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Posts Tagged ‘s’enfuir’

Consolation (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



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Consolation

Viennent les heures,
Là de vieilles blessures,
Depuis longtemps oubliées,
Menacent de déchirure.

Viennent les jours,
Là aucun risque
De la vie, des souffrances
Ne peut se décider.

Les heures s’enfuient,
Les jours passent,
Il en reste un fruit :
L’existence seule.

***

Trost

Es kommen die Stunden,
Da alte Wunden,
Die ingst vergessen,
Drohn zu zerfressen.

Es kommen die Tage,
Da keine Waage
Des Lebens, der Leiden
Sich kann entscheiden.

Die Stunden verrinnen,
Die Tage vergehen.
Es bleibt ein Gewinnen:
Das bloße Bestehen.

(Hannah Arendt)

 

 

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FRUITS ET LEGUMES (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

épicerie

FRUITS ET LEGUMES

Légumes, fruits, couleurs de la belle
saison. Quelques corbeilles où pour la soif
se laissent voir de douces pulpes crues.

Entre un enfant aux jambes nues,
impérieux, il s’enfuit.

L’humble échoppe
s’assombrit, elle vieillit comme
une mère.

Dehors, lui, au soleil
il s’éloigne, suivi de son ombre, léger.

(Umberto Saba)

Illustration: Alain Gaudin

 

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Je vous lâche (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018


 


 

fenetre -1

Je vous lâche

Je vous lâche
vous serez courageux.
Pour s’enfuir
il faut
être deux.
J’étais
seul.

Je suis sorti
pour
mes dernières courses.
Label 5
cigarettes
légères.
Il faisait beau
un enfant courait
rien n’aurait pu
l’arrêter.

La caissière
m’a regardé
derrière ses chiffres.
J’ai voulu
lui laisser
la monnaie.

J’ai ouvert la fenêtre
aérer
pour toujours
cette unique pièce

nous fumions
ensemble.

(Balbino)

 

 

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Errance (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018




Errance

Il existe des maux
Pour lesquels il n’y a pas de mots…
Indicibles et lourds
Ils nous poursuivent le jour
Sans répit
Et même lorsque que tombe la nuit…

Pauvre hère,
Tu n’as pas encore quitté la terre,
Mais déjà, ton âme s’est enfuie :
A mi-chemin entre somme et veille
Entre mort et vie…
Tu nous vois,
Du moins, je le crois,
Mais plus un signe,
Plus une ligne,
Plus de communication…
Où donc est passée ta raison ?
Un fil ténu te retient à nous,
Un rien ferait qu’il casse
– Tu es déjà si lasse –
Et tu t’envolerais…
Faudrait-il le renouer… ?

Souffres-tu
Dans ton silence absolu ?
Tu as les yeux ouverts,
Sur un éternel hiver
Mais tes horizons
Ne sont plus nos moissons…

Seul, un baiser
Sur ta joue posé,
Une pression sur ta main
Nous laissent entrevoir un lendemain…
Une maigre réaction,
Un bien pâle sourire,
Comme pour nous dire :
 » C’est tout ce que je ressens
Pour tout le reste, je suis absent,
Coupé du reste du monde,
Isolé dans ma prison
Pour moi, plus rien n’est bon. »

Et tes yeux demeurent éteints,
Aucune lueur ne les éclaire.
Tout ton être erre…
Dans des régions de nous non explorées,
A mi-lieue entre ciel et enfer,
Entre anges et démons…
C’est presque une damnation…
Pourquoi Dieu t’a-t-il abandonné ?

Pourquoi toi,
Quand d’autres vieillissent joyeusement,
Quand d’autres parlent savamment ?

Oui, ta maladie porte un nom bien amer :
 » Alzheimer « …

(Mireille Gaglio)

 

 

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Je me penche (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Je me penche, feuillage, je me retourne, oiseau.
Je me perds, eau glacée, je me trouve, arbre vert.
Je m’enfuis, silence, je retombe, pluie de flammes.
Je m’endors, humiliée, je m’éveille, solennelle.
Je me penche, menteuse, je me lève, danseuse.
Mon ombre dans tes yeux
fait des pieds et des mains

(Paul Nougé)

Illustration: Elizaveta Porodina

 

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A l’antre du Réel (Bernard Pozier)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Entre les mots
écrits et tus
le temps

Entre la parole
et l’ombre de son retour
le blanc

Entre le senti
et le son de son oubli
le sens

Entre l’autre
et l’un unis
les corps

Entre l’âme
et l’autre
le coeur encore

Entre le réel
et son envers inouï
l’étrange

Entre ici et là
l’ailleurs de l’être
arrête

Entre jadis et demain
le pouls de vivre
déjà s’enfuit

(Bernard Pozier)

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CHAÎNES (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
CHAÎNES

Comme une voix dans le feu,
Qui soupire et sommeille,
Puis rêve de jours radieux,
Où les tons sont vermeils.

Comme une voix dans la plaine,
Qui tremble et joue du rire,
Puis fait place à la peine
Où tout crie sans rien dire.

Comme une voix dans le ciel,
Qui frémit et fredonne,
Puis s’effeuille, étincelle,
Où les pas de nos coeurs résonnent.

Comme une voix à l’infini,
Qui s’élève dans la brise,
Puis s’enfuit dans la nuit
Où les nuages s’irisent.

L’Amour nous tient si fort,
Que pieds et mains liés,
Au-delà de tous torts
Nous y sommes enchaînés.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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L’AMOUR EN FUITE (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




    
L’AMOUR EN FUITE

La lampe éteinte de nos jours,
A de sombres contours
Et des visages d’Amour
Qui sanglotent toujours.

Peu à peu, sans bruit,
Tout doucement,
Les rires d’été se sont enfuis,
Il ne reste que le vent.

Le soleil de nos nuits,
Terni à force d’étoiles,
Implore sa survie,
Veut déchirer le voile.
Mais la lampe s’est éteinte,

Et au déclin du soir,
Se dénouent les étreintes,
Aux couleurs de notre espoir.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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AU BORD DU PETIT LAC (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration
    
AU BORD DU PETIT LAC
Tchan-Jo-Su

Le petit lac s’enfuit, poursuivi par le vent ;
mais, bientôt, il revient en arrière.

Les poissons sautent, par moment, hors de l’eau :
on croirait que ce sont les nénuphars qui s’épanouissent.

La lune, adoucie par les nuages,
se fait un chemin, à travers les branches.

Et la gelée blanche, change en perles,
les diamants de la rosée.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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LA GUERRE LA CHANSON DE L’OURAGAN (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




    
LA GUERRE
LA CHANSON DE L’OURAGAN
L’empereur Kao-Ty

L’ouragan furieux, court par le ciel,
et pourchasse les nuages, qui roulent et s’enfuient.
C’est ainsi que ma puissance, a culbuté les ennemis et les a dispersés…

De tous les horizons, ils ont disparu,
maintenant, et je peux rentrer dans mon empire.

Mais où trouverai-je des braves, d’un souffle assez fort,
pour maintenir le ciel pur, autour de mes frontières ?

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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