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Poésie

Posts Tagged ‘sens’

Je me souviens (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



Je me souviens
Des instants où j’étais
L’univers

Quand il n’y avait rien
D’autre que l’évidence

Je me rappelle être sorti
Du temps
Pendant que tu donnais
Mon nom

À chaque goutte de pluie
Qui tombait

Sur la vague en désordre
Des longues
Inondations de nos sens

Et on faisait l’amour de
Toutes les façons
Sans limites des nuages

Je me rappelle
De chaque fabuleux
Vagin des crépuscules

De la chair de poule
Des étoiles sur
La peau douce du ciel

(Werner Lambersy)

Illustration: Edward Coley Burne-Jones

 

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L’eau (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



L’eau n’a aucun sens
de l’équilibre

(Werner Lambersy)

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L’aurore s’allume (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020



 

Illustration: William Turner
    
L’aurore s’allume

I
L’aurore s’allume ;
L’ombre épaisse fuit ;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit ;
Paupières et roses
S’ouvrent demi-closes ;
Du réveil des choses
On entend le bruit.

Tout chante et murmure,
Tout parle à la fois,
Fumée et verdure,
Les nids et les toits ;
Le vent parle aux chênes,
L’eau parle aux fontaines ;
Toutes les haleines
Deviennent des voix !

Tout reprend son âme,
L’enfant son hochet,
Le foyer sa flamme,
Le luth son archet ;
Folie ou démence,
Dans le monde immense,
Chacun. recommence
Ce qu’il ébauchait.

Qu’on pense ou qu’on aime,
Sans cesse agité,
Vers un but suprême,
Tout vole emporté ;
L’esquif cherche un môle,
L’abeille un vieux saule,
La boussole un pôle,
Moi la vérité !

II

Vérité profonde !
Granit éprouvé
Qu’au fond de toute onde
Mon ancre a trouvé !
De ce monde sombre,
Où passent dans l’ombre
Des songes sans nombre,
Plafond et pavé !

Vérité, beau fleuve
Que rien ne tarit !
Source où tout s’abreuve,
Tige où tout fleurit !
Lampe que Dieu pose
Près de toute cause !
Clarté que la chose
Envoie à l’esprit !

Arbre à rude écorce,
Chêne au vaste front,
Que selon sa force
L’homme ploie ou rompt,
D’où l’ombre s’épanche ;
Où chacun se penche,
L’un sur une branche,
L’autre sur le tronc !

Mont d’où tout ruisselle !
Gouffre où tout s’en va !
Sublime étincelle
Que fait Jéhova !
Rayon qu’on blasphème !
Oeil calme et suprême
Qu’au front de Dieu même
L’homme un jour creva !

III

Ô Terre ! ô merveilles
Dont l’éclat joyeux
Emplit nos oreilles,
Eblouit nos yeux !
Bords où meurt la vague,
Bois qu’un souffle élague,
De l’horizon vague
Plis mystérieux !

Azur dont se voile
L’eau du gouffre amer,
Quand, laissant ma voile
Fuir au gré de l’air,
Penché sur la lame,
J’écoute avec l’âme
Cet épithalame
Que chante la mer !

Azur non moins tendre
Du ciel qui sourit
Quand, tâchant d’entendre
Je cherche, ô nature,
Ce que dit l’esprit,
La parole obscure
Que le vent murmure,
Que l’étoile écrit !

Création pure !
Etre universel !
Océan, ceinture
De tout sous le ciel !
Astres que fait naître
Le souffle du maître,
Fleurs où Dieu peut-être
Cueille quelque miel !

Ô champs ! ô feuillages !
Monde fraternel !
Clocher des villages
Humble et solennel !
Mont qui portes l’aire !
Aube fraîche et claire,
Sourire éphémère
De l’astre éternel !

N’êtes-vous qu’un livre,
Sans fin ni milieu,
Où chacun pour vivre
Cherche à lire un peu !
Phrase si profonde
Qu’en vain on la sonde !
L’oeil y voit un monde,
L’âme y trouve un Dieu !

