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UN CHANT POUR ARRÊTER CELLE QUI PASSE (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018




    
UN CHANT POUR ARRÊTER CELLE QUI PASSE

Tes longs cheveux, tes yeux et ton sourire.
Car pour mieux consumer ma bouche sèche, tu souris
Arrête-toi, je me baigne, je meurs
Dans ce sourire. Et tes yeux rient. Tu me relèves,
Tu me fais naître enfin, tu fortifies
Mes forces. Je retourne à ces jours.

Errant alors avec la vanité des livres, le sortilège
Des pensées qui s’entortillent, les mots sans rémission
Une Sorbonne grise et gravitant
Au-dessus de la mort et des gloses, le désespoir
Au terme des tombeaux. Perdu
Parmi tant de concepts. Je n’avais pas vécu,
Je ne connaissais rien : inemployé, vide et de coeur étroit.
Ignorant l’art des mots, titubant de détresse. Tu m’inventais

Pour renaître à l’état de chant, comme la source,
Filant de sa quenouille tresse de jour
Et note pure, maintient la mélodie.
Je tiens de toi notes et mots, ce que je dois savoir.

Ô fruits ensoleillés des premières paroles
Pour nourrir en chemin nos bouches qui se cherchent.
Nos mains mêlées et nos coeurs assourdis,
Même pensée en même temps, et la lumière —
Mais d’où venue cette lumière ?
Pour nous creuser et nous étreindre.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le temps s’entortille (Mackenzy Orcel)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



le temps
s’entortille
ailes dissonantes

âge dissout du sel

parfois
je tombe
dans le piège
d’être moi

(Mackenzy Orcel)

Illustration: Edward Hopper

 

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Notre entrelacs d’amour (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016



Albena Vatcheva   (26) [1280x768]

Notre entrelacs d’amour à des lettres ressemble,
Sur un arbre se mélangeant ;
Et, sur ce lit, nos corps s’entortillent ensemble,
Comme à ton nom le nom de Jean.

Croiriez-vous point, ô mer, reconnaître votre oeuvre,
Et les monstres de vos haras,
Si vous sentiez bouger cette amoureuse pieuvre
Faite de jambes et de bras.

Mais le noeud dénoué ne laisse que du vide ;
Et tu prends le cheval aux crins,
Le cheval du sommeil, qui, d’un sabot rapide,
Te dépose aux bords que je crains.

(Jean Cocteau)

Illustration: Albena Vatcheva

 

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