdissements

voici le temps
d’offrir toute ta lumière
fol amour

qui tout emporte
tu sombres
et prends les poissons du ciel

dans un flot d’onyx
tu écoutes
ce qui tournoie en toi

pour jaillir
hors de tous les sillons
labourer les nuages

pénétrer la parole
éclairer les atomes
nue

si sauvage et si nue
te laissant submerger
par l’impossible

sous l’emprise d’un amour
qui se déverse
sans fin dans l’amour

bienheureuse
par l’étendue
de ta seule consumation

sous l’emprise d’un tourment
de haute haleine
tu sens

palpiter l’invisible
possédée dépossédée
tu ramasses

les comètes errantes
pour en faire des fagots
allez

allez
entre dans la ronde
jusqu’à son point de rupture

allez
entre dans la ronde
pour recueillir la vie

jusque dans la mort
allez
trois petits tours encore

et puis t’en vas vers le silence

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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HUMAINS (Maria Nivea Zagarella)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2020



ADDS IDENTIFICATION OF CHILD Paramilitary police officers investigate the scene before carrying the lifeless body of Aylan Kurdi, 3, after a number of migrants died and a smaller number were reported missing after boats carrying them to the Greek island of Kos capsized, near the Turkish resort of Bodrum early Wednesday, Sept. 2, 2015. The family — Abdullah, his wife Rehan and their two boys, 3-year-old Aylan and 5-year-old Galip — embarked on the perilous boat journey only after their bid to move to Canada was rejected. The tides also washed up the bodies of Rehan and Galip on Turkey’s Bodrum peninsula Wednesday, Abdullah survived the tragedy. AP

 
    
Poem in Dutch Spanish, English, French, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish

Poem of the Week Ithaca 647
« Men » Maria Nivea Zagarella Sicilia

Uit: “The Poetry of Maria Nivea Zagarella”, Bilingual Sicilian-English, Mineola, NY: Legas, 2017.

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

HUMAINS

La mer consentante
rend les morts :
fétus superflus,
inutiles,
sur cette terre.

Affolés et perdus
ils s’en vont
adultes désespérés
enfants innocents
ne sachant rien faire
leurs petites mains, transies par le gel nocturne
qui les tue.

Impitoyable l’homme
envers sa propre chair,
Impitoyable envers la terre
qui l’a allaité depuis sa naissance.

La mer n’a plus assez
de paniers à foin
pour rassembler goutte à goutte
la misère et les gémissements
de ces corps qui se noient.

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

MENSEN

De berustende zee
geeft de doden terug:
overmatig stro,
nutteloos
op deze aarde.

Waanzinnig en verloren
vertrekken ze
de wanhopige volwassenen
de onschuldige kinderen
die niets kunnen doen,
hun kleine handen, bevroren door de nachtvorst,
die hen doet sterven.

Wreedaardig de mens
tegen zijn eigen vlees,
Wreedaardig tegen de aarde
die hem vanaf zijn geboorte borstvoeding gaf.

De zee heeft niet langer
voldoende stromanden
om druppel na druppel te verzamelen,
de ellende en de verzuchtingen
van deze verdrinkende lichamen.

Vertaling Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

HOMBRES

Devuelve
el mar resignado
a los muertos:
paja sobrante,
inútil,
sobre esta tierra.

Locos sin rumbo
parten
desesperados los adultos
inocentes los pequeños
que no pueden hacer nada,
las manos frías… heladas nocturnas
que traen la muerte.

Caín el hombre
con su propia carne.
Caín con la tierra
que lo amamantó al nacer.

Y no tiene más
canastos el mar
para recogerlos gota a gota,
ni llagas para bramar
este ahogamiento de hombres.

Traducción Rafael Carcelén
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

MEN

The resigned sea gives back
the dead,
excessive straw,
useless,
upon this earth.

Crazy and lost
the desperate adults
depart,
the innocent little ones
can do nothing,
their little hands
frozen by the cold night
that brings them death.

Murderous men
against their own flesh,
murderous earth
that breast fed them since birth.

The sea no longer has
enough straw baskets
to collect drop after drop,
woes and laments
of this drowning bodies.

Translation into English by Stanley Barkan

***

UOMINI

Ci torna
il mare rassegnato
i morti:
Paglia sono in sovrappiù,
inutile,
su questa terra.

Folli sbandati
partono
disperati i grandi,
innocenti i piccoli
che non possono nulla,
le manine fredde… gelo della notte
che gli porta la morte.

