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Posts Tagged ‘s’engourdir’

LE BASSIN VERT (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



 

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LE BASSIN VERT

Son bronze qui fut chair l’érige en l’eau verdie,
Déesse d’autrefois triste d’être statue;
La mousse peu à peu couvre l’épaule nue,
Et l’urne qui se tait pèse à la main roidie;

L’onde qui s’engourdit mire avec perfidie
L’ombre que toute chose en elle est devenue,
Et son miroir fluide où s’allonge une nue
Imite inversement un ciel qu’il parodie.

Le gazon toujours vert ressemble au bassin glauque.
C’est le même carré de verdure équivoque
Dont le marbre ou le buis encadrent l’herbe ou l’eau.

Et dans l’eau smaragdine et l’herbe d’émeraude,
Regarde, tour à tour, errer en ors rivaux
La jaune feuille morte et le cyprin qui rôde.

(Henri De Régnier)

 

 

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Je m’assiérai… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Je m’assiérai…

Je m’assiérai au pied d’un chêne
Pour écouter la chute vaine
Des feuilles dans le soir mourant.

Rongeant la mousse et la bourdaine,
J’écouterai, qui les ravine,
L’eau s’écouler en soupirant;

S’éffacer aux combes baignées
D’ombre, le rythme des cognées
Qui trouble le bois endormi;

Sous la hache qui le dépèce
Le hêtre qui penche et s’affaisse
Et son cri lentement gémi,

Comme sorti d’une âme humaine.
J’écouterai craquer les faînes,
Et les glands avec un bruit doux

Tomber en frôlant l’herbe sèche,
Puis tout à coup la pie-grièche
Eclater de rire. Dessous

La mousse, dans son trou humide,
Le mulot rentrer et, fluide,
Aux rameaux pourris déchirant

Ses lambeaux, crépiter la brume.
Las! tout s’éteint et se consume….
O mon coeur, pèlerin errant,

Dépose ton bourdon, ta gourde
Et le manteau. Voici la tourbe
Où le ruisseau s’anéantit,

Dans la paix des choses qui meurent
Entre comme en une demeure,
Mulot sous la terre blotti.

Aux sources que la ronce obstrue
Et s’engourdissant sous la crue
Des feuilles rousses, mire-toi.

Pareil à ce méchant érable,
Toi que lasse l’insaisissable
Rêve, vers l’ombre courbe-toi.

Libéré surtout de toi-même,
Sois cet inconscient poëme:
Au creux des serpolets velus

L’eau de mystère et de silence
Et d’où nul sanglot ne s’élance,
L’eau qui dort et ne souffre plus.

(Marie Dauguet)

 

 

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Voici (Paul Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
Voici que j’ai touché les confins de mon âge.
Tandis que mes désirs sèchent sous le ciel nu,
Le temps passe et m’emporte à l’abyme inconnu,
Comme un grand fleuve noir, où s’engourdit la nage.

(Paul Jean Toulet)

 

Recueil: Les Contrerimes

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Lumière matinale (Aïko Ishida)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2017



Lumière matinale —
Les roses s’engourdissent
sous une lueur rose

(Aïko Ishida)

 

 

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SANS MÉTAPHORE (Kazue Shinkawa)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



 

Ana Cruz  Fruit-defendu

SANS MÉTAPHORE
HIYU DE NAKU

Les pêches après avoir mûri tombent : comme l’amour
L’incendie des dépôts des quais s’éteint : comme l’amour
Les matins du septième mois s’engourdissent : comme l’amour
Le porc dans la maison d’un pauvre tenancier maigrit : comme l’amour

Oh!
Sans métaphore
Moi l’amour
L’amour cette chose je la cherchais et

Des choses comme l’amour
J’en ai rencontré je ne sais combien mais
Elles ne pouvaient s’accrocher à moi
Pas plus qu’à un fétu de paille flottant sur la mer,
dans la paume de cette main

Aussi moi ai-je essayé de parler d’une autre façon
Mais après tout là également l’amour était une métaphore

L’amour : gouttes sucrées qui tombent une à une des pêches
L’amour : incendie des dépôts des quais poudre à explosion
flamme qui se dresse verticalement
l’amour : matins étincelants du septième mois
l’amour : un cochon qui grossit tout rond

Il me ferma la bouche avec ses lèvres
Et me prit dans ses bras cet homme
Ténèbres d’un parc Feuilles des arbres qui embaument Jet d’eau qui jaillit
Dans tous les sens c’était comme l’amour dans tous les sens

Les heures ont passé par-dessus les heures seules
Elles portaient une lame parfaitement aiguisée sur ma joue
Elles ont fait couler du sang

(Kazue Shinkawa)

Illustration: Ana Cruz

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Voici que j’ai touché les confins de mon âge (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



Voici que j’ai touché les confins de mon âge.
Tandis que mes désirs sèchent sous le ciel nu,
Le temps passe et m’emporte à l’abyme inconnu,
Comme un grand fleuve noir, où s’engourdit la nage.

(Paul-Jean Toulet)


Illustration:
Antonin Vojtek

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Voilà que j’ai touché les confins de mon âge (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2016



Voilà que j’ai touché les confins de mon âge.
Tandis que mes désirs sèchent sous le ciel nu,
Le temps passe et m’emporte à l’abyme inconnu,
Comme un grand fleuve noir, où s’engourdit la nage.

(Paul-Jean Toulet)

Illustration: Lionel Le Jeune

 

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Dans la maison de redressement (Ko Un)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2016



Dans la maison de redressement
il remue les mains tous les jours
il bouge les bras
il ne faut pas qu’ils s’engourdissent
qu’il puisse voler à nouveau
à la sortie

(Ko Un)

 

 

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