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Posts Tagged ‘s’épanouir’

L’infini microcosme (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



    

L’infini microcosme

Nuit et jour infinis dans une effusion du Temps,
Un seul aperçu au milieu,
Une soirée agréable, un courant d’air,
L’ivresse d’union entre obscurité tamisée et lumière :
Juste à son coeur un jasmin simple et minuscule
Un soupçon de parfum avec une goutte de sourire
A peine accessibles ses toutes petites lèvres
Continue à s’épanouir dans la joie
Avant même sa chute dans la joie.
Au fond de cet aperçu l’Infini tout entier
Devient jasmin en lisière d’une forêt.
L’Infini se manifeste au coeur de l’instant.
Au passage du temps se détache la fleur,
L’Infini rentre en lui-même.

***

Infinity, Miniscule

Infinite day and night in an effusion of Time,
Only one glimpse in its midst,
A lovely evening, a breeze,
The drunkenness of union between soft darkness and light:
Right at its core merely a tiny jasmine,
A shade of perfume with a drop of smile
Hardly approachable its tiny lips
Keeps on blossoming out of its joy
Before it falls even out of its joy.
Entire Infinity within that glimpse
Becomes a jasmine by the side of a forest.
Infinity manifests at the heart of the moment.
With the passing of the moment falls the flower,
Infinity returns within itself.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Le courant emporte la lune (l’empereur Yang)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



La rivière de ce soir est lisse et calme,
Les fleurs du printemps s’épanouissent.
Le courant emporte la lune,
La marée ramène les étoiles.

(l’empereur Yang)

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LE FEU DE TA MÉLODIE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019




    
LE FEU DE TA MÉLODIE

Ce feu de mélodie que Tu as allumé dans mon coeur,
Ce feu a tout embrasé, partout.
Les flammes dansent tout en battant la mesure,
De branche en branche, sur des arbres croulants :
Qui appellent-elles dans le ciel
Les mains exaltées ?
Ébahies, les étoiles dévisagent le noir,
Affolé, un vent surgit d’on ne sait où,
Immaculé, au plus profond de la nuit
S’épanouit ce lotus d’or :
Personne ne peut sonder le sortilège de cette flamme.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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TON FEU QUI TRANSFORME (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019




    
TON FEU QUI TRANSFORME

Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale,
Sanctifie cette vie en la consumant dans Ton feu.
Soulève mon corps afin de le convertir
En une lampe de Ton tabernacle,
Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale.

Que Tes caresses dans le noir, de membre en membre,
Fassent s’épanouir toute la nuit de nouvelles étoiles.
Les traces d’ombre disparaîtront des regards, mes yeux
Ne percevront que Ta lumière de tous côtés.
Toute ma souffrance s’embrasera vers le haut.
Effleure mon coeur avec la flamme de la pierre philosophale.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Printemps (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Printemps

Je te donne ce coin fleuri,
Ces arbres légers, cette brume
Et Paris au loin, qui s’allume
Sous ces nuages blancs et gris.

mais tu t’en moques. Tu préfères,
À ce soyeux et lent décor,
La bouche avide qui te mord
Et l’étreinte qui t’exaspère.

Cette nuit, l’odeur des lilas
Charge la brise et ta jeunesse
S’épanouit sous la caresse
De ma bouche experte et des doigts

(Francis Carco)

Illustration: Joseph Matar

 

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La chanson des nénuphars (Wang Changling)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Illustration: Toyohara Chikanobu
    
La chanson des nénuphars

Les feuilles des nénuphars et les jupes de gaze légère sont teintes de la même couleur ;
Sur les fleurs des nénuphars et sur de riants visages, c’est le même rose qui s’épanouit.
Les feuilles et la gaze, les fleurs et les visages s’entremêlent au milieu du lac ; l’œil ne saurait les distinguer.
Tout à coup l’on entend chanter ; alors seulement on reconnaît qu’il se trouve là des jeunes filles.
Jadis les charmantes filles de Ou, et les beautés de Youe, et les favorites du roi de Thsou
Se jouèrent ainsi parmi les nénuphars, cueillant des fleurs et mouillant gaiement leurs gracieux vêtements.
Quand les jeunes filles arrivent à l’entrée du lac, les fleurs lèvent la tête, comme pour recevoir des compagnes,
Et quand elles s’en retournent, en suivant le cours du fleuve, la blanche lune les reconduit.

