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Poésie

Posts Tagged ‘sérénade’

SÉRÉNADE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



SÉRÉNADE

La lune poétise
Ta très chère fenêtre…
Dans l’ombre je t’attends
Comme par le passé
Et je fais sangloter
Sur mes cordes le chant
Qui autrefois peut-être
Par le monde t’a plu.

La lune poétise
Le jardin parfumé,
Les prosaïques hordes
Désormais se sont tues…
Dans l’ombre je t’attends,
Un étranger toujours,
En faisant sangloter
Comme autrefois mon chant.

(George Bacovia)

Illustration: Fanny Verne

 

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Sérénade (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Sérénade

Les musiciens.

Le soir a tendu ses voiles.
Éveillons, à petit bruit,
La plus blanche des étoiles
Qui manque au front de la nuit.

Un chanteur.

J’ai dans mon cœur une belle
Que j’adore nuit et jour ;

Une lampe est devant elle,
La lampe de mon amour !

Dans cette chapelle austère
Que desservent mes douleurs,
Tous mes rêves sont à terre,
Effeuillés comme des fleurs.

La détresse, en cape noire,
Tient, goutte à goutte amassés
Dans un bénitier d’ivoire,
Tous les pleurs que j’ai versés !

Le seul encensoir qui fume
À l’autel silencieux,
C’est mon âme qui s’allume
Sous le rayon de tes yeux.

Apaise enfin ta colère,
Toi que Dieu fit pour charmer ;
Va, c’est un crime de plaire
Quand on ne veut pas aimer !

Les musiciens.

Le soir a tendu ses voiles,
Éveillons, à petit bruit,
La plus blanche des étoiles
Qui manque au front de la nuit.

(Louis Bouilhet)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Les comédiens (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018



    
Les comédiens

[Refrain]
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent

Les comédiens ont installé leurs tréteaux
Ils ont dressé leur estrade et tendu des calicots
Les comédiens ont parcouru les faubourgs
Ils ont donné la parade à grand renfort de tambour
Devant l’église une roulotte peinte en vert
Avec les chaises d’un théâtre à ciel ouvert
Et derrière eux comme un cortège en folie
Ils drainent tout le pays les comédiens

[Refrain]
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent

Si vous voulez voir confondus les coquins
Dans une histoire un peu triste où tout s’arrange à la fin
Si vous aimez voir trembler les amoureux
Vous lamenter sur Baptiste ou rire avec les heureux
Poussez la toile et entrez donc vous installer
Sous les étoiles où le rideau va se lever
Quand les trois coups retentirent dans la nuit
Ils vont renaître à la vie, les comédiens

[Refrain]
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent

Les comédiens ont démonté leurs tréteaux
Ils ont ôté leur estrade et plié les calicots
Ils laisseront au fond du cœur de chacun
Un peu de la sérénade et du bonheur d’Arlequin
Demain matin quand le soleil va se lever
Ils seront loin et nous croirons avoir rêvé
Mais pour l’instant ils traversent dans la nuit
D’autres villages endormis les comédiens

[Refrain]
Viens voir les comédiens
Les musiciens
Les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Les musiciens
Les magiciens qui arrivent

Viens voir les comédiens
Les musiciens
Les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Voir les musiciens
Voir les magiciens qui arrivent
Viens voir les comédiens
Les musiciens
Les magiciens…

(Charles Aznavour)

 

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SÉRÉNADE TRISTE (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



SÉRÉNADE TRISTE

Comme des larmes d’or qui de mon coeur s’égouttent,
Feuilles de mes bonheurs, vous tombez toutes, toutes.

Vous tombez au jardin de rêve où je m’en vais,
Où je vais, les cheveux au vent des jours mauvais.

Vous tombez de l’intime arbre blanc, abattues
Çà et là, n’importe où, dans l’allée aux statues.

Couleur des jours anciens, de mes robes d’enfant,
Quand les grands vents d’automne ont sonné l’olifant.

Et vous tombez toujours, mêlant vos agonies,
Vous tombez, mariant, pâles, vos harmonies.

Vous avez chu dans l’aube au sillon des chemins,
Vous pleurez de mes yeux, vous tombez de mes
mains.

Comme des larmes d’or qui de mon coeur s’égouttent,
Dans mes vingt ans déserts vous tombez toutes,
toutes.

(Emile Nelligan)


Illustration: Francine Van Hove

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SÉRÉNADE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2018




    
SÉRÉNADE
(Hommage à Lope de Vega.)

Sur les bords de la rivière
voyez la nuit qui se baigne
et sur les seins de Lolita
meurent d’amour les bouquets.

Meurent d’amour les bouquets.

La nuit nue chante à voix basse
sur les ponts du mois de mars.
Lolita au bain se pare
dans l’eau saline et le nard.

Meurent d’amour les bouquets.

La nuit d’anis et d’argent
luit sur les toits de la ville.
Argent des eaux miroitantes.
Anis de tes cuisses blanches.

Meurent d’amour les bouquets.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Sérénade du ″Passant″ (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2017



 

Sérénade du ″Passant″

Mignonne voici l’Avril
Le soleil revient d’exil ;
Tous les nids sont en querelles,
L’air est pur, le ciel léger,
Et partout on voit neiger
Des plumes de tourterelle.

Fuis, le miroir séduisant,
Où tu nattes à présent,
L’or de tes cheveux de fée ;
Laisse là rubans et nœuds ;
Car les buissons épineux,
T’auront bientôt décoiffée.

Prends, pour que nous nous trouvions,
Le chemin des papillons
Et des frêles demoiselles,
Viens, car tu sais qu’on t’attend
Sous le bois, près de l’étang,
Où vont boire les gazelles.

(François Coppée)

 Illustration: Wladyslaw Slewinski

 

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Au bord de l’eau (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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Au bord de l’eau

Des grenouilles faisaient un grand charivari ;
Une caille très loin jetait son double cri,
Et, comme préludant à quelque sérénade,
Des oiseaux réveillés commençaient leurs chansons.
Le vent me paraissait chargé d’amours lointaines,
Alourdi de baisers, plein des chaudes haleines
Que l’on entend venir avec de longs frissons,
Et qui passent roulant des ardeurs d’incendies.
Un rut puissant tombait des brises attiédies.
Et je pensai : « Combien, sous le ciel infini,
Par cette douce nuit d’été, combien nous sommes
Qu’une angoisse soulève et que l’instinct unit
Parmi les animaux comme parmi les hommes. »
Et moi j’aurais voulu, seul, être tous ceux-là !

Je pris et je baisai ses doigts ; elle trembla.
Ses mains fraîches sentaient une odeur de lavande
Et de thym, dont son linge était tout embaumé.
Sous ma bouche ses seins avaient un goût d’amande
Comme un laurier sauvage ou le lait parfumé
Qu’on boit dans la montagne aux mamelles des chèvres.
Elle se débattait ; mais je trouvai ses lèvres !
Ce fut un baiser long comme une éternité
Qui tendit nos deux corps dans l’immobilité.
Elle se renversa, râlant sous ma caresse ;
Sa poitrine oppressée et dure de tendresse,
Haletait fortement avec de longs sanglots ;
Sa joue était brûlante et ses yeux demi-clos ;
Et nos bouches, nos sens, nos soupirs se mêlèrent.
Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,
Un cri d’amour monta, si terrible et si fort
Que des oiseaux dans l’ombre effarés s’envolèrent.

(Guy de Maupassant)

 Illustration: Dimitra Milan   

 

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L’andalouse (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017



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L’andalouse

Avez-vous vu, dans Barcelone,
Une Andalouse au sein bruni ?
Pâle comme un beau soir d’automne !
C’est ma maîtresse, ma lionne!
La marquesa d’Amaëgui !

J’ai fait bien des chansons pour elle,
Je me suis battu bien souvent.
Bien souvent j’ai fait sentinelle,
Pour voir le coin de sa prunelle,
Quand son rideau tremblait au vent.

Elle est à moi, moi seul au monde.
Ses grands sourcils noirs sont à moi,
Son corps souple et sa jambe ronde,
Sa chevelure qui l’inonde,
Plus longue qu’un manteau de roi !

C’est à moi son beau col qui penche
Quand elle dort dans son boudoir,
Et sa basquina sur sa hanche,
Son bras dans sa mitaine blanche,
Son pied dans son brodequin noir !

Vrai Dieu ! Lorsque son oeil pétille
Sous la frange de ses réseaux,
Rien que pour toucher sa mantille,
De par tous les saints de Castille,
On se ferait rompre les os.

Qu’elle est superbe en son désordre,
Quand elle tombe, les seins nus,
Qu’on la voit, béante, se tordre
Dans un baiser de rage, et mordre
En criant des mots inconnus !

Et qu’elle est folle dans sa joie,
Lorsqu’elle chante le matin,
Lorsqu’en tirant son bas de soie,
Elle fait, sur son flanc qui ploie,
Craquer son corset de satin !

Allons, mon page, en embuscades !
Allons ! la belle nuit d’été !
Je veux ce soir des sérénades
A faire damner les alcades
De Tolose au Guadalété

(Alfred de Musset)

 Illustration: Isabelle Jacq Gamboena

 

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Sérénade (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



 

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Sérénade

Comme la voix d’un mort qui chanterait
Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
Ma voix aigre et fausse.

Ouvre ton âme et ton oreille au son
De ma mandoline :
Pour toi j’ai fait, pour toi, cette chanson
Cruelle et câline.

Je chanterai tes yeux d’or et d’onyx
Purs de toutes ombres,
Puis le Léthé de ton sein, puis le Styx
De tes cheveux sombres.

Comme la voix d’un mort qui chanterait
Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
Ma voix aigre et fausse.

Puis je louerai beaucoup, comme il convient,
Cette chair bénie
Dont le parfum opulent me revient
Les nuits d’insomnie.

Et pour finir, je dirai le baiser,
De ta lèvre rouge,
Et ta douceur à me martyriser,
— Mon Ange ! — ma Gouge !

Ouvre ton âme et ton oreille au son
De ma mandoline :
Pour toi j’ai fait, pour toi, cette chanson
Cruelle et câline.

(Paul Verlaine)

Illustration

 

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Le Bachelier de Salamanque (René Chalupt)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2016



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Le Bachelier de Salamanque

Où vas-tu, toi qui passes si tard
Dans les rues désertes de Salamanque
Avec ta toque noire et ta guitare
Que tu dissimules sous ta mante ?
Le couvre-feu est déjà sonné
Et depuis longtemps, dans leurs paisibles maisons,
Les bourgeois dorment à poings fermés.
Ne sais-tu pas qu’un édit de l’alcade
Ordonne de jeter en prison
Tous les donneurs de sérénade,
Que les malandrins couperont ta chaîne d’or
Et que la fille de l’Almirante
Pour qui vainement tu te tourmentes
Se moque de toi derrière son mirador ?

***

The Bachelor of Salamanca

Where are you going, who walk so late
In the empty streets of Salamanca
With your black cap and your guitar
That you hide beneath your coat?
The curfew has already been sounded
And for long now, in their peaceful houses,
The bourgeois sleep with closed fists.
Do you not know that an edict of the alcalde
Has ordered to be thrown in prison
All those who serenade,
That the brigands will cut off your golden chain
And that the Admiral’s daughter
For whom in vain you torment yourself
Laughs at you behind her mirador?

(René Chalupt)

 

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