Beau livre qu’achèvent
Les coeurs ingénus ;
Où les penseurs rêvent
Des sens inconnus ;
Où ceux que Dieu charge
D’un front vaste et large
Ecrivent en marge :
Nous sommes venus !

Saint livre où la voile
Qui flotte en tous lieux,
Saint livre où l’étoile
Qui rayonne aux yeux,
Ne trace, ô mystère !
Qu’un nom solitaire,
Qu’un nom sur la terre,
Qu’un nom dans les cieux !

Livre salutaire
Où le cour s’emplit !
Où tout sage austère
Travaille et pâlit !
Dont le sens rebelle
Parfois se révèle !
Pythagore épèle
Et Moïse lit !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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Mille chemins, un seul but (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2020




    

Mille chemins, un seul but

Le chasseur songe dans les bois
À des beautés sur l’herbe assises,
Et dans l’ombre il croit voir parfois
Danser des formes indécises.

Le soldat pense à ses destins
Tout en veillant sur les empires,
Et dans ses souvenirs lointains
Entrevoit de vagues sourires.

Le pâtre attend sous le ciel bleu
L’heure où son étoile paisible
Va s’épanouir, fleur de feu,
Au bout d’une tige invisible.

Regarde-les, regarde encor
Comme la vierge, fille d’Ève,
Jette en courant dans les blés d’or
Sa chanson qui contient son rêve !

Vois errer dans les champs en fleur,
Dos courbé, paupières baissées,
Le poète, cet oiseleur,
Qui cherche à prendre des pensées.

Vois sur la mer les matelots
Implorant la terre embaumée,
Lassés de l’écume des flots,
Et demandant une fumée !

Se rappelant quand le flot noir
Bat les flancs plaintifs du navire,
Les hameaux si joyeux le soir,
Les arbres pleins d’éclats de rire !

Vois le prêtre, priant pour tous,
Front pur qui sous nos fautes penche,
Songer dans le temple, à genoux
Sur les plis de sa robe blanche.

Vois s’élever sur les hauteurs
Tous ces grands penseurs que tu nommes,
Sombres esprit dominateurs,
Chênes dans la forêt des hommes.

Vois, couvant des yeux son trésor,
La mère contempler, ravie,
Son enfant, cœur sans ombre encor,
Vase que remplira la vie !

Tous, dans la joie ou dans l’affront,
Portent, sans nuage et sans tache,
Un mot qui rayonne à leur front,
Dans leur âme un mot qui se cache.

Selon les desseins du Seigneur,
Le mot qu’on voit pour tous varie ;
– L’un a : Gloire ! l’autre a : Bonheur !
L’un dit : Vertu ! l’autre : Patrie !

Le mot caché ne change pas.
Dans tous les cœurs toujours le même ;
Il y chante ou gémit tout bas ;
Et ce mot, c’est le mot suprême !

C’est le mot qui peut assoupir
L’ennui du front le plus morose !
C’est le mystérieux soupir
Qu’à toute heure fait toute chose !

C’est le mot d’où les autres mots
Sortent comme d’un tronc austère,
Et qui remplit de ses rameaux
Tous les langages de la terre !

C’est le verbe, obscur ou vermeil,
Qui luit dans le reflet des fleuves,
Dans le phare, dans le soleil,
Dans la sombre lampe des veuves !

Qui se mêle au bruit des roseaux,
Au tressaillement des colombes ;
Qui jase et rit dans les berceaux,
Et qu’on sent vivre au fond des tombes !

Qui fait éclore dans les bois
Les feuilles, les souffles, les ailes,
La clémence au cœur des grands rois,
Le sourire aux lèvres des belles !

C’est le nœud des prés et des eaux !
C’est le charme qui se compose
Du plus tendre cri des oiseaux,
Du plus doux parfum de la rose !

C’est l’hymne que le gouffre amer
Chante en poussant au port des voiles !
C’est le mystère de la mer,
Et c’est le secret des étoiles !

Ce mot, fondement éternel
De la seconde des deux Romes,
C’est Foi dans la langue du ciel,
Amour dans la langue des hommes !

