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Posts Tagged ‘septième ciel’

Jusqu’au septième ciel (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



Une colonne de poussière
Accompagne
Une feuille de peuplier blanc
Jusqu’au septième ciel

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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J’habiterai ce qui m’échappe (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017


 



Fait étrange: une fois perçu, ce qui s’annonce au loin
Se transforme en présage;
Et ce qui advient n’est manifeste

Qu’à la lumière de ce qu’on a vécu.
Le septième ciel, peut-être:
Toute la vérité d’un sixième sens disparu.

N’importe: le jour où la lumière se brisera sur moi
Comme naguère sur la route après Coleraine
Où le vent s’est fait plus salé, le ciel plus prompt,

Où un lamé d’argent a frémi sur Bann
Au milieu du canal, entre les poteaux peints,
J’habiterai ce qui m’échappe.

***

Strange how things in the offing, once they’re sensed,
Convert to things foreknown;
And how what’s come upon is manifest
Only in light of what has been gone through.

Only in light of what has been gone through.
Seventh heaven may be
The whole truth of a sixth sense come to pass.

At any rate, when light breaks over me
The way it did on the road beyond Coleraine
Where wind got saltier, the sky more hurried

And silver lamé shivered on the Bann
Out in mid-channel between the painted poles,
That day I’ll be in step with what escaped me.

(Seamus Heaney)

Illustration: Georges Jeanclos

 

 

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Aspiration (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2017



Cette vallée est triste et grise: un froid brouillard
Pèse sur elle;
L’horizon est ridé comme un front de vieillard;
Oiseau, gazelle,
Prêtez-moi votre vol; éclair, emporte-moi!
Vite, bien vite,
Vers ces plaines du ciel où le printemps est roi,
Et nous invite
À la fête éternelle, au concert éclatant
Qui toujours vibre,
Et dont l’écho lointain, de mon cœur palpitant
Trouble la fibre.
Là, rayonnent, sous l’oeil de Dieu qui les bénit,
Des fleurs étranges,
Là, sont des arbres où gazouillent comme un nid
Des milliers d’anges;
Là, tous les sons rêvés, là, toutes les splendeurs
Inabordables
Forment, par un hymen miraculeux, des chœurs
Inénarrables!
Là, des vaisseaux sans nombre, aux cordages de feu
Fendent les ondes
D’un lac de diamant où se peint le ciel bleu
Avec les mondes;

Là, dans les airs charmés, volètent des odeurs
Enchanteresses,
Enivrant à la fois les cerveaux et les cœurs
De leurs caresses.
Des vierges, à la chair phosphorescente, aux yeux
Dont l’orbe austère
Contient l’immensité sidérale des cieux
Et du mystère,
Y baisent chastement, comme il sied aux péris,
Le saint poète,
Qui voit tourbillonner des légions d’esprits
Dessus sa tête.
L’âme, dans cet Éden, boit à flots l’idéal,
Torrent splendide,
Qui tombe des hauts lieux et roule son cristal
Sans une ride.
Ah! pour me transporter dans ce septième ciel,
Moi, pauvre hère,

Moi, frêle fils d’Adam, cœur tout matériel,
Loin de la terre,
Loin de ce monde impur où le fait chaque jour
Détruit le rêve,
Où l’or remplace tout, la beauté, l’art, l’amour,
Où ne se lève
Aucune gloire un peu pure que les siffleurs
Ne la déflorent,
Où les artistes pour désarmer les railleurs
Se déshonorent,
Loin de ce bagne où, hors le débauché qui dort,
Tous sont infâmes,
Loin de tout ce qui vit, loin des hommes, encor
Plus loin des femmes,
Aigle, au rêveur hardi, pour l’enlever du sol,
Ouvre ton aile!
Éclair, emporte-moi! Prêtez-moi votre vol,
Oiseau, gazelle!

(Verlaine)

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