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Posts Tagged ‘s’épancher’

Un jour, si tout faisait enfin silence (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



 

coccinelle

Un jour, si tout faisait enfin silence,
si l’à-peu-près et si le casuel
se taisaient, et comme eux le rire du prochain;
si la rumeur que font mes sens
cessait de m’entraver à mon réveil.

alors, et sous les mille aspects de la pensée,
je pourrais te penser jusqu’au bord de toi-même,
te posséder (l’espace d’un sourire)
pour t’épancher à travers toute vie
en un remerciement.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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PRESQUE-ÉLÉGIE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration: Philippe Legoubin
    
PRESQUE-ÉLÉGIE

Tant vivre.
A quoi bon ?
Le sentier et ennuyeux
et l’amour manque.

Tant de hâte.
A quoi bon ?
Pour prendre la barque
qui ne mène à nulle part.

Mes amis, retournez!
Retournez à votre source!
N’épanchez pas votre âme
dans le vase
de la Mort.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Derrière l’oeil fermé (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



 Illustration: Fabienne Guilhem
    
Derrière l’oeil fermé d’une de ces Lois préfixes
qui ont pour notre désir des obstacles sans solution,

parfois se dissimule un soleil arriéré
dont la sensibilité de fenouil à notre contact
violemment s’épanche et nous embaume.

L’obscurité de sa tendresse,
son entente avec l’inespéré,
noblesse lourde qui suffit au poète.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Soleil est là-haut (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017



Illustration: Hans Thoma
    
Le Soleil est là-haut,
ainsi qu’un ménétrier qui conduit la danse,
et ses rayons s’épanchent comme des sons joyeux.

Le vieux Soleil, il veut qu’on rie;
le vieux ménétrier veut qu’on chante ;

mais, je ne sais pourquoi,
le bal est triste
et l’on s’ennuie.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Dialogue (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2017



– Sur ta lèvre, plusieurs lèvres,
La chaleur est bonne à boire,
La descente à deviner.

– Ne regarde pas mon visage
Si tu le vois,
Mais seulement le noir
Où tu vas t’épancher.

– Tes lèvres m’ont mené
Plus avant vers l’espace
Indiqué par tes yeux.

– Je ne suis qu’un empire.
Je te reçois.
Ne me reconnais pas.

(Guillevic)

Illustration: Maurice Ehlinger

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Tu crois au marc de café (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



 

Guy Baron_espoir_3

Tu crois au marc de café,
Aux présages, aux grands jeux :
Moi je ne crois qu’en tes grands yeux.

Tu crois aux contes de fées,
Aux jours néfastes, aux songes.
Moi je ne crois qu’en tes mensonges.

Tu crois en un vague Dieu,
En quelque saint spécial,
En tel Ave contre tel mal.

Je ne crois qu’aux heures bleues
Et roses que tu m’épanches
Dans la volupté des nuits blanches !

Et si profonde est ma foi
Envers tout ce que je crois
Que je ne vis plus que pour toi.

(Paul Verlaine)

Illustration: Guy Baron

 

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Le point du jour (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



Le point du jour

Le point du jour
braise attisée
par la dernière brise
de la nuit
quel vide l’attire
le dilate

déploie l’absence
sur quoi bientôt se dessinent
les collines les arbres
les visages
et cette fleur
où dort la mer brillante

le temps s’étale
à travers l’espace
en tous sens

quand le point du jour
ouvre le sens
par où s’épanche
la lumière
l’éclat des yeux
la fournaise du solstice
et le soir qui ruisselle
avec les ombres

mais toujours
pointe le jour
un rien de jour
presque
rien.

(Jean Mambrino)

 

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Les Danaïdes (Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016



Les Danaïdes

Toutes, portant l’amphore, une main sur la hanche,
Théano, Callidie, Amymone, Agavé,
Esclaves d’un labeur sans cesse inachevé,
Courent du puits à l’urne où l’eau vaine s’épanche.