Aimer, c’est avoir dans les mains
Un fil pour toutes les épreuves,
Un flambeau pour tous les chemins,
Une coupe pour tous les fleuves !

Aimer, c’est comprendre les cieux.
C’est mettre, qu’on dorme ou qu’on veille,
Une lumière dans ses yeux,
Une musique en son oreille !

C’est se chauffer à ce qui bout !
C’est pencher son âme embaumée
Sur le côté divin de tout !
Ainsi, ma douce bien-aimée,

Tu mêles ton cœur et tes sens,
Dans la retraite où tu m’accueilles,
Aux dialogues ravissants
Des flots, des astres et des feuilles !

La vitre laisse voir le jour ;
Malgré nos brumes et nos doutes,
Ô mon ange ! à travers l’amour
Les vérités paraissent toutes !

L’homme et la femme, couple heureux,
À qui le cœur tient lieu d’apôtre,
Laissent voir le ciel derrière eux,
Et sont transparents l’un pour l’autre.

Ils ont en eux, comme un lac noir
Reflète un astre en son eau pure,
Du Dieu caché qu’on ne peut voir
Une lumineuse figure !

Aimons ! prions ! les bois sont verts,
L’été resplendit sur la mousse,
Les germes vivent entr’ouverts,
L’onde s’épanche et l’herbe pousse !

Que la foule, bien loin de nous
Suive ses routes insensées.
Aimons, et tombons à genoux,
Et laissons aller nos pensées !

L’amour, qu’il vienne tôt ou tard,
Prouve Dieu dans notre âme sombre.
Il faut bien un corps quelque part
Pour que le miroir ait une ombre.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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Jour nuit soleil et arbres (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2020



Jean Tardieu
    
(Recueil Jours pétrifiés)
Jour nuit soleil et arbres

Certains mots sont tellement élimés, distendus, que ‘l’on peut voir le jour au travers.
Immenses lieux communs, légers comme des nappes de brouillard – par cela même difficile à manœuvrer.
Mais ces hautes figures vidées, termes interchangeables, déjà près de passer dans le camp des signes algébriques,
ne prenant un sens que par leur place et leur fonction, semblent propres à des combinaisons précises
chaque fois que l’esprit touche au mystère de l’apparition et de l’évanouissement des objets.

I
Est-ce pour moi ce jour ces tremblantes prairies
ce soleil dans les yeux ce gravier encore chaud
ces volets agités par le vent, cette pluie
sur les feuilles, ce mur sans drame, cet oiseau ?

II
L’esprit porté vers le bruit de la mer
que je ne peux entendre
ou bien vers cet espace interdit aux étoiles
dont je garde le souvenir
je rencontre la voix la chaleur
l’odeur des arbres surprenants
j’embrasse un corps mystérieux
je serre les mains des amis

III
De quelle vie et de quel monde ont-ils parlé ?

– De jours pleins de soleil où nous nous avançons,
d’espace qui résiste à peine à nos mains et de nuits
que n’épaissira plus l’obscurité légère.

IV
Entre les murs un visage survint
qui se donnait le devoir de sourire
et m’entraîna vers une autre fenêtre
d’où le nuage à ce moment sortait.

Tout était lourd d’un orage secret
un homme en bleu sur le seuil s’avançait
le tonnerre éclata dans ma poitrine
un chien les oreilles basses
rentrait à reculons.

V
Mémoire
Et l’ombre encor tournait autour des arbres
et le soleil perdait ses larges feuilles
et l’étendue le temps engloutissait
et j’étais là je regardais.

VI
Je dissipe un bien que j’ignore
je me repais d’un inconnu
je ne sais pas quel est ce jour ni comment faire
pour être admis.

VII
Comme alors le soleil (il était dans la nuit
il roule il apparaît avec silence
avec amour, gardant pour lui l’horreur)
ainsi viendront les jours du tonnerre enchaîné
ainsi les monstres souriants ainsi les arbres
les bras ouverts, ainsi les derniers criminels
ainsi
la joie.

