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Poésie

Posts Tagged ‘s’épandre’

C’est l’angoisse de la séparation (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration:  Jean Zakarauskas
    
C’est l’angoisse de la séparation
qui s’épand par tout le monde
et donne naissance à des formes sans nombre
dans le ciel infini.

C’est ce chagrin de la séparation
qui contemple en silence toute la nuit d’étoile en étoile
et qui éveille une lyre parmi les chuchotantes feuilles
dans la pluvieuse obscurité de juillet.

C’est cette envahissante peine
qui s’épaissit en amours et désirs,
en souffrances et en joies dans les demeures humaines,
et, de mon coeur de poète, c’est toujours elle qui fond et ruisselle en chansons.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Si tu ne parles pas (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Si tu ne parles pas, certes j’endurerai ton silence;
j’en emplirai mon coeur.
J’attendrai tranquille, la tête bas penchée,
et pareil à la nuit durant sa vigile étoilée.

Le matin sûrement va venir;
la ténèbre céder, et ta voix va s’épandre en jaillissements d’or ruisselant à travers le ciel.
Tes paroles alors s’essoreront en chansons de chacun de mes nids d’oiseaux
et tes mélodies éclateront en fleurs sur toutes les charmilles de mes forêts.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Berceuse (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018



    
Berceuse

Si un jour je te perds,
pourras-tu donc dormir
sans qu’au-dessus de toi
— couronne de tilleul —
je m’épande en soupirs ?

Sans que je veille et pose,
pareils à des paupières,
tant de mots sur tes seins,
tes membres et tes lèvres.

Ni sans que je t’enclose
seule avec tes secrets :
jardin plein de mélisse
et d’anis étoilé ?

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Lors, que ne ferait l’étreinte de mes bras ? (Michel-Ange)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



Comme s’éjouit, en liesse, bien tressée
de fleurs, sur le crin d’or d’une, la guirlande,
l’une à l’envi en avant pressant l’autre
pour être la première à baiser son front !

Bien heureuse est tout le jour cette robe
qui étreint son sein, puis semble s’épandre,
et cet or, que l’on appelle or filé,
ses joues et son col se plait à effleurer.

Plus joyeux encor ce ruban qui semble
jouir de sa pointe d’or, de manière
à presser et toucher le sein qu’il enlace.

Et la simple ceinture qui l’entoure
semble se dire : ici je veux serrer toujours.
Lors, que ne ferait l’étreinte de mes bras ?

***

Quanto si gode, lieta e ben contesta
di fior sopr’ a’ crin d’or d’una, grillanda,
che l’altro inanzi l’uno all’altro manda,
come ch’il primo sia a baciar la testa !

Contenta è tutto i1 giorno quella vesta
che serra ‘1 petto e poi par che si spanda,
e quel c’oro filato si domanda
le guanci’e ‘1 collo di toccar non resta.

Ma più lieto quel nastro par che goda,
dorato in punta, con si fatte tempre
the preme e tocca i1 petto ch’egli allaccia.

E la schietta cintura che s’annoda
Ti par dir seco : qui vo’ stringer sempre.
Or che farebbon dunche le mie braccia ?

(Michel-Ange)

Illustration: Guillaume Seignac

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Résurrection (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017




Illustration: Josephine Wall
    
Résurrection

ET je t’aime ! Et voici que s’épand dans mes moelles
Miraculeusement la clarté des étoiles,
Belle que je choisis pour Reine des étoiles !

Me voici revenue à la vie, à l’amour
Qui transfigure en or les choses d’alentour,
Au charme du poème, au rire de l’amour.

Tantôt je m’enfonçais dans l’horreur des ténèbres
Et je portais en moi des visions funèbres
Ah ! l’horreur, ah ! l’horreur tenace des ténèbres !

Mais voici le matin… Nous voici toutes deux
Vivantes… C’en est fait de mes songes hideux.
Comme par le passé, Chère, nous sommes deux.