Hélas ! le grès rugueux meurtrit l’épaule blanche,
Et le bras faible est las du fardeau soulevé :
« monstre, que nous avons nuit et jour abreuvé,
Ô gouffre, que nous veut ta soif que rien n’étanche ? »

Elles tombent, le vide épouvante leurs coeurs ;
mais la plus jeune alors, moins triste que ses soeurs,
Chante, et leur rend la force et la persévérance.

Tels sont l’oeuvre et le sort de nos illusions :
Elles tombent toujours, et la jeune Espérance
Leur dit toujours :  » mes soeurs, si nous recommencions ! »

(Sully Prudhomme)

Illustration: John William Waterhouse

 

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Enfance ! (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



Enfance ! éloignement d’où lui vient sa douceur
Nuance où la couleur s’éternise en sourdine,
Religieux triptyque ombré d’une patine
Qui met sur les fonds d’or son vernis brunisseur.

Jeunesse ! Enfance ! attrait des choses disparues;
Astres du ciel plus clairs dans l’étang bleu du coeur
Chanson d’orgue criard dont toute la langueur
Expire en sons blessés dans le lointain des rues.

Je veux vous évoquer la ville aux pignons noirs,
Vieille ville flamande où les paroisses proches,
Lorsque j’étais enfant, faisaient pleurer leurs cloches
Comme un adieu de ceux qui mouraient dans les soirs !

Je veux recomposer la maison paternelle
Avant l’absence, avant la mort, avant les deuils;
Les soeurs, jeunes encor, dormant dans les fauteuils
Et le jardin en fleur et la vigne en tonnelle.

Je veux revivre une heure à l’ombre des grands murs,
Dans le collège ancien où nos âmes placides
S’ouvraient comme une église aux profondes absides
Avec des vitraux d’or pleins de visages purs.

Je veux vous reporter à ces calmes années :
Je suis resté le même après bien des douleurs;
Le manteau de mon Ame a toutes ses couleurs
Mais mes yeux sont plus las que des roses fanées.
{…]

Qu’importe ! ma souffrance est bonne ! Je les plains
Ceux qui n’ont plus l’orgueil d’être mélancoliques,
En gardant comme moi les dévotes reliques,
Les reliques d’enfant dont mes tiroirs sont pleins.

Surtout qu’en toi, ma chère ancienne, je m’épanche
Dans un chuchotement de mon esprit au tien
Viens donc; allons-nous-en poursuivre l’entretien
Dans le jardin flétri de ma Jeunesse Blanche,

Dans ce jardin désert, dans ce jardin fermé,
Dans ce jardin fleuri de lis, piqué de cierges,
Où jadis s’avançaient d’incomparables vierges
Dont les lèvres soufflaient l’odeur du mois de mai.

Mais ce parc est en proie à l’insulte des ronces,
Et mes rêves anciens, dans les lointains glacés,
Tels que des marbres blancs, tendent leurs bras cassés
Et de leurs yeux éteints pleurent dans les quinconces.

Pauvre parc envahi par l’automne et le soir,
Qui souffre en évoquant son aurore abolie;
Il est morne, il est vide, et ma mélancolie
L’enferme tout entier comme un grillage noir !

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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L’OMBRE D’UN CHAT (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2015



boîte à musique chat

UNE VIEILLE BOITE A MUSIQUE

Une vieille boîte à musique
Sur deux notes s’épancha
À l’ombre d’un chat, sur l’herbe
A l’ombre d’un chat.

Vous êtes ma seule amie, –
Ma vieille boîte à musique
Une amie mélancolique,
Vous êtes ma seule amie
A l’ombre d’un chat, sur l’herbe
A l’ombre d’un chat.

J’entends sur ces deux paroles
Les oiseaux qui volent
Et les eaux qui coulent
A l’ombre d’un chat, sur l’herbe
A l’ombre d’un chat.

Puis j’y vois celle que j’aime
Me sourire entre mes bras
Tout émue comme moi-même
A l’ombre d’un chat, sur l’herbe
A l’ombre d’un chat.

(Maurice Fombeure)

Illustration

 

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