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Poésie

Posts Tagged ‘sentiment’

JEUNESSE (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2021




JEUNESSE

Petite fille au visage lisse,
Le temps, semble-t-il, sur toi, glisse :
Tu n’as encore ni rides, ni sillons,
Ni vallées, ni vallons…

Et pourtant, tu vas changer :
Insensiblement,
Tu vas perdre ce visage innocent,
Pour prendre un regard plus ardent.
La vie, passant,
Va laisser ses traces :
Tu les verras dans la glace…
Ton visage,
Livre ouvert,
Dont les pages
Tous sentiments offerts,
Diront tes luttes et tes batailles,
Tes défaites et tes victoires,
Tes rages et tes semailles…
Heures de tristesse ou bien de gloire,
Et tout ce que tu auras récolté…

La vie nous donne le visage
Qu’on a ensemencé…

(Mireille Gaglio)

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Sentiment (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2021



Sentiment

Un sentiment est une robe à traîne
Il est bien malaisé d’empêcher
Qu’on ne marche dessus

(Pierre Albert-Birot)

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Comme si l’essentiel (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021



Illustration
    
Comme si l’essentiel se passait
dans ce qui pousse le poète à écrire ou le croyant à prier :

le sentiment de la présence
si proche, si pressante,
d’un silence
bruissant et pur.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Et toujours (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2021


 

rose

Et toujours me revenait le sentiment d’avoir encore
laissé échapper l’indispensable qui était pourtant à portée.

(André Frénaud)

 

 

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LES SAULES PRÈS DU PONT SUR LA RIVIÈRE FEN (Cen Shen)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
LES SAULES PRÈS DU PONT SUR LA RIVIÈRE FEN

Qui sait? Peut-être ai-je déjà vécu
en ce lieu,
car j’ai le sentiment de revenir
au pays natal.
Il me semble que les vieux saules
sur les berges de la rivière
en me voyant
frémissent de joie.

(Cen Shen)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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LA FILLE DE PAILLE (Franck Gérald)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



 

Pier Toffoletti  4415

LA FILLE DE PAILLE

Ah, que c’est triste
Ah, que c’est éprouvant
D’être amoureux d’une fille de paille
Car elle s’envole au premier coup de vent
Je crois qu’elle est dans mes bras
Elle est par-dessus le toit
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

J’ai découvert dans ses yeux des bleuets
Qu’elle est jolie cette fille de paille
Je ne pouvais vraiment pas me douter
Qu’à la place de son coeur
Y’avait un grillon moqueur
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

Je n’ai que faire de ma liberté
Mes sentiments sont en pierre de taille
Je lui ai dit qu’on pourrait se marier
Alors elle s’est enflammée
Mais il n’en est rien resté
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

Ah, que c’est triste, ah que c’est éprouvant
D’être amoureux d’une fille de paille
Car elle s’envole au premier coup de vent
Je crois qu’elle est dans mes bras
Elle est par-dessus le toit
A la place de son coeur
Y’avait un grillon moqueur
Et puis elle s’est enflammée
Mais il n’en est rien resté
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah.

(Franck Gérald)

Illustration: Pier Toffoletti

 

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Quand tu te tiens dans la proximité du centre (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2021



Illustration: Josephine Wall
    
Quand tu te tiens
dans la proximité du centre
la moindre parcelle de vie
est intégrée à la sphère

Avoir la force de t’arracher
aux joies plaisirs émotions
que te donnent tes semblables

Pour boire à cette source
où capiteuse se fait la vie

Combien seul
combien étranger à ce monde
celui que le manque
contraint à chercher
une vie plus haute

