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Poésie

Posts Tagged ‘séparer’

Chaque heure, chaque instant possède son Esprit gardien spécifique (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Hommage aux anges
[24]

Chaque heure, chaque instant
possède son Esprit gardien spécifique ;

l’aiguille du réveil, minute après minute,
clique autour de son orbite prescrite ;

mais cette étrange perfection mécanique
ne devrait pas séparer, plutôt relier,

notre vie, cette éclipse temporaire
à cette autre…

***

Every hour, every moment
has its specific attendant Spirit;

the clock-hand, minute by minute,
ticks round its prescribed orbit;

but this curious mechanical perfection
should not separate but relate rather,

our life, this temporary eclipse
to that other …

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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TERREUR DE T’AIMER… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



 

TERREUR DE T’AIMER…

Terreur de t’aimer en ce lieu si fragile qu’est le monde.

Souffrance de t’aimer sur cette terre d’imperfection
Où tout nous casse et tout nous rend muets
Où tout nous ment et nous sépare.

***

TERROR DE TE AMAR…

Terror de te amar num sitio tao frágil como o mundo.

Mal de te amar neste lugar de imperfeição
Onde tudo nos quebra e emudece
Onde tudo nos mente e nos separa.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Les amants (Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Nous séparer, c’est nous qui l’avions décidé,
l’estimant bon et sage;
Alors, pourquoi l’accomplissant,
l’acte fut-il affreux comme un assassinat?
Hélas! nous nous connaissons peu
Car règne en nous un dieu.

(Hölderlin)


Illustration

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LES POÈTES (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



Illustration: Chantal Dufour
    
LES POÈTES

Si l’on pouvait rien qu’une fois
prononcer des mots définitifs
comme ceux qui séparent les eaux
guérissent ou ressuscitent les morts

— et le voisin tout à coup retrouve
son visage du dimanche et s’étonne
du mur qu’il a dressé entre nous
pour être seul avec lui-même

comme avec une femme, disait-il,
ou la mer quand elle revient de loin,
les yeux vagues et prête à tout recommencer
— qui, débordant les marges de vaine gloire, qui

refuserait d’accorder sa parole au silence?

(Guy Goffette)

 

Recueil: L’adieu aux lisières
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu es plus belle encore (Bruno Grégoire)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018




    
Tu es plus belle encore
dans l’océan impossible et admirable
qui nous sépare.

(Bruno Grégoire)

 

Recueil: L’épingle du jeu suivi de Sans
Traduction:
Editions: Obsidiane

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L’AMANT TOUJOURS PROCHE (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



    

L’AMANT TOUJOURS PROCHE

Je pense à toi quand le rayon solaire
Brûle les flots ;
Je pense à toi quand la lueur lunaire
Se peint sur l’eau.

Tu m’apparais quand monte de la route
Un poudroiement
Ou bien la nuit, quand le passant redoute
Le pont tremblant.

J’entends ta voix quand la vague s’éveille,
Meurt et renaît.
Je vais souvent au bois prêter l’oreille,
Quand tout se tait.

Si loin sois-tu, l’espace ne sépare
Jamais nos pas !
Le soir descend, l’étoile se prépare.
Que n’es-tu là !

***

NAHE DES GELIEBTEN

Ich denke dein, wenn mir der Sonne Schimmer
Vom Meere strahlt;
Ich denke dein, wenn sich des Mondes Flimmer
In Quellen malt.

Ich sehe dich, wenn auf dem fernen Wege
Der Staub sich hebt;
In tiefer Nacht, wenn auf dem schmalen Stege
Der Wandrer bebt.

Ich bore dich, wenn dort mit dumpfem Rauschen
Die Welle steigt.
Im stillen Haine geh ich oft zu lauschen,
Wenn alles schweigt.

Ich bin bei dir, du seist auch noch so ferne,
Du bist mir nah !
Die Sonne sinkt, bald leuchten mir die Sterne.
O wärst du da !

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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LE POÈTE PENSE À SON AMI (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




LE POÈTE PENSE À SON AMIE

Il va pleuvoir.
Le vent meurtrit les fleurs de mes jasmins
et emporte les pétales des pivoines qui jonchent le massif.
Il soulève les stores des fenêtres.
Il fait ondoyer les chevelures des jeunes filles.

Je suis triste. Je pense à mon amie.
Le ciel bleu, la mer verte et les montagnes blanches nous séparent.
Ah! si ces oiseaux pouvaient apporter à mon amie les lettres que je lui écris!
Si ce ruisseau pouvait lui apporter les pétales de mes pivoines !

Les magnolias brillent dans l’ombre.
Je ne prendrai pas mon luth.
Je regarde la lune,
qui est une plus grande fleur de magnolia.

Je ne chanterai pas, je ne jouerai pas.
Je veux être tout à ma tristesse.

(La Flûte de Jade)

Illustration

 

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Mandarins (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration
    
mandarins
nom étrange pour des oiseaux si petits
dans ces cages ornées
de laine et de millet secs.

à l’abri
séparés de la rue par les fenêtres
ils attendent l’éternité.

marionnettes minuscules,
blanches
même la nuit.

se demander ce qu’ils trouvent
dans ce grain de millet si sec.

dans leur tête
une étoile
dont ils parlent la langue.

dans la nuit
au matin
il ne reste qu’un point.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Mes rêves (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018




    
Mes rêves

Mes rêves se précipitent au loin
Où l’on entend les cris et les pleurs,
Séparer la tristesse du chagrin
Et le supplice de la douleur.

Je peux là-bas trouver moi-même
La consolation et l’ivresse,
Là-bas, en dépit du destin,
Je chercherai le feu sacré :
Je chercherai la vraie fureur.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

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Questions indécentes (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



    

Questions indécentes

Je demande à la source :
L’avez-vous déjà habitée ?
La source me montre sa bouche.

Je demande à l’arbre d’automne :
Ses cheveux sont-ils nés de vous ?
Le haut du peuplier s’embrase.

Je demande à l’ombre du soir :
Pourquoi la suivez-vous sans cesse ?
L’ombre répond : je suis le clair de son obscur.

Je demande à sa semblance :
Venez-vous du même miroir ?
Son reflet dit : naître nous a séparés.

Je demande au vent débridé :
Pourquoi ne pas souffler jusqu’en son rêve ?
Le vent répond : pour laisser mûrir tous ses épis.

Je demande au livre :
Saurez-vous la vêtir de vos mots ?
Le livre dit : son corps est formé de mes mots.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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