Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘s’enflammer’

Quand nos deux âmes (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



Quand nos deux âmes se tiennent dressées et fortes,
Face à face, silencieuses, jusqu’à ce que
De proche en proche leurs ailes soudain s’enflamment
En leurs extrémités – quel tort cruel
La terre peut-elle nous causer, que nous ne
Soyons plus longtemps comblés ? Réfléchis.
Nous élevant, les anges empressés
Déposeraient l’étoile dorée du chant
Dans notre profond, cher silence. Restons
Plutôt sur terre, Aimé – où les humeurs
Ineptes des hommes repoussent au loin
Puis isolent les purs esprits, et dispensent
Un lieu où vivre et s’aimer pour un jour,
Encerclé d’ombre et par l’heure de la mort.

(Elizabeth Browning)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Réconfort (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



Réconfort

J’habite un pays serein
D’où le chemin s’éloigne
Interminable et raide
Vers un endroit de douleur
Les soirs sont tièdes
Je me protège de moi-même
Dans l’espoir de durer
Jusqu’à l’aube de partir

Je m’enflamme
À une lumière sacrée
Pour découvrir
Qu’on m’a mortifié
Je m’inflige au coeur et à la chair
D’éternelles brûlures
Pour justifier sans détours
Ma brûlante existence

Avec sa blouse de labeur
Je revêts le chemin
Et j’entends dans le lointain
Battre des mains de femme
Dans ta chaumière la chanson
Monte derrière la vitre
Les vaches te donnent leur lait
Pour le beurre du matin

Avec sa gorge jeune
Ton corps m’a troublé
J’espère que tu n’iras pas
Te confesser dimanche

Sur le toit de chaume
S’accrochent la chair du jour
Et des lambeaux d’étoiles
Arrachés à l’espace.

(Jean-Baptiste Besnard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cette nuit (Lord Byron)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



Adrian Borda he_came_with_the_rain_by_borda [1280x768]

 

Cette nuit je rêvai vives ces heures;
En vérité, cette pure apparence,
Dans sa fantaisie, m’était plus courtoise,
Que si je m’enflammais pour d’autres coeurs,
Pour d’autres yeux n’atteignant ta brillance
Dans le réel sauvage de l’extase.

Ne me rappelle pas, ne me redis
Ces heures qui, pour toujours en allées,
Restituent encore un rêve qui plaît,
Jusqu’à ce que nous soyons, dans l’oubli,
Insensibles tels la pierre effritée
Disant que nous ne serons plus jamais.

(Lord Byron)

Illustration: Adrian Borda

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE ROCHER DES ANGES (Tanikawa Shuntarô)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



 

Paul KleePaul Klee rocher_des_anges

LE ROCHER DES ANGES

Sur la tombe d’un homme dans leurs habits de pierre les anges
qui ne connaissent pas le rire
qui ne connaissent pas les pleurs

un jour soudain s’envolent
vers les cieux lointains de leur pays natal
à la manière des oiseaux de passage

Ne sachant pas ce qu’est le mensonge
les anges ignorent ce qu’est la vérité

Et l’homme abandonné à son sort
s’enflamme de jalousie pour les étoiles

Son cœur se dilate
son corps se rapetisse
et en attendant de se fondre à la terre

il fait l’amour avec le soleil

(Tanikawa Shuntarô)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Paul Klee

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Demain jaillira de mon ivresse (Janine Tavernier)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Alberto Donaire CA2T2PKT

Demain jaillira de mon ivresse
comme un poignard déchirant les brumes
demain ce sera toi
demain ce seront eux
Ce soir c’est l’alcool la folie et moi
demain est à demain
ce soir est à moi
et je suis à ma vie
Je sens dans le tourbillonnement de l’alcool
mon désir s’enflammer comme une mèche dans l’huile

(Janine Tavernier)

Illustration: Alberto Donaire

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A Amsterdam (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Amsterdam_canal [1280x768]

A Amsterdam

A Amsterdam, il y a Dieu, il y a les dames.
J’ai vu les dames de mes yeux, j’ai pas vu Dieu à Amsterdam.
A Amsterdam, il y a les eaux, il y a les âmes.
J’ai vu les eaux dans les canaux, j’ai pas vu d’âme à Amsterdam.
A Amsterdam y a des vélos et y a des trams
et des bateaux qui font font l’amour au carrefour à Amsterdam.

[Refrain] :
Il y a Dieu, il y a les dames.
J’ai vu les dames, où donc est Dieu?

A Amsterdam, il y a Dieu, il y a les dames.
J’ai vu les dames de mes yeux, j’ai pas vu Dieu à Amsterdam.
A Amsterdam y a des florins avec des diams
et tout s’achète et tout se vend, même le vent, à Amsterdam.
A Amsterdam, il y a Van Gogh, il y a Van Dam.
Les chimpanzés sont exposés dans les musées à Amsterdam.

[Refrain]

A Amsterdam la Chine, l’Afrique et l’Islam
sont réunis et toutes les races enfin s’embrassent à Amsterdam.
A Amsterdam les fourmis, les hippopotames
sont assemblés dans un baiser plutôt osé à Amsterdam.
A Amsterdam j’ai cherché le Dieu d’Abraham.
Jésus, est-il ce jeune bonze qui se bronze à Amsterdam?