Instants
de folle ébriété

Quand un même flux
mêle en son torrent
la lumière et les eaux

Ce feu doux
de l’amour
quand l’oeil
a clarifié la flamme

Femme
c’est de toi
que me vient la vie
et je n’en finirai pas
de te louer te célébrer

que comprendre

comment rendre compte

parfois c’est le dégoût
la détresse

cette fureur du sang
parce que tout avorte

que chaque effort est vain

que rien n’échappe à la faux

ou parfois
c’est cette vénération cette joie
jubilante cette suffocante
lumière

et chaque visage m’émeut
alors jusqu’aux larmes

je déambule
dans la rue
parmi la foule

désobstrué
transparent
anonyme

avec
oui
avec
comme une lumière invaincue
qui pétille
et bat dans mes veines

minutieusement
goulûment
je vois les visages
happe cette vie
qui déferle

je me livre à chacun
je me love en chacun

en moi
s’enlacent des regards
se nouent des étreintes
s’ébauchent des nuits d’amour

et soudain me saisit
le sentiment suffocant
du mystère de la vie

hautes lames
de l’immense

dévotion éperdue

spacieux vertige

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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La nuit (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



Illustration: Annie Predal
    
La nuit, on se connaît par la voix, par la respiration,
par une noire tendresse des bras ;
on se connaît lentement,
comme si on ne s’était jamais rencontré,
ni échangé les mots étranges d’un adieu;
on se connaît par le désespoir de l’ignorance,
qui aux uns et aux autres dérobe le sentiment,
les laissant livrés à la sécheresse d’un reflet.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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HAMLET (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    

HAMLET

Il y a un moment, avant le réveil, où
rêve et réalité se confondent. Certaines fois,
le sommeil empêche de faire cette distinction ;
d’autres, nous nous jugeons engagés
dans la vie sans savoir que nous ne sortons pas encore
des limbes nocturnes. Dans tous les cas,
émotions et sentiments saisissent
le corps; nous nous déplaçons d’un bord à l’autre
avec l’angoisse de cette double existence; en rien,
nous ne dominons les actions que, cependant,
nous subissons comme si quelque chose nous avait
arrachés
à notre lit. Pendant le petit déjeuner, en y
pensant, il reste déjà peu de chose
de la nuit. Ni les personnes, ni les mots,
ni les images ne nous tourmentent avec l’intensité
de naguère. Pourtant, c’est comme s’il manquait
une partie de nous-mêmes. Et, le jour, nous répétons
des gestes dont nous ignorons les destinataires;
nous entendons des phrases dont nous ne comprenons
le sens. Et nous ne savons pas, de fait,

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Les serins et le chardonneret (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    
Les serins et le chardonneret

Un amateur d’oiseaux avait, en grand secret,
Parmi les œufs d’une serine
Glissé l’œuf d’un chardonneret.
La mère des serins, bien plus tendre que fine,
Ne s’en aperçut point, et couva comme sien
Cet œuf qui dans peu vint à bien.
Le petit étranger, sorti de sa coquille,
Des deux époux trompés reçoit les tendres soins,
Par eux traité ni plus ni moins
Que s’il était de la famille.
Couché dans le duvet, il dort le long du jour
À côté des serins dont il se croit le frère,
Reçoit la béquée à son tour,
Et repose la nuit sous l’aile de la mère.
Chaque oisillon grandit, et, devenant oiseau,
D’un brillant plumage s’habille ;
Le chardonneret seul ne devient point jonquille,
Et ne s’en croit pas moins des serins le plus beau.
Ses frères pensent tout de même :
Douce erreur qui toujours fait voir l’objet qu’on aime
Ressemblant à nous trait pour trait !
Jaloux de son bonheur, un vieux chardonneret
Vient lui dire : il est temps enfin de vous connaître ;
Ceux pour qui vous avez de si doux sentiments
Ne sont point du tout vos parents.
C’est d’un chardonneret que le sort vous fit naître.
Vous ne fûtes jamais serin : regardez-vous,
Vous avez le corps fauve et la tête écarlate,
Le bec… oui, dit l’oiseau, j’ai ce qu’il vous plaira,
Mais je n’ai point une âme ingrate,
Et mon cœur toujours chérira
Ceux qui soignèrent mon enfance.
Si mon plumage au leur ne ressemble pas bien,
J’en suis fâché, mais leur cœur et le mien
Ont une grande ressemblance.
Vous prétendez prouver que je ne leur suis rien,
Leurs soins me prouvent le contraire.
Rien n’est vrai comme ce qu’on sent.
Pour un oiseau reconnaissant
Un bienfaiteur est plus qu’un père.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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