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Poésie

Posts Tagged ‘séparer’

J’appartiens au mystère de la vie (Pierre Rabhi)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2018




Illustration: Josephine Wall

    
J’appartiens au mystère de la vie
et rien ne me sépare de rien.

(Pierre Rabhi)

 

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Je montrai ma vraie figure (Marie NDiaye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



    

Illustration: Dominique Zehrfuss

Je montrai ma vraie figure qui parut moins aimable
Le serpent est en nous ce qu’il y a de plus vrai
J’étais dégoûtée de l’amour qui m’avait séparée de ma propre énigme
Il avale, le serpent, toute chose entière dans sa splendeur

Le serpent est en nous
Je ne voulais plus être aimée hors de moi mais qui suis-je
Il avale, le serpent, toute chose entière dans sa misère
Et je me tenais là sèchement mise à nu

(Marie NDiaye)

 

Recueil: Vingt-huit bêtes: un chant d’amour
Traduction:
Editions: Gallimard

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La rencontre (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



La rencontre

Nous avons commencé à parler,
Nous nous sommes regardés, puis détournés.
Sans cesse les larmes me montaient aux yeux
Mais je ne pouvais pleurer.
Je voulais prendre ta main
Mais ma main tremblait.
Sans fin tu recomptais les jours
Qui nous séparaient de la prochaine rencontre,
Mais tous deux nous sentions dans nos coeurs
Que nous allions nous quitter pour toujours.
Le battement de la pendule emplissait la chambre paisible.
«Ecoute, t’ai-je dit, son bruit est si fort,
Comme un cheval au galop sur une route déserte.
Aussi fort que cela ? un cheval qui galope dans la nuit. »
Tu m’as enfermée dans tes bras
Et la pendule étouffait les battements de nos coeurs.
Tu as dit: «Je ne peux m’en aller:
Tout ce qu’il y a de vivant en moi
Est ici pour toujours.»
Puis tu es parti.
Le monde a changé. Le bruit de la pendule a faibli,
S’est amenuisé, est devenu chose infime.
Dans l’obscurité j’ai murmuré: «Si elle s’arrête, je mourrai. »

***

The meeting

We started speaking,
Looked at each other, then turned away.
The tears kept rising to my eyes
But I could not weep.
I wanted to take your hand
But my hand trembled.
You kept counting the days
Before we should meet again.
But both of us felt in our hearts
That we parted for ever and ever.
The ticking of the little clock filled the quiet room.
« Listen », I said, « It is so loud,
Like a horse galloping on a lonely road,
As loud as that — a horse galloping past in the night ».
You shut me up in your arms.
But the sound of the clock stifled our heart’s beating.
You said, « I cannot go : all that is living of me
Is here for ever and ever ».
Then you went.
The world changed. The sound of the clock grew fainter,
Dwindled away, became a minute thing.
I whispered in the darkness: « If it stops, I shall die ».

(Katherine Mansfield)


Illustration: Edvard Munch

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Accolés l’un à l’autre (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
À l’attention de ceux qui se croient unis et de ceux qui ne croient pas pouvoir s’unir.

Accolés l’un à l’autre
soudés par tant de glus
hasardeuses
que figea l’ombre entre leurs chairs
calleuses

des abîmes
ignorés
les séparent

Mais ailleurs
l’un de l’autre si loin
séparés par de telles distances
visibles

un flux les noue
à l’impalpable corps
de l’espace
partagé

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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La terre est demeurée dans l’ombre (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



 

Jean-Marie Moll Nuage_rouge

La terre est demeurée dans l’ombre ;
écarlates, les nuages flambaient ;
et moi je pensais à la mort,
qui nous séparera un jour.

***

La tierra se quedó en sombra;
granas, las nubes ardían;
y yo pensaba en la muerte,
que ha de partirnos un día.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Jean-Marie Moll

 

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Allant ou revenant (Semimaru)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



Allant ou revenant

Ceci, en vérité est le lieu où,
Allant ou revenant,
On se sépare,
Se connaissant ou ne se connaissant pas,
On se rencontre: c’est la Barrière d’Ôsaka.

(Semimaru)


Illustration: Hokusaï

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Cette rue spacieuse (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



Illustration: Benoit Havard 
    
Cette rue spacieuse
N’est pas la mer
Ces passants
Aux pas lents
Ne sont pas des barques de pêche.
Leurs sourires humides
Ne sont pas des gouttes de pluie.

Seuls
Les objets dans leurs mains
Les séparent de la terre.

***

(Hala Mohammad)

 

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

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Il est extrêmement touchant (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Il est extrêmement touchant
De ne pas savoir s’exprimer
D’être trop évidemment responsable
Des erreurs d’un inconnu
Qui parle une langue étrangère
D’être au jour et dans les les yeux fermés
D’un autre qui ne croit qu’à son existence.

Les merveilles des ténèbres à gagner
D’êtres invisibles mais libératrices
Tout entières dans chaque tête
Folles de solitude

Au déclin de la force et de la forme humaine
Et tout est dans la tête
Aussi bien la force mortelle que la forme humaine
Et tout ce qui sépare un homme de lui-même
La solitude de tous les êtres.

(Paul Eluard)


Illustration: Gilbert Garcin

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Empédocle (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018




    
Le vivace aujourd’hui,
le vorace autrefois ont laissé des traces de leur combat
au bord du vide, où pousse une fleur bleue
juste à côté des sandales d’Empédocle. Philosophe
au front brûlant, purificateur isolant l’amour
et le poison dont la haine a besoin
pour séparer les éléments,
je pense à toi quand j’ai la fièvre et des visions.

Icare au bord du gouffre, en proie
au vertige au-dessus du volcan, attiré
par un soleil bas qui brûle même en hiver,
ton envol à l’envers me donne encore des frissons.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

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Tout un pays (Philippe Leuckx)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Illustration: Rafal Olbinski 
    
Tout un pays
Toute une géographie
Nous sépare
Et que vaut
Ce coeur qui poursuit
Continue de battre ?

(Philippe Leuckx)

 

Recueil: Quelques mains de poèmes
Traduction:
Editions: l’Arbre à paroles

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