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Poésie

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Et le temps sera bu sera lu (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018




    
Et le temps sera bu sera lu
Jusqu’à la lie jusqu’à la
Peine qui nous fut si perfide infligée.
Quel sort sur nous dans l’enfance et
La parole ou son manque? Quel piège?
Maigre joie pour un tourment bien grand,
Douleur liée à l’élan même du bonheur.
Qui alors saurait ne pas faillir? Qui?
À la fois l’un à l’autre enchaînés
Et d’invisible abîme séparés, tel aura été
En fin du conte le proverbe amer.
Nous n’aurons pas su te faire nôtre
Amour qui ne cessas de nous hanter.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’écorce et le destin (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018



Illustration: Nina Bidault
    
L’écorce et le destin

Par nos yeux
Par notre seule bouche
Par nos deux mains
Et par l’unique cœur

Au nom de cette naissance
Qui nous convie
Au nom de cette mort
Qui nous contraint
Au nom du premier cri
Et du dernier déclin

Par ce bref passage
Dans les couloirs du temps
Par l’obscur qui nous mine
Par ce feu qui nous anime

Nous sommes tous
Du même cortège
Séparés par l’écorce
Soumis aux mêmes pièges
Reliés par le destin.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ma main d’avoir touché ton corps (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017




    
Ma main d’avoir touché ton corps
saura-t-elle mieux écrire.

Les mêmes heures
sonnent dans le même air
et de nouveau nous voici séparés
par elles et par lui.

Mais le souvenir de ton approche
est une encre nouvelle
à laquelle sans cesse je reviendrai
afin d’étendre devant moi
une autre lumière et une autre ombre.

Mais mon désir de toi
est une nébuleuse
où je trie déjà des étoiles neuves.

Mais la promesse de ton corps
me crucifie avant de me fleurir
et c’est avec ton léger fantôme
que je couche ici déjà
de plume et de pensée.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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IL DEVRAIT N’ÊTRE POINT DE DÉSESPOIR POUR TOI (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
IL DEVRAIT N’ÊTRE POINT DE DÉSESPOIR POUR TOI

Il devrait n’être point de désespoir pour toi
Tant que brûlent la nuit les étoiles,
Tant que le soir répand sa rosée silencieuse,
Que le soleil dore le matin.

Il devrait n’être point de désespoir, même si les larmes
Ruissellent comme une rivière :
Les plus chères de tes années sont-elles pas
Autour de ton coeur à jamais?

Ceux-ci pleurent, tu pleures, il doit en être ainsi;
Les vents soupirent comme tu soupires,
Et l’Hiver en flocons déverse son chagrin
Là où gisent les feuilles d’automne.

Pourtant elles revivent, et de leur sort ton sort
Ne saurait être séparé :
Poursuis donc ton voyage, sinon ravi de joie,
Du moins jamais le coeur brisé.

***

THERE SHOULD BE NO DESPAIR FOR YOU

There should be no despair for you
While nightly stars are burning,
While evening sheds its silent dew,
Or sunshine gilds the morning.

There should be no despair, though tears
May flow down like a river:
Are not the best beloved of years
Around your heart forever?

They weep — you weep — it must be so;
Winds sigh as you are sighing;
And Winter pours its grief in snow
Where Autumn’s leaves are lying.

Yet they revive, and from their fate
Your fate cannot be parted,
Then journey onward, not elate,
But never broken-hearted.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Confiance (Ida Faubert)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



 

Asit Kumar Patnaik 1968 - Indian painter

Confiance

Ils s’aiment en silence, et leur coeur se consume;
En attendant toujours l’instant qui doit venir.
Ils souffrent, mais pourtant ils n’ont pas d’amertume,
Ils savent que demain leur tourment va finir.

Ils savent que demain les Heures merveilleuses
Viendront sonner pour eux la fête de l’Amour
Et qu’Elles souriront aux belles amoureuses
Qui pleurent dans la nuit en espérant le jour.

