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Poésie

Posts Tagged ‘s’en aller’

L’on entend sans écouter (Louis Chedid)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Illustration: Karen L’Hémeury
    
L’on entend sans écouter,
On s’évite, on passe à côté,
Combien de chaleurs gaspillées,
Combien de rendez-vous manqués.

***

Derrière les gens et les visages,
Derrière les mots, derrière les phrases,
Il existe un autre langage,
D ‘autres lumières, d’autres images.
Lorsque tout le vernis s’en va,
Il y a vous, il y a moi.

(Louis Chedid)

 

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Le printemps qui s’en va (Buson)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017


 


 

Le printemps qui s’en va
s’attarde
dans les derniers cerisiers en fleurs

(Buson)

Illustration

 

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J’avais pensé partir… (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration
    
J’avais pensé partir…

J’avais pensé partir
vant la fin du jour

Éviter les remous
pour m’en aller léger
et n’encombrer personne

Mais je dois me résoudre
à rattacher la barque
aux lourds anneaux du port
car ce soir il est tard

Trop pour prendre la mer.

*

Je n’ai pas la douleur
Je n’ai pas le besoin
et je n’ai pas l’exil

J’ai juste perdu
Celle que j’aimais.

**

Je t’avais promis une caresse chaque soir
désormais ce sera un poème.

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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FOEHN (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2017




    
FOEHN

Plainte aveugle dans le vent, jour d’hiver couleur de lune,
Enfance, le bruit des pas meurt contre la haie obscure,
Cloches longues du soir.
La blanche nuit approche doucement.

Elle change en rêves pourpres les douleurs et les peines
De l’âpre vie, afin que l’aiguillon jamais
De ce corps pourrissant n’ôte sa pointe.

L’âme anxieuse au coeur du sommeil profondément soupire,

Le vent profondément dans les arbres rompus,
Et la mère s’en va comme une pleureuse
Chancelante par la solitaire forêt

De ce deuil silencieux; nuits peuplées
D’Anges étincelants parmi les larmes.
Au mur nu se brise un pâle squelette d’enfant.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

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Chacun s’en va (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
Chacun s’en va selon son rythme
Avec un air de danse dans la tête,
La réalité dans les bras. Chacun est
Heureux, chacun est triste des mêmes choses.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Ceux qui foulèrent ce sentier (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Ceux qui foulèrent ce sentier
S’en sont allés.
Les collines sont mystérieuses.
Ils ne sont pas perdus dans les bleus lointains,
Dans l’humilité anonyme
Des passants.

Très tard, aux lieux où ils disparurent,
Un espace blanc

Que veille
Une présence désespérée.

Celui qui habite le chant, l’étage que je n’atteint pas,
Qui vit de l’air,
Prend souffle où je m’exténue.
La bête étrange du poème
Se retourne dans son sommeil
Et le poème tremble où les hommes se rassemblent.
Quel est celui qui a saisi ma vie ?

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Sur la Mort (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017



Sur la Mort

En robe de fer, muette et chagrine,
De son froid baiser la Mort à présent,
Debout devant moi, n’excite plus tant,
Non, ma soupirante poitrine.

Un bruit sourd, un seul, et la vie est loin,
Rêve fugitif, rêve d’un autre âge.
L’ardeur de l’amour n’y fait plus barrage,
Ne la retient plus. C’est la fin.

Ma gorge en ses mains, la Mort me fait face.
Pour sauver ma vie, à qui me vouer?
Elle n’attend plus. Je dois m’en aller.
Je pleure l’éclat qui s’efface.

(Attila Jozsef)

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Trois petits oiseaux (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



Nick Kenworthy three-little-birds-

Trois petits oiseaux

Au matin se sont rassemblés
Trois petits oiseaux dans les blés.
Ils avaient tant à se dire
Qu’ils parlaient tous à la fois,
Et chacun forçait sa voix.
Ca faisait un tire lire,
Tire lire la ou la.
Un vieux pommier planté là
A trouvé si gai cela
Qu’il s’en est tordu de rire.
Tire lire la ou la.

À midi se sont régalés
Trois petits oiseaux dans les blés.

Tout en chantant dans les branches
Leur joyeux turlututu,
Ils mangeaient, mangeras-tu ?
Et lâchaient des avalanches
De caca cataractant.
Ils en faisaient tant et tant
Que l’arbre tout éclatant
Était plein d’étoiles blanches,
Tire lire tire lire,
Était plein d’étoiles blanches,
Tire lire la ou la.

À la nuit se sont en allés
Trois petits oiseaux dans les blés.

Chacun rond comme une caille,
Ils zigzaguaient, titubant,
Voletant, roulant, tombant ;
Ils avaient tant fait ripaille
Que leurs ventres trop gavés
Leur semblaient de lourds pavés ;
Si bien qu’on les a trouvés
Ce matin morts sur la paille,
Tire lire tire lire,
Ce matin morts sur la paille,
Tire lire la ou la.

Un seul trou les a rassemblés,
Trois petits oiseaux dans les blés …

(Jean Richepin)

Illustration: Nick Kenworthy

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Septembre (quel joli temps) (Sophie Makhno)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Septembre (quel joli temps)

Jamais la fin d’été n’avait paru si belle.
Les vignes de l’année auront de beaux raisins.
On voit se rassembler, au loin les hirondelles
Mais il faut se quitter. Pourtant, l’on s’aimait bien.

Quel joli temps pour se dire au revoir.
Quel joli soir pour jouer ses vingt ans.
Sur la fumée des cigarettes,
L’amour s’en va, mon cœur s’arrête.
Quel joli temps pour se dire au revoir.
Quel joli soir pour jouer ses vingt ans.

Les fleurs portent déjà les couleurs de Septembre
Et l’on entend, de loin, s’annoncer les bateaux.
Beau temps pour un chagrin que ce temps couleur d’ombre.
Je reste sur le quai, mon amour. A bientôt.

Quel joli temps, mon amour, au revoir.
Quel joli soir pour jouer ces vingt ans.
Sur la fumée des cigarettes,
L’amour nous reviendra peut-être.
Peut-être un soir, au détour d’un printemps.
Ah quel joli temps, le temps de se revoir.

Jamais les fleurs de Mai n’auront paru si belles.
Les vignes de l’année auront de beaux raisins.
Quand tu me reviendras, avec les hirondelles,
Car tu me reviendras, mon amour, à demain…

(Sophie Makhno)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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Mon front (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



Illustration: Tamara Lunginovic
    

Mon front vit de la fraîcheur d’un carreau
d’où le matin ne peut s’en aller
Je suis tout entier contre lui
sans que mes yeux le traversent

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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