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Poésie

Posts Tagged ‘s’enfuir’

PASTEL (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



PASTEL

L’automne pleure et crie
— Agonisant buccin —
Et les oiseaux s’enfuient
Vont se cacher au loin.

La pluie hélas ! crépite…
Aucun sur le chemin ;
Qui délaisse son gîte
Sombre dans le crachin.

Dans les noirs guérets glissent
Et plongent les corbeaux.
Les beuglements emplissent
Le parc à bestiaux.

Tristement les clarines
Tintent dans ce décor…
Si tard… le jour décline
Et point encor suis mort.

(George Bacovia)

Illustration

 

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CRÉPUSCULE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



CRÉPUSCULE

Vois les corbeaux — ah ! les « Corbeaux »
Du poète Demetresco —
Ils passent dans la nuit, s’enfuient
Par-dessus la ville transie,

Et tout au loin ils disparaissent…
Cependant que toute d’argent
Dans le crépuscule d’argent
La lune s’allume et caresse

De rayures couleur d’argent
Le vaste et lugubre caveau…
Ah ! ma chérie, ah ! les « Corbeaux »
Du poète Demetresco…

(George Bacovia)

Illustration

 

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Bagarre (Célie Diaquoi-Deslandes)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2019



 

palmiers

Bagarre

La lune se cache
Le visage couvert de balafres
Derrière le palmiste irrité
Des chevaux de nuage
S’enfuient effrayés
Sous le fouet de la pluie

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration

 

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Cette nuit sombre d’automne (Shan Sa)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2019




    
Cette nuit sombre d’automne
La pluie ruisselle sur les carreaux
Ma vie s’enfuit
A pas comptés

(Shan Sa)

 

Recueil: Le vent vif & le glaive rapide
Traduction:
Editions: William Blake & CO. Edit.

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Le coucher d’un petit garçon (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



 Franz Von Defregger

Le coucher d’un petit garçon

Couchez-vous, petit Paul ! Il pleut. C’est nuit : c’est l’heure.
Les loups sont au rempart. Le chien vient d’aboyer.
La cloche a dit : « Dormez ! » et l’ange gardien pleure,
Quand les enfants si tard font du bruit au foyer.

« Je ne veux pas toujours aller dormir ; et j’aime
A faire étinceler mon sabre au feu du soir ;
Et je tuerai les loups ! Je les tuerai moi-même ! »
Et le petit méchant, tout nu ! vint se rasseoir.

Où sommes-nous ? mon Dieu ! donnez-nous patience ;
Et surtout soyez Dieu ! Soyez lent à punir :
L’âme qui vient d’éclore a si peu de science !
Attendez sa raison, mon Dieu ! dans l’avenir.

L’oiseau qui brise l’oeuf est moins près de la terre,
Il vous obéit mieux : au coucher du soleil,
Un par un descendus dans l’arbre solitaire,
Sous le rideau qui tremble ils plongent leur sommeil.

Au colombier fermé nul pigeon ne roucoule ;
Sous le cygne endormi l’eau du lac bleu s’écoule,
Paul ! trois fois la couveuse a compté ses enfants ;
Son aile les enferme ; et moi, je vous défends !

La lune qui s’enfuit, toute pâle et fâchée,
Dit : « Quel est cet enfant qui ne dort pas encor ? »
Sous son lit de nuage elle est déjà couchée ;
Au fond d’un cercle noir la voilà qui s’endort.

Le petit mendiant, perdu seul à cette heure,
Rôdant avec ses pieds las et froids, doux martyrs !
Dans la rue isolée où sa misère pleure,
Mon Dieu ! qu’il aimerait un lit pour s’y blottir ! »

Et Paul, qui regardait encore sa belle épée,
Se coucha doucement en pliant ses habits :
Et sa mère bientôt ne fut plus occupée
Qu’à baiser ses yeux clos par un ange assoupi !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Franz Von Defregger

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Je suis au-delà de toute contingence (Valérie Canat de Chizy)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



Illustration
    
Je suis au-delà
de toute contingence
appliquée à vivre
sur la pointe des pieds
sans faire de bruit
j’étais dans un lieu
suspendu dans le temps
j’ai marché sur une vipère
dans l’herbe jaunie
elle s’est enfuie en zigzagant
le long des remparts
la vue surplombait
le bleu roi du fleuve

(Valérie Canat de Chizy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Anthologie de la poésie française 100 ans après Apollinaire
Traduction:
Editions: Maison de Poésie- Fondation Emile Blémont

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Querelle (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018




Querelle

Lorsque ma sœur et moi, dans les forêts profondes,
Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,
En nous baisant au front tu nous appelais fous,
Après avoir maudit nos courses vagabondes.

