Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘s’engouffrer’

N’attends pas plus longtemps (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2017



N’attends pas plus longtemps.

Si tu ne saisis pas le poème
Aussitôt qu’il exige,

Peut-être
Il se détruira

Ou s’engouffrera dans un monde,
A combien de dimensions?

(Guillevic)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un grand Espoir s’écroula (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Un grand Espoir s’écroula
On ne perçut aucun bruit
Au-dedans était la Ruine
Ô Naufrage sournois
Qui ne se Trahit pas
Et n’admit nul Témoin

L’esprit bâti pour une Charge immense
Conçu pour la tourmente
Sombrant en Mer tant de fois
Et sur Terre, ostensiblement

Un refus de m’avouer la blessure
Et tant elle s’élargit
Que toute ma Vie s’y engouffra
Autour, ce n’étaient que failles –

Rabattu le simple couvercle qui bâillait au soleil
Jusqu’à ce que le tendre Menuisier
A jamais le cloue –

***

A great Hope fell
You heard no noise
The Ruin was within
Oh cunning Wreck
That told no Tale
And let no Witness in

The mind was built for mighty Freight
For dread occasion planned
How often foundering at Sea
Ostensibly, on Land

A not admitting the wound
Until it grew so wide
That all my Life had entered it
And there were troughs beside –

A closing of the simple lid that opened to the sun
Until the tender Carpenter
Perpetual nail it down –

(Emily Dickinson)


Illustration: Jacob-Peter Gowi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2017



Nous

Notre village s’ébroue après la pluie
Nous tendons les mains
Pour saisir l’instant
L’éternité s’offre à nous
Mais nous la dédaignons
Nous sommes de la même écorce
De la même nuit et des mêmes rues
Où s’engouffre le vent de mer
À l’aube d’une tempête

Nous marchons dans l’ombre
Qui cache l’envol des oiseaux
Et lions ensemble
Des gerbes d’étoiles filantes
Le soleil brille sur le sol écorché
La terre respire à pleins sillons
La bise secoue des haies d’odeurs
Nous nous promenons dans la clarté
Alors que la prairie crie de joie
Sous la rosée des matins frais
Le soleil nous mord à travers les branches.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’honore la rivière (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2016



J’honore la rivière qui laisse s’engouffrer dans son eau des journées entières
sans qu’on ait l’impression de les avoir perdues.

(Stéphane Mallarmé)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sa lueur (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2016



Christian Schloe - Austrian Surrealist Digital painter - Tutt'Art@ (53)

Sa lueur

Dans le goulet des jours
Quand s’engouffre la pénombre
Ameute l’autre regard!

Sa lueur te cherchait.

(Andrée Chedid)

Illustration: Christian Schloe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 2 Comments »

Ce vent qui heurte l’olivier (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2016



Vincent Van Gogh  Wind-Beaten-Tree-A-large
Ce vent qui heurte
l’olivier
couche ses hautes
branches dans le ciel

qu’il s’engouffre
en toi

emporte
tes brumes

chasse le vieux
savoir

(Charles Juliet)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Vincent Van Gogh

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

De mes vers, écrits si tôt (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



De mes vers, écrits si tôt
Que je ne me savais pas poète,
Jaillis comme l’eau des fontaines,
Comme le feu des fusées,

S’engouffrant comme des diablotins
Dans le sanctuaire plein de rêves et d’encens,
De mes vers de jeunesse et de mort
— De mes vers jamais lus! —

jetés dans la poussière des librairies
(Où personne n’en veut ni n’en a voulu),
De mes vers, comme des vins précieux
Viendra le tour.

(Marina Tsvétaïéva)


Illustration: René Magritte

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ESPACE D’UNE FENÊTRE (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015



Carry Akroyd _two_white_horses

 

L’ESPACE D’UNE FENÊTRE

Comment dans ce désert où s’engouffre un désert
dans ce gouffre qui se fuit et se perd
dans on ne sait quels sables d’une baie
que ronge on ne sait quelle marée
dans le déferlement de quelle absence
comment dans ce flagellement immense
du vent qui se blesse à lui-même
dans ce déni de la sève et des branches
dans cette friche mortelle aux graines
dans ce refus et cet exil des ailes
dans cet enlisement de l’écheveau
dans cet espace où nous cherchons les mots
qui pourraient dire ce vide torrentiel
comment la Terre niche-t-elle
et comment sommes-nous ses oiseaux ?

(Robert Mallet)

Illustration: Carry Akroyd

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Eclat d’un miroir Dans la boue (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2015



miroirs-dans-boue

Eclat d’un miroir
Dans la boue. A toute heure
La cassure saigne,
Y vit un plein visage
Qui se souvient.
Tout envol le raie
Et s’y engouffre
L’horizon.
Le souffle dernier
Qui l’a terni
Renaît. Buées, nuées,
Toutes sont là. Même la nuit
Au fond des sources
Le soleil poursuit sa course.
Tout le jour il répond
Aux questions du soir.
Piège à regards. Un pas
L’écrase un peu plus.

*

Es-tu sûr d’être là ?
Est-ce bien toi qui parles ?
Une foule se bouscule
Devant la porte.
Derrière, la lumière…
Il faut feindre d’ignorer.
Tout savoir est suspect.
Seul devant le guichet.
De l’autre côté, tout recommence,
Un autre peuple, une autre attente.

*

Encore toi, la main tendue
Vers un reflet. La glace
Eclate. Tes doigts saignent.
Une voix t’appelle
Au bout du couloir.
L’escalier monte dans le noir.
Tu es là-haut.
Peut-être.

*

Grande marée qu’aspire
La lune pleine. Tout se cache
Dans cette poitrine.
Sommeil sur l’autre rive.
Ici, morsure du réveil.
Ton épaule
Attend, creux de vague.
Un arbre se couche sur le sable
La main remplie
De coquillages. Nacre et goudron.
Pourriture et sel. La nuit
Sort ses monstres. Une étoile
De mer est rongée par un crabe.
Un mât. Un mouchoir de fumée.
Une aile. La distance d’un rêve.
Un oiseau minuscule dit
Le bonheur d’être aveuglé
Par un jour encore.

(Louis Guillaume)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES PAQUES A NEW-YORK (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2015



Green Cityscape Painting by Paul Brent; Green Cityscape Art Print for sale

LES PAQUES A NEW-YORK

Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.

Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauquent comme des huées.

Une foule enfiévrée par les sueurs de l’or
Se bouscule et s’engouffre dans de longs corridors.

Trouble, dans le fouillis empanaché des toits,
Le soleil, c’est votre Face souillée par les crachats.

Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne …
Ma chambre est nue comme un tombeau …

Seigneur, je suis tout seul et j’ai la fièvre …
Mon lit est froid comme un cercueil …

Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents
Je suis trop seul. J’ai froid. Je vous appelle …

Cent mille toupies tournoient devant mes yeux .. .
Non, cent mille femmes … Non, cent mille violoncelles

Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses …
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées …

Je ne pense plus à Vous. Je ne pense plus à Vous.

(Blaise Cendrars)

Illustration: Paul Brent

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :