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Poésie

Posts Tagged ‘s’enivrer’

NOURRITURE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022



NOURRITURE

De l’air immobile ou bien vivant,
De la pluie d’orage et du vent,
Je me nourris. D’ardente lumière
Et de l’eau fraîche de la rivière
Qui coule sur le sable sans bruit
Je m’enivre et goûte tous les fruits.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Georgy Dmitriev

 

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LE CHAT (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

LE CHAT

Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.

Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,
Il ondule, se cambre et regimbe aux doigts lourds ;
Et lorsque sa fourrure abrite une chair grasse,
C’est la beauté plastique en robe de velours :
Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,

Vivant dans la pénombre et le silence austère
Où ronfle son ennui comme un poêle enchanté,
Sa compagnie apporte à l’homme solitaire
Le baume consolant de la mysticité
Vivant dans la pénombre et le silence austère.

Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre,
C’est bien l’âme du gîte où je me tiens sous clé ;
De la table à l’armoire et du fauteuil à l’âtre,
Il vague, sans salir l’objet qu’il a frôlé,
Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre.

Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue
Où livres et cahiers gisent ouverts ou clos,
Il passe comme un souffle, effleurant de sa queue
La feuille où ma pensée allume ses falots,
Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue.

Quand il mouille sa patte avec sa langue rose
Pour lustrer son poitrail et son minois si doux,
Il me cligne de l’œil en faisant une pause,
Et je voudrais toujours l’avoir sur mes genoux
Quand il mouille sa patte avec sa langue rose.

Accroupi chaudement aux temps noirs de décembre
Devant le feu qui flambe, ardent comme un enfer,
Pense-t-il aux souris dont il purge ma chambre
Avec ses crocs de nacre et ses ongles de fer ?
Non ! assis devant l’âtre aux temps noirs de décembre

Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes
À la face bizarre, aux tétons monstrueux,
Il songe à l’angora, mignonne des mignonnes,
Qu’il voudrait bien avoir, le beau voluptueux,
Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes.

Il se dit que l’été, par les bons clairs de lune,
Il possédait sa chatte aux membres si velus ;
Et qu’aujourd’hui, pendant la saison froide et brune,
Il doit pleurer l’amour qui ne renaîtra plus
Que le prochain été, par les bons clairs de lune.

Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve,
Et quand nous en sortons encor pleins de désir,
Il nous jette un regard jaloux et presque fauve
Car tandis que nos corps s’enivrent de plaisir,
Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve.

Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte,
Comme pour y cueillir un brin de volupté,
La passion reluit dans sa prunelle verte :
Il est beau de mollesse et de lubricité
Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte.

Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante,
Dans le creux où son corps a frémi dans mes bras,
Il se roule en pelote, et sa tête charmante
Tourne de droite à gauche en flairant les deux draps,
Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante.

Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule,
Et quand il s’est grisé de la senteur d’amour,
Il s’étire en bâillant avec un air si drôle,
Que l’on dirait qu’il va se pâmer à son tour ;
Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule.

Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières
Où, matou lovelace et toujours triomphant,
Il s’amuse à courir pendant des nuits entières
Les chattes qu’il enjôle avec ses cris d’enfant :
Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières.

Panthère du foyer, tigre en miniature,
Tu me plais par ton vague et ton aménité,
Et je suis ton ami, car nulle créature
N’a compris mieux que toi ma sombre étrangeté,
Panthère du foyer, tigre en miniature.

(Maurice Rollinat)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Ivan Pidkova (Taras Chevtchenko)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2022



Taras Chevtchenko
Illustration: Ivan Kramskoï
    
Ivan Pidkova

Il fut un temps, en Ukraine,
Où les canons grondaient ;
Il fut un temps où les Zaporogues
Savaient régner.
Ils régnaient et gagnaient
Leur gloire et leur liberté ;
Cela est passé, seules sont restées
Des tombes dans la plaine.
Hautes sont les tombes
Où sombrèrent dans le repos
Les corps blancs des Cosaques,
Drapés dans une toile écarlate.
Hautes sont ces tombes,
Noires, semblables aux montagnes,
Qui conversent à voix basse, dans la plaine,
De la liberté avec les vents.
Ces témoins de la gloire des ancêtres
Discutent avec le vent,
Tandis que leur descendant porte sa faux
dans la rosée,
En reprenant leur chant.
Il fut un temps, en Ukraine,
Où le malheur dansait,
Le chagrin s’enivrait à la taverne
D’hydromel par seaux entiers.
Il fut un temps où il faisait bon
En cette Ukraine…
Souvenons-nous-en ! Notre cœur, peut-être,
Connaîtra un répit.

(Taras Chevtchenko)

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Près du feu (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Près du feu

La braise couve sous la cendre
Un bel oiseau de feu
Qui s’envolera
Plumes rouges et jaunes

Il s’enivre d’air
Et a faim de bois
Il dévorerait la forêt
Le feu est gai
Mais l’incendie est cynique

Sang vif
Flammes épanouies
Le feu lèche la bûche
Avant de la mordre
Il l’enveloppe
D’une caresse agressive

Je regarde le bond d’or des flammes
Des papillons soufre et écarlates
Battent des ailes
En se les brûlant
Des serpents colorés y grouillent
Et sifflent

Le feu ne vit que le temps d’une combustion.

(Jean-Baptiste Besnard)

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DEVANT LES PIVOINES (Liu Luxi)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration: Yun Shouping
    
DEVANT LES PIVOINES

Je bois aujourd’hui,
devant les pivoines, décidé à m’enivrer.
Une goutte amère
tombe dans mon verre,
peut-être les pivoines disent-elles :
« Ce n’est pas pour vous, vieux monsieur,
que des fleurs si belles se sont épanouies. »

(Liu Luxi)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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Lumière (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



ma lumière
marche
au-devant
de la lumière
dont tes yeux
s’enivrent

(Charles Juliet)

Illustration: Lucie Chicoine

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Voici que le mont (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Voici que le mont, de sa hauteur indomptée,
Livre toute sa façade au soleil de midi.
Alors que ses rochers nus s’enivrent d’éclats ;
Ses mousses, promesse de vie, gardent leur secret.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA ROSE DE LESBOS (Henrik Nordbrandt)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2020




    
Poem in Dutch Spanish, English, French, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla

Poem of the Week Ithaca 643
The rose of Lesbos by Henrik Nordbrandt, Denmark, 1945

From: « Digte / Gedichte », Uitgeverij Kleinheinrich, Münster

– ALL TRANSLATIONS ARE MADE IN COLLABORATION WITH GERMAIN DROOGENBROODT –

LA ROSE DE LESBOS

J’ai reçu cette rose d’une femme inconnue
alors que j’étais en route vers une ville inconnue.
— Et maintenant que je me trouve dans cette ville
j’ai dormi dans ses lits, joué aux cartes sous ses cyprès
je me suis enivré dans ses tavernes
j’ai vu cette femme aller et venir, venir et aller
et je ne sais plus où jeter la rose qui est mienne.
Partout où j’étais flotte son parfum
et là où je n’étais pas
gisent ses feuilles fanées, froissées dans la poussière.

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

DE ROOS VAN LESBOS

Ik kreeg die roos van een onbekende vrouw
toen ik op weg was naar een onbekende stad.
─ En nu, dat ik in die stad ben
in haar bedden sliep, onder haar cipressen kaartspeelde
mij in haar tavernes volgeschonken heb
en die vrouw heb zien komen en gaan, zien gaan en komen weet ik niet meer,
waar ik de roos van mij moet gooien.
Overal waar ik was, hangt haar parfum.
En overal, waar ik niet was,
liggen haar verdorde bladeren, verkreukeld in het stof.

Vertaling in het Nederlands: Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

LA ROSE DE LESBOS

Recibí esta rosa de una mujer desconocida
cuando caminaba por una ciudad desconocida.
─ Y ahora, que estoy en la ciudad,
dormí en sus camas, jugué a las cartas bajo sus cipreses,
me embriagué en sus tabernas,
vi a esa mujer ir y venir, venir e ir
y ya no sé dónde arrojar mi rosa.
En todos los lugares, donde estuve, cuelga su fragancia.
Y en aquellos otros, donde no estuve,
yacen sus hojas arrugadas en el polvo.