VIII
Quand la nuit de mon coeur descendra dans mes mains
et de mes mains dans l’eau qui baigne toutes choses
ayant plongé je remonterai nu
dans toutes les images :
un mot pour chaque feuille un geste pour chaque ombre
« c’est moi je vous entends c’est moi qui vous connais
et c’est moi qui vous change. »

IX
Je n’attends pas un dieu plus pur que le jour même
il monte je le vois ma vie est dans ses mains :
la terre qui s’étend sous les arbres que j’aime
prolonge dans le ciel les fleuves les chemins…
Je pars j’ai cent mille ans pour cet heureux voyage.

X
Epitaphe
Pour briser le lien du jour et des saisons
pour savoir quelle était cette voix inconnue
sur le pont du soleil à l’écart de ma vie
je me suis arrêté.
Et les fleuves ont fui, l’ombre s’est reconnue
espace les yeux blancs j’écoute et parle encore
je me souviens de tout même d’avoir été.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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L’AMOUR RECOMMENCE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

L’AMOUR RECOMMENCE
(Blues)

Ma vie c’est rien du tout,
Des tas de choses, Dieu sait ce que c’est!
Je dis ma vie c’est rien du tout,
Des tas de choses, Dieu sait ce que c’est!
Rien qu’une chose puis une autre
Qui s’ajoute au tracas que j’ai.

Quand je t’ai connu, moi
J’ai cru que je tenais un ange d’innocence.
Quand je t’ai connu,
J’ai cru que je tenais un ange d’innocence,
Mais tu n’étais qu’un démon
Et j’ai failli en perdre tous les sens.

Dis-moi, dis-moi donc,
Ce qui fait que l’amour tant vous lance ?
Dis-moi ce qui fait
Que l’amour tant vous lance ?
Ça vous prend puis ça vous brise…
Et puis faut que ça recommence.

(Langston Hughes)

 

 

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JOURS QUI VIENDRONT (Pinelopi Ntountoulaki)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2020




    
JOURS QUI VIENDRONT

En un temps où les routes sont désertes
où les personnes qui sortent portent un masque chirurgical
vous verrez peut-être un héron tremper ses pattes dans le lac.
Merles, pigeons sauvages et moineaux volent en tous sens,
ils chantent,
ils partagent leur joie avec chaque âme.
Le gel fait place au soleil,
l’incertitude se mue en attente.
Et une pensée germe en vous: « C’est vrai,
nous sommes à l’aube de jours meilleurs ! »

***

EΟΙ ΜΕΡΕΣ ΠΟΥ ΕΡΧΟΝΤΑΙ

Τον καιρό που οι δρόμοι είναι άδειοι
και όσοι βγαίνουν έξω από το σπίτι
φορούν μάσκα χειρουργείου
μπορεί να τύχει να δεις ένα ερωδιό να βουτά τα πόδια του στη λίμνη.
Κοτσίφια, αγριοπερίστερα, σπουργίτια πετούν γύρω
τραγουδούν
μοιράζονται το τραγούδι τους με κάθε ψυχή.
Η παγωνιά παραχωρεί θέση στον ήλιο
η αβεβαιότητα μετουσιώνεται σε προσδοκία.
Τότε αρχίζεις να σκέφτεσαι: « Αληθινά,θα έρθουν καλύτερες μέρες! »

***

DAGEN DIE ZULLEN KOMEN

In een tijd waar de wegen leeg zijn
en mensen die naar buiten komen chirurgische maskers dragen
zie je misschien een reiger die zijn poten in het meer dompelt.
Merels, wilde duiven en mussen vliegen in het rond,
ze zingen,
ze delen hun vreugde met iedere ziel.
De vorst maakt plaats voor de zon,
onzekerheid verandert in verwachting.
En je begint dan te denken: « Het is waar,
betere dagen zijn op komst!”

***

***

DÍAS POR VENIR

En un tiempo con carreteras vacías
y gente saliendo con mascarilla quirúrgica
quizás veas una garza mojando sus pies en el lago.
Mirlos, palomas y gorriones vuelan alrededor
cantan
compartiendo su alegría con nosotros.
La helada da paso al sol,
la incertidumbre se vuelve expectativa.
Piensas entonces: « ¡Es verdad
que vendrán días mejores! ».

***

GELECEK GÜNLER

Yolların boş olduğu bir zamanda
ve dışarı çıkan insanlar ameliyat maskesi takar
Ayaklarını gölün içine sokan bir balıkçıl görebilirsiniz
Etrafında karatavuk, yabani güvercinler, serçeler uçar
Şarkı söylerler
Paylaşırlar sevinçlerini her ruhla
Don yerini Güneş’e verir
Bilinmezlik beklentiye dönüşür
Sonra düşünmeye başlarsın “Doğru ki, güzel günler gelecek”

***

DAYS TO COME

At a time when roads are empty
and people getting out wear a surgical mask
you may see a heron dipping his feet into the lake.
Blackbirds, wild pigeons, sparrows fly around
they sing
share their joy with every soul.
The frost gives way to the sun
uncertainty transforms into expectation.
Then you start thinking: »It’s true that better days shall come!

***

GIORNI A VENIRE

Un tempo, quando le strade erano deserte
e la gente usciva indossando mascherine
potevi vedere un airone con le zampe immerse nel lago.
Merli, colombi selvatici, passeri volano intorno
e cantano
per condividere la loro gioia con ogni anima.
Il gelo lascia il passo al sole
l’incertezza si trasforma in speranza.
Allora incominci a pensare:
 » veramente arrivano giorni migliori! »

***

DAGAR Í VÆNDUM

Á tímum þegar göturnar eru auðar
og fólk fer út með skurðstofugrímur
sérðu kannski hegra dýfa fæti í tjörnina.
Svartþrestir, villtar dúfur og spörvar fjúga um
syngjandi
segja hverri sál frá gleði sinni.
Frostið víkur fyrir sólinni
óvissa breytist í von.
Þá ferð þú að hugsa: „Það er satt að bráðum kemur betri tíð! »

***

***

***

JORNA C’HANNU A VENIRI

Di Pinelopi Ntountoulaki
A lu tempu quannu li strati su diserti
E la genti ca nesci si metti na maschira
Si pò vidiri quacchi airuni cu li pedí nta un lagu.
Corvi, picciuni sarvaggi, passunu ntall’aria
Cantanu
Spartennusi la gioia cu lu munnu.
Lu gielu duna postu a lu suli
Ii dubbii diventanu spiranzi
Poi ti veni di pinzari:
“È veru ca megghiu jorna hannu a rrivari”.

***

KOMMENDE TAGE

Zu einer Zeit, in der die Straßen leer sind
und Menschen, die ausgehen, eine chirurgische Maske
tragen,
siehst du vielleicht einen Reiher, der seine Füße in den See
taucht.
Amseln, wilde Tauben und Spatzen fliegen herum
sie singen,
sie teilen ihre Freude mit jeder Seele.
Der Frost weicht der Sonne,
Unsicherheit verwandelt sich in Erwartung.
Dann fängt man an zu denken: « Es ist wahr,
es kommen bessere Tage!

***

OS DIAS QUE VIRÃO

Num tempo em que as estradas estão vazias
e quem sai usa máscara cirúrgica
pode ser que vejas uma garça submergindo seus pés no lago.
Sabiás, pombas selvagens, pardais voam em volta e
cantam
compartilham sua alegria com cada alma.
A geada dá passagem ao sol,
a incerteza transforma-se em expectativa.
Começas, então, a pensar: “É verdade
que dias melhores virão!”

***

ZILE CARE VOR VENI

La vremea străzilor pustii,
cu trecători purtând măști medicale,
poate-ai să vezi un stârc trecându-și tălpile
prin apa vreunui lac și porumbei, mierle sau vrăbiuțe
ciripind în văzduh,
semănând voioșie în orișicare suflet.
Bruma va face-atunci loc soarelui
iar îndoiala, preschimbată în nădejde,
îți va îngădui un gând: „E cert, vin zilele mai bune.“

***

***

***

***

将来的日子

在道路空旷的时候
出门的人都戴着口罩
你也许看到一只鹭丝把脚伸进湖水。
黑鹂,野鸽,麻雀到处飞
他们唱歌
与每个灵魂分享它们的快乐。
霜冻让位给太阳
不确定性转化为期望。
你就开始想: “好点的日子真的会来! ”

***

DNI, KTÓRE NADEJDĄ

W czasie, gdy ulice są puste
a ludzie wychodząc z domu zakładają chirurgiczne maski
może się zdarzyć, że zobaczysz czaplę
zanurzającą nogi w jeziorze.
Wokół latają kosy, dzikie gołębie, wróble,
śpiewają,
dzielą się swoją radością z każdą duszą.
Mróz ustępuje miejsca słońcu,
niepewność zmienia się w oczekiwanie.
Wtedy zaczynasz myśleć: « To prawda, że nadejdą lepsze dni!

(Pinelopi Ntountoulaki)

 

Recueil: ITHACA 632
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Persan Sepideh Zamani / Espagnol Rafael Carcelén / Turc Serpil Devrim / Anglais Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Islandais Thor Stefánsson / Hébreu Dorit Wiseman / Japonais Naoshi Koriyama / Sicilien Gaetano Cipolla / Allemand Wolfgang Klinck / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Russe Daria Mishueva / Arabe Sarah Silt / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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LA BOMBE HUMAINE (Téléphone)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020



    
LA BOMBE HUMAINE

Je veux vous parler de l’arme de demain
Enfantée du monde elle en sera la fin
Je veux vous parler de moi, de vous
Je vois a l’intérieur des images, des couleurs
Qui ne sont pas a moi qui parfois me font peur

Sensations qui peuvent me rendre fou
Nos sens sont nos fils nous pauvres marionnettes
Nos sens sont le chemin qui mène droit a nos têtes

La bombe humaine tu la tiens dans ta main
Tu as l’détonateur juste à côté du cœur
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin
C’est la fin, hum la fin, hum la fin, hum la fin

Mon père ne dort plus sans prendre ses calmants
Maman ne travaille plus sans ses excitants
Quelqu’un leur vend de quoi tenir le coup
Je suis un électron bombardé de protons
Le rythme de la ville c’est ça mon vrai patron
Je suis chargé d’électricité

Si par malheur au cœur de l’accélérateur
J’rencontre une particule qui m’mette de sale humeur
Oh non, faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller
Faudrait pas que j’me laisse aller

La bombe humaine c’est l’arme de demain
Enfantée du monde elle en sera la fin
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin
C’est la fin

La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Tu as l’détonateur juste à côté du cœur
La bombe humaine, c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre ce qui te tient
C’est…

La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Tu as l’détonateur juste a cote du cœur
La bombe humaine, c’est toi elle t’appartient
Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin
C’est…

La bombe humaine c’est l’arme de demain
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Si tu laisses quelqu’un prendre ce qui te tient

C’est…

La bombe humaine c’est l’arme de demain
La bombe humaine c’est toi elle t’appartient
La bombe humaine, tu la tiens dans ta main
Si tu laisses quelqu’un prendre ce qui te tient
C’est la…

(Téléphone)

Aubert, Marienneau, Kolinka, Bertignac

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Ce fils aux souliers à clous (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020




…ce fils aux souliers à clous
savait seul le sens des luttes quotidiennes
qui s’éteignent en bénignités
quand la soupe est servie dans le royal couchant

(Jean Follain)

Illustration: Pablo Picasso

 

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Hautbois (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

ange-hautboisc [1280x768]

Hautbois

Il est des heures rares
où toute apparence alentour vacille s’humilie s’efface
comme les tentures
mûres
fermant la scène, l’acte fini, dans la cohue.

Les sens sont engourdis, la minute en soi se complaît ;
et dans nos yeux vaguement étourdis
sans cause un sourire naît.

***

Oboe
Ci son ore rare
che ogni apparenza dintorno vacilla s’umilia scompare
come le stinte
quinte
d’un boccascena, ad atto finito, tra il parapiglia

I sensi sono intorpidi,
Il minuto si piace di sè ;
E nasce nei nostri occhi un po’ stupiti
Un sorriso senza perché.

(Eugenio Montale)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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