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Poésie

Posts Tagged ‘séparation’

Moineau derrière la vitre (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
Moineau derrière la vitre
me voilà, picorant la couenne
auprès d’un vieil homme et
sa boite à biscuits
égrenant le temps
déversant des souvenirs
embués par une larme mais
limpides dans l’esprit
feu attisé
rideaux tirés
la séparation est toujours proche

***

a sparrow at the windowpane
I am, picking at the rind
with an old man by a biscuit tin
ticking away the time,
drinking out the memories
faded with a tear yet
crystal clear in the mind;
eking out the coal fire
curtain hours
with distance evernear

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

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SÉPARATION (C. Hsing-Ling)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



papillon

SÉPARATION

J’écoute le tac-tac de la pluie, hors la gaze de la fenêtre.
Et, par ces tristes pensées d’amour, je crois que c’est le bruit de mes larmes.

Seul, en face d’une petite lampe, je passe cette nuit douloureuse.
Un ressentiment m’oppresse ; la joue contre l’oreiller, je ne peux pas rêver.

La brume froide du matin, voile à demi les plus hauts étages d’une maison… et, c’est là !…
Mais celle qui paraîtra, désormais, à la fenêtre, n’est plus la même…

Que puis-je faire de mon âme, à présent ?
Ah ! qu’elle s’envole, comme un papillon, pour suivre l’absente,
et palpiter, sans cesse contre la soie de sa jupe !…

(C. Hsing-Ling)

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Pas de partage (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017



Illustration
    
Pas de partage entre toi et moi
Mais pas de séparation non plus — pareils
À éclair et nuage: pas d’union ni d’association
De quel sang nos corps
Témoignent
Quand le lieu devient temps
Dans la tradition de nos organes
Et que le temps devient lieu?

(Adonis)

 

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La nuit pose ses lacs (Elisabeth Racine)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    

La nuit pose ses lacs

Toute la nuit, j’écoute le silence qui m’appelle.
La lune qui se cache,
La lune absente
N’est pas plus noire
Que tes cheveux.
Le silence n’est pas plus sombre.

Tu es la source invisible,
Le lieu même de la nuit.
En toi, elle a contemplé son visage
Et s’est aimée.

Toute la nuit, j’écoute ton appel,
J’écoute l’appel de la nuit.
A l’aube, je suis morte.
Dès la matin qui nous sépare
J’attends la nuit.

Etrange et sans merci,
C’est toi l’abence originaire
Dont tant, comme moi, sont épris
Et à jamais meurtris.

*

Dans le ciel obscur elle se mire,
étoile vespérale, étoile du matin.
Comme toi son propre reflet.

Tu es le même et l’autre,
Le tourment créateur
Né de la paix du songe,
La passion pour le jour
Que la nuit seule éprouve.

Le nuit pose ses lacs
Et jette ses filets,
Lentement les ramène.

Du Nord vient l’oubliance
Et du Sud le tourment :
Auprès du Sagittaire
Ils s’étreignent.

A l’aube, ils sont captifs.

*

Puisque tout a été nommé
mesure et démesure,
lumière et nuit,
deux voix s’opposent et se fondent dans la plus grande union et la plus grande séparation.

Pour elles brille dès le soir,
pour elles s’attarde l’étoile double et singulière que la nuit s’efforce
de ramener au jour et le jour renvoie à la nuit, visage défendu, chant perdu.

Plus loin que la flamme en sa source mystérieuse, vers la
demeure invisitée tu me portes. Splendeur nocturne de ton regard
cherchant son reflet lumineux…

Dans l’échange contenu de nos regards
Réside mon désir.
Dans la nuit sans miroir, la nuit incessante
Il s’accomplit,
Demeuré désir.

Vers la demeure invisitée
Tu me portes,
En toi réside mon désir.

(Elisabeth Racine)

 

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Passé ou futur ? (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Salvador Dali
    
Passé ou futur ? —
le désir connaît
son unique nature, sa
double source
dont l’une plus que l’autre
creusée dans le roc
de la séparation
et triste…
et toi maintenant rempli
d’un manque irrémédiable
vaincu par lui
tu délires : si tu pouvais
dans l’abject labyrinthe
retrouver
le chemin de notre maison —
mais quelle maison était la nôtre ?
ce n’était pas la demeure promise,
c’était comme les autres
une tente instable
plantée dans le désert
pendant l’exode
mais avec beaucoup d’amour
Ce ne peut être là,
beaucoup de larmes.
mon fils, le lieu
de la nouvelle rencontre,
ce n’est pas là
que le désir consomme
sa propre mort —
mort du désir par suprême exaucement,
et tu le sais depuis longtemps.
Et tu connais le « lieu ». C’est vrai,
tu ne le nommes pas, pourtant tu ne l’oublies pas.
Tu ne l’oublies pas.

