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EN ATTENDANT UNE CHANTEUSE (Yan Shi)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



EN ATTENDANT UNE CHANTEUSE

A chaque nouvelle chanson, je vide une coupe de vin
Comme l’an dernier, le pavillon est beau
Le temps est magnifique
Le soleil décline déjà à l’ouest
Quand reviendras-tu me voir ?

Mille regrets pour les fleurs tombées
De retour déjà les hirondelles
qui semblent de vieilles connaissances
Seul, je fais les cent pas
sur le sentier du petit jardin

(Yan Shi)

 

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Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



 

 

David Hockney  url

Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée,
Quand l’air de la maison, les soucis du foyer,
Quand le bourdonnement de la ville insensée
Où toujours on entend quelque chose crier,

Quand tous ces mille soins de misère ou de fête
Qui remplissent nos jours, cercle aride et borné,
Ont tenu trop longtemps, comme un joug sur ma tête,
Le regard de mon âme à la terre tourné ;

Elle s’échappe enfin, va, marche, et dans la plaine
Prend le même sentier qu’elle prendra demain,
Qui l’égare au hasard et toujours la ramène,
Comme un coursier prudent qui connaît le chemin.

Elle court aux forêts où dans l’ombre indécise
Flottent tant de rayons, de murmures, de voix,
Trouve la rêverie au premier arbre assise,
Et toutes deux s’en vont ensemble dans les bois !

(Victor Hugo)

Illustration: David Hockney

 

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Ici je reprends le goût de la vie (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: Pablo Ruiz Picasso
    
Ici je reprends le goût de la vie,
Ainsi le dormeur, son sexe l’éveille,
Soudain rebandé par la même envie,
Et la femme est là, totale merveille.

Ainsi le nageur, la mer le soulève,
Et l’offre au soleil, et le ressaisit,
Il voit l’avenir, une immense grève,
Où se coucher nu dans l’après-midi.

Ainsi l’arbre en fleurs au fond d’un ravin
L’entrecroisement des hautes fougères…
Le mot le plus juste est encore vain,
Puisqu’ici le corps est tout le mystère.

Je rencontrerai peut-être la femme
Sœur de la fougère et des vagues nues.
Le sentier tournant deviendra la flacon
Qui la brûlera, sitôt apparue.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mouvements (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Mouvements

Je passe
Une nuit légère et vaporeuse
Après un jour pesant
Sous un soleil de feu

Je me promène
Dans une aube timide
Comme une fille nubile
Et respire des odeurs vivantes

Je vibre
Dans un exil de luxe
Quand le soleil
Chauffe le ciel à petit feu
Et me réchauffe à peine
Dans le sentier griffé
De buissons épineux
Et piqué d’orties

Je gravis les hauteurs
Jusqu’à l’épanouissement
Voluptueux des eaux
Et j’y rencontre le silence
Quand le couchant colore
De rose l’horizon
Que toutes les vitres rutilent
Et que le village flamboie

J’éprouve le frisson
Du soir sur mon épaule
Une lune maussade brille
Sur une mer anxieuse
Et sous les nuages fissurés
La terre s’allonge sous le ciel

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Madame au fond de vous (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Amedeo Modigliani
    
Madame au fond de vous

Madame au fond de vous j’ai mangé au fruit rose
Et je n’en suis pas encore rassasié
Pour être vrai j’accours à ce nouveau cellier
D’avoir
Madame en vous mangé si claire chose

Madame j’ai tâté de l’enfer je suppose
En m’abandonnant de la langue à ce beau fruit
Depuis j’erre assoiffé affamé jour et nuit
Ne pouvant me passer d’une nouvelle dose

Quel secours appeler?
Je ne sais pas attendre
Ni ne peux plus aller par un autre sentier
Sans que le goût de votre pulpe me poursuive

Vous perdant comme on perd les perles d’un collier
Si de votre déduit ne puis être la grive
Me soûlant à votre raisin tendu et tendre

(Jacques Chessex)

 

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Ce n’est pas un petit bonheur qu’il me faut (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Ce n’est pas un petit bonheur qu’il me faut,
J’accompagnerai mon mari chez sa belle
Puis je coucherai mon enfant,
Content, fatigué.

Et de nouveau, dans la chambre glacée
Je prierai la Mère de Dieu…
Dur, dur de vivre recluse,
Plus dur encore d’être gaie.

Si seulement rêvait en moi le rêve de feu :
J’entrerais dans l’église haute,
En pierre blanche, à cinq coupoles,
Par les sentiers dont j’ai mémoire.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Le dieu joyeux ne vient jamais me voir (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Le garçon qui joue de la musette,
La fillette qui tresse sa couronne,
Deux sentiers qui se croisent dans le bois,
Loin, dans un champ lointain, une lumière,

Je vois tout. Je me rappelle tout.
Humblement, amoureusement, je le garde.
Il n’y a qu’une chose qui toujours m’échappe,
Dont même plus jamais je ne me souviendrai.

Je ne demande ni force ni sagesse.
Laissez-moi seulement me chauffer près du feu.
J’ai froid… Qu’il ait ou non des ailes
Le dieu joyeux ne vient jamais me voir.