Caino l’uomo
con la sua stessa carne
Caino con la terra
che allattò nascendo.

E più non ha
il mare sporte
a raccogliere stilla su stilla,
piaghe a bramire
di questo annegamento di Morte.

Maria Nivea Zagarella

***

MENSCHEN

Sich erhebend gibt das Meer
die Toten zurück:
überschüssiges Stroh,
nutzlos,
auf dieser Erde.

Wahnsinnig und verloren
sie machen sich auf
verzweifelte Erwachsene,
unschuldige Kinder
die nichts tun können,
kalt die Hände … der Nachtfrost
bringt ihnen den Tod .

Grausam der Mensch
gegen sein eigenes Fleisch
Grausam gegen die Erde
die ihn on Anbeginn genährt hat.

Das Meer hat
kein Gefäß mehr
um Tropfen für Tropfen zu sammeln
das Elend und die Klagen
dieser ertrinkenden Körper.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

HOMENS

Devolve
o mar resignado
os mortos:
palha que sobra.
Inútil,
sobre essa terra.

Loucos sem destino
partem
desesperados os adultos
inocentes os pequenos
que não podem fazer nada,
as mãos frias… geadas noturnas
que trazem a morte.

Caim, o homem,
com sua própria carne.
Caim com a terra
que o amamentou ao nascer.
E não tem mais
cestas o mar
para recolhê-los gota a gota,
nem feridas para gritar
este afogar-se da Morte.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by Eduardo Degrazia

***

UOMINI

Ci torna
il mare rassegnato
i morti:
Paglia sono in sovrappiù,
inutile,
su questa terra.

Folli sbandati
partono
disperati i grandi,
innocenti i piccoli
che non possono nulla,
le manine fredde… gelo della notte
che gli porta la morte.

Caino l’uomo
con la sua stessa carne
Caino con la terra
che allattò nascendo.

E più non ha
il mare sporte
a raccogliere stilla su stilla,
piaghe a bramire
di questo annegamento di Morte.

Maria Nivea Zagarella

***

OAMENI

Marea cea resemnată
ne înapoiază
morții:
surplus de paie
inutile
pe acest pământ.

Smintiți și rătăciți
se duc adulții disperați,
neîntinați copiii
rămân neputincioși,
cu mânuțele reci… în gerul nopții
aducător de moarte.

Hain e omul
cu propria-i carne,
hain cu pământul
din naștere alăptat.

I s-au isprăvit mării
panerele de adunat
strop după strop
amarul și necazul
acestor trupuri înecate.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

LUDZIOM

Morze pokornie oddaje
martwych,
zbędną słomę,
bezużyteczną
na tej ziemi.

Oszaleli zagubieni
wypływają,
zdesperowani dorośli
i niewinne dzieci
one nie mogą nic,
ich małe rączki
przemarzają nocnym mrozem
który przynosi im śmierć.

Kainowie
wobec własnego ciała
Kainowie wobec ziemi
co poiła ich matczynym mlekiem.

Morze już nie nastarcza
słomianych koszy
by zbierać kropla po kropli,
lamenty i krzyk
tonących.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka

***

ΑΝΘΡΩΠΟΙ

Καρτερική θάλασσα επιστρέφει
τους νεκρούς
το πολύ άχρηστο άχυρο
πάνω στη γη.

Χαμένοι και τρελοί
απελπισμένοι άνθρωποι
φεύγουν καθώς
τ’ αθώα ανίκανα παιδιά
να κάνουν κάτι δεν μπορούν
με χέρια παγωμένα
απ’ τη νύχτα που τα σκοτώνει.

Φονιάδες κατά της ίδιας τους γεννιάς
της γης φονιάδες
που τους γαλούχισε απ τα γεννησιμιά τους
η θάλασσα άλλα δεν έχει
καλάθια αχυρένια
για να μαζέψει σταλιά σταλιά
κλάματα και καημούς
κορμιών που πνίγονται ένα-ένα

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

人 类

听天由命的大海归还
这死者,
过多的稻草,
没用的,
在这个地球上。
疯狂和迷失
不惜冒险的大人
离开了,
无辜的小孩子
无能为力,
他们的小手
被寒冷夜晚冻住了
这给他们带来死亡。
凶残的人类
残害自己的肉体,
凶残的地球
从出生起就用母乳喂养他们。
大海不再有
足够的草篮子
来一滴一滴地收集,
这些溺水尸体
的悲哀与哀叹。

原 作: 西西里岛 玛丽亚·妮维娅·扎加雷拉

英 译: 盖塔诺·西波拉 译自意大利西西里语
汉 译: 中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

رجال..