Traducción de Rafael Carcelén
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

THE ROSE FROM LESBOS

I got that rose from an unknown woman
when I was on my way to an unknown city.
— And now that I’m in town
slept in its beds, played cards under its cypress trees,
drank myself full in its taverns
and have seen that woman coming and going, going and coming,
I don’t know, anymore, where to throw that rose of mine.
Everywhere, where I was, hangs its fragrance.
And everywhere, where I wasn’t,
its withered leaves lie crumpled in the dust.

Translation into English by Stanley Barkan

***

LA ROSA DI LESBO

Ho ricevuto una rosa da una donna sconosciuta
mentre andavo verso una città sconosciuta.
— e adesso che sono in paese
ho dormito nei suoi letti, giocato a carte sotto i cipressi,
mi sono ubriacato nelle sue taverne
e ho visto quella donna andare e venire, andare e venire,
più non so dove gettare quella mia rosa.
Dovunque sono stato, persiste la sua fragranza.
e dove non sono stato,
le sue foglie avvizzite rimangono accartocciate nella polvere.

Traduzione di Luca Benassi
Translation into Italian by Luca Benassi

***

DIE ROSE VON LESBOS

Ich bekam diese Rose von einer unbekannten Frau
als ich auf dem Weg war in eine unbekannte Stadt.
─ Und jetzt, wo ich in der Stadt bin
in ihren Betten geschlafen, unter ihren Zypressen Karten gespielt
mich in ihren Tavernen vollgetrunken habe
und die Frau habe kommen und gehen und gehen und kommen sehn
weiß ich nicht mehr, wo ich die Rose von mir werfen soll.
Überall, wo ich war, hängt ihr Duft.
Und überall, wo ich nicht war
liegen ihre welken Blätter zerknüllt im Staub.

Übersetzung von Ursula Schmalbruch
Translation into German by Ursula Schmalbruch

***

A ROSA DE LESBOS

Recebi esta rosa de uma mulher desconhecida
quando caminhava por uma cidade desconhecida.
– E agora que estou na cidade,
dormi nas suas camas, joguei cartas sob os seus ciprestes,
me embriaguei nas suas tavernas,
vi essa mulher ir e vir, vir e ir
e já não sei a quem oferecer a minha rosa.
Em todos os lugares, onde estive, a presença do seu perfume.
E naqueles outros, onde não estive,
permanecem suas pétalas enrugadas no pó.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

LA ROSA DI LESBU

La rosa di Lesbu
Riciviu dda rosa di na fimmina scanusciuta
Mentri stava iennu a na città scanusciuta
─ E ora ca sugnu nto paisi,
ca durmìu ntê so letti, ca jucaiu a carti sutta li cipressi,
mi sazziaiu di biviri nta li taverni
e vitti dda fimmina ca ieva e vineva, vineva e ieva,
non sacciu chiù unni iccari dda me rosa.
La so fragranza ristau in ogni banna unni stesi

E in ogni postu ca non visitaiu
lI so petali ammusciati stannu unturciuniati nta la pulviri.

Traduzioni di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

TRANDAFIRUL DIN LESBOS

Am primit trandafirul acela de la o necunoscută
în timp ce mă îndreptam spre un oraș străin.
─ Acum, după ce am ajuns în orașul acela
și am dormit în paturile lui,
am jucat cărți sub chiparoșii săi,
m-am îmbătat prin tavernele lui,
privind cum venea și pleca,
cum se ducea și întorcea acea femeie,
nu mai știu unde să-l arunc.
Oriunde merg, plutește-n aer mireasma lui
și acolo unde n-am ajuns, îmi pare că îi zac
veștede și mototolite petalele în praf.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

Róża z Lesbos

Dostałem tę różę od nieznajomej kobiety
kiedy byłem w drodze do nieznanego miasta.
— A gdy teraz jestem w tym mieście
sypiałem w jego łóżkach, grałem w karty pod jego cyprysami,
upijałem się kompletnie w jego tawernach
i widziałem jak ta kobieta przychodzi i odchodzi, odchodzi i przychodzi,
sam już nie wiem, gdzie mam rzucić tę moją różę.
Wszędzie tam, gdzie byłem, unosi się jej zapach.
I wszędzie tam, gdzie mnie nie było
jej zwiędłe listki leżą pogniecione, w kurzu.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΤΟ ΡΟΔΟ ΑΠΟ ΤΗ ΛΕΣΒΟ

Από γυναίκα άγνωστη έλαβα ένα τριαντάφυλλο
στη νέα πόλη καθώς πήγαινα.
Και τώρα πού έφτασα στην πόλη
και σε κρεβάτι της κοιμήθηκα
κι έπαιξα χαρτιά στα κυπαρίσια από κάτω
κι ήπια ακόρεστα μες στις ταβέρνες της
κι αφού είδα τη γυναίκα να `ρχεται και να πηγαίνει
δεν ξέρω πια το τριαντάφυλλο τί να το κάνω.
Όπου βρισκόμουν ήταν και τ’ άρωμα του
κι όπου δεν ήμουν μαραινόταν και πέφταν
στη σκόνη τα ροδοπέταλα του.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

来自莱斯博斯的玫瑰

我在去一个陌生城市的路上从一个
不认识的女人那里得到了那朵玫瑰。
——现在我在城里了
睡城里的床,在城市的柏树下玩牌,
在城里的酒馆里喝得酩酊大醉
还看到那个女人来了去,去了来,
我再也,不知道,我的那朵玫瑰扔到哪里了
无论我在哪里,到处都悬着那玫瑰的芬芳。
而我不在的地方,处处的
尘土中都皱巴巴地躺着它的枯叶。

汉译:中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

وردة من ليسبوس

امرأة مجهولة تمنحني وردة .
أثناء طريقي صوب مدينة مجهولة.
الآن، وقد بلغت هذه المدينة
هجعت في أسرتها، لعبت الورق تحت أشجار السرو،
شربت حتى الثمالة في حاناتها
أبصرت المرأة ذاتها تأتي وتغيب، تغادر وتعود.
لا أعلم، بعد الآن، أين ألقي بوردتي هذه
فثمة عطر يضوع في كل مكان أكون فيه
أما الأماكن التي لم أبلغها،
ففيها تكومت أوراق الأشجار التي بعثرها الغبار.

ترجمة عن الانجليزية: سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Selim

***

लेसबोस से गुलाब

मुझे वह गुलाब एक अनजान महिला से मिला
जब मैं एक अनजान शहर की तरफ जा रहा था।
—और अब मैं शहर में हूँ
अपने बिस्तर में सोए, अपने सरू के पेड़ों के नीचे ताश खेला,
खुद को उसकी सराय में भरपेट पी लिया
और उस औरत को आते-जाते, आते-जाते देखा है,
मुझे नहीं पता कि मेरा गुलाब कहाँ फेंकना है।
हर जगह, जहां मैं था, उसकी खुशबू को लटका देता है।
और हर जगह, जहाँ मैं नहीं था,
इसके मुरझाए पत्ते धूल में लिपटे हुए हैं।

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

その薔薇の花を見知らぬ女から受け取った
見知らぬ街への途中で
‐そして私は今その街にいる
ベッドで眠り、糸杉の木の下でトランプをした
酒場で一人、酒を飲み干した
するとその女が行ったり来たり歩いているのが見えた
その薔薇の花をどこに投げ捨てればよいのか
もはやわからない
どこにいようと
その花の香りがついてきた
そして私がいないところにも
あらゆるところにその香りがあった
枯れた葉っぱが埃のなかでくしゃくしゃになって

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

گل رز از لیسبوس

من آن گل رز را از زنی ناشناس گرفتم
هنگامی که راهی شهری ناشناخته بودم.
و‌حالا که در شهر
روی بسترهایش خوابیده ام و زیر درختان سروش ورق بازی کرده ام
در میخانه هایش نوشیده ام
و آن زن را دیده ام که می آید و می رود،
می‌ آید و می رود،
من نمی دانم، دیگر، گل سرخم را
به کجا پرتاب کنم.
همه جا، هر کجا من بوده ام، عطرش فضا را پر کرده است.
و هر کجا، که نبوده ام،
برگهای پژمرده آن در گرد و غبار فرو رفته است.

