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Poésie

Posts Tagged ‘séparer’

Machine inutile (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2021



 

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Machine inutile
Il n’y a pas de paradis
Je ne peux entendre la musique de l’être.
Je n’ai reçu le pouvoir de l’imaginer.
Mon amour s’alimente à un non-amour.
Je n’avance qu’attisé par son refus.
Il m’emporte dans ses grands bras de rien.
Son silence me sépare de la vie.

Être sereinement brûlant que j’assiège.
Quand enfin je vais l’atteindre dans les yeux,
sa flamme a déjà creusé les miens, m’a fait des cendres.
Qu’importe après, le murmure misérable du poème.
C’est néant cela, non le paradis.

(André Frénaud)

 

 

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Je ne peux entendre la musique de l’être (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2021



 

Duy Huynh -   (4)

Je ne peux entendre la musique de l’être
Je n’ai reçu le pouvoir de l’imaginer
Mon amour s’alimente à un non-amour
Je n’avance qu’attisé par son refus
Il m’emporte dans ses grands bras de rien
Son silence me sépare de ma vie

(André Frénaud)

Illustration: Duy Huynh

 

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Tu es plaisir (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2021




    
Tu es plaisir, avec chaque vague séparée de ses suivantes.
Enfin toutes à la fois chargent.
C’est la mer qui se fonde, qui s’invente.
Tu es plaisir, corail de spasmes.

(René Char)

 

Recueil:Lettera amorosa
Traduction:
Editions: Gallimard

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Garde les yeux ouverts (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



Garde les yeux ouverts
Sur la moisson traversée

Recule les frontières de ton jardin
Laisse les eaux se perdre
Et les coeurs s’absenter

Si les jours égrènent ce qui sépare
Il te reste ce qui est.

(Andrée Chedid)

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La moisson traversée (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



La moisson traversée

Garde les yeux ouverts
Sur la moisson traversée

Recule les frontières de ton jardin
Laisse les eaux se perdre
Et les cœurs s’absenter

Si les jours égrènent ce qui sépare
Il te reste ce qui est.

(Andrée Chedid)


Illustration

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Mère et enfant réfugiés (Chinua Achebe)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021




    
Mère et enfant réfugiés

Nulle Vierge à l’Enfant ne pourrait se mesurer
à cette image de la tendresse maternelle
pour un fils qu’elle devrait bientôt oublier.
L’air était lourd d’odeurs

de diarrhée d’enfants non lavés
aux côtes délavées et aux derrières
décharnés qui avancent d’un pas laborieux
traînés par des ventres vides et gonflés. Tant
de mères avaient cessé depuis longtemps
de prodiguer leurs soins, mais pas celle-ci; elle arborait
un sourire fantôme entre ses dents
et dans ses yeux le fantôme de l’orgueil
d’une mère tandis qu’elle peignait telle la touffe de cheveux
couleur rouille qui restait sur son crâne et puis –

dans ses yeux un chant – elle a commencé à les
séparer avec soin… Dans une autre vie ça
aurait été un peu banal
un acte sans conséquence avant son
petit-déjeuner et l’école; mais en cet instant

son geste était de fleurir
une tombe minuscule

(Chinua Achebe)

Traduit de l’anglais par Frieda Ekotto, &ware Sou! Brother, Heinemann, 1971.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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ET T’EN ALLANT TU VIENS (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021




    ET T’EN ALLANT TU VIENS

À présent tu le sais : les montagnes ne peuvent
nous séparer. Et t’en allant tu viens.
Et m’en allant je viens. Il n’y a pas d’espace
hors du nôtre. Le vent est
le toucher de nos mains.
En voyage,
toi vers le nord, moi vers le sud,
regardant le soleil, chacun a
l’autre à ses cotés.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: Mon soleil
Traduction: Traduit du grec par Ioannis Dimitriadis
Editions: ainigma.net

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Banc et branche (Stéphane Bernard)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2021




Illustration: ArbreaPhotos

    
Banc et branche

Des volumes de sang ou de sève,
horizontaux ou dressés,
tournoient, nagent, croissent,
sont secoués,
se taisent, chantent ou bruissent.
Des ondes froissent et se froissent.

Dehors est ce bloc de vies
dans quoi les deux nôtres figées on pris.
Face à face, œil contre œil,
un courant nous sépare.

Héron, n’être qu’instinct, comment est-ce ?
Vaut-il mieux être un homme ?
L’intelligence est un leurre.
Nous ne pouvons rien saisir,
pas de message,
n’avons rien à transmettre qu’un cri.

(Stéphane Bernard)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Combattant varié
Traduction:
Editions: Aux Cailloux des Chemins

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Omniprésence (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2021




    
Omniprésence

Il est en moi, autour de moi, faisant face de tous côtés.
Emmuré dans l’ego pour exclure Son droit
je me tiens sur ses bornes et plonge mon regard
jusqu’aux frontières de l’Infini.

Chaque chose finie que je vois est une façade ;
de ses fenêtres m’observe l’Illimitable.
En vain d’un corps séparé fut faite ma prison ;
Sa présence occulte brûle en chaque cellule.

Il est devenu ma substance et mon souffle,
Il est mon angoisse et mon extase,
ma naissance est le signe de Son éternité,
ma mort un passage vers Son immortalité.

Mes abîmes muets sont Sa secrète demeure ;
dans la chambre de mon coeur vit le Dieu inadoré.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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UN DUO (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2021



Illustration: Giorgio de Chirico
    
UN DUO
(Le duo)

Un couple de mannequins en bois utilisé dans les ateliers de sculpture :
habitants typiques du monde chiriquien.
Qu’attendre des amours d’un tel couple
si ce n’est un rituel d’insectes rigides, une pariade de robots ?

— Étant sans bras pour nous étreindre, rien ne pourra nous séparer.
— Étant sans sexe pour aimer, rien ne pourra nous désunir.
— Sans yeux et sans nez, mon visage. je suis une élégie de cire.
— Sans front; sans bouche, mon partage. je suis un brouillon de sourire.
— Mannequins au torse d’absence ?
— Simulacres que l’éther encense ?
— Appelants du plus grand silence ?
— Aubiers d’être enfantés du tremble ?

Le savez-vous qu’ainsi livrés à la rigidité dorienne des momies,
vous êtes entrelacés à l’énigme du monde?
Le savez-vous qu’en cette terrasse ensoleillée
s’ébauche en vous une théologie des automates ?

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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