Puis, comme un vent d’été confond les fraîches ondes
De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,
Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,
Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

Et pendant bien longtemps nous restions là blottis,
Heureux, et tu disais parfois : Ô chers petits,
Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !

Les jours se sont enfuis, d’un vol mystérieux,
Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille
Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

(Théodore de Banville)

Illustration: Henry Cousinou

 

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LE PASSAGE DES DIEUX (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration: Philippe Jamin 
    
LE PASSAGE DES DIEUX

Étrange! La permanence du moi doit traverser
La Vierge, Aphrodite, et la Mère en deuil,
Toutes les amours et les peines, les successives déités
Qui ont leur royaume dans le cœur des hommes.

Abandonnée par les dieux, femme au corps vieillissant
Dans le demi-souvenir de l’Annonciation,
De la passion, de la douleur et du chagrin
Qui ont pris le masque de mon visage,

Je m’émerveille de l’indifférence de l’âme.
Car dans son théâtre la pièce est jouée,
Les larmes sont versées; les acteurs, les immortels
Aux apparitions incessantes, ailleurs se sont enfuis

Et moi qui fus la Vierge et Aphrodite,
Isis en deuil et la reine du blé,
J’attends l’ultime avatar, la terrible Perséphone,
Pour danser enfin ma cendre dans la tombe.

***

THE TRANSIT OF THE GODS

Strange that the self’s continuum should outlast
The Virgin, Aphrodite, and the Mourning Mother,
Ail loves and griefs, successive deities
That hold their kingdom in the human breast.

Abandoned by the gods, woman with an ageing body
That half remembers the Annunciation,
The passion and the travail and the grief
That wore the mark of my humanity,

I marvel at the soul’s indifférence.
For in her theatre the play is done,
The tears are shed; the actors, the immortals
In their ceaseless manifestation, elsewhere gone,

And I who have been Virgin and Aphrodite,
The mourning Isis and the queen of corn
Wait for the last nommer, dread Persephone
To dance my dust at last into the tomb.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Toi qui as peur (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration: Annie Predal
    
Toi qui as peur

Ma faible ma si faible
toi qui as peur de ta faiblesse
ma vigne folle au vent tremblant
c’est moi la treille sous tes mains

mon lierre noir toi qui t’écroules
je suis le mur dessous ta peau
mon eau sans forme qui s’enfuit
c’est moi le verre et ton barrage

ne tremble plus je suis l’appui
nuit après jour de tes naufrages
la couverture où l’on t’enroule
ma frissonnante ton radeau

ma naufragée je suis la mer
je te conduis je t’engloutis
je suis la paix sous tes paupières
où tous nos pas ont abouti.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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SA JEUNESSE (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2018



SA JEUNESSE

Avant que de sourire et nous quittons l’enfance
Avant que de savoir, la jeunesse s’enfuit
Cela semble si court que l’on est tout surpris
Qu’avant que de comprendre on quitte l’existence

Lorsque l’on tient entre ses mains
Cette richesse
Avoir vingt ans, des lendemains
Pleins de promesses
Quand l’amour sur nous se penche
Pour nous offrir ses nuits blanches
Lorsque l’on voit, loin devant soi
Rire la vie
Brodées d’espoir, riche de joie
Et de folie
Il faut boire jusqu’à l’ivresse
Sa jeunesse
Car tous les instants
De nos vingt ans
Nous sont comptés
Et jamais plus
Le temps perdu
Ne nous fait face
Il passe.
Souvent en vain, on tend les mains
Et l’on regrette
Il est trop tard, sur son chemin
Rien ne l’arrête
On ne peut garder sans cesse
Sa jeunesse

(Charles Aznavour)

Illustration

 

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