هسپیده زمانy
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

РОЗАТА ОТ ЛЕСБОС

Получих тази роза от една непозната жена,
когато бях на път за един неизвестен град.
– И сега като съм в града,
заспал в неговите легла,
играл карти под неговите кипариси,
напълно пиян в таверните му
и съм виждал тази жена да идва и да си отива,
да си отива и да идва,
не знам, вече, къде да хвърля тази моя роза.
Навсякъде, където бях ухаеше на аромата й.
Навсякъде където не отидох
повехнали и смачкани листата й лежат в пахта.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

RÓSIN FRÁ LESBOS

Ókunnug kona gaf mér þessa rós
þegar ég var á leið til ókunnrar borgar.
— Og nú er ég kominn í bæinn
svaf þar í rúmum, spilaði á spil undir kýprusviðnum,
drakk mig fullan á kránum
og sá konuna koma og fara, fara og koma,
ég veit ekki lengur hvar ég á að kasta rósinni minni.
Hvar sem ég var, þar er ilmur hennar.
og hvar sem ég var ekki,
þar liggur visnað lauf hennar í kuðli í rykinu.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

РОЗА ЛЕСБОСА

Ту розу получил я от незнакомки
на пути в незнакомый город.
─ И вот в этом городе
я спал на кроватях, играл под кипарисами в карты,
напивался в тавернах
и видел, как эта дама приходила и уходила, приходила и уходила,
и я уже не знаю, как мне избавиться от той розы.
Везде, где бы я ни был, витает ее аромат.
И везде, где я не был,
лежат ее увядшие лепестки, затоптанные в пыль.

Перевод на русский Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

BUNGA MAWAR DARIPADA LESBOS

Aku menerima bunga mawar daripada wanita yang tidak dikenali
tatkala dalam perjalanan ke kota yang tidak dikenali.
—Kini aku berada di kota
tidur atas ranjang, bermain kad di bawah pohon sipres,
puas minum di kedai wain
pernah melihat wanita itu datang dan pergi, pergi dan datang,
aku tidak pasti lagi, di mana harus aku buang bunga mawar milikku.
Di serata tempat aku singgah aromanya mewangi
dan di serata tempat aku tiada
berbaring dedaun layu atas debu.

Penterjemah: Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman
Translation into Malay by Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman

***

ANG ROSAS MULA SA LESBOS

nakuha ko ang mga bulaklak na ito mula sa hindi nakikilalang babae
noong ako’y nagpunta sa hindi kilalang lunsod.
– at ngayong ako ay nasa bayan na
natulog sa mga kama, naglaro ng mga baraha sa ilalim ng mga puno ng sipres,
nagpakalango ng husto sa taberna nito
at muling nakita ang babaeng iyon na dumating at umalis, umalis at dumating,
hindi ko na alam, kung paano, saan ihahagis ang mismong rosas na ito.
Kung saan ako naroroon, nakapalibot ang halimuyak nito.
At sa mga dako, na ako’y wala roon,
Ang mga nalantang dahon nito, durog na lumagpak sa mga alikabok.

Translated into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

הַוֶּרֶד מלסבוס

קִבַּלְתִּי אֶת הַוֶּרֶד הַזֶּה מֵאִשָּׁה אַלְמוֹנִית
כְּשֶׁהָיִיתִי בְּדַרְכִּי לְעִיר אַלְמוֹנִית.
וְעַכְשָׁו כְּשֶׁאֲנִי בָּעִיר

יָשַׁנְתִּי בְּמִטּוֹתֶיהָ, שִׂחַקְתִּי קְלָפִים מִתַּחַת לַעֲצֵי הַבְּרוֹשׁ שֶׁלָּהּ,

שָׁתִיתִי עַצְמִי לְשָׂכְרָה בְּמִסְבְּאוֹתֶיהָ
וְרָאִיתִי אֶת אוֹתָהּ אִשָּׁה בָּאָה וְהוֹלֶכֶת, הוֹלֶכֶת וּבָאָה,
כְּבָר אֵינִי יוֹדֵעַ הֵיכָן לִזְרֹק אֶת אוֹתוֹ וֶרֶד שֶׁלִּי.