(Anna Akhmatova)


Illustration: William Bouguereau

 

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Sans le vouloir, les yeux demandent Grâce (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019


 

Sans le vouloir, les yeux demandent
Grâce. Que dois-je faire d’eux
Quand en ma présence on prononce
Un nom bref et qui sonne haut?

Je marche en suivant le sentier
Près d’un long tas de bûches grises.
Il passe ici un vent léger,
Capricieux, frais, comme au printemps.

Et le coeur las sent qu’on lui parle
En secret de ce qui est loin.
Je sais bien: il vit, il respire,
Il ose ne pas être triste.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Ademaro Bardelli

 

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RECHERCHE (Verónica Aranda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



Illustration: Elena Kotliarker
    
RECHERCHE

J’ai cherché dans ton corps les guirlandes de la soif

le sentier de grenadiers repeuplé
avec les écureuils gris du silence,
un coucher de soleil violet
ou cette décision rapide

qui disparaît à nouveau sur les chemins de la méditation.

***

IN CERCA

Ho cercato nel tuo corpo le ghirlande della sete,
il sentiero delle melagrane
ripopolato con gli scoiattoli grigi del silenzio,
un qualche tramonto color malva,
o quella decisione rapida
che va scomparendo nei sentieri del meditare.

***

BÚSQUEDA

Yo buscaba en tu cuerpo las guirnaldas de sed,
la senda de granados repoblada
con las ardillas grises del silencio,
algún poniente malva
o aquella decisión a corto plazo
que se va meditando en los caminos.

***

CĂUTARE

Eu căutam în trupul tău ghirlande, din sete,
cărarea pomilor de rodii, revizitați
de veverițe cenușii, de prin tăceri
un apus oarecare, vioriu
și-acea decizie pe termen scurt
care pornește, meditând, la drum.

***

SUCHE

In deinem Körper suchte ich die Girlanden des Durstes,
den Pfad der Granatapfelbäume,
wiederbelebt mit den grauen Eichhörnchen der Stille,
einen malvenfarbenen Sonnenuntergang
oder jene schnelle Entscheidung
die auf den Wegen der Meditation wieder verschwindet.

***

ZOEKEN

Ik zocht in jouw lichaam de guirlandes van de dorst
het pad van granaatappelbomen herbevolkt
met de grijze eekhoorns van stilte,
een paarse zonsondergang
of die snelle beslissing
die op de wegen van de meditatie weer verdwijnt.

***

SEARCH

I searched in your body for the garlands of thirst,
for the path of pomegranates
revived by the grey squirrels of silence,
for a mauve sunset,
or that rapid decision
that fades away in the alleys of meditation.

***

ΕΡΕΥΝΑ

ψαξα στο κορμί σου για τη γιρλάντα της δίψας
για το μονοπάτι του ρογδιού
που αναγέννησαν τα γκρίζα σκιουράκια της σιωπής
για το μενεξελί ηλιοβασίλεμα
ή τη βιαστική απόφαση
που σβύνεται στο δρομάκι του διαλογισμού

***

寻 找

我在你身上寻找渴望的花环,
因为石榴之路
被沉默的灰松鼠唤醒,
因为淡紫色的日落,
或者快速的决定
逐渐消失在冥想的小巷里。

***

PENCARIAN

Aku mencari kalungan dahaga dalam tubuhmu,
demi laluan buah delima
dihidupkan kembali dek tupai-tupai kelabu yang sepi,
demi senja merah senduduk,
atau keputusan pantas
yang lenyap dalam lorong meditasi.

***

LA RICERCA

Circaiu ntô to corpu ghirlandi di siti,
na vanedda di granati ripopulata
di li grigi scuiattuli dû silenziu,
quacchi cuddata di suli malva
o dda decisioni ca dura picca
ca si va miditannu ntra lu caminu.

***

POSZUKIWANIA

Szukałam w twoim ciele girland pragnienia
ścieżki wśród granatowców, na nowo zarośniętej
szarych wiewiórek milczenia
pewnego liliowego zachodu słońca
tamtej chwilowej decyzji
by rozważać drogi rozstania

(Verónica Aranda)

 

Recueil: Cortes de luz
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Italien Wolfgang Klinck – Luca Benassi / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Allemand Wolfgang Klinck / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Wolfgang Klinck / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Grec Manolis Aligizakis / Chinois William Zhou / Malaisien Dr. Raja Rajeswari Seetha Raman / Sicilien Gaetano Cipolla / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Editions: Rialp

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Un silence se fit dans le déclin du jour (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



Duy Huynh 2a

 

Un silence se fit dans le déclin du jour.
Une plainte expira, puis un soupir d’amour.
Puis une pomme chut, une autre encore, et d’autres,
Dans l’herbe haute et chaude et l’ombre d’émeraude.

Le soleil descendit de rameaux en rameaux ;
On entendit chanter un invisible oiseau.
Une senteur de fleurs molles et défaillantes
Sur la terre glissa comme une vague lente.

Et pour mieux enchanter celle qui vient, les yeux
Baissés, et comme en songe, et le cour oublieux,
Par les troubles sentiers de ces jardins magiques,

Le soir voluptueux, dans les airs attiédis,
De ses subtiles mains complices étendit
L’insidieux filet des étoiles obliques.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Duy Huynh

 

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