البحر اليائس يهب الموتى،
قشة هائلة،
لا فائدة ترتجى منها،
على الأرض.
فالبالغون اليائسون يرحلون،
بجنون وتيه
والأبرياء الصغار
لا حول لهم
ولا قوة.
فأياديهم الضئيلة
جمدتها الليلة الباردة
وأصابتها بالشلل
أما الرجال القتلة
الذين يجهزون على آخرين من لحمهم ودمهم،
على هذه الأرض
التي أطعمتهم من ولادتهم،
لم يعد في البحر
أعواد خشب تكفي
لجمع القطرات النازفة،
والأجساد الغرفى ليس لها شيء
سوى النوح والرثاء

ماريا نيفيا زاغاريلا (صقلية)

ترجمة عن الإنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Selim

***

पुरुषों

इस्तीफा देने वाला समुद्र
वापस लौट आता है
मृत,
अत्यधिक पुआल,
निकम्मा,
इस धरती पर।
पागल और खो गया
हताश वयस्क
विदा हो गए
मासूम छोटों
कुछ नहीं कर सकते,
उनके छोटे हाथ
ठंड की रात से जमे हुए
इससे उनकी मृत्यु हो जाती है।
हत्या करने वाले पुरुष
अपने स्वयं के मांस के खिलाफ,
पृथ्वी के खिलाफ हत्या
उस स्तन ने उन्हें जन्म से खिलाया।
समुद्र अब नहीं है
पर्याप्त पुआल टोकरी
बूंद के बाद बूंद
जमा करने के लिए,
व्यर्थ और विलाप
इन डूबते हुए शरीरों का
मारिया निव ज़ागरेला (सिसिली)

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

海があきらめたように
枯れた山のような藁を砂浜に戻す
地球には無益なもの

狂って行き場を失った
やけっぱちの大人が旅発つ
無邪気で小さな子供は

何もできず
冷たい夜に手は凍え
命を失う

殺人鬼は
自らの肉体に背き
地球に刃向かう
生まれた時から乳を与えてくれた地球を

海にはもう十分な藁を入れるかごがなく
おぼれた身体の
悲哀と嘆きがあるのみだ

マリア・ニベア・ザガレラ(シチリア)
Translation into Japanese by Dr. Manabu Kitawaki

***

مردها

دریای بردبار
مرده پس می دهد،
انبوهی کاه
بی استفاده،
روی این زمین.
دیوانه و گمراه،
بزرگسالانی ناامید
عازم می شوند،
طفلان بی گناه
بیچاره ،
دستان کوچکشان
یخزده در شبهای سرد
که برایشان مرگ هدیه می آورد.
مردان قاتل
علیه خودشان،
قاتل زمین
که از پستان دهش شیرشان داد.
دریا دیگر سبد کاهی ندارد
تا قطره قطره جمع کند
درد و رنجهای
این بدن های مغروق را.

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

Човеци

Спокойното море изхвърля
мъртвата,
прекомерна сламка,
безполезна
на тази земя.
Луди и изгубени,
отчаяните възрастни
отпътуват,
невинните деца
не могат да направят нищо,
техните малки ръце
са замразени от студената нощ,
която им носи смърт.
Убийствени човеци
срещу собствената си плът,
убийствени срещу земята,
която ги кърми от раждането!
Морето няма вече
достатъчно сламени кошове
да събира капка след капка,
бедите и риданията
на тези давещи се тела

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian Ivan Hristov

***

MENN

Auðsveipur sjórinn skilar
hinum látna,
afgangsfisi
og einskis nýtu
eftir að hann deyr.
Hugstola og ráðþrota
hverfur fullorðna fólkið
á braut,
litlu sakleysingjarnir
geta ekkert gert,
smáar hendur
kelur um kalda nótt
sem færir þeim dauðann.
Morðóðir menn
drepa hold sjálfra sín,
drepa jörðina
sem brjóstfæddi þá frá fæðingu.
Sjórinn á ekki lengur
nægar tágakörfur
til að safna hverjum dropa
af sorg og harmi
drukknandi líkamanna

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

ЛЮДИ

Спокойное море
отдает мертвецов:
слишком много
ненужной соломы
на этой земле.

