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Poésie

Posts Tagged ‘s’en aller’

Ils sen vont, tu les aimais (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    

Ils s’en vont, tu les aimais.
Debout dans l’embrasure
d’une nuit sans voix,
désirant. tu cherches souffle.

Tu es au bord d’une immense
absence, là où se dissipent
toute chose et toute fable,
où le temps n’est plus le temps,

Ni poussière ni fantôme
ni même image, mais une pause
infinie, résolution

De l’infime, rien qu’une pluie
de mains impalpables qui ne saisissent
rien ni personne.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quelque (Michaël Donhauser)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Quelque m’a ou
dis-je et
feuillage, chose
effleuré

Crépite à peine
pendant, alors que
sur l’asphalte
cela tournoie

oscille, afin
qu’impassible
venté, oui
et puis s’en va

***

Hat mich oder
sag ich und
Blattwerk, etwas
leicht bewegt

Knistert kaum
während, wenn
am Asphalt
es sich dreht

Wippend, daß
unbetört
windig, ja
und vergeht

(Michaël Donhauser)

Illustration: ArbreaPhotos

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Chacun s’en va (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




    
Chacun s’en va selon son rythme
Avec un air de danse dans la tête,
La réalité dans les bras. Chacun est
Heureux, chacun est triste des mêmes choses.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Mais je le sens au bord des soirs (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
Mais je le sens au bord des soirs :
nous nous révélerons nos âmes.
Et de mon âme et de ton âme
naîtront figures de silence
qui pleureront à voix très basse
en s’en allant l’une vers l’autre.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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L’adieu (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018



 

Illustration: Edvard Munch
    
L’adieu

Comme j’ai senti ce qu’adieu veut dire !
Comme je me rappelle encore ce quelque chose de sombre
d’intact et de cruel qui pour une dernière fois
nous rend conscients d’un très beau lien, puis le déchire.

Comme j’étais sans défense, pour la regarder
celle qui m’appelant me laissa m’en aller
restant derrière moi comme si elle était toutes les femmes
et pourtant petite et blanche et rien d’autre que ceci :

un signe de la main qui déjà n’était plus pour moi,
ce geste qui doucement se répétait, à peine
reconnaissable : peur-être un prunier
d’où un coucou venait de s’envoler en hâte.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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On a oublié deux droits dans la Déclaration des Droits de l’Homme (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



déclaration des droits de l'homme et du citoyen [800x600]

On a oublié deux droits
dans la Déclaration des Droits de l’Homme :

celui de se contredire
et celui de s’en aller.

(Charles Baudelaire)

 

 

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Vert exclusif (Madeleine Le Floch)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Vert exclusif

La mer
en s’en allant
écrivait sur le sable
un poème

que le vent
jaloux
effaçait.

(Madeleine Le Floch)

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Devant la forêt des hêtres (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018




Illustration: Gustav Klimt
    
Devant la forêt des hêtres

La première fois que je le rencontrai

devant la forêt des hêtres
Ton visage me dit qu’amour n’était
Ni impatience ni force
Mais je ne te crus pas et je m’en allai

par toutes sortes de routes
Dans les nuées

Puis vint le jour où mon fantôme

Avec plaisir te reconnut à l’orée de la même forêt

Toi aussi tu le retrouvas et la voix parla dans l’air

«Amour, dis-tu, n’est ni impatience ni hâte!»

Alors seulement je te crus

Maintenant la neige put s’étendre

Sur toute parole inutile et silencieuse

(Jacques Chessex)

 

 

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Le baiser du soir (Leopoldo Maria Panero)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration
    
Le baiser du soir

Père, je m’en vais :
je vais jouer dans la mort,
père, je m’en vais.
Dis adieu à ma mère,
éteins la lumière de ma chambre :
père, je m’en vais.

Dis à l’enfant qui rit là-bas,
je ne sais de quoi, peut-être de la vie,
mon nom, rien que mon nom
range bien mes jouets
l’ours avec l’ours, et range le chien
près de l’oiseau, quant au canard
laisse-le seul, le canard :
père, je m’en vais : je vais jouer avec la mort.
Il y avait une flamme, oui dans mes yeux,
d’avoir tant de nuits veillé,
et que personne n’avait su fermer
sinon moi ; pardonne-moi, père, s’il n’y avait
personne, à part moi : je m’en vais,
je m’en vais seul jouer avec la mort.

Père, je suis mort, déjà, et quelle obscurité
tout cela :
pas de lune, pas de soleil, pas de terre ici,
père, je suis mort.
Nous sommes les morts comme des malades
et le cimetière est l’hôpital
on y joue au docteur
drap blanc et bistouri
et des tombes comme autant de lits
pour rƒver : ils sont si blancs ces os
père si blancs : comme rêver.

Les autres disent, les plus morts d’entre nous,
ceux qui passent un temps fou
à se venger ici de Dieu,
que le Diable viendra, le bon Diable,
qu’il viendra le Diable avec plus de fleurs
que personne n’en peut porter.
Père, je suis mort, je ne suis pas seul
père, je suis mort, j’ai des amis
avec qui jouer.

Mère, ces baisers que tu reviens
me donner dans la tombe
me réveillent, me donnent froid
j’ai été vivant, je l’ai su
maintenant
laisse-moi oublier.

Père, je suis mort, et la tombe
est un berceau bien meilleur
père, il n’y a personne, je suis seul
père, si un jour à nouveau
je retourne parmi vous, père si à nouveau je vis
j’ignore de quoi je pourrais rêver.

(Leopoldo Maria Panero)

 

Recueil: Bonne nouvelle du désastre et autres poèmes
Traduction: Victor Martinezet Cédric Démangeot
Editions: Fissile

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QUATRE CANARDS (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



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QUATRE CANARDS

Quatre canards fort affairés
s’en allaient à la file indienne
le bec au vent, l’oeil affamé
sur le lac du bois de Vincennes.

Le premier vit un poisson vert
mais l’ayant couvert de son ombre
le second n’aperçut qu’un ver
qu’il négligea dans la pénombre.

Le troisième n’eut qu’un pli d’eau
jugez ce qu’eut le quatrième !
Autant voguer sur un ruisseau
avec la cane que l’on aime.

(Pierre Béarn)

 

 

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