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Le Grand Événement (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



Illustration
    
Le Grand Événement

Il va se produire très bientôt. Le grand événement
qui mettra fin à l’horreur. Qui mettra fin au chagrin.
Mardi prochain, quand le soleil descendra, je jouerai
la Sonate au Clair de Lune à l’envers. Ceci inversera
les effets de la folie du monde plongeant dans la
souffrance depuis 200 millions d’années. Quelle nuit
merveilleuse ce sera ! Quel soupir de soulagement,
de voir les rouges-gorges séniles redevenir écarlates,
et les rossignols à la retraite relever leurs queues
poussiéreuses, pour affirmer la majesté de la création !

***

The Great Event

It’s going to happen very soon. The great
event which will end the horror. Which will
end the sorrow. Next Tuesday, when the sun
goes down, I will play the Moonlight Sonata
backwards. This will reverse the effects of
the world’s mad plunge into suffering, for
the last 200 million years. What a lovely
night that would be. What a sigh of relief, as
the senile robins become bright red again,
and the retired nightingales, pick up their
dusty tails, and assert the majesty of creation!

(Leonard Cohen)

Recueil: Le livre du désir
Traduction: Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal
Editions: Cherche Midi

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VIEUX AVEC CANNE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2017



    

Illustration: Salvador Dali

VIEUX AVEC CANNE

Les vieux quand ils se promènent
communiquent à distance,
leurs cannes claquant le sol ferré de l’hiver,
un, deux, répondant trois,
aussi irrégulier que le pouls sénile
qui les réchauffe un peu.

Tirées de la pochette qui pend
tel un testicule fané à leur taille ceinturée,
des perles sans lustre passent sans passion de l’un à l’autre ;
Les pierres ternes mais tenaces de la haine
sont entre eux trafiquées en douce.

Et la jeunesse avec honte
s’écarte de qui l’aime,
baisse les yeux et couvre
le lustre de sa nudité,
tousse et ne peut rendre le regard bien-aimé.

Les anciens, les anciens se promènent
sans but dans un paysage terne.
La lune est un faucon, à capuche ;
il va geler. Il va vraiment geler,
quand la cloche du lieu retentira
seules des cannes fanées claqueront sur le triste sol ferré de l’hiver.

***

OLD MEN WITH STICKS

Old men walking abroad
communicate across distances
by sticks clumping the iron earth of winter,
one, two, answering three,
irregular as the senile pulse
that warms them dimly.

Drawn from the pouch that hangs
like a withered testicle at the belted waist,
pearls without luster are passed without passion amongst them;
the dim but enduring stones of hatred
are trafficked amongst them by stealth.

And youth from his lover
draws apart in shame,
looks down and covers
the luster of his nudity,
coughs and cannot return the beloved look.

The ancients, the ancients are walking
aimlessly the dim country.
The moon is a falcon, hooded;
there will be frost. There will indeed be frost
when the bell of space rings
with only withered sticks clumping winter’s iron earth dully.

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

 

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Sieste des tropiques (Ruben Dario)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2016



 

Sieste des tropiques. La vieille cigale
s’essaye sur sa rauque guitare sénile,
et le criquet prélude un solo monotone
sur l’unique corde de son violon.

(Ruben Dario)

 

 

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