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Poésie

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Nous ne sommes séparés de la vie éternelle (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022



Nous ne sommes séparés de la vie éternelle
que par une cloison plus fine
que le rideau mouvant des branches du saule pleureur.

(Christian Bobin)

Illustration: Claude Monet

 

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L’Homme au Trèfle (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2021




L’Homme au Trèfle

Pour être vous,
Pour être vous tous,
Je me suis séparé de vous tous.

Très seul, secret, sans bruit j’ai cueilli dans les landes
Un trèfle tout tremblant d’une haleine de cheval
J’ai pris ce seul ami
Pour m’avancer jusqu’au coeur des hommes mes frères
Et ne les toucher que d’une nourrissante plante.

(Armand Robin)

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Je sens la peau de l’air (André du Bouchet)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2021


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Je sens la peau de l’air,
et pourtant
nous demeurons séparés

(André du Bouchet)

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A TIRE-D’AILE (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



A TIRE-D’AILE

Comme la première hirondelle
J’ai pris le chemin de l’azur,
Je volerai de l’aube au crépuscule,
La nuit ne sera qu’un repos,

Pour repartir avec le premier cri du jour
Suivi de la première hirondelle
A jamais éveillé et plus près du soleil
Que de la terre, à tire-d’aile.

*

Matin midi et même soir
L’oeil ouvert à rompre son orbite
Cherche au large du ciel sans limites
Le chemin d’un énorme savoir.

La fleur ouverte sur sa tige
Inondée de lumière mais jamais
Satisfaite en oublie ses racines,
Sans avoir vu se flétrit au sommet.

L’eau des rivières et des fleuves
Se précipite vers la mer
Dans le grand large sans fond ni rives
Où sa hâte d’exil ne trouve que désert.

Mon oeil voyant fait de deux yeux qui se résorbent
Dans le cercle élargi de l’unité sans bords,
Va ton chemin de soir de minuit et d’aurore
Astre qui ne connais ni le Sud ni le Nord,

Vers ce là-bas que rien n’indique ni ne signe
Grand ouvert et tout plein de l’obscure clarté
Des désirs accomplis et des pensées insignes
Là où jamais les yeux séparés n’ont été.

(Franz Hellens)

Illustration

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Le Vent (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

Le Vent

Vent touche nos corps
Nos corps séparés, individuels;
Vent touche nos corps
Mais souffle vite
A travers les peaux jaunes,
blanches, rouges
De nos corps
Au terrible grognement de hargne
Pas le mien,
Pas le tien,
Pas le sien,
Mais un unique grognement de toutes les âmes,
Vent, souffle vite!
Avant que fuyant,
Nous rentrions dans l’absence de vent…
Avec nos corps…
Dans l’absence de vent
De notre maison à Taos.

***

Wind

Touch our bodies, wind.
Our bodies are separate, individual things.
Touch our bodies, wind,
But blow quickly
Through the red, white, yellow skins
Of our bodies
To the terrible snarl,
Not mine,
Not yours,
Not hers,
But all one snarl of souls.
Blow quickly, wind,
Before we run back
Into the windlessness—
With our bodies—
Into the windlessness
Of our house in Taos.

(Langston Hughes)

Illustration

 

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Il devrait n’être point de désespoir pour toi (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2020



 

 

Il devrait n’être point de désespoir pour toi
Tant que brûlent la nuit les étoiles,
Tant que le soir répand sa rosée silencieuse,
Que le soleil dore le matin.

Il devrait n’être point de désespoir, même si les larmes
Ruissellent comme une rivière :
Les plus chère de tes années ne sont-elles pas
Autour de ton cœur à jamais ?

Ceux-ci pleures, tu pleures, il doit en être ainsi ;
Les vents soupirent comme tu soupires,
Et l’Hiver en flocons déverse son chagrin
Là où gisent les feuilles d’automne

Pourtant elles revivent, et de leur sort ton sort
Ne saurait être séparé :
Poursuis donc ton voyage, sinon ravi de joie,
Du moins jamais le cœur brisé.

***

There should be no despair for you
While nightly stars are burning —
While evening sheds its silent dew
Or sunshine gilds the morning —

There should be no despair — though tears
May flow down like a river —
Are not the best beloved of years
Around your heart forever ?

They weep — you weep — It must be so —
Winds sigh as you are sighing,
And winter pours its grief in snow
Where autumn’s leaves are lying

Yet they revive — and from their fate
Your fate can not be parted
Then man journey onward not elate
But never brokenhearted —

(Emily Brontë)

 

 

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Le fossé (Nisargadatta Maharaj)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019




C’est en vous imaginant séparé que vous avez créé le fossé.
Vous n avez pas à le traverser.
Il vous suffit de ne pas le créer.

(Nisargadatta Maharaj)

Illustration: Gilbert Garcin

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C’est dans la musique seule (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



 

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C’est dans la musique seule que se manifeste ce phénomène extraordinaire :
que la loi, qui en tout autre domaine ordonne,
se trouve ici suppliante, disponible, infiniment dépendante de nous.
Derrière cet écran de sons, le Tout s’approche,
— nous sommes d’un côté, et, de l’autre, —
séparé de nous par rien qu’un peu d’air mouvant, animé par nous, —
vibre l’inclinaison de l’étoile.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Chelin Sanjuan

 

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AU COEUR BRISE (Wang Jian)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



AU COEUR BRISE

Oh ! Les saules pleureurs
Oh ! Les saules pleureurs
Seuls au crépuscule
Gémissent à l’embarcadère
Debout sur le bateau perdu
dans le cours d’eau qui s’étend à perte de vue
La jeune femme du commerçant pleure
Au coeur brisé
Aux entrailles percées
Deux francolins s’envolent séparés
dans l’obscurité

(Wang Jian)

 

 

 

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Ma morte vivante (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



Ma morte vivante

Dans mon chagrin, rien n’est en mouvement
J’attends, personne ne viendra
Ni de jour, ni de nuit
Ni jamais plus de ce qui fut moi-même

Mes yeux se sont séparés de tes yeux
Ils perdent leur confiance, ils perdent leur lumière
Ma bouche s’est séparée de ta bouche
Ma bouche s’est séparée du plaisir
Et du sens de l’amour, et du sens de la vie
Mes mains se sont séparées de tes mains
Mes mains laissent tout échapper
Mes pieds se sont séparés de tes pieds
Ils n’avanceront plus, il n’y a plus de route
Ils ne connaîtront plus mon poids, ni le repos

Il m’est donné de voir ma vie finir
Avec la tienne
Ma vie en ton pouvoir
Que j’ai crue infinie

Et l’avenir mon seul espoir c’est mon tombeau
Pareil au tien cerné d’un monde indifférent
J’étais si près de toi que j’ai froid près des autres.

(Paul Eluard)

Illustration: Ernest Biéler

 

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