[Refrain]

A Amsterdam, il y a Dieu, il y a les dames.
J’ai vu les dames de mes yeux, j’ai pas vu Dieu à Amsterdam.
A Amsterdam, voici des pigeons qui s’enflamment
devant les belles qui ruminent dans les vitrines à Amsterdam.
A Amsterdam, dans les saunas, dans les hammams
Marcuse transmet son message dans les massages à Amsterdam.

[Refrain]

A Amsterdam y a du haschich par kilogrammes.
Ma bien-aimée dans la fumée fut embaumée à Amsterdam.
A Amsterdam j’ai vu soudain monter mon âme
par le p’tit trou qu’un vieux couteau m’a fait dans l’dos, à Amsterdam.

x2
A Amsterdam, il y a Dieu, il y a les dames.
J’ai vu les dames de mes yeux, j’ai pas vu Dieu à Amsterdam.

(Guy Béart)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Regard frais (Jean Esponde)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018



Illustration: René Magritte
    
regard frais,
étranger de souche,
et partout
essayer de
se sentir chez soi
comme les efforts
de la bûche
pour s’enflammer
toute seule.

(Jean Esponde)

 

Recueil: COULEURS HARAR et autres sujets d’inquiétude
Traduction:
Editions: Atelier de l’Agneau

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jehova ou l’idée de dieu (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2016



 

Jehova ou l’idée de dieu

[…]

Le nuage crève;
Son brûlant carreau
Jaillit comme un glaive
Qui sort du fourreau !
Les foudres portées
Sur ses plis mouvants,
Au hasard jetées
Par les quatre vents,
Entre elles heurtées,
Partent en tous sens,
Comme une volée
D’aiglons aguerris
Qu’un bruit de mêlée
A soudain surpris,
Qui, battant de l’aile,
Volent pêle-mêle
Autour de leurs nids,
Et loin de leur mère,
La mort dans leur serre,
S’élancent de l’aire
En poussant des cris !
Le cèdre s’embrase,
Crie, éclate, écrase
Sa brûlante base
Sous ses bras fumants !
La flamme en colonne
Monte, tourbillonne,
Retombe et bouillonne
En feux écumants;
La lave serpente,
Et de pente en pente
Etend son foyer;
La montagne ardente
Paraît ondoyer;
Le firmament double
Les feux dont il luit;
Tout regard se trouble,
Tout meurt ou tout fuit;
Et l’air qui s’enflamme,
Repliant la flamme
Autour du haut lieu,
Va de place en place
Où le vent le chasse,
Semer dans l’espace
Des lambeaux de feu !

[…]

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: William Blake

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Soir (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2016




Le Soir

Le soir ramène le silence.
Assis sur ces rochers déserts,
Je suis dans le vague des airs,
Le char de la nuit qui s’avance.

Vénus se lève à l’horizon ;
A mes pieds l’étoile amoureuse
De sa lueur mystérieuse
Blanchit les tapis de gazon.

De ce hêtre au feuillage sombre
J’entends frissonner les rameaux :
On dirait autour des tombeaux
Qu’on entend voltiger une ombre.

Tout à coup, détaché des cieux,
Un rayon de l’astre nocturne,
Glissant sur mon front taciturne,
Vient mollement toucher mes yeux.

Doux reflet d’un globe de flamme,
Charmant rayon, que me veux-tu ?
Viens-tu dans mon sein abattu
Porter la lumière à mon âme ?

Descends-tu pour me révéler
Des mondes le divin mystère,
Ces secrets cachés dans la sphère
Où le jour va te rappeler ?

Une secrète intelligence
T’adresse-t-elle aux malheureux ?
Viens-tu, la nuit, briller sur eux
Comme un rayon de l’espérance ?

Viens-tu dévoiler l’avenir
Au coeur fatigué qui l’implore ?
Rayon divin, es-tu l’aurore
Du jour qui ne doit pas venir ?

Mon coeur à ta clarté s’enflamme,
Je sens des transports inconnus,
Je songe à ceux qui ne sont plus,
Douce lumière, es-tu leur âme ?

Peut-être ces mânes heureux
Glissent ainsi sur le bocage.
Enveloppé de leur image,
Je crois me sentir plus près d’eux !

Ah ! si c’est vous, ombres chéries,
Loin de la foule et loin du bruit,
Revenez ainsi chaque nuit
Vous mêler à mes rêveries.

Ramenez la paix et l’amour
Au sein de mon âme épuisée,
Comme la nocturne rosée
Qui tombe après les feux du jour.

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: Pierre-Narcisse Guérin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

La nuit est un ange (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



 

La nuit est un ange dont le visage s’enflamme quand on le regarde dans les yeux.
C’est vers deux heures du matin que j’entends s’avancer le grand bateau des âmes
dont ton visage est la radieuse figure de proue.

(Christian Bobin)

Illustration: Danièle Cottereau

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :