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Poésie

Posts Tagged ‘séparer’

Sur ton corps lisse de caillou (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2020



Illustration: Egon Schiele
    
Sur ton corps lisse de caillou
mes mains vont, forêts en liberté,
comme vers des sommets d’où je retombe,
source altérée de soleil.

Ton cœur est si proche de mon cœur
que nos artères se mêlent les unes aux autres
et ne retrouvent plus à nos fronts qu’une seule tempe
pour faire battre l’espace.

Bateau venu de la haute mer,
je vais très loin au fond de tes plages
et je me renverse dans les fougères
qui naissent de ton corps entr’ouvert.

Lorsque nous n’avons plus pour respirer
que l’air écrasé dans nos baisers,
le jour qui nous sépare a beau faire,
il n’arrive pas à être aussi nu que toi.

(Lucien Becker)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Rien que l’amour
Traduction:
Editions: La Table ronde

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Au soleil du matin (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
Au soleil du matin
les glaçons du toit fondent
pourquoi ma glace intime
ne peut les imiter ?

Les nuits sans vous
l’une après l’autre
cette nuit les habits
nous séparent encore

Quel fardeau traînons-nous
d’une vie antérieure
pour être condamnés
à cette solitude ?

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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ÉTRANGERS (Many-Leib)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration: Wilhelm Hammershoi
    
ÉTRANGERS

Voilà, comme un enfant, qu’il tombe sur son coeur,
Solitude et douleur – et de ses yeux l’implore,
Et son sang assoiffé boit comme d’une amphore
À ses deux sources d’or la vivante liqueur,

Et sa saveur de lait – puis, poignard, il se tend
Pour ouvrir son doux corps, le fendre comme foudre,
S’éteindre dans sa sève en cendres, se dissoudre
En elle, au séminal abîme se jetant.

Ils sont assis avec les étoiles, le soir
À table. Tous les deux partagent le pain noir
Et le couteau entre eux sur la table s’étale.

Mais l’un l’autre étrangers se dérobent leurs yeux
Comme si le couteau, coupant en deux leur noeud,
Les avait séparés tels les bords de la table.

(Many-Leib)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Te souviens-tu ? (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Te souviens-tu ? Nous nous sommes rencontrés, séparés
Le soleil était jaune comme le wars
Le vent asphyxié
Sans te frôler, j’ai imaginé tes seins
Tes reins, tes hanches et plus bas
L’étoile du nombril
L’idée de redevenir enfant
Rendait ses traits à mon visage
Et à mon âge ses premiers chagrins

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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En vertu de l’amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



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En vertu de l’amour

Je n’ai rien séparé mais j’ai doublé mon coeur
D’aimer, j’ai tout créé ; réel, imaginaire,
J’ai donné sa raison, sa forme, sa chaleur
Et son rôle immortel à celle qui m’éclaire.

(Paul Eluard)

Illustration: Pablo Picasso

 

 

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Dans l’étendue de tes yeux (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2019


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Dans l’étendue de tes yeux
Il y a tantôt un château charmant
Ouvert comme un papillon à tous les vents
Tantôt une masure terrible
Une dernière caresse
Destinée à nous séparer
Tantôt le vin tantôt une rivière
Close comme un essaim d’abeilles

Viens là docile viens oublier
Pour que tout recommence.

(Paul Eluard)

 

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Le mur (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019


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Le mur ne retient
ni la lumière
ni la nuit
Il es le corps de l’ombre

Il sépare ce que nous savons
de ce que nous sommes.

(Georges Drano)

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QUATRE CANTOS (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



QUATRE CANTOS

Pourquoi verte, l’éternité ?
O douloureuse, ô ineffable
fougère encore repliée
Qui n’a senti en lui crier
les premières feuilles des arbres
ne sait rien de l’éternité.

Brune sous les javelles blondes
Pareille à la terre en été
C’est toujours le matin du monde
Quand nous saluons la beauté.

Qui me sépare de ma mort ?
un miroir où mon âme morte
a perdu le poids de son corps
Qui me sépare de ma vie ?
l’ombre à reculons qui m’épie
et me fascine en me fuyant
Qui me sépare de mon dieu ?
moi innombrable qui me prends
au piège de mes visages
Mais dans l’Ombre où je suis damné
l’Autre muet me dévisage.

Ce corps battu à mort
sur l’aire nue de l’âme
qu’espère-t-il ? le van
qui criblera ses astres.

(Pierre Emmanuel)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Amulettes (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2019


 

La scie va dans le bois,
Le bois est séparé

Et c’est la scie
Qui a crié.

(Guillevic)

 

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C’était un jour d’été de rayons éclairci (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



Nikolay Butkovskiy  027

C’était un jour d’été de rayons éclairci,
J’en ai toujours au coeur la souvenance empreinte,
Quand le ciel nous lia d’une si ferme étreinte
Que la mort ne saurait nous séparer d’ainsi.

L’an était en sa force et notre amour aussi,
Nous faisions l’un à l’autre une aimable complainte,
J’étais jaloux de vous, de moi vous aviez crainte,
Mais rien qu’affection ne causait ce souci.

Amours, qui voletiez à l’entour de nos flammes
Comme gais papillons, où sont deux autres âmes
Qui redoutent si peu les efforts envieux ?

Où la foi soit si ferme ? où tant d’amour s’assemble ?
N’ayant qu’un seul vouloir, toujours d’accord ensemble,
Fors qu’ils se font la guerre à qui s’aimera mieux !

(Philippe Desportes)

Illustration: Nikolay Butkovskiy

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