Et dans le soir, fiévreusement, leurs bras se tendent
Bien qu’ils soient séparés, ils se parlent tout bas.
Ils disent doucement que leurs âmes s’attendent,
Et qu’il est des amours que l’on ne détruit pas.

(Ida Faubert)

Illustration: Asit Kumar Patnaik

 

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C’est que ce geste (Cédric Le Penven)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
C’est que ce geste
main posée
contre écorce
est devenu
main posée
sur le ventre
de ma femme enceinte
et que le trouble
est si grand
que la bouche pourrait
demeurer coite

***

pour être bien sûr
qu’il est là avec nous
séparé simplement
par une paroi de peau
de muscles
qui laisse passer les voix
notre amour

Recueil: Variations autour d’un geste – 2
Editions: Encres Vives

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LA BARQUE (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Natacha Mondon
    
LA BARQUE

TOCCATA

Voici avril, l’ennui
des ciels d’eau de poussière,
le calme du store
à la fenêtre, une touche
de vent, une blessure ;
cette présence de la vie, séparée,
dans le vide des portes
dans les minces fleuves de cendre
dans ton pas que répètent les voûtes.

***

LA BARCA

TOCCATA

Ecco aprile, la noia
dei cieli d’acqua di polvere,
la quiete della stuoia
alla finestra, un tocco
di vento, una ferita ;
questa aliena presenza della vita
nel vano delle porte
nei Fiumi tenui di cenere
nel tuo passo echeggiato dalle volte.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Aux commencements de l’univers (Amin Maalouf)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017




    
Aux commencements de l’univers, deux mondes existaient,
séparés l’un de l’autre :
le monde de la Lumière et celui des Ténèbres.
Dans les Jardins de Lumières étaient toutes les choses désirables,
dans les Ténèbres résidait le désir,
un désir puissant, impérieux, rugissant.

Et soudain à la frontière des deux mondes un choc se produisit,
le plus violent et le plus terrifiant que l’univers ait connu.
Les particules de Lumières se sont alors mêlées aux ténèbres,
de mille façons différentes,
et c’est ainsi que sont apparus toutes les créatures,
les corps célestes et les eaux, et la nature et l’homme…

(Amin Maalouf)

 

Recueil: Les Jardins de lumière
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Chaque vie scellée par le silence (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration: Alfred Kubin     
    
Chaque vie scellée par le silence se perd
dans l’espace clignotant de jours et de nuits
et c’est au moment de la mort qu’elle apprend
que les siècles ont le battement de la mer.

C’est le pas cadencé sur la dalle éternelle,
c’est le cri sans écho qui tournoie dans la nuit
comme un peu de foudre, c’est le cri sur lequel
se ferme pour toujours la bouche de l’homme.

Pars vite. Tu ne peux déjà plus me rejoindre.
L’amour est un peu de soleil sur un naufrage.
Séparée de moi par des plaines de retard,
tu ne coïncides pas avec ma minute éternelle.

Et pourtant la joie de vivre se fait femme
au seuil des portes trop hautes du jour
où les hommes se lavent à grand soleil
avec l’ombre rejetée d’un coup derrière eux.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Entre les villages (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Entre les villages séparés par le silence,
les chaumes se tendent comme des oiseaux
aux aguets et l’on entend parfois le bruit
que fait une feuille pour rentrer dans la terre.

Il y a tant de litres de clarté jamais bus
jamais vides de leur éclatement facile
que la terre reste blanche comme les routes
dont la poussière cache un peu de soleil.

Le ciel trop haut n’a pas retenu ton regard
la terre n’a pas gardé ton pas sur les chemins
Il reste un peu de buée sur la tête trop claire,
un peu de tendresse mal assemblée dans la main.

Tu as vécu jusqu’au dernier papier de peau
jusqu’à la dernière goutte de regard.
Pas une femme ne se souvient de ta vie
comme la terre se souvient des étoiles.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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