Отчаявшиеся и потерянные,
они уходят.
Отчаявшиеся взрослые
невинные дети,
им ничего уже не суметь,
а маленькие ладошки, замерзшие на ночном морозе,
приносят смерть.

Люди мстят
самим себе,
мстят земле,
что с рождения их растила.

У моря больше нет
соломенных корзин,
чтобы, капля за каплей, собирать
горести и печали
этих утопших тел.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

TAO

Ang umurong na dagat nagbalik
ng bangkay,
labis na dumi
walang pakinabang
sa mundong ito.

Baliw at naligaw
mga may sapat na gulang desperadong
lumisan,

mumunting walang muwang
ay walang magawa
maliliit na mga kamay
ay nanigas sa maginaw na gabi
na nagdala sa kanila sa kamatayan.

Mamamatay tao
laban sa kanilang sariling laman, mamamatay laban sa kalupaan
na siyang nagpasuso sa kanila mula ng sila’y isilang.

Ang dagat wala ng sapat
na sisidlang yari sa dayami
upang tipunin ang bawat patak

ng mga luha ng paghihinagpis at pagdadalamhati
nitong nangalunod na mga katawan

Isinalin sa wikang Filipino -Eden Soriano Trinidad
Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

גברים / מריה ניביאה זאגארֶלָה, סיציליה

הַיָּם הַנָּסוֹג מַחְזִיר
אֶת הַמֵּתִים,
קַשׁ עֹדֶף,
חֲסַר-תּוֹעֶלֶת,
עַל הָאֲדָמָה הַזּוֹ.

מְטֹרָפִים וַאֲבוּדִים
עוֹזְבִים
הַמְּבֻגָּרִים הַמְּיֹאָשִׁים,
אוֹתָם קְטַנִּים תְּמִימִים
אֵינָם יְכוֹלִים לַעֲשׂוֹת דָּבָר,
יְדֵיהֶם הַקְּטַנּוֹת
קְפוּאוֹת מֵהַלַּיְלָה הַקַּר
שֶׁמֵּבִיא אוֹתָם אֶל פִּי מָוֶת.

גְּבָרִים רַצְחָנִיִּים
נֶגֶד עַצְמָם וּבְשָׂרָם,
רַצְחָנִיִּים כְּנֶגֶד הָאֲדָמָה
שֶׁהֵינִיקָה אוֹתָם מֵאָז הַלֵּדָה.

לַיָּם כְּבָר אֵין
דֵּי סַלֵּי קַשׁ
לֶאֱסֹף טִפָּה אַחַר טִפָּה
יְגוֹנוֹת וְקִינוֹת
שֶׁל גּוּפוֹת טוֹבְעוֹת אֵלּוּ.

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translation into Hebrew by Dorit Weissman

***

ஆண்கள்

விலகிய கடல் இறந்தவற்றைத்
திரும்பத்தருகிற து
பயனற்ற எஞ்சியுள்ள கோரைப்புற்களை
நிலத்திற்கே!
மனமாறாட்டமுடைய, இழந்துவிட்ட
நம்பிக்கை இழந்த வயதானவ்ர்கள்
பிரிகின்றனர்
விவரம் தெரியாத சிறுவர்கள்
ஒன்றும் செய்ய முடியாது
சில்லென்ற குளிர் இரவினால் இறுகிய
அவர்களுடைய சிறு கைகள்
அவர்களுக்கு மரணத்தை கொண்டுவருகிறது!
கொலைகார மனிதர்கள்
அவரது உடலை எதிர்த்து
நிலத்தை எதிர்த்து கொலைசெய்கின்றனர்
பிறந்த நாளினின்று மார்பகப் பால் கொடுத்தது
கடலினிடம் தேவையான கோரைப்புல் கூடைகள்
துளித்துளியாகச் சேகரிக்க

மூழ்கும் உடல்களின்
வேதனைகளையும் அழுகைகளையும்
தீர்ந்து விட்டன!

Translation into Tamil by Dr. N V Subbaraman

***

MIROV

Zerya xwe berzdike
miriyan vedigerîne:
şiv badilhewa,
bê havil e
li ser vê erdê.

Şêtanî û hindabûn
mirovên têgihêştî
xwe dikine rewşeke gumanî
zaroyên bê guhne,
yên bêçare,
dest qerimî… şeva xwîskanî
ji wan re mirinê tîne.

