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Posts Tagged ‘serrure’

SUICIDE PROVISOIRE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020


 


 

Cesare Lapini  (1853)

SUICIDE PROVISOIRE

au fond des tiroirs bleus
dont les clés sont parties vers des serrures sauvages
et les lettres égarées dans la foire aux aveux
au fond des tiroirs couleur de lycéenne
entre un cigare flétri et une paire de gifles
datant du dernier scandale
il arrive de ramasser
des lèvres amères
récitant des mots proches
qui descendent comme des cailloux
la pente de la voix

des lèvres rares et brèves
qui s’ouvrent pour laisser passer
un espion déguisé en orchestre
je ne sais plus quelle symphonie
s’agrippe à un cerceau de flammes
et maintenant se dresse la fenêtre
sans âge ni lumière
soeur des lèvres amères
c’est par elle que rentrent les névroses
gantées de mains humaines
qui décapitent les femmes
après l’amour

il y a sur une certaine table
un objet qui sourit à travers tous les sommeils du monde
c’est un visage
jamais aperçu
jamais oublié
un visage que berce
l’infinissable neige du souvenir.

(Georges Henein)

Illustration: Cesare Lapini

 

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Amour désenchanté (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020




    
Amour désenchanté
désert glacé coeur éclaté
c’est fini elle est partie.
Ciel gris hiver ennui
oui ça arrive aussi
amour déglingué
le ressort a cassé.
Portes fermées volets tirés
il faut panser les plaies.
Et puis par la serrure perce un rai de lumière
jamais vraiment l’amour ne désespère
un souffle d’air et sous la cendre
rougeoie la braise.

Demain
oui demain
à nouveau
j’aimerai.

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Une clef à East Lansing (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2019



 

Une clef à East Lansing

Je suis une pièce d’acier limé.
Mon bord cranté n’est pas fruit du hasard.
Dans une armoire que je ne peux voir
Je somnole accrochée aux autres clefs.
Il est une serrure qui m’attend,
La seule. La porte est de fer forgé,
Et de verre épais. De l’autre côté,
Cachée, la maison existe vraiment.
Dans leur haute pénombre, désertés,
Des miroirs voient passer les jours, les nuits
Et les photos des défunts oubliés,
Et le fin passé des photographies.
Le jour venu je pousserai la dure
Porte, je ferai tourner la serrure.

(Jorge Luis Borges)

Illustration

 

 

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Haie claire des cils (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



haie claire des cils
tant ta douceur
vers le miroir

gorge de labour riche
aux longs déplacements musqués
de la lenteur

tes pêches appétits
soudain pétrels
plongeants

la peau
serrures des mains
qui s’écartent comblées

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

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Mon coeur (Michèle Voltaire Marcelin)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



Alberto Pancorbo -El-candado

Mon coeur

Mon coeur sert tant et si souvent
que la rouille ne s’y installe pas
Il faut à chaque fois y changer la serrure
Le dernier amant garde toujours la clef

(Michèle Voltaire Marcelin)

Illustration: Alberto Pancorbo

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Il n’y a rien à garder (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Il n’y a rien à garder.

Nous pouvons laisser les portes ouvertes
ou les clefs dans les serrures.

Nous pouvons partir les mains vides
sans penser à ce qui est à emporter
ou à ce qui est à laisser.
Il nous suffit des regards
qui ne peuvent pas se garder.

Face au dénouement prévu depuis longtemps,
ce qui est impossible à garder
est la seule chose qui compte.

***

No hay nada que guardar.

Podemos dejar las puertas abiertas
o puestas las llaves en las cerraduras.

Podemos irnos con las manos vacías
y sin pensar qué llevamos
o qué dejamos.
Nos bastan las miradas,
que no se pueden guardar.

Ante el desenlace largamente previsto
lo imposible de guardar
es lo único que importa.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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L’eau dans l’eau (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
L’eau dans l’eau

Avec une clef de cristal
ouvrir une serrure de givre

entrer dans le temps
qui n’est pas le temps
comme de l’eau pure

versée dans l’eau pure

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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A qui est cette maison ? (Toni Morrison)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019


 


 

Volker Birke artlimited_img400551

A qui est cette maison ?
A qui est cette nuit qui empêche la lumière d’entrer
À l’ intérieur ?
Dis, à qui appartient cette maison ?
Ce n’est pas la mienne.
J’ai rêvé d’une autre, plus douce, plus grande,
Avec une vue sur des lacs traversés par des bateaux peints ;
Sur des champs larges comme des bras ouverts pour m’accueillir.
Cette maison est étrange,
Ses ombres mentent.
Parle, dis-moi,
pourquoi est-ce que sa serrure correspond à ma clé ?

(Toni Morrison)

Illustration: Volker Birke

 

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Je devins une serrure (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018



nid HTLf

Je devins une serrure qui veut prendre clef…
Je suis un nid d’oiseaux nouveau-nés qui chantent
un nid d’oiseaux cherchant leurs ailes
Sous la caresse encore incomprise du vent.

(Pierre Béarn)

Illustration

 

 

 

 

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L’AZUR (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



L’AZUR

L’Hippolyte au front de mouche
regardait l’azur par le trou de la serrure.
— Mais, Hippolyte, ouvre donc la fenêtre,
t’auras tout l’azur que tu veux. —
Ah ouiche, vous appelez cela de l’azur, vous autres,
ce grand ciel bête où il n’y a qu’à puiser.
Mon azur à moi, c’est plus compliqué.

(Norge)


Illustration

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