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Poésie

Posts Tagged ‘serrer’

Un enfant tient un trésor entre ses mains (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022



Illustration: Edouard Boubat
    
Un enfant tient un trésor entre ses mains.
Un missel, une bille, un coquillage.
Il serre les mains si fort sur son bien qu’il le fait entrer sous ses ongles, dans ses veines, son cerveau,
le métamorphose en lumière dont l’enfant n’est plus lui-même qu’un accident bienheureux, comblé.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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La pluie (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022


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La pluie qui tombe a je ne sais quoi d’ancien,
cette eau vieille me serre le coeur et me fait du bien,
elle a comme un arrière-goût d’ennui,
mais d’un ennui dont j’ai la nostalgie…
Voilà, j’y suis:
elle me rappelle les longs après-midi
passés, quand j’avais quinze ans, à regarder la pluie.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Là sur mon front (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2022



Illustration: Fabienne Contat
    
Là sur mon front
pose ta main
Comme si ta main
Était ma main

Serre-moi fort
Comme à la mort
Comme si ma vie
Était ta vie

Et aime moi
Comme à bonheur
Comme si mon coeur
Était ton coeur.

(Attila József)

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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L’eau vive (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022




Illustration: Frédéric Rébéna
    
L’eau vive

L’eau des fontaines de la pluie, la gentille eau, la fraîche aux joues,
l’eau qui a peur quand vient la nuit, l’eau qui tout bas chante tout doux,

l’eau qui murmure, l’eau qui dort, l’eau qui joue avec les anguilles,
avec Inès ou Léonor, avec les longs cheveux des filles,

l’eau qui paresse, l’eau qui bout, l’eau qui bouillonne méchamment,
l’eau qui désaltère les loups, l’eau d’Ophélie lit des amants,

l’eau file et fuit comme ma mort, comme le temps de notre amour,
ainsi qu’Inès ou Léonor, l’eau glisse et fuit comme le jour.

Serre les mains, ferme les doigts — et déjà l’eau file au moulin
comme la joie qui, près de toi, quand tu l’embrasses, est déjà loin.

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Mémoire 1966-1967 (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022




Illustration: Frédéric Rébéna
    
Mémoire 1966-1967

Il y a sûrement une porte
mais il faudrait la trouver
une porte dans le ciel gris qui ouvrirait sur un pré
Ici c’est l’hiver mais une fois la porte ouverte
on entrerait dans l’été
Ici c’est gris étouffé cendres serrées et murailles closes
mais si on parvenait à ouvrir la porte
un plein soleil de coquelicots
d’herbe fraîche et de campanules
vous rirait au nez

Si on trouvait la porte
qui se cache dans les corridors
on aurait de nouveau la vie devant soi
avec le soleil retrouvé
la permission de tout recommencer

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Serrés autour de la table (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2022



Illustration: Louis Le Nain
    

serrés autour de la
table ce geste d’offrir
le pain le plat brûlant
la corbeille de fruits

nous cherchons une chaleur plus grande
encore
celle des voix des regards mêlés

et les absents
sont invités à nous rejoindre

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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Le bouquet de tes rêves (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022



 

Alain Bonnefoit 51_1_l

Le bouquet de tes rêves
La nuit le met en mes mains
Il suffit de mes lèvres
Pour briser tes songes
Tu es fleuve je suis rive
Je te serre et tu fuis
Voici le calme coude
De ton sommeil en mes bras
Je tiens dans ma nuit
La brassée de la tienne
Tu es le galet poli
Que l’eau ne possède pas
Comme elle je te tiens
Et tu ne m’appartiens pas
Je vais dans la nuit
Chargé de tes songes
Il y aura toujours une aile
La dureté de l’eau qui danse
Et tu t’en vas loin de moi
Qui vais fidèle au long de toi.

(Max-Pol Fouchet)

Illustration: Alain Bonnefoit

 

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Chanson, pour l’enfant qui part (Meng Jiao)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2022



Illustration: He Zhihong
    
Chanson, pour l’enfant qui part

Tendrement, la mère tricote
Une toge pour son fils qui s’en va.
Le départ approche, elle coud à points serrés,
Craignant que son enfant ne tarde à rentrer.
Qui oserait affirmer qu’un brin d’herbe
Puisse récompenser le soleil de la chaleur du printemps ?

(Meng Jiao)

***

Recueil: Poèmes de Chine de l’époque dynastique des Tang
Traduction: Guillaume Olive & He Zhihong
Editions: Seuil

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JE SERRE SES MAINS … (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022




    
JE SERRE SES MAINS …

Je serre ses mains ; je la presse contre ma poitrine.
J’essaie d’emplir mes bras de sa beauté, de piller
avec mes baisers son sourire, de boire avec mes yeux ses regards.

Hélas ! mais où est tout cela ?
Qui peut forcer l’azur du ciel ?
J’essaie d’étreindre la beauté ; elle m’élude, ne laissant
que le corps entre mes mains.

Confus et lassé, je retombe.
Comment pourrait le corps toucher la fleur que
seule l’âme peut toucher ?

(Rabindranath Tagore)
(Traduction : André Gide)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Pensées dans le boudoir (Xu Gan)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2022




    
Pensées dans le boudoir

L’ombre s’enfonce, serre le noeud de mes tourments.
Chagrins et tourments à cause de qui ?
Je pense à notre séparation,
Chacun en vie, mais à chaque bout du ciel,
Sans espoir d’heureuse réunion.
Mon coeur est déchiré, lacéré, blessé.
Ce n’est pas la nourriture qui me manque,
Mais l’appétit tant la peine m’accable.
Assise immobile, sans rien faire,
Je pense à l’éclat radieux de ton visage.

(Xu Gan)

 

Recueil: Cent poèmes d’amour de la Chine ancienne
Traduction: André Lévy
Editions: Philippe Picquier

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