Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘serrement’

Versions (Eliséo Diego)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



pichet 0 [800x600]

Versions

La mort est ce petit pichet, orné de fleurs peintes à la main,
qu’on trouve dans toutes les maisons, et qu’on ne voit jamais.
La mort est ce petit animal qui est passé dans la cour,
et dont l’illusion nous berce, dans un serrement de cœur,
qu’il n’est que le chat de la maison, le chat de d’habitude,
le chat qui est passé et que nous ne reverrons plus.

La mort est cet ami qui apparaît sur les photographies de famille,
discrètement sur un côté, et que personne jamais n’est parvenu à reconnaître.
La mort, enfin, est cette tache sur le mur
qu’un soir nous avons regardée,
sans le savoir, un peu terrifiés

(Eliséo Diego)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

DEHORS (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Illustration
    

DEHORS

Un mot sans savoir où on est trop
Yeux feuilles vin rouges
Sentiment serrement dans sa cage
Etoiles: décrochez-moi ça

(Valérie Rouzeau)

 

Recueil: NEIGE RIEN
Editions: Editions Unes

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ECHO DE L’OMBRE (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017



Illustration: Christian Schloe 
    
ECHO DE L’OMBRE

l’ombre de la nuit a surpris
elle est entrée sans un bruit

pourprée de rose elle va épouser
un ciel d’azur divinement apaisé

Éthérée l’onde au firmament vibre
et l’écho inonde l’horizon du félibre

dans une inclinaison la déesse Junon
va aveuglement suivre Pâris sur l’horizon

là aux portes du jour à l’ombre de l’amour
l’éternité y sommeille sur un tapis de velours

ne reste qu’un serrement des coeurs retournés
où subsistent les tourments de toute une éternité

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA SPHINGE (Lucie Delarue-Mardrus)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



LA SPHINGE

Notre pensée intime est un vaste royaume
Dont le drame profond se déroule tout bas.
Toute chair emprisonne un ignoré fantôme,
Toute âme est un secret qui ne se livre pas.

Et c’est en vain, ô front ! que tu cherches l’épaule,
Refuge en qui pleurer, aimer ou confesser ;
L’être vers l’être va comme l’aimant au pôle,
Mais l’obstacle aussitôt vient entre eux se dresser.

Car au fond de nous tous, ennemie et maîtresse,
La sphinge s’accroupit sur son dur piédestal,
Et tout épanchement de cœur, toute caresse,
Soudain se pétrifie à son aspect fatal.

Sa présence toujours aux nôtres se mélange,
Sa croupe désunit les corps à corps humains ;
Au fond de tous les yeux vit son regard étrange,
Ses griffes sont parmi les serrements de mains.

Et lorsque nous voulons regarder en nous-même
Pour nous y consoler et nous y reposer,
La sphinge est là, tranquille en sa froideur suprême,
L’énigme aux dents et prête à nous la proposer.

(Lucie Delarue-Mardrus)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’empreinte (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017




L’empreinte

Je m’appuierai si bien et si fort à la vie,
D’une si rude étreinte et d’un tel serrement
Qu’avant que la douceur du jour me soit ravie
Elle s’échauffera de mon enlacement
La mer, abondamment sur le monde étalée
Gardera dans la route errante de son eau
Le goût de ma douleur qui est âcre et salée
Et sur les jours mouvants roule comme un bateau
Je laisserai de moi dans le pli des collines
La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir
Et la cigale assise aux branches de l’épine
Fera crier le cri strident de mon désir.
Dans les champs printaniers la verdure nouvelle
Et le gazon touffu sur les bords des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant pressés
La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l’air ma persistante odeur
Et sur l’abattement de la tristesse humaine
Je laisserais la forme unique de mon cœur

(Anna de Noailles)

Illustration: Jean Paul Avisse

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Impressions d’un voyageur loin de son pays (Gao Shi)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2017



Impressions d’un voyageur loin de son pays

Dans un site désert et silencieux,
par une froide nuit de clair de lune,
Le voyageur, isolé des siens,
ne s’embarque point
sans un pénible serrement de cœur.

Il voit s’agiter au loin,
tourmentées par le vent,
les eaux vertes et profondes,
Et les montagnes de la rive
lui apparaissent
sous l’aspect de l’automne.

L’automne,
c’est le temps de la chute des feuilles :
Une vague tristesse
enveloppe l’âme du voyageur.

(Gao Shi)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’empreinte (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2016



L’empreinte

Je m’appuierai si bien et si fort à la vie,
D’une si rude étreinte et d’un tel serrement
Qu’avant que la douceur du jour me soit ravie
Elle s’échauffera de mon enlacement

La mer, abondamment sur le monde étalée
Gardera dans la route errante de son eau
Le goût de ma douleur qui est âcre et salée
Et sur les jours mouvants roule comme un bateau

Je laisserai de moi dans le pli des collines
La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir
Et la cigale assise aux branches de l’épine
Fera crier le cri strident de mon désir.

Dans les champs printaniers la verdure nouvelle
Et le gazon touffu sur les bords des fossés
Sentiront palpiter et fuir comme des ailes
Les ombres de mes mains qui les ont tant pressés

La nature qui fut ma joie et mon domaine
Respirera dans l’air ma persistante odeur
Et sur l’abattement de la tristesse humaine
Je laisserais la forme unique de mon cœur

(Anna de Noailles)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Albert Lynch

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :