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Poésie

Posts Tagged ‘sereine’

Toute la masse d’arôme (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2019



 

Toute la masse d’arôme de ces fleurs
pour rendre sereine la nuit qui tombe
sur nos larmes.

(René Char)

Illustration: Vincent Van Gogh

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Clair de lune (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

Clair de lune

La lune était sereine et jouait sur les flots.
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? –
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… –
La lune était sereine et jouait sur les flots.

(Victor Hugo)

 

 

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A la Divinité inconnue (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



A la Divinité inconnue

J’ASPIRE auprès de toi le silence et le charme
Des nuits où la douleur se plaît à demeurer,
Toi qu’on ne voit jamais essuyer une larme,
Mais dont parfois j’entends la grande âme pleurer.

Le miroir réfléchit tes chastes attitudes,
Et tu fuis le factice et le faste et le fard.
Tes lèvres ont gardé le pli des solitudes
Et l’accent des bonheurs qui nous viennent trop tard.

Le décor de ton deuil est la chambre sereine
Où meurt languissamment le bruit lointain des eaux.
Les souffles de la mer n’ont soulevé qu’à peine
Le soir perpétuel sous l’ombre des rideaux.

Vers toi le songe pur de mon âme s’élève,
Mon angoisse ne cherche point à s’apaiser,
Car tu m’es inconnue et n’existes qu’en rêve.
C’est pourquoi je t’adore au-dessus du baiser.

(Renée Vivien)

Illustration: Abbott Handerson Thayer

 

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HEURES SEREINES (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



 

Brendan Monroe 3

HEURES SEREINES

J’ai pénétré bien des mystères
Dont les humains sont ébahis :
Grimoires de tous les pays, Êtres et lois élémentaires.

Les mots morts, les nombres austères
Laissaient mes espoirs engourdis;
L’amour m’ouvrit ses paradis
Et l’étreinte de ses panthères.

Le pouvoir magique à mes mains
Se dérobe encore.
Aux jasmins
Les chardons ont mêlé leurs haines.

Je n’en pleure pas; car le
Beau
Que je rêve, avant le tombeau,
M’aura fait des heures sereines.

(Charles Cros)

Illustration: Brendan Monroe

 

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POURSUITES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



 

Brad Kunkle

POURSUITES

Rassurée et sereine
Sous les feuillages
Étendue
La femme de tous les temps
Découvre ce lieu paisible
Où le rêve peut éclore
Et l’amour advenir.

*

J’ai beau le poursuivre
Je ne l’atteindrai jamais
Ce Poème des poèmes
Masqué par l’indicible
Je demeure en chemin
Au présent A jamais
Heureuse de ce parcours
Invincible.

De notre chair éclatante
A nos chairs ramollies
De notre chair pulpeuse
A nos chairs d’élégie
J’ai vu glisser le temps
Et s’accroître les ans

Mais j’ai aimé cette chair
Et ses métamorphoses
Et respecté cette chair
En ses secrets replis.

*

Des rafales en bourrasques
J’ai couru dans le Vent
Vers le grand souffle des choses

L’arbre gémissait
Les plantes se recourbaient
A cheveux déployés
Je cours vers l’avant.

(Andrée Chedid)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Le cloître (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Le cloître

Avec peu de frères, fuyez le bruit des hordes
Avant que dans le froid poison ne soit défait
Votre jeune vouloir: bâtissez pour la paix
Dans un val silencieux la maison de votre Ordre.

Bercés d’heures égales aux douces mélodies
Travailler le sol chaste est un acte sacré
Le jour s’écoule ainsi rythmé de sept degrés
pour vous et ma légion qui à vous se dédie.

L’enlacement ignore les avides tourments
L’amitié libérée de peur et désespoir —
Sanglots baisers et mots s’envolent dans le soir..
Voici des couples pieux le sublime ornement :

De douleur et d’envie sereines consumés
De lever leur regard vers cette beauté bleue
Renoncement divin zèle des bienheureux —
Comme enseigna jadis un moine à Fiesole.

(Stefan George)


Illustration

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Je suis l’étoile qui se mire en toi (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Je suis l’étoile qui se mire en toi.
Il faut que ton âme soit sereine,
pour que je puisse me mirer en toi.
Ton âme est mon foyer. Je n’en ai pas d’autre.
Mais comment pourrais-tu être serein, quand ma lumière
tremble dans ton âme.
***

Jag är stjärnan som speglar sig i dig.
Din själ skall vara stilla,
annars kan jag inte spegla mig i den.
Din själ är mitt hem. Jag har inget annat.
Men hur skulle du kunna vara stilla när mitt ljus
skälver i din själ.

(Pär Lagerkvist)


Illustration: William Blake

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Le Gardeur de Troupeaux (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



Tout ce que je vois est net comme un tournesol.
J’ai l’habitude d’aller le long des routes
Tout en regardant à droite et à gauche,
Et de temps en temps derrière moi…
Or ce que je vois à chaque instant
Est cela même qu’auparavant jamais je n’avais vu,
Et je sais fort bien m’en rendre compte…
Je sais maintenir en moi l’étonnement
Que connaîtrait un nourrisson si, à sa naissance,
Il remarquait qu’il est bel et bien né…
Je me sens nouveau-né à chaque instant
Dans la sereine nouveauté du monde…

Je crois au monde comme à une marguerite,
parce que je le vois. Mais je ne pense pas à lui
Parce que penser, c’est ne pas comprendre…
Le monde ne s’est pas fait pour que nous pensions à lui
(Penser, c’est être dérangé des yeux)
Mais pour que nous le regardions et en tombions d’accord…
Moi je n’ai pas de philosophie : j’ai des sens…
Si je parle de la Nature ce n’est pas que je sache ce qu’elle est,
Mais c’est que je l’aime, et je l’aime pour cela même,
Parce que lorsqu’on aime, on ne sait jamais ce qu’on aime
Pas plus que pourquoi on aime, ou ce que c’est qu’aimer…

Aimer est la première innocence,
Et toute innocence ne pas penser…

(Fernando Pessoa)

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Sereine (Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



 

Sereine
une grenouille
regarde la montagne

(Kobayashi Issa)

Illustration

 

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Chloé ! (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018




Couronnes comme guirlandes
Ne sont qu’un poids imposé
Au front dans sa pureté.

Guirlande de roses,
Couronne de lauriers,
Dénaturent le front.

Puisse le vent plutôt
Jouer dans nos cheveux,
Rafraîchir notre front !

Puisse la tête nue
Glisser son front, sereine,
Là où vient le sommeil.

Chloé ! Je ne connais
Meilleure joie que ton
Doux front sans ornement.

(Fernando Pessoa)

Illustration: Louis Janmot

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