Tawanbar e mirov
lidijî goştê xwe
tawanbar e lidijî erdê
ewa di destpêkê de ew xwedîkir.

Di zeryayê de sepetên
şivên heytê neman,
ku dilop li pê dilopê kombike,
hejarî û gazinî
ev tenê niqumî.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

মানব

প্রত্যাখ্যাত সমুদ্র ফিরিয়ে দেয়

মৃতদেহ,
অতিরিক্ত খরকুটো,
মূল্যহীন,
এই পৃথিবীতে।
উন্মাদ আর নিখোঁজ
মরিয়া প্রাপ্তবয়স্করা
করে প্রস্থান,
নিষ্পাপ ওই শিশুরা
করতে পারে না কিছুই,
তাদের ছোটহাত গুলি
জমে যায় হিমশীতল রাতে
যা তাদের ঠেলে দেয় মৃত্যুমুখে।
হত্যাকারীরা

বিরুদ্ধে দাড়ায় তাদের নিজের স্বজাতির প্রতি,
এই পৃথিবীর বিরুদ্ধে হত্যাকারীরা
যে পৃথিবী থেকে তারা করেছে স্তন্যপান।
এখন সমুদ্রে নেই আর
পর্যাপ্ত ঘরের ঝুড়ি
বিন্দু করে নেওয়ার জন্য,
হতাশা আর বিলাপ
আর ডুবে যাওয়া সব দেহগুলি

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

FIR

Tugann an mhuir ghéilliúil
na mairbh ar ais,
tuí iomarcach,
gan mhaith,
don domhan seo.
Ar mire is ar strae,
daoine fásta i ndeireadh na feide
ag imeacht,
níl na rudaí beaga saonta
in ann faic a dhéanamh,
a lámha beaga sioctha
ag an oíche fhuar a thugann
an bás léi.
Dunmharfóirí, fir a mharaíonn
a gcineál féin,
an domhan a chothaigh ón mbroinn iad
á scriosadh acu.

Níl dóthain ciseán tuí
ag an muir chun iad a bhailiú,
braon i ndiaidh braoin
d’ochlán na gcorp seo
á mb

Transcreation into Irish by Gabriel Rosenstock

(Maria Nivea Zagarella)

 

Recueil: ITHACA 647
Editions: POINT
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CROISSANT DE LUNE (Kim So-Wôl)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Chun Woo
    

CROISSANT DE LUNE

Depuis quand es-tu suspendu là, croissant de lune,
flottant pâle dans la nuit ?
Le vent se lève, la nuit qui tombe apporte fraîcheur
et dans les feux du couchant scintille la berge blanche.

Sur la sombre plaine aride
monte la brume glacée.
Hélas, l’hiver est froid
et la tristesse m’accable.

Dans le cœur de celle que j’aime et qui s’en va
l’amour aussi disparaît et jeunesse devient sénilité.
Aux branches sombres du roncier sauvage
s’éclairent à la tombée du soir les feuilles de fleurs fanées.

***

A HALF MOON

Since when are you hanging there, half moon,
drifting palely in the sky?
The wind rises, the nightfall brings a chill,
and the edge of the white-water glitters in the glow of the evening.

Above the dark, grassless plain,
the cold fog rises.
The winter is far advanced,
and sorrow weighs me down.

Also in the heart of the beloved who leaves,
love and youth turned to age disappears.
At the dark branches of the wild bramble,
withered petals glimmer in the faint evening light.

***

HALVE MAAN

Sinds wanneer hang je daar, halve maan,
bleek drijvend door de nacht?
De wind steekt op, de nachtval brengt kilte
en in het avondrood glinstert de witte waterrand

Boven de donkere, grasloze vlakte
stijgt de kille nevel op.
Ach, de winter is koud
en droefheid drukt mij neer.

Ook in het hart van de beminde die weggaat
verdwijnt de liefde en jeugd verandert in ouderdom.
Op de donkere takken van de wilde doornstruik lichten
bij avondval de bladeren van verwelkte bloemen op.

***

EIN HALBER MOND

Seit wann hängst du dort, Halbmond,
blass treibend durch die Nacht?
Der Wind nimmt zu, die Nacht ist frostig
und im Abendrot glitzert der weiße Wasserrand.

Über der dunklen, graslosen Ebene
steigt der kalte Nebel auf.
Ach, der Winter ist kalt
und die Traurigkeit drückt mich nieder.