(Wang Changling)

 

 

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Ne vous tenez pas devant ma tombe en pleurant (Mary Elizabeth Frye)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



do-not-stand-poem

Ne vous tenez pas devant ma tombe en pleurant.
Je n’y suis pas, je ne dors pas.
Je souffle dans le ciel tel un millier de vents,
Je suis l’éclat du diamant sur la neige,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis les champs de blé.
Je suis le silence du matin,
Je suis dans la course gracieuse
Des magnifiques oiseaux qui volent,
Je suis l’éclat des étoiles dans la nuit.
Je suis dans chaque fleur qui s’épanouit,
Je suis dans une pièce tranquille.
Je suis dans chaque oiseau qui chante,
Je suis dans chaque belle chose.
Ne vous tenez pas devant ma tombe en pleurant,
Je n’y suis pas. Je vis encore.

***

Do not stand at my grave and weep
I am not there; I do not sleep.
I am a thousand winds that blow,
I am the diamond glints on snow,
I am the sun on ripened grain,
I am the gentle autumn rain.
When you awaken in the morning’s hush
I am the swift uplifting rush
Of quiet birds in circled flight.
I am the soft stars that shine at night.
Do not stand at my grave and cry,
I am not there; I did not die.

(Mary Elizabeth Frye)

 

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Chant Alterné (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



Chant Alterné

I
Éros aux traits aigus, d’une atteinte assurée,
Dés le berceau récent m’a blessée en ses jeux;
Et depuis, le désir, cette flèche dorée,
Étincelle et frémit dans mon coeur orageux.

II
Les roses de Sâron, le muguet des collines,
N’ont jamais de mon front couronné la pâleur;
Mais j’ai la tige d’or et les odeurs divines
Et le mystique éclat de l’éternelle Fleur.

I
Plus belle qu’Artémis aux forêts d’Ortygie,
Rejetant le cothurne en dansant dénoué,
Sur les monts florissants de la sainte Phrygie
J’ai bu les vins sacrés en chantant Évohé !

II
Un esprit lumineux m’a saluée en reine.
Pâle comme le lys â l’abri du soleil,
Je parfume les coeurs; et la vierge sereine
Se voile de mon ombre à l’heure du sommeil.

Dans l’Attique sacrée aux sonores rivages,
Aux bords Ioniens où rit la volupté,
J’ai vu s’épanouir sur mes traces volages
Ta fleur étincelante et féconde, ô Beauté!

II
Les sages hésitaient ; l’âme fermait son aile ;
L’homme disait au ciel un triste et morne adieu :
rai fait germer en lui l’Espérance éternelle,
Et j’ai guidé la terre au-devant de son Dieu !

I
O coupe aux flots de miel oit s’abreuvait la terre,
Volupté ! Monde heureux plein de chants immortels !
Ta fille bien aimée, errante et solitaire,
Voit l’herbe de l’oubli croître sur ses autels.

II
Amour, amour sans tache, impérissable flamme !
L’homme a fermé son coeur, le monde est orphelin.
Ne renaitras-tu pas dans la nuit de son âme,
Aurore du seul jour qui n’ait pas de déclin?

(Leconte de Lisle)

 

 

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Romance (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Sonia Mandel   Une_Hirondelle_chez_Vous_40_x_40_5103

Romance

Quand vous me montrez une rose
Qui s’épanouit sous l’azur,
Pourquoi suis-je alors plus morose ?
Quand vous me montrez une rose,
C’est que je pense à son front pur.

Quand vous me montrez une étoile,
Pourquoi les pleurs, comme un brouillard,
Sur mes yeux jettent-ils leur voile ?
Quand vous me montrez une étoile,
C’est que je pense à son regard.

Quand vous me montrez l’hirondelle
Qui part jusqu’au prochain avril,
Pourquoi mon âme se meurt-elle
Quand vous me montrez l’hirondelle,
C’est que je pense à mon exil.

(François Coppée)

Illustration: Sonia Mandel

 

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Voici les heures où je me trouve (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018



    
Voici les heures où je me trouve.
Vagues obscures, les prés voguent au vent,
l’écorce des bouleaux chatoie.
le soir bientôt les enveloppe.

Et je grandis en son silence et je voudrais
m’épanouir en de multiples branches
pour m’intégrer à toutes
en l’harmonie réalisée…

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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