בְּכָל מָקוֹם בּוֹ הָיִיתִי, תָּלוּי וְעוֹמֵד נִיחוֹחוֹ.
וּבְכָל מָקוֹם בּוֹ לֹא הָיִיתִי,
מֻנָּחִים עָלָיו הַקְּמֵלִים, קְמוּטִים בָּאָבָק.
תרגום לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט וסטנלי ברקן
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

லெஸ்போஸிலிருந்து ரோஜா மலர்கள்

தெரியாத ஒரு நகரத்திற்குச் செல்லும் வழியில்
தெரியாத ஒரு பெண்ணிடமிருந்து அந்த ரோஜா மலரைப் பெற்றேன்
இப்பொழுது அந்த நகரில் இருக்கிறேன்
படுக்கையில் தூங்கினேன், சைப்ரஸ் மரத்தடியில் சீட்டு
விளையாடினேன்,
முழுமையாக மதுபானம் அருந்தினேன்
அந்தப்பெண் இங்கும் அங்கும் செல்வதைக் கண்டேன்
அந்தரோஜா மலரை எங்கு எரிவதென்று தெரியவில்லை
நான் இருந்த எல்லாஇடத்திலும் அதன் நறுமணம் வீசியது
நான் இல்லாத இடத்தில்
கசங்கிப்போன இலைகள் தூசியோடு கிடந்தன!

Translation into Tamil by Dr. N.V. Subbaraman

***

GULA JI LÊSBOSÊ

Min ev gula ji jineke nenas wergirt
dema ez li ser rê bûm bo bajarekî nenas.
Û niha, ku ez li bajêr im
di nivîna wî de xewkiriye û li bin kajan bi skembwîlê dilîzim
li meyxaneyan min têrmey vexwariye
û jin tê û diçe, diçe û tê
meraq
ez nizanim bêtir, ez gula bi min re kuda bavêjim.

Ez li kuderê bûme, bîhna wê tê.
Û li herdera ez ne li wir bûm
pelên wê çelmisîne, gulok bûne di nav tûzê de.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

লেসবসের গোলাপ

আমি পেলাম গোলাপটি লেসবসের কোন এক অজানা রমণীর কাছ থেকে
যখন আমি ছিলাম পথের পথিক কোন এক অজানা শহরের পথে।
— আর আমি এখন সেই শহরে
নিদ্রায় থাকি এই শহরেতে তাস খেলি এই শহরের সাইপ্রাস গাছের নিচে,
পূর্ণতায় পান করি এই শহরের সরাইখানায়
আর দু চোখে দেখি রমনীরা আসে আর যায় আর আসে,
এখন আমি জানিনা আর কাকে করবো সমর্পণ গোলাপ আমার।
সবখানে যেখানে আমি ছিলাম রয়ে গেছে গোলাপের সুগন্ধ।
আর সবখানে যেখানে আমি ছিলাম না,
সেখানে গোলাপের শুকনো পাতা গুলি শুয়ে থাকে এলোমেলো ধূলোর মাঝে।

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

(Henrik Nordbrandt)

 

Recueil: ITHACA 643
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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RESSURECTION (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2020



Illustration: Jeanne Balas
    
RESSURECTION

Les uns s’enivrent de sons,
D’autres s’enveloppent dans des couleurs;
Les uns s’entourent de courtisans,
D’autres s’enferment dans le silence;
Les uns se couvrent des pelisses du mensonge,
D’autres s’exposent dans l’aquarium de la vérité;
Les uns se font faire des palais,
D’autres restent tout nus;
Mais, en vérité, tout est transparent
Et chacun, chacun tout seul se décompose
Dans une tombe particulière
Ou dans la fosse commune.
Et à sa place
En ressuscite un autre.

(Mihai Beniuc)

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S’ÉVEILLANT DE L’IVRESSE UN MATIN DE PRINTEMPS (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2020




    
S’ÉVEILLANT DE L’IVRESSE UN MATIN DE PRINTEMPS

Puisque vivre en ce monde est le songe d’un songe
ni souci, ni travail ne me le gâcheront.
Et du matin au soir je bois et je m’enivre
endormi, allongé sur le pas de ma porte.

Lorsque je me réveille, il y a le jardin,
un seul oiseau qui chante au milieu des fleurs
Je ne sais plus le jour, la saison, ni le temps.
Un loriot sans repos bavarde dans le vent.

Tant me touche son chant que je pousse un soupir.
Le vin est devant moi. Je m’en verse une coupe,
puis j’attends en chantant que la lune se lève,
et ma chanson finie je retourne à l’oubli.

(Li Po)

 

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