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Posts Tagged ‘s’engloutir’

Le ménétrier (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

Rockwell Kent 8

Le ménétrier

Etouffant en la nuit la rumeur de ses pas
Le vieux ménétrier sous l’horreur de la lune
Rôde comme un garou par la lande et la dune.

Sur la grève des mers il balance ses pas,
Pris d’un doux mal d’amour pour sa dame la lune
Qui le leurre au plus loin de la lande et la dune.

Et le voilà qui vague au vouloir de ses pas
Vers le miroir des mers où palpite la lune,
Oublieux du réel de la lande et la dune.

Les bras en croix, les yeux aux cieux, à larges pas,
Au plus glauque des flots le lunatique, ô lune,
Va s’engloutir sans deuils de la lande et la dune.

Nul mutisme plus grand ne dit la mort de pas.
Un remous mollement remue au clair de lune,
Puis la lame, et le vent sur la lande et la dune.

(Stuart Merrill)

Illustration: Rockwell Kent

 

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Une absence (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Karen Lamonte    
    
Une absence fait résonner tout l’espace,
le vide,
par une fracture soudain que rien ne corrige,
aucune raison,
et dans laquelle
toute réalité s’engloutit.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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L’AUTOMNE STROPHES IMPROVISÉES (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




    
L’AUTOMNE STROPHES IMPROVISÉES
devant le tombeau en ruines d’un guerrier célèbre
Khong-Tse

Que fait l’été brûlant, sinon, devancer l’automne ?
Le gracieux printemps, n’est-il pas le héraut du mélancolique hiver ?

Quand le soleil se lève à l’orient, c’est pour marcher, en hâte, vers son coucher.
Et les eaux, de tous les fleuves, ne coulent, que pour s’engloutir dans la mer.

Cependant les saisons reviennent, chaque année ;
le soleil, de jour en jour, reprend sa course vers la nuit ;
les eaux se renouvellent, pour couler sans cesse.

Mais l’homme, lui, ne passe qu’une seule fois.
Et quelles traces laisse-t-il, de sa forme et de ses exploits ?

Hélas ! un monticule bossué,
que les plantes sauvages recouvrent !…

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Que ferais-je sans ce monde sans visage sans questions (Samuel Beckett)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



 

que ferais-je sans ce monde sans visage sans questions
où être ne dure qu’un instant où chaque instant
verse dans le vide dans l’oubli d’avoir été
sans cette onde où à la fin
corps et ombre ensemble s’engloutissent
que ferais-je sans ce silence gouffre des murmures
haletant furieux vers le secours vers l’amour
sans ce ciel qui s’élève
sur la poussière de ses lests

que ferais-je je ferais comme aujourd’hui
regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
à errer et à virer loin de toute vie
dans un espace pantin
sans voix parmi les voix
enfermées avec moi

***

what would I do without this world faceless incurious
where to be lasts but an instant where every instant
spills in the void the ignorance of having been
without this wave where in the end
body and shadow together are engulfed
what would I do without this silence where the murmurs die
the pantings the frenzies towards succour towards love
without this sky that soars
above its ballast dust

what would I do what I did yesterday and the day before
peering out of my deadlight looking for another
wandering like me eddying far from all the living
in a convulsive space
among the voices voiceless
that throng my hiddenness

(Samuel Beckett)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Tamara Lunginovic

 

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VISAGE INTERIEUR (Margherita Guidacci)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016



VISAGE INTERIEUR

Cela voulait dire
une fois délaissé l’art de dessiner la vie
ne pas poser de questions à celui
qui te couvre de dons, et blesser
l’offrande entre tes dents

 » le dernier cercle de la pierre jetée dans le lac,
le cercle qui est de l’eau déjà, qui a oublié
ses frères et s’engloutira lui-même  »

(Margherita Guidacci)

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L’art de la fugue (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2016



L’art de la fugue

Mourir, c’est retrouver la terre désirée,
S’endormir dans les eaux de l’origine,
Téter le sein nourricier de la nuit.
Mourir, c’est embrasser le monde bien-aimé.
Qui n’aime pas devient
La lande abandonnée.
Qui ne s’est pas ouvert
Sera pierre fermée.
Qui méprisa rejoint
La cendre secouée.

Mourir, c’est perdre pied sur le bord de l’écueil,
Puis chavirer dans la mer étrangère :
S’enliser dans le marais du silence.
Mourir, c’est passer dans le monde mal-aimé.

Chaque homme se destine
A la mort qui lui plaît.
Mourir, c’est s’accomplir,
Mourir, c’est s’engloutir.
La mort est ta patrie,
La mort est ton exil.

Mourir, c’est devenir le monde où tu vivais.

(Claude Vigée)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Douze ans (Christian Poslaniec)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2016



 

Douze ans

Trompée par les reflets de ses douze bougies
qu’elle avait prises pour des étoiles,
Francine s’engloutit dans la nuit blanche et ronde
du gâteau meringué nappé de chantilly
et dansa douze fois, légère,
au bout du monde.

Et quand elle revint
deux paillettes de neige
brillaient dans ses yeux.

(Christian Poslaniec)

Illustration

 

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