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Poésie

Posts Tagged ‘sentiment’

Il suffit que l’enfant souffre (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019




Il suffit que l’enfant souffre, et toujours lui revient le même appel à sa mère.
Cette absolue confiance que nous cherchons à retrouver toujours, immédiate autant qu’inexplicable,
n’a-t-elle part au secret qui habite les corps ?

Cette confiance dans l’abîme, au delà de tout réconfort.

Un abîme matériel, maternel, où nous serions tout entiers saisis.

L’intimité retrouvée avec les choses.
Le sentiment merveilleusement pur, comme enfantin, de leur mystère.

(Gérard Pfister)

Illustration

 

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Si nous avions une vision (George Eliot)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019


 


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Si nous avions une vision et un sentiment aigus de toute la vie humaine ordinaire,
cela équivaudrait à entendre l’herbe pousser
et le coeur de l’écureuil battre,
et alors, nous mourrions de cette clameur
située de l’autre côté du silence.
Les choses étant ce qu’elle sont,
les plus rapides d’entre nous circulent bien emmitouflés
dans une épaisse couche de stupidité.

(George Eliot)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Axiome (Maggy De Coster)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



 cahier

Axiome

Dans mon cahier de brouillon
j’ai brouillé la piste des étoiles
hachuré la courbe des ans
dessiné les contours du futur
schématisé la forme des saisons
tracé le diagramme des tropiques
souligné les paramètres de la vie
illustré les arcanes de l’amour
décalqué les lunaisons des sentiments
Reste à boucler le cycle de ma jeunesse

(Maggy De Coster)

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Poésie (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Poésie

Mais, hélas ! les vers sont si peu de chose quand on les écrit trop tôt!
Il faudrait attendre, amasser du sens et de la douceur pendant toute une vie,
une longue vie si possible, et puis, tout à la fin, peut-être
pourrait-on alors écrire dix vers qui soient bons.
Car les vers ne sont pas, comme les gens le croient,
des sentiments (ceux-là viennent suffisamment tôt),
— ce sont des expériences.

Pour un seul vers,
il faut voir beaucoup de villes, de gens et de choses,
il faut connaître les animaux,
il faut sentir comment les oiseaux volent
et savoir les gestes avec lesquels,
le matin, s’ouvrent les petites fleurs.

Il faut pouvoir se remémorer des chemins qui conduisent dans des régions inconnues,
se souvenir de rencontres inopinées et d’adieux que l’on a vus venir de loin,
— de jours de l’enfance encore non clarifiés.

(Rainer Maria Rilke)

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Regarde (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Regarde, des anges diffusent à travers l’espace
leurs sentiments qui ne cessent jamais.
Notre incandescence leur serait froideur.
Regarde, des anges rougeoient à travers l’espace.

Cependant qu’à nous, qui n’en savons rien d’autre,
tantôt une chose se refuse, tantôt une autre échoit en vain,
eux marchent, enthousiasmés par ce qu’ils ont à accomplir,
à travers leur domaine pleinement achevé.

***

Siehe. Engel fühlen durch den Raum
ihre unaufhörlichen Gefühle.
Unsre Weißglut wäre ihre Kühle.
Siehe, Engel glühen durch den Raum.

Während uns, die wirs nicht anders wissen,
eins sich wehrt und eins umsonst geschieht,
schreiten sie, von Zielen hingerissen,
durch ihr ausgebildetes Gebiet.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Le chat blanc (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



cartoon doodle illustration of kitten and mouse for coloring book

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Le chat blanc

Un petit chat blanc
qui faisait semblant
d’avoir mal aux dents
disait en miaulant :
« Souris mon amie
j’ai bien du souci.
Le docteur m’a dit :
– Tu seras guéri
si entre tes dents
tu mets un moment,
délicatement,
la queue d’une souris ».
Très obligeamment
souris bonne enfant
s’approcha du chat
qui se la mangea.

Moralité :
Les bons sentiments
ont l’inconvénient
d’amener souvent
de graves ennuis
aux petits enfants
comme-z-aux souris.

(Claude Roy)

 

 

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SENTIMENTS DU SOIR (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo d4

SENTIMENTS DU SOIR

Le jour s’éteint : la nuit, sur l’émail de la plaine.
Épanche les trésors de son urne d’ébène,
Et la lune, dans l’onde, humectant sa blancheur,
Du gazon qui s’y baigne argente la fraîcheur.
Le vent, dans les forêts qu’éveille son passage,
Comme un luth végétal fait frémir le feuillage.
C’est l’heure où l’âme entend ceux qu’on pleure tout bas,
Où nos anges gardiens sont plus près de nos pas,
Où le poète, ami de leur vol solitaire,
Accorde sa pensée aux soupirs de la terre.
Lyre intime du cœur, si prompte à t’émouvoir,
Réponds, comme les bois, aux caresses du soir :
A tes premiers concerts la douleur te rappelle.
Tu n’as point à chercher quelque note nouvelle,
Gémis ; et s’il existe, en de lointains climats,
Un ami de mon deuil, que je ne connais pas,
Prends tes ailes de flamme, et, comme un pur génie,
Va saluer ses pleurs d’un baiser d’harmonie.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Le coeur repose (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Le coeur repose et rien ne peut ternir
Le sentiment de lui appartenir

(Goethe)

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CASA DE LA MENTE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018



Illustration: Tom Fruin
    
« CASA DE LA MENTE »
À A. G.

la maison mentale
reconstruite lettre à lettre
mot à mot
dans ma double figure de papier

traverse la mer d’encre
pour donner une nouvelle forme
à un nouveau sentiment

il ouvre la bouche
vert de sans racines
le mot sans son corps

un nouvel ordre musical
de couleurs de corps d’excédents
de formes petites
qui bougent crient disent jamais
la nuit dit jamais
la nuit me prononce
dans un poème

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Crépuscule (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Crépuscule

Crépuscule, comme vous êtes doux et tendre!
Les lueurs roses qui traînent encore à l’horizon
comme l’agonie du jour sous l’oppression victorieuse de sa nuit,
les feux des candélabres qui font des taches d’un rouge opaque
sur les dernières gloires du couchant,
les lourdes draperies qu’une main invisible attire des profondeur de l’Orient,
imitent tous les sentiments compliqués
qui luttent dans le cœur de l’homme aux heures solennelles de la vie.

(Charles Baudelaire)

Illustration

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