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Poésie

Posts Tagged ‘sépulture’

La poésie (Sandrine Rotil-Tiefenbach)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017




    
La poésie,
c’est comme le rire,
la maîtrise du feu
et la notion de sépulture

(Sandrine Rotil-Tiefenbach)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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LE JARDIN D’AMOUR (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2017




LE JARDIN D’AMOUR

Je me rendis dans le Jardin d’Amour,
Et vis ce que jamais je n’avais vu :
Une chapelle, au milieu, s’élevait
Sur le gazon où je jouais toujours.

Cette chapelle avait ses grilles closes,
Ne fais pas, écrit, surmontait la porte ;
Lors, je retournai au Jardin d’Amour,
Où il se trouvait tant de douces fleurs,

Et là je le vis plein de sépultures,
De pierres tombales en place de fleurs ?
Et, en robe noire, en ronde, des prêtres,
De ronces liaient mes joies, mes désirs.

***

THE GARDEN OF LOVE

I went to the Garden of Love,
And saw what I never had seen:
A chapel was built in the midst,
Where I used to play on the green.

And the gates of this chapel were shut,
And Thou shalt not writ over the door;
So I turned to the Garden of Love,
That so many sweet flowers bore,

And I saw it was filled with graves,
And tomb-stones where flowers should be?
And priests in black gowns were walking their rounds,
And binding with briars my joys and desires.

(William Blake)

Illustration: Jan Brueghel le jeune

 

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L’existence supposée (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



L’existence supposée

Le lieu, comment est-il
tandis que personne n’y passe?
Les choses, existent-elles
quand elles ne sont pas vues?

L’intérieur de l’appartement désaffecté,
la pince oubliée dans le tiroir,
les eucalyptus la nuit sur le chemin
trois fois désert,
la fourmi sous la terre le dimanche,
les morts, une minute
après leur sépulture,
nous, seuls
dans la chambre sans miroir?

Que font, que sont
les choses non éprouvées comme choses,
minéraux non découverts – et qui un jour
le seront?

Etoile non pensée,
mot griffonné sur le papier
que personne n’a jamais lu?
Existe-t-il, le monde existe-t-il
par le seul regard
qui le crée et lui confère
spatialité?

Concrétude des choses: fourberie
de l’œil trompeur, oreille fausse,
main qui s’amuse à attraper le non
et, l’ayant attrapé, à lui octroyer
l’illusion de la forme
et, illusion plus grande, celle du sens?

Ou bien tout a-t-il vigueur
plantureusement, par défaut
de notre judiciaire inquisition,
et celle-ci même, n’existe-t-elle que consentie
par les éléments qui s’y soumettent?
Peut-être tout n’est-il qu’un hypermarché
de possibles et d’impossibles possiblissimes
qui engendrent ma fantaisie de conscience
cependant que
je me livre au mensonge de me promener
quand c’est moi qui suis promené par la promenade,
qui est le suprême réel, et qui s’amuse
de cette brume-rêve dans laquelle je m’éprouve
et jouis de péripéties de passage?

Voici que s’ébauche
l’épouvantable bataille
entre l’être inventé
et le monde inventeur.
Je suis une fiction insurgée
contre l’esprit universel
et je tente de me construire
de nouveau à chaque instant, à chaque colique,
dans le labeur de tracer
un commencement qui n’appartienne qu’à moi
et de détendre un arc de volonté
pour recouvrir tout le dépôt
des souveraines choses circonstantes.

La guerre sans merci, indéfinie
se poursuit
faite de négation, armes du doute,
tactiques propres à se retourner contre moi,
entêtement interrogeant qui veut savoir
si l’ennemi existe, si nous existons
ou si nous sommes tous une hypothèse de lutte
au soleil du jour bref où nous luttons.

(Carlos Drummond de Andrade)

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ZONE LIMITROPHE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2016



ZONE LIMITROPHE

Des hommes en combinaison couleur de terre surgissent d’un fossé.
C’est une zone de passage, un point mort, ni ville ni campagne.
Les grues des chantiers à l’horizon veulent faire le grand bond mais les horloges ne suivent pas.
Des tuyaux de ciment éparpillés lapent la lumière de leurs langues sèches.
Des ateliers de carrosserie installés dans d’anciennes étables.
Les pierres jettent une ombre tranchante comme des objets à la surface de la lune.
Et ces endroits ne cessent de s’étendre.
Comme ce qu’on acheta avec l’argent de Judas :
«Le champ du potier comme sépulture des étrangers.»

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Je voudrais parvenir au cœur des choses (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2016



Je voudrais parvenir au cœur
Des choses, en toutes:
Dans l’œuvre, les remous du cœur,
Cherchant ma route.

À l’essence des jours passés,
Leur origine,
Jusqu’à la moëlle, jusqu’au pied,
À la racine.

Des faits, des êtres sans arrêt
Saisir le fil,
Vivre, penser, sentir, aimer
Et découvrir.

Ô, le pourrais-je, je ferais,
Fût-ce en fraction,
Huit vers pour peindre les grands traits
De la passion:

Ses injustices, ses péchés,
Fugues, poursuites,
Coudes et paumes, imprévus
À la va-vite.

Et je déduirais ses raisons
Et sa formule,
Je répéterais de son nom
Les majuscules.

En vers tracés comme un jardin
Vibrant des veines
Des tilleuls fleuris un à un
En file indienne.

J’y mettrais la senteur des roses
Et de la menthe,
Les prés, la fenaison, l’orage
Au loin qui gronde.

Tel des fermes, bois et jardins
Et sépultures
Le miracle enclos par Chopin
Dans ses études.

Le jeu du triomphe accompli
Et son tourment,
C’est la corde qui se raidit
Quand l’arc se tend.

(Boris Pasternak)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Gilbert Garcin

 

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Rondeau lyrique (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2015



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Rondeau lyrique

Les cœurs dorment dans des coffrets
Que ferment de belles serrures ;
Sous les émaux et les dorures
La poussière des vieux secrets
Et des lointaines impostures
Se mêle aux frêles moisissures
Des plus récentes aventures :
Chère, ôtez vos doigts indiscrets,
Les cœurs dorment.

Vos doigts ravivent des blessures
Et vos regards sont des injures,
Laissez-les reposer en paix.
Comme des rois dans leurs palais
Ou des morts dans leurs sépultures,
Les cœurs dorment.

(Remy de Gourmont)

 

 

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J’envie les chiens (Nico Naldini)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2015



J’envie les chiens
qui n’auront pas de sépulture.
En auront une
les êtres qui ne savent pas
que mourir est un vent
qui s’éloigne
et que le vent est le temps
qui sema les roses
changeant la robe du ciel
et son parfum.

***

Invidio i cani
che non avranno sepoltura.
L’avranno
gli esseri che non sanno
che morire è un vento
che va lontano
e il vento è il tempo
che seminò le rose
mutando le vesti del cielo
e i suoi odori.

(Nico Naldini)

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La poésie (Sandrine Rotil-Tiefenbach)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2015



La poésie,
c’est comme le rire,
la maîtrise du feu
et la notion de sépulture

(Sandrine Rotil-Tiefenbach)


Illustration

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