O bonheur de me voir revenue à la vie !
Car l’aurore s’est faite en mon âme ravie ;
Miraculeusement, je vois rire la vie !…

Voici que l’univers me donne moins d’effroi,
Très chère, puisque enfin me voici près de toi,
Et je n’ai plus d’angoisse et je n’ai plus d’effroi !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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CHANSON DE LA ROSE (Duc de Rosalex)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017




    
CHANSON DE LA ROSE

Elle s’ouvrira la Rose fermée,
Son parfum troublant s’épandra dans l’air,
Sitôt que la nuit chassant le jour clair,
Emplira d’amour l’alcôve fermée !

C’était un bouton tremblant sous le doigt,
Caché sous les brins d’une mousse folle;
C’était un bouton dont l’Amour raffole,
Lui seul doit l’ouvrir du bout de son doigt.

Les oiseaux chanteurs guettant l’aube rose,
Les ruisseaux jaseurs se taisent, pour voir
La métamorphose ; — ils veulent savoir
Comment d’un bouton on fait une Rose !

L’Amour s’est penché sur le frais bouton,
Sa lèvre le baise et son doigt l’effleure !
De l’étroit corset il va tout à l’heure,
Ôter chaque agrafe et chaque bouton !

Puis d’une divine et blanche rosée,
Il va l’inonder amoureusement…
Et le frais bouton va fiévreusement,
Boire, en s’entr’ouvrant, ce flot de rosée !

Et toutes les voix du joyeux matin,
En voyant la fleur fraîche, épanouie,
Diront : « Ta candeur s’est évanouie;
Bouton cette nuit, Rose ce matin !

(Duc de Rosalex)

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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FRAGMENTS (Emily Jane Brontë)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017




    
FRAGMENTS

Seules quelques tiges d’herbe d’un vert brillant
Tremblaient, transparentes, au soleil.

*

C’est tout d’abord un temps de triste rêverie,
Puis un jaillissement de pleurs amers,
Puis un calme lugubre et son mortel brouillard
Qui s’épand sur joies et soucis;

Puis le coeur qui palpite, puis un allégement,
Puis un souffle venu d’en-haut,
Puis une étoile qui s’allume au firmament,
L’étoile, l’étoile éblouissante de l’amour.

***

FRAGMENTS

Only some spires of bright green grass
Transparently in sunshine quivering

And first an hour of mournful musing,
And then a gush of bitter tears,
And then a dreary calm diffusing
Its deadly mist o’er joys and cares;

And then a throb, and then a lightening,
And then a breathing from above,
And then a star in heaven brightening
The star, the glorious star of love.

(Emily Jane Brontë)

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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MON SANG (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2016



MON SANG

Le bouillon de mon sang dans lequel je patauge
Est mon chantre, ma laine, mes femmes.
Il est sans croûte. Il s’enchante, il s’épand.
Il m’emplit de vitres, de granits, de tessons.
Il me déchire. Je vis dans les éclats.

Dans la toux, dans l’atroce, dans la transe
Il construit mes châteaux
Dans des toiles, dans des trames, dans des taches
Il les illumine.

(Henri Michaux)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: Michel Devillers 

 

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Tu es venu un moment auprès de moi (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2016




Tu es venu un moment auprès de moi,
et tu m’as ému par le grand mystère de la femme,
qui palpite au coeur de la création.

C’est elle toujours qui retourne à Dieu le flot de sa douceur;
elle est la beauté toujours fraîche, la jeunesse dans la nature;
elle danse dans les bulles de l’eau, elle chante dans la lumière du matin;

en vagues bondissantes elle apaise la soif de la terre; en elle éclate l’Éternel,
jaillissant en une joie qui ne peut se contraindre plus longtemps
et s’épand dans la douleur de l’amour.

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Claude Hardenne

 

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Aux bords du fleuve lydien (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2015



mais aux bords du fleuve lydien
au dieu tu nais tout boucles et mûres
et crawlant aux voûtes de cristal
tu sors des dieux tel d’entre les ombres

par chaque veine gambade alerte
le dieu Bromios et pampres t’enflamme
toi tu t’épands treille de corymbes
que mainte grive d’absence crible

(Bernard Manciet)

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