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Chanson de la plus haute tour (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



 

Ernest Pignon-Ernest  Rimbaud  42

Chanson de la plus haute tour

Oisive jeunesse
A tout asservie
Par délicatesse
J’ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les cœurs s’éprennent.

Je me suis dit : laisse,
Et qu’on ne te voie :
Et sans la promesse
De plus hautes joies.
Que rien ne t’arrête
Auguste retraite.

J’ai tant fait patience
Qu’à jamais j’oublie ;
Craintes et souffrances
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.

Ainsi la Prairie
A l’oubli livrée,
Grandie et fleurie
D’encens et d’ivraies
Au bourdon farouche
De cent sales mouches.

Ah ! Mille veuvages
De la si pauvre âme
Qui n’a que l’image
De la Notre-Dame !
Est-ce que l’on prie
La Vierge Marie ?

Oisive jeunesse
A tout asservie
Par délicatesse
J’ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les cœurs s’éprennent !

(Arthur Rimbaud)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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Chanson de la plus haute tour (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017




Chanson de la plus haute tour

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J’ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s’éprennent.

Je me suis dit : laisse,
Et qu’on ne te voie :
Et sans la promesse
De plus hautes joies.
Que rien ne t’arrête,
Auguste retraite.

J’ai tant fait patience
Qu’à jamais j’oublie ;
Craintes et souffrances
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.

Ainsi la prairie
A l’oubli livrée,
Grandie, et fleurie
D’encens et d’ivraies
Au bourdon farouche
De cent sales mouches.

Ah ! Mille veuvages
De la si pauvre âme
Qui n’a que l’image
De la Notre-Dame !
Est-ce que l’on prie
La Vierge Marie ?

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J’ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s’éprennent !

(Arthur Rimbaud)

Illustration: Rafal Olbinski

 

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Préambule à une terreur métaphysique (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Préambule à une terreur métaphysique

Gravite une maison isolée surplombant la mer

Mon esprit se disloque dans le labyrinthe des passions

Irrité par la circonférence toujours close mon être secret et meurtrier cherche son
salut

L’angoisse du temps porte un masque et l’obsession un soir de me coucher seul me
poursuit
mais la grâce du langage revêt une profonde langueur
L’épiderme ardent sur une terre aride égaré dans un océan fouetté par les vents
accablé par les couleurs violentes je regrette les outrages et les rancoeurs
car dans l’amplitude de l’espace cette crotte de terre est l’endroit absolu pour
s’enfuir.

Gouttes du temps la forêt navigue le vent retrousse la vague
l’étoile se referme dans la captivité où ricane l’horizon

Un rire de chair dans le miroir de l’âme au rythme de la marche toute la forêt
tremble et la marée des moissons retourne à la source du sommeil où bourdonne le
jardin.

L’inquiétude des eaux ouvre mon cœur à la cruauté des choses
et je glisse ma main dans l’étoffe des nuits pour palper le sien.

Le mur a l’aspérité qu’il faut pour que mes doigts le reconnaissent
car le poli est anonyme et ne renvoie à rien
Rugosité tu es la présence de la matière
et le ciment lie la pierre à la pierre pour édifier dans l’espace vide
le lieu de l’étreinte de deux corps qui se prennent
et de deux coeurs qui s’éprennent

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Ma vie est suspendue (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



ma vie est suspendue
dans la crue
portrait
brouillé

Ne t’éprends pas
de ce visage –
il n’existe plus
dans l’eau
où l’on ne pêche pas

***

my life is hung up
in the flood
a wave-blurred
portrait

Don’t fall in love
with this face–
it no longer exists
in water
we cannot fish

(Lorine Niedecker)

 

 

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ANALYSE (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2016



ANALYSE

Hélas ! c’est bien fini les anciennes candeurs,
Candeur d’aimer, candeur de croire,
Et candeur d’espérer en son âme d’ivoire
Immortaliser les odeurs.

C’est bien fini l’orgueil de dominer les foules
Comme une église, le clocher !
Et d’être un grand Poète ardent pour chevaucher
Le vents, les nuages, les houles !

C’est bien fini l’espoir d’un long amour, pareil
A la marche en fleur d’une allée
Qui pèlerine au loin et qui s’en est allée
Jusqu’au seuil rouge du soleil.

Fini! c’est bien fini, ma simple Ame fervente,
Ma belle Ame du temps défunt,
Qui savait aspirer la douceur d’un parfum
Sans avoir peur qu’il ne s’évente,

Qui se penchait, ravie et libre de remords,
Sur un plant de roses voisines
Sans se dire que leurs invisibles racines
Percent la terre où sont les morts.

On s’éprend désormais d’étranges nostalgies :
Haïr le noir, tacher l’azur,
Car tandis qu’on s’excite à séduire un coeur pur
On est chaste dans les orgies.

Oh ! l’âme inconséquente et les nerfs détraqués !
Marins rêvant de longs voyages
Et qui. sitôt en mer, parmi les blancs sillages
Ont le rappel des anciens quais.

On croit ne plus souffrir que sa Foi soit éteinte,
Encensoir qui n’a plus de feu,
Mais on sent tout à coup le grand regret d’un Dieu
Quand une cloche, le soir, tinte !

(Georges Rodenbach)

 

 

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Belle éloignée (Jean-Yves Yven)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2016



Ah! Que mes nuits
Sont longues
Sans vous
Belle éloignée
Que mes nuages
Sont lourds
Sans votre rosée

J’aime à m’éprendre
De votre absence
Et mes nuits
Deviennent courtes
De trop y songer.

(Jean-Yves Yven)

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Le spectre (Sulayman ibn Hammûd)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2015




Le spectre

Me suis-je épris d’un rêve
ou le parfum de jasmin frais qui plane dans le hammam
n’est-il que le spectre d’une cause plus vraie?

Le tambour bat au coeur de la bataille.

Me faudra-t-il rêver encore, mon Dieu,
pour vivre et l’oublier?

(Sulayman ibn Hammûd)

Illustration: Jean Goujon

 

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Je crois en la grâce (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2015




Je crois en la grâce
Je parie pour elle
C’est la respirer
que d’en être épris

(André Frénaud)

Illustration: Isabella Bassina

 

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JACHÈRE (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2015



JACHÈRE

Chair frémissante du prodige
angoisse et volupté mêlées
l’homme se remet en chemin
à peine courbé sous le vent
dans l’effervescence des herbes
dont s’éprend un coquelicot
frêle rescapé des semailles

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Méditation (André Durand)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2015


pluie

Tu te croyais enfermé dans ta vie
mais un visage brille
dont tu t’éprends, qui passe,
ou du cagibi peint en vert
ou d’un hangar parmi les sacs
tu entends ruisseler la pluie:
tu es ce sol battu de cour et tu es abrité pour lui,
tu passes tout entier dans ton oreille,
tu ne peux pas ne pas te donner à cette pluie:
elle a su, en se jouant, trouver une ouverture,
elle est l’avenir qui afflue, en elle tu es libre.

(André Durand)

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