Auch im Herzen der Geliebten, die geht,
verschwindet die Liebe, und die Jugend wird zum Alter.
Auf den dunklen Zweigen des wilden Dornbusches leuchten
in der Abenddämmerung die Blätter der verwelkten Blüten.

***

ΜΙΣΟΦΕΓΓΑΡΟ

Πόσο καιρό κρέμεσαι εκεί στον ουρανό
μισοφέγγαρο νωχελικά αργοπερνώντας;
Σηκώνεται ο αγέρας κι η ψύχρα της νύχτας σε παγώνει
άκρες νερού που λάμπουν μεσα στην εσπέρα

πάνω απ’ τον ολόξερο κάμπο
η ομίχλη αιωρείται
μες την καρδιά του χειμώνα
η λύπη με παιδεύει

και στην καρδιά που φεύγει της αγαπημένης
νειότης αγάπη που περνά και χάνεται
στα σκοτεινά κλαδιά αγριολυγιάς
και λάμπουν φύλλα πέταλα μέσα στο φως εσπέρας

***

***

LUNĂ PE JUMĂTATE

De când tot stai pe cer, lună pe jumătate,
palidă arătare, plutind peste genuni?
Se întețește vântul, noaptea în ger se-mbracă
și-n tivuri albe apa clipește în amurg.

Peste întunecata câmpie pustiită
se-nalță ceața rece.
Of, iarnă înghețată,
tristețea ta m-apasă.

În inima iubitei ce pleacă e la fel,
pălesc iubiri, junețea prinde-a se ofili
din crengile ciulinului sălbatic
cad la apus petale ruginii.

***

MEZZALUNA

Da quanto sei sospesa lassù, mezzaluna,
attraversando pallida il cielo?
Si alza il vento, la notta che arriva porta freddo,
e la linea dell’acqua chiara brilla nel chiaro della sera.

Sopra l’oscurità, una pianura senza verde,
si alza una nebbia gelida.
L’inverno è ormai inoltrato,
e il dolore grava sopra di me.

Anche nel cuore di chi parte e che tu ami
scompaiono l’amore e l’età che invecchia.
Sui rami scuri di un rovo selvatico,
i petali appassiti luccicano nella luce della sera che svanisce.

***

UNA MEDIA LUNA

¿Desde cuándo estás colgada ahí, media luna,
pálida flotando a la deriva en el cielo?
El viento se levanta, con el atardecer llega el frío
y el resplandor de la noche brilla en el borde del agua.

Sobre la oscura llanura sin hierba
se eleva la fría neblina.
Ay, el invierno avanza
y me pesa la tristeza.

También en el corazón del amante que se va
desaparece el amor y la juventud troca en vejez.
Sobre las ramas oscuras del arbusto silvestre
brillan las hojas de las flores marchitas al anochecer.

***

PÓŁKSIĘŻYC

Odkąd jesteś tam zawieszony, półksiężycu,
dryfujący blado po niebie?
Wzmaga się wiatr, zmrok niesie chłód,
a skraj białej wody błyszczy w poświacie wieczoru.

Ponad ciemną doliną bez traw
unosi się zimna mgła.
Zima w pełni,
a smutek przytłacza mnie.

Także w sercu ukochanej osoby, która odchodzi,
miłość i młodość znikają wraz ze starością.
Na ciemnych gałązkach dzikich jeżyn
zwiędłe płatki jaśnieją słabym świetłem wieczoru.

***

半 月
你从何时挂在那儿,半月,
在天空中苍白地飘荡?
风起,黄昏带来寒意
白水边在夜光中闪闪发光。
在黑暗无草的平原上,
冷雾升起。
冬天已经很深,
悲伤快要压垮了我。
还在离去爱人的心中,
爱情和青春变老而消失。
在野荆棘黑暗的枝头
枯花瓣闪亮在微弱夜光中。

***

***

***

(Kim So-Wôl)

 

Recueil: ITHACA 621
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Hébreu Dorit Wiseman / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Chinois William Zhou / Indi Jyotirmaya Thakur /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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La première luciole ! (Issa)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2020



Illustration: Koson Ohara  
    
La première luciole !
En allée, envolée,
Le vent m’est restée dans la main.

(Issa)

 

Recueil: Haïku
Traduction: Philippe Jaccottet
Editions: Fata Morgana

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