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Posts Tagged ‘s’éprendre’

LE PLATANE (René Ménard)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



 

LE PLATANE

Ton écorce n’est que blessures naturelles
Arbre respecté par la hache

Tu as la richesse
Et le dénuement des saisons
Une droite patience à vivre
Tu choisis de mourir
S’il faut céder à quelque maléfice

Près de toi l’âme s’éprend
De temps et de vent.

(René Ménard)

Illustration

 

 

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Ma vivante statue (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration
    
Ma vivante statue
plus vivante que moi

parce qu’un peu de vous
a trouvé dans la pierre
son refuge
mes mains se plaisent
à la caresse

et je m’éprends de votre froideur

jusqu’à entendre de vos lèvres
le chant de celle qui s’abandonne.

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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TANDIS QUE TRAVERSAIT LA BELLE… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Carolus Duran
    
TANDIS QUE TRAVERSAIT LA BELLE…

Tandis que traversait la Belle,
Près des moineaux vinrent s’asseoir
Les colombes en ribambelle.

Frôlant la marche du trottoir
Apparut la claire cheville
Tel un point d’aube dans le noir.

Comme brise sous la charmille,
L’éраulе frémit. Un gamin
S’éprenait de la jeune fille.

Les éclats du ciel citadin
Et la démarche aérienne
Vous rendaient joyeux, plein d’entrain !

On souriait à cette Reine,
Racine et branche pour mon coeur,
Ce dont nul ne concevait peine.

Sur mes genoux, tout en douceur,
Empêchant qu’on vînt me la prendre,
Je la berçai. Mais j’avais peur.

Nul pourtant ne vint nous surprendre.
Ils étaient d’humeur amicale,
L’envie expirait sans attendre…

Et la Belle avançait, royale !
Et le vent svelte la suivait
Dans sa démarche triomphale.

La fraîcheur du vent l’habillait !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Berceuse (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Berceuse

Voilà qu’elle me berce,
Comme un lac les roseaux.
Bleuâtre le jour perce,
Un baiser sur les eaux.

Peut-être son amour
D’un autre va s’éprendre.
Qu’il la berce à son tour,
D’un bercer aussi tendre.

(Attila Jozsef)

Illustration: François-Joseph Durand

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S’éprendre d’une inconnue (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Illustration
    
S’éprendre d’une inconnue
et n’être plus que son étonnement.

Dormir avec les parasols.
La mort, c’est la lune,
ce n’est pas autre chose qu’une torche éteinte,
le dernier souffle brûlé vif.

Mais jamais nous ne fûmes si près de nous connaître,
bien que nous n’ayons pu nous consulter.

Jamais nous ne fûmes si enclins à disparaître.
Fantômes, vos noms, gravés sur la pierre du mythe,
bourdonnent, ruche punie.

Nous fûmes deux à compter l’échec.
L’étrangère couronnée d’algues
et puis aussi le sable.

(Edmond Jabès)

 

Recueil: Le Seuil Le Sable Poésies complètes 1943-1988
Traduction:
Editions: Gallimard

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Bonheur De se voir arrivé (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



Illustration: Salvador Dali

    

Bonheur
De se voir arrivé
Au centre du royaume.

Alors, on écoute
Tout en regardant

Une lumière
Éprise d’elle-même

Qui nous porte
Le silence et moi.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Possibles futurs
Traduction:
Editions: Gallimard

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À visage déraciné (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration
    
À visage déraciné

Pour que s’éprenne l’eau de ton visage
L’eau
De peu de soleil

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Un nom dans la montagne (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
Un nom dans la montagne

Et ton nom dans l’écho où paraît la montagne
Bleue
Crainte bleue des hauteurs et froide perception
Le vent seul, le vent
Obscur et vrai comme est le pain de vie

Avance
Parmi les hauts graviers de grège
Car on t’appelle d’un nom plus haut
Dans l’adage des morts, source grave
Étroite distinction

De toi parmi les morts, de toi parmi les roses
Et l’on ne sait si tu entends encore l’abondance
De ton corps descendu dans des milliers de graines

Pose les mains encore sur l’étendue
Car tous les chemins de fer se dissipent
Tous les tournants saignent sous l’arche

Éprends-toi d’un vieux reflet de la lumière
La main rie l’ami faible au loin te faisait signe.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Je fus épris d’un charme (Al-Bûrînî)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration: Arturo Souto
    
Je fus épris d’un charme que je ne peux décrire
Car seul mon coeur l’a goûté.

(Al-Bûrînî)

 

Recueil: Le Dîwân de la poésie arabe classique
Traduction: Houria Abdelouahed et Adonis
Editions: Gallimard

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Tourment (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
Tourment

Coeur, entends-tu
Le pas léger
Derrière toi?

Coeur, vois-tu?
Quelqu’un te fait signe,
Un signe furtif de la main.

Est-ce toi ? Est-ce toi ?
La neige tourbillonne,
Le croissant se fige…

Est-ce toi qui descends?
Est-ce toi qui m’emmènes?
Toi, dont je suis épris?

Au-dessus des neiges sans fin
Envolons-nous!
Par-delà les mers brumeuses,
Brûlons jusqu’au bout!

Oiseau du tourbillon,
Aux sombres ailes,
Donne-moi deux ailes!

Qu’avec toi, chère à mon coeur,
Dans le cercle de lune argent,
Mon âme se languisse!

Que les braises de l’hiver
Calcinent la croix
Lointaine et menaçante!

Que nous volions, flèches sifflantes,
Vers l’abîme des étoiles noires.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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