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Poésie

Posts Tagged ‘s’en aller’

VIEUX CON (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018




    
VIEUX CON

Un beau jour, forcément, je serai un vieux con.
Tu vois, quand on vieillit
On s’en va de la caisse, on part du carafon,
Il se peut même que je sois un très vieux con
(Il faudra me le dire)
Mais à choisir, si on pouvait choisir,
Je préférerais devenir
Un con très vieux
Plutôt qu’un vieux très con.

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral
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L’azur (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018


L’azur a-t-il été un vrai morceau du temps?
N’ai-je pas imaginé une vacance dans l’opaque?
Etais-tu venue, toi qui t’en es allée?
Ai-je été ce feu qui s’aviva, disparut?

(André Frénaud)

Illustration: Vladimir Kush

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Les jours ne s’en vont pas longtemps (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Illustration: Théodore Chassériau
    
Les jours ne s’en vont pas longtemps
Mais nous laissent leur poids qui pense.
Mon hiver sert en plat d’argent
Aux jours en grappes de vacances

Sans poids sans ombre, leur ballade
Dévêtit sur mon sol maussade
L’ombre changeante, ou devenir,
Qui s’y répand comme le sang
Interrogeable d’un présent.

Beaux nus dans le soleil mémoire
Volez ou plongez !
nous traitant
De passeurs et de passe-temps
Vers l’ambroisie de notre histoire.
– Allez-vous-en ! pas pour longtemps.

(Olivier Larronde)

 

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Automne (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018




    
Automne

Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux
Et s’en allant là-bas le paysan chantonne
Une chanson d’amour et d’infidélité
Qui parle d’une bague et d’un cœur que l’on brise
Oh ! l’automne l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises.

(Guillaume Apollinaire)

 

 

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Que puis-je sans les autres hommes? (anonyme africain)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018


naissance-bebe

 

Que puis-je sans les autres hommes?
en arrivant ici-bas j’étais dans leurs mains,
en m’en allant d’ici je serai dans leurs mains

(anonyme africain)

 

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AULNE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
AULNE

Le loriot n’a plus chanté.
La rose et l’été s’effeuillent
dans l’odeur d’après-midi.
Le vent tarde à se lever.

Un corbeau tourne dans l’air
avec des clartés sur l’aile.
La rivière fait luire
ses galets sous l’aulne.

Le vent se lève et s’en va.
L’arbre quitté se détourne.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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BALLADE DE LA CAMPAGNE-EXIL (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: Muriel Henry
    
BALLADE DE LA CAMPAGNE-EXIL

Les paysans m’appellent par mon nom sur les routes,
comme ils reconnaissent une alouette d’une grive
mais ils connaissent mieux les noms des gibiers que le
mien car mon nom est Douleur.

Si ce que j’aime s’appesantit sur ma blessure, Il la gêne,
s’il ne s’appesantit que sur l’été, c’est la plaine qui souffre.

Qui nourrira mon amour et l’été si ce n’est cette douleur,
puisque mon amour et l’été ne peuvent plus se nourrir de joie.

Le cygne s’en va dans le sens des branches
et les muses nues me prennent les bras ;
le cheval ailé comprend ma souffrance
et les fleurs des prés s’écartent de moi.

(Max Jacob)

 

Recueil: Derniers poèmes en vers et en prose
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un nuage m’a visité (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



Illustration: Carrie Vielle

    
Un nuage m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
son contour dans le vent.

Une ombre m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
le poids d’un autre corps.

Une bouffée d’images m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
l’irréligion du rêve.

Une absence m’a visité.
Et m’a laissé en s’en allant
mon image dans le temps.

Et moi je visite la vie.
Je lui laisserai en m’en allant
la grâce de ces restes.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Points

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Le Chat se contenta de sourire (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018




    
Le Chat se contenta de sourire en voyant Alice.
Elle lui trouva l’air fort aimable ;
néanmoins, il avait des griffes extrêmement longues et un très grand nombre de dents,
c’est pourquoi elle sentit qu’elle devait le traiter avec respect.

« Minet-du-comté-de-Chester », commença-t-elle assez timidement,
car elle ne savait pas trop si ce nom lui plairait.
Le Chat s’étant contenté de sourire plus largement,
Alice pensa : « Allons, jusqu’ici il est satisfait », et elle continua :
« – Voudriez-vous me dire, s’il vous plaît, par où je dois m’en aller d’ici ?»
– Cela dépend beaucoup de l’endroit où tu veux aller.
– Peu m’importe l’endroit…
– En ce cas, peu importe la route que tu prendras.
– … pourvu que j’arrive quelque part » ajouta Alice en guise d’explication.
« Oh, tu ne manqueras pas d’arriver quelque part, si tu marches assez longtemps. »

Alice comprit que c’était indiscutable ;
en conséquence elle essaya une autre question :
« Quelle espèce de gens trouve-t-on dans ces parages ? »
– Dans cette direction-ci  , répondit le Chat, en faisant un geste de sa patte droite,
habite un Chapelier ; et dans cette direction-là  (il fit un geste de sa patte gauche),
« habite un Lièvre de Mars.
Tu peux aller rendre visite à l’un ou à l’autre : ils sont fous tous les deux.»

– Mais je ne veux pas aller parmi les fous !
– Impossible de faire autrement ; nous sommes tous fous ici.
Je suis fou. Tu es folle.
– Comment savez-vous que je suis folle ?
– Si tu n’étais pas folle, tu ne serais pas venue ici »

(Lewis Carroll)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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LES POÈMES (Victor Sandoval)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018



 

Alberto Galvez 693

LES POÈMES

Pourquoi écrit-on des vers ?
Pourquoi donc jaillissent les poèmes
et se mettent-ils en marche
à grandes enjambées dans les rues,
parlant tout seuls,
ne voyant rien et regardant tout le monde ?

Pourquoi se baladent-ils libres
comme des fous, les poèmes ?
La nuit, ils t’accompagnent,
ils causent avec toi
dans l’insomnie
ils te lancent de grands monologues,
ils t’inventent des mondes et des remords,
des souvenirs et des craintes,
la nostalgie d’un amour lointain,
une musique discrète dans la rue.

Toute
la nuit ils t’accompagnent
comme un vin accablant,
et ivres, à
l’aube, ils s’en vont.

(Victor Sandoval)

Illustration: Alberto Galvez

 

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