***

Passato o futuro ? —
conosce il desiderio
la sua unica natura, la sua
doppia fonte,
ma una più dell’altra
incavata nella roccia
della separazione
e triste…
e tu ora ripieno
di una incolmabile mancanza
da essa vinto
farnetichi : potessi
nel turpe labirinto
ritrovare
la strada di casa nostra —
Non plu’) essere quello,
figlio, il luogo
ma che casa era la nostra ?
non era la promessa abitazione,
era come le altre
una tenda poco ferma
piantata nel deserto
durante l’esodo
se non che con moho aurore
con molte lacrime.
del nuovo incontro,
non è li.
che consuma il desiderio
la propria morte —
morte del desiderio per supremo esaudimento,
e lo sai da tempo.
E conosci il « dove ». È vero,
non lo nomini, pero non lo dimentichi.
Non lo dimentichi.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Séparation (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




Séparation

Devant moi le chemin
En pente douce dans le soir.
Hier encore, épris,
Il disait: «ne m’oublie pas».

Aujourd’hui il y a le vent,
Et les cris des bergers,
Et des cèdres tourmentés
Près des sources pures.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Patricia Blondel

 

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Un bateau peut être mis à l’abri (Chang-Tzu)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017




    
Un bateau peut être mis à l’abri dans une crique ;
une nasse mise à l’abri dans un lac,
mais à minuit un homme robuste peut venir et les emporter.

L’ignorant ne sait pas que
quels que soient les lieux où vous mettez un objet à l’abri,
les plus petits dans les plus grands,
ce que vous avez caché peut disparaître et vous être enlevé.

Mais si vous cachez l’univers dans l’univers,
ce qui vous était précieux ne risque pas de vous être enlevé,
et ce que vous possédez est à vous pour toujours.

Donc, le sage sait que la séparation n’est pas possible
et que ce qui est perdu n’est pas vraiment perdu.

(Chang-Tzu)

 

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Et il en a toujours été ainsi de l’amour (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



    

Et il en a toujours été ainsi de l’amour,
il ne connaît sa véritable profondeur
qu’à l’instant de la séparation.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le Prophète

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Écoute la flûte de roseau se plaindre (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017



Illustration
    
Écoute la flûte de roseau se plaindre
et discourir de la séparation :

Depuis que l’on m’a coupé de la roselière,
à travers mes cris hommes et femmes se sont plaints

Je veux un cœur déchiré par la séparation
pour y verser la douleur du désir.

Quiconque demeure loin de sa source
aspire à l’instant où il lui sera à nouveau uni.

Moi, je me plains en toute compagnie,
je me suis associé à ceux qui se réjouissent comme à ceux qui pleurent

Chacun m’a compris selon ses propres sentiments,
mais nul n’a cherché à connaître mes secrets.

Mon secret pourtant n’est pas loin de ma plainte,
mais l’oreille et l’œil ne savent le percevoir.

Le corps n’est pas voilé à l’âme, ni l’âme au corps,
cependant nul ne peut voir l’âme.

Le son de la flûte est du feu et non du vent :
que s’anéantisse celui à qui manque cette flamme.

C’est le feu de l’amour qui est dans le roseau,
c’est l’ardeur de l’amour qui fait bouillonner le vin.

La flûte est la confidente de celui qui est séparé de son ami :
ses accents déchirent nos voiles.

Qui vit jamais un poison et un antidote comme la flûte ?
Qui vit jamais un consolateur et un amoureux comme la flûte ?

La flûte parle de la Voie ensanglantée de l’Amour,
elle rappelle l’histoire de la passion de Majnun.

À celui-là seul qui a renoncé au sens est confié ce sens :
la langue n’a d’autre client que l’oreille.

(Mawlana Rûmî)

 

 

Recueil: La Quête de l’Absol
Traduction: Eva de Vitray-Meyerovitch
Editions: Du Rocher

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À A… (René Char)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017




À A…

Tu es mon amour depuis tant d’années,
Mon vertige devant tant d’attente,
Que rien ne peut vieillir, froidir ;
Même ce qui attendait notre mort,
Ou lentement sut nous combattre,
Même ce qui nous est étranger,
Et mes éclipses et mes retours.

Fermée comme un volet de buis,
Une extrême chance compacte
Est notre chaîne de montagnes,
Notre comprimante splendeur.

Je dis chance, ô ma martelée ;
Chacun de nous peut recevoir
La part de mystère de l’autre
Sans en répandre le secret ;
Et la douleur qui vient d’ailleurs
Trouve enfin sa séparation
Dans la chair de notre unité,
Trouve enfin sa route solaire
Au centre de notre nuée
Qu’elle déchire et recommence.

Je dis chance comme je le sens.
Tu as élevé le sommet
Que devra franchir mon attente
Quand demain disparaîtra.

(René Char)

 

 

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