Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sens’

Cuisses (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018




    
Cuisses

leur unique syllabe fait vibrer les lèvres
cuisses ! Je sens jaillir lorsqu’elles se révèlent
du profond de mon corps une impatiente fièvre
pour la calmer éloignons d’abord ces dentelles

ces voiles complices artifices qui sèvrent
l’ardeur de mes désirs attisée par leur zèle
pour que glissent mes mains libres des tissus mièvres
aux pentes du plaisir secret qu’elles recèlent

cuisses qui vous ouvrez comme portes d’un temple
pour initier mes sens à de nouveaux mystères
je laisse ma mémoire au seuil de votre chair

vous qui me saisissez lorsque je vous contemple
ou que je vous saisis, comme je vous vénère !
cuisses, bien plus que celle du grand Jupiter

(Patrick Le Divenah)

 

Recueil: Blasons du corps féminin
Traduction:
Editions: L’Échappée Belle
Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le premier sens (Pentti Holappa)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Le premier sens

Tu es incroyablement proche encore un instant,
tu es une illusion, une voix, un parfum presque.
Il manque seulement le toucher, le plus primitif de tous les sens,
mais celui précisément dont usa Dieu pour façonner l’argile,
par qui le ver sait qu’il existe, celui qui porte la douleur
quand on torture ou quand on aime, par qui tu me manques
fuyant loin de mon être, la ligne tendre de ton aine,
et ta main rugueuse.

(Pentti Holappa)

Illustration: Christine Delfosse

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’appel de la musique (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



    

L’appel de la musique assouplit quelque chose d’essentiel dans l’homme
sans raisons ni arguments.

Ce lien doit être en relation avec les rythmes épars dans l’univers.
Il n’y a pas de poésie sans musique,
mais l’essentiel, en elle, c’est la musique intérieure,
bien que demeure aussi une certaine musique extérieure.

Il s’agit d’une espèce de musique du sens,
en intime symbiose avec la musicalité propre des mots.
Comme dans toute musique, le silence habite ses interstices.
Ainsi que la transcendance et la consolation?

Il est difficile de concevoir un homme, et moins encore un poète
qui n’aime pas la musique à l’intérieur et à l’extérieur du poème.

Le souci de l’être, qui est l’essence de la poésie, sait que l’être est musique.
Et devine même qu’il existe une musique du vide et du non-être.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La pensée profonde (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018



Illustration: Greg Spalenka
    
la pensée profonde
passe par le sens ancien de l’intelligence :
lire à l’intérieur des choses

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

SIMPLICITÉ DE LA PERCEPTION (Alfred Kolleritsch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




    
SIMPLICITÉ DE LA PERCEPTION

La blessure est la porte d’entrée
pour te trouver,
le seul organe sensible
à n’êtrе pas leurré.

Ma peau est parsemée de toi,
d’expérience : elle a échappé
à la ruse des autres sens,
à leurs seuils usés par les sensations.

Cette blessure ne doit pas se refermer,
neuve toute pensée dans la chair,
prête à tressaillir, sans mémoire,
irréconciliable, la blessure
te mêlе au monde.

On ne peut rien aplanir,
aucun reste fût-il précieux, la rédemption
est une parcelle de ce mensonge :
un message serait le salut.

Le mouvement n’avance pas
de degré en degré, il n’élève rien,
il tourne autour des lèvres de la plaie,
s’y incruste. Là où il s’arrête,
tu fus dans la sensation la durée même.

***

EINFACHHEIT DER WAHRNEHMUNG

Die Wunde ist das Tor
dich zu finden,
das Sinnessorgan,
das nicht getäuscht wird.

Übersät ist die Haut mit dir,
mit Erfahrung: sie ist der List
der alten Organe entkommen,
ihren abempfundenen Schwellen.

Die Wunde, die sich nicht schliessen soll,
neu jeder Gedanke im Fleisch,
bereit zu zucken, ohne Erinnerung,
unversöhnt, die Wunde
mischt dich und die Welt.

Es ist nicht zu glätten,
kein höherer Rest, der Erlösung
ist der Bruchteil der Lüge :
dass eine Botschaft das Heil ist.

Die Bewegung geht nicht
von Stufe zu Stufe, setzt nichts höher,
sie kreist um den Wundrand,
sie nistet sich ein. Wo sie anhält,
warst du in der Empfindung die Dauer.

(Alfred Kolleritsch)

 

Recueil: La conspiration des mots
Traduction: Françoise David-Schaumann et Joël Vincent
Editions: Atelier la Feugraie

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CRÉATION (Alfred Kolleritsch)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018




    
CRÉATION

Le corps veut le monde,
des sillons le traversent,

des chemins défoncés
le parcourent.

Attiré, l’oeil
s’essaie à voir
le ciel ouvert.
Des vols de nuages
montrent l’espace.

Ils amplifient les sens,
ils assaillent le corps
pour qu’il accueille ce qui est perceptible

La rencontre.

***

SCHÖPFUNG

Der Leib will die Welt,
durch ihn sind Furchen,

aufgerissene Wege
gehen ihn.

Angelockt, zu sehen,
versucht das Auge
den geöffneten Himmel.
Wolkenflüge
zeigen den Raum.

Sie vermehren die Sinne,
sie überstürzen den Leib,
Sichtbarkeit anzunehmen

Die Begegnung.

(Alfred Kolleritsch)

 

Recueil: La conspiration des mots
Traduction: Françoise David-Schaumann et Joël Vincent
Editions: Atelier la Feugraie

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

THÉORIE (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



ondes

 

THÉORIE

1.
Chambre blanche dans la pénombre
dehors : le tumulte des rocs, le silence
incertain de la mer. C’est là

2.
Forme brute, fissurée, ce quartz
né du chaos, lavé, rejeté par le flux et
dans l’espace clément, contemplé

3.
Lancée — la première pierre ; mais seulement
le geste, et la gerbe qui n’est ni argent, ni
blancheur, ni cristal
— inutile de lire les cercles toujours plus larges

4.
Ayant saisi le sens ultime, l’orateur aux douze mots
marche sur la grève
le regard tranquille

*

THEORY

1.
The white cell almost in darkness
outside : rocks in abruption, sea-
silence wavering. It is there

2.
Rough shape, clifted, that quartz
chaos given, ashored, tide-washed and
in the good space gazed-at

3.
Cast — the first stone; only the
thrust and the not-silver, not-white, not-crystal
splash — no reading in the widening circles

4.
Great reason grasped, the twelve-worded
orator walks on the shingle
with quiet eyes

(Kenneth White)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si le monde n’a absolument aucun sens (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018




    
Mais alors, dit Alice,
si le monde n’a absolument aucun sens,
qui nous empêche d’en inventer un ?

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Occupez-vous du sens (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Illustration: https://wordart.com/
    
Occupez-vous du sens
et les mots s’occuperont d’eux-mêmes.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Sur les signes et le sens des mots (Nakamura Kusatao)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



Sur les signes et le sens des mots
Promenade indifférente
D’une mouche d’hiver.

(Nakamura Kusatao)


Illustration

 

Posted in haïku, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :