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Poésie

Posts Tagged ‘s’engouffrer’

Les treuils, les cordes, les poulies (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Les treuils, les cordes, les poulies, — les volants et les
leviers — les manettes, les trappes, les glissières — la
poussière et les aboiements — toute la machinerie du
théâtre mental se met en marche, fonctionne à vide,
fonctionne pour le vide, pour le divertissement du
vide…
jusqu’à ce que le fleuve en crue sur lequel est flot
tant ce théâtre, s’engouffre entre les colonnes et les ors,
et apporte un dénouement à une vacance éternelle de
drame. Tout ce qui roule entre mes tempes, de séche
resse et de cailloux, à les faire éclater, comme à travers
un cirque de montagne qui amplifie son grondement, et
roule, et déferle contre vos genoux

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard
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LES PAQUES A NEW-YORK (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Green Cityscape Painting by Paul Brent; Green Cityscape Art Print for sale

LES PAQUES A NEW-YORK

Seigneur, l’aube a glissé froide comme un suaire
Et a mis tout à nu les gratte-ciel dans les airs.

Déjà un bruit immense retentit sur la ville.
Déjà les trains bondissent, grondent et défilent.

Les métropolitains roulent et tonnent sous terre.
Les ponts sont secoués par les chemins de fer.

La cité tremble. Des cris, du feu et des fumées,
Des sirènes à vapeur rauquent comme des huées.

Une foule enfiévrée par les sueurs de l’or
Se bouscule et s’engouffre dans de longs corridors.

Trouble, dans le fouillis empanaché des toits,
Le soleil, c’est votre Face souillée par les crachats.

Seigneur, je rentre fatigué, seul et très morne …
Ma chambre est nue comme un tombeau …

Seigneur, je suis tout seul et j’ai la fièvre …
Mon lit est froid comme un cercueil …

Seigneur, je ferme les yeux et je claque des dents
Je suis trop seul. J’ai froid. Je vous appelle …

Cent mille toupies tournoient devant mes yeux .. .
Non, cent mille femmes … Non, cent mille violoncelles

Je pense, Seigneur, à mes heures malheureuses …
Je pense, Seigneur, à mes heures en allées …

Je ne pense plus à Vous. Je ne pense plus à Vous.

(Blaise Cendrars)

Illustration: Paul Brent

 

 

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Ce vent qui heurte l’olivier (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



Vincent Van Gogh  Wind-Beaten-Tree-A-large
Ce vent qui heurte
l’olivier
couche ses hautes
branches dans le ciel

qu’il s’engouffre
en toi

emporte
tes brumes

chasse le vieux
savoir

(Charles Juliet)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Vincent Van Gogh

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Obscurs (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



Obscurs

En nous, pour nous, poète ouvre des portes,
Sois sans bagage autre que béante
Cette ouverture où nous nous engouffrons
Pour inventer nous-mêmes nos issues.

Te traduisant, tu me traduis, mon frère,
En cette langue où tout texte paraît
Celui du temps, de la nature et d’herbes
Par l’écriture adorant leurs racines.

Qui connaissait dans les maisons de l’être
Ces lieux obscurs, ces salles souterraines,
Sinon celui de la plus haute tour
Accomplissant son chemin vertical ?

Je n’étais rien que pauvre silhouette,
Vaine apparence, et je suis l’habitacle
Du monde en moi coulé comme une cire.
Amour au vent, mon esquif et ma voile !

(Robert Sabatier)

 

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Chez moi (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration
    
Chez moi… Humilié, furieux et ravi.
Est-ce jour, est-ce nuit?
Et le croissant grimace par-dessus les toits
Et bouffonne pour moi…

Dehors, soleil du jour, dehors, repentirs!
Qui osera m’aider?
Dans le cerveau désert, la nuit seule s’engouffre,
La nuit seule s’engouffre !

Un seul regard pénètre la poitrine vide,
Un seul regard avide…
Tout s’évanouira, et ce sera jamais
Lorsque tu crieras: Oui!

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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QUEL EST CET, HOMME? (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2017




    
QUEL EST CET, HOMME?

Surpris par ma propre présence,
souvent me vint le haut-le-corps
d’un criminel pris sur le fait
sur les fumées de son forfait
sur les yeux blancs d’un autre mort.
J’étais pourtant dans l’innocence
je traversais une forêt
pareille aux foules du dimanche
ou j’écoutais vivre une rue
à la recherche du silence
ou je comptais les choses vues,
mes pavés mes pas mes étoiles
ou les feuilles que j’ai connues.
« Beau petit saint les mains si blanches
« l’air si bon si droit si discret,
« halte!… »
— « Qui parle? Qui m’arrête?
« Qui?… »
Lentement très lentement
je me détourne et tout à coup
je regarde :
Il n’y a personne!

Cette absence a les yeux des arbres
une figure creuse et haute
où s’engouffre toute la vie
étrangère à ce que je fus.

(Jean Tardieu)

 

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Toutes mes blessures (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Illustration: Elizaveta Porodina    
    
Toutes mes blessures,
légères ou profondes,
sont des portes
où s’engouffre le monde

(Carole Zalberg)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Le chant du Minotaure (Roland Dauxois)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



Le chant du Minotaure

Ici habite toujours le Minotaure

Ce labyrinthe n’est pas
une figure,
pas même un symbole,
ni une mise en scène
il est la réalité éprouvée,
la réalité révélée,
le piège réel
dans lequel s’engouffre l’homme
au cœur battant.
Lieu de tous les prodiges,
de toutes les pertes,
de toutes les alliances,
ce lieu d’où la raison ne peut fuir
sans compromettre la beauté de ses ailes.

(Roland Dauxois)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

 

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Nos visages (Maurice Benhamou)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



    

Nos visages
entre les deux mains de l’obscur

se tournent
vers l’inexplorable.

Le regard s’agrandit
de tout l’espace de la nuit

ou bien dans sa vacance
la nuit s’engouffre-t-elle ?

(Maurice Benhamou)

 

Recueil: Tréfonds du Temps
Editions: Unes

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Si un volet grince (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



    

Si un volet grince le matin
c’est généralement que tout un paysage
cherche en gémissant à s’engouffrer
dans l’étroite et parfaite voracité
de deux yeux

(Laurent Albarracin)

 

Recueil: Le Secret secret
Editions: Flammarion

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