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Poésie

Posts Tagged ‘s’épouser’

Dans le chaos d’une avalanche (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



 

deux pierres

Dans le chaos d’une avalanche,
deux pierres s’épousant au bond
purent s’aimer nues dans l’espace.
L’eau de neige qui les engloutit
s’étonna de leur mousse ardente.

(René Char)

Illustration

 

 

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LE DIALOGUE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



Dorina Costras o4_500 [800x600]

LE DIALOGUE

C’était dans l’intervalle rayonnant où ils s’épousèrent
en flèche — proies l’un de l’autre.
— Un même chemin nous relie, mais je n’entends pas
ta voix. Tes mots seraient-ils bulles d’ombre ?
— Ma voix part des extrémités du silence, mes mots
brûlent de flamme sourde.
— Où es-tu qui me parles pourtant dans la chambre déserte ?
— Je suis là où tu me souhaites, je suis là où tu m’éprouves.
— Es-tu l’amour ?
Elle était l’Écharde. Il était le Tison.

(Jules Tordjman)

Illustration: Dorina Costras 

 

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Nuit d’herbe (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017



Illustration: Egon Schiele
    
Nuit d’herbe

Nuit d’herbe, nuit mise à nu,
nuit d’ignorance, nuit de refus,
Je gémis. La barque à l’ancre se soulève.
Le dernier flot de la marée accourt.
Ne crains rien des douleurs de l’amour.

Les oiseaux dorment.
Le vent ne sait où se poser.
Il se repose.
Et sans maître habité par la nuit,
je suis aussi ce bateau-fou.

Beau temps, n’est-ce pas, timonier ?
Beau temps de minuit,
beau temps de l’amour.
Les câbles et cabestans grincent.
C’est le désir.

Des vagues s’épousent.
Le port est au bout du monde,
tes hanches, tes seins, je ne sais.
Je gémis de toute plainte pour tous les hommes.
Je psalmodie, je crie,
je murmure, je me tais.
Je n’ai rien dit,
je n’ai rien fait.

Car tes cheveux comme les forêts brûlent
avec ton odeur de fruits lointains,
Car te répondent le sang lourd de ma race terrienne,
mes mains d’artisan, ma langue rude.

Farouche, depuis que je te connais, je fais l’amour.
Je connais toutes les heures de la nuit.
Le ciel s’incline.
Mourir n’est rien. Vivre n’est plus.
Je n’ai qu’une histoire. Une violente patience.

L’oubli s’assied sur la montagne
et nous avons le temps.
Beau temps, n’est-ce pas mégissier ?
Le temps d’attendre l’amour.
La barque soulevée, la marée se retire.
Le vent oublie qu’il est le Vent.

Tes lèvres sont le bout du monde.
Dans bien longtemps
Tu m’étouffais, tu m’as rejoint,
je te retrouve.
Homme et femme nous serons morts.
Mais les astres qui nous ressemblent
recommencent.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: Préface à l’amour
Editions: Cahiers du Sud

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Il faut que tu écrives au centre de l’espace (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2015



Parce que tu es
Au centre de l’espace
Quand tu écris.

Le poème s’organise
Autour d’un centre.

Parce que le poème
Exige un centre,

Il faut que tu écrives
Au centre de l’espace.

C’est ton devoir de faire
Que les deux autres coïncident.

*

Le tremblement
Qui dans le poème agite
Les mots, les blancs entre les mots,

Qui agite aussi
Tout ce que le poème
Laisse voir ou deviner,
Même l’espace qu’il ouvre,

Ce tremblement
Est peut-être dû

Au fait que les deux centres
Se poursuivent pour s’épouser,

Craignent
De réussir,

(Guillevic)

Illustration: ArbreaPhotos

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