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Poésie

Posts Tagged ‘s’énerver’

L’éléphant (Gilles Brulet)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020



 

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L’éléphant

J’ai réussi
A savoir pourquoi
rarement s’énerve
L’éléphant
C’est tout simplement
Parce que la moutarde
A trompe à monter.

(Gilles Brulet)

Illustration

 

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Elle s’énerve (Albane Gellé)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



 


    
elle
s’énerve contre les mouches sur les
yeux des chevaux et contre au
moins neuf cent dix mille autres
choses.

(Albane Gellé)

 

Recueil: Je te nous aime
Traduction:
Editions: Cheyne

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Mon Lou adoré (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2017




    
Le 9 janvier 1915
Mon Lou adoré,

Dans tout ce déluge d’imprévu et d’émotions, tes deux lettres d’aujourd’hui
où tu devines ma lettre du 3 et y réponds, m’ont causé une joie inouïe.

Je me fiche de toutes ces compositions du moment que tu m’aimes
et me le prouves si gentiment, si complètement.

Je te prends mon Lou, tu es à moi,
je t’adore, je t’aime,
je n’aime rien d’autre que toi.

Oui, tu es moi-même et je suis toujours en toi
comme tu es toujours là.
Baisers, mon Lou, je m’énerve.

[…]

Oui, ma Lou, tu es ma Lou à moi,
ma chose vivante que j’aime infiniment,
mon bijou précieux,
ma petite perle ronde comme ton derrière,
comme tes deux petits seins infiniment jolis
et si joliment fleuris de deux roses sans épines.

Tu te donnes toute et je te prends toute
comme tu te donnes ma toute chérie,
oui, nous sommes ensembles pour toujours oui,
tu m’as tout dit,
et tu es si à moi
et si en moi que tu devines tout de moi.

Il y a une correspondance unique
et inouïe entre nos âmes.

Non, je n’ai plus de noir après tes lettres
et tu me rends infiniment heureux.

Ne sois pas triste, mon Lou.
Ne sois pas triste puisque je ne suis plus triste

(Guillaume Apollinaire)

 

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Parce que tu m’as parlé de vice … (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Parce que tu m’as parlé de vice…

Tu m’as parlé de vice en ta lettre d’hier
Le vice n’entre pas dans les amours sublimes
Il n’est pas plus qu’un grain de sable dans la mer
Un seul grain descendant dans les glauques abîmes

Nous pouvons faire agir l’imagination
Faire danser nos sens sur les débris du monde
Nous énerver jusqu’à l’exaspération
Ou vautrer nos deux corps dans une fange immonde

Et liés l’un à l’autre en une étreinte unique
Nous pouvons défier la mort et son destin
Quand nos dents claqueront en claquement panique
Nous pouvons appeler soir ce qu’on dit matin

Tu peux déifier ma volonté sauvage
Je peux me prosterner comme vers un autel
Devant ta croupe qu’ensanglantera ma rage
Nos amours resteront pures comme un beau ciel

Qu’importe qu’essoufflés muets bouches ouvertes
Ainsi que deux canons tombés de leur affût
Brisés de trop s’aimer nos corps restent inertes
Notre amour restera bien toujours ce qu’il fut

Ennoblissons mon cœur l’imagination
La pauvre humanité bien souvent n’en a guère
Le vice en tout cela n’est qu’une illusion
Qui ne trompe jamais que les âmes vulgaires

(Guillaume Apollinaire)

Illustration: Gustav klimt

 

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