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Poésie

Posts Tagged ‘s’enténébrer’

JE NE PLEURERAI PAS DE TE VOIR ME QUITTER (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
JE NE PLEURERAI PAS DE TE VOIR ME QUITTER

Je ne pleurerai pas de te voir me quitter
Il n’est rien d’aimable ici-bas,
Et doublement m’affligera ce sombre monde
Tant que ton coeur y pâtira.

Je ne pleurerai pas : la splendeur de l’été
Nécessairement s’enténèbre;
L’histoire la plus heureuse, quand on la suit,
Se termine avec le tombeau!

Et je suis excédée de l’angoisse qu’apporte
Le long cortège des hivers,
Outrée de voir l’esprit languir au long des ans
Dans le plus morne désespoir.

Si donc un pleur m’échappe à l’heure de ta mort,
Sache-le, il ne marquera
Qu’un soupir de mon âme impatiente de fuir
Et d’être en repos avec toi.

***

I’LL NOT WEEP THAT THOU ART GOING TO LEAVE ME

I’ll not weep that thou art going to leave me,
There’s nothing lovely here;
And doubly will the dark world grieve me
While thy heart suffers there.

I’ll not weep, because the summers’ glory
Must always end in gloom;
And, follow out the happiest story—
It closes with the tomb!

And I am weary of the anguish
Increasing winters bear;
I’m sick to see the spirit languish
Through years of dead despair.

So, if a tear, when thou art dying,
Should haply fall from me,
It is but that my soul is sighing
To go and rest with thee.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Lassitude (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2016



Lassitude

Soir qui s’enténèbre —
L’appel, douce plainte
L’appel tinte encore
Des oiseaux que j’ai créés.

Des murs gris
S’éboulent,
Mes mains
Se retrouvent.

Ce que j’ai aimé
Je ne peux le saisir,
Ce qui m’entoure
Je ne peux le lâcher.

Tout sombre.
Le jour surgit.
Rien ne me vainc —
C’est bien le train de la vie.

***

Müdigkeit

Dämmernder Abend —
Leise verklagend
Tönt noch der Vägel Ruf
Die ich erschuf.

Graue Wände
Fallen hernieder,
Meine Hände
Finden sich wieder.

Was ich geliebt
Kann ich nicht fassen,
Was mich umgibt
Kann ich nicht lassen.

Alles versinkt.
Dämmern steigt auf.
Nichts mich bezwingt —
Ist wohl des Lebens Lauf.

(Hannah Arendt)

 

 

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Silence ! (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2016



Silence ! J’enfonce l’épine à ton cœur,
car la rose, la rose
est debout au miroir parmi les ombres, elle saigne !
Elle saignait déjà du temps où nous mêlions le oui et le non
où nous buvions à petites gorgées
parce qu’un verre, jeté de table, tinta :
il annonçait une nuit qui s’enténébra plus longtemps que nous.

(Paul Celan)

 

 

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Au soleil couchant (Taneda Santoka)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2015



Au soleil couchant
L’ombre du laboureur
S’enténèbre.

(Taneda Santoka)

Illustration: Jules Jacques Veyrassat

 

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