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Poésie

Posts Tagged ‘serrure’

Je devins une serrure (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018



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Je devins une serrure qui veut prendre clef…
Je suis un nid d’oiseaux nouveau-nés qui chantent
un nid d’oiseaux cherchant leurs ailes
Sous la caresse encore incomprise du vent.

(Pierre Béarn)

Illustration

 

 

 

 

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L’AZUR (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



L’AZUR

L’Hippolyte au front de mouche
regardait l’azur par le trou de la serrure.
— Mais, Hippolyte, ouvre donc la fenêtre,
t’auras tout l’azur que tu veux. —
Ah ouiche, vous appelez cela de l’azur, vous autres,
ce grand ciel bête où il n’y a qu’à puiser.
Mon azur à moi, c’est plus compliqué.

(Norge)


Illustration

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Tant de portes (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018




    
Tant de portes
pour ne pas entrer
tant de regards
pour ne rien voir
Les clés sont
dans les serrures
de l’autre côté
Elles ne servent
qu’à nous empêcher
de découvrir
le noir

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans le ciel du néant avec presque rien (Katerina Anghelàki-Rooke)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Dans le ciel du néant avec presque rien

Par le trou de la serrure je guette la vie
je l’espionne pour comprendre
pourquoi c’est toujours elle qui gagne
tandis que nous perdons tous.
Pourquoi toutes les valeurs naissent et s’imposent
à ce qui pourrit d’abord :
le corps.
Je meurs en esprit sans trace de maladie
je vis sans nul besoin d’encouragement
je respire que je sois près ou loin
de ce qu’on touche
de chaud, qui embrase…
Je me demande quels autres arrangements
la vie va inventer
entre la débâcle d’une disparition définitive
et le miracle de l’immortalité chaque jour.
Je dois ma sagesse à la peur :
je jette
pétales, soupirs, nuances.
L’air, la terre, les racines je les garde –
je veux lâcher le superflu
pour entrer dans le ciel du néant
avec presque rien.

(Katerina Anghelàki-Rooke)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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La Bise (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



La Bise

La bise fait le bruit d’un géant qui soupire;
La fenêtre palpite et la porte respire;
Le vent d’hiver glapit sous les tuiles des toits;
Le feu fait à mon âtre une pâle dorure;

Le trou de ma serrure
Me souffle sur les doigts.

(Victor Hugo)


Illustration

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Hiver (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Hiver

II faudrait faire un feu… bien grand, bien haut,
Pour que tous les humains se chauffent à sa flamme.

Nous jetterions dedans tel bibelot vieillot,
Tels objets ébréchés, cassés, tel jeu de dames,
Les jouets des enfants, tel autre jeu,
M’entends-tu, chat perché? Et dans ce feu,
Nous éparpillerions, je le proclame,
Tout ce qui semble beau. L’on entendrait soudain
L’incandescente flamme offrir au ciel serein
Les ardeurs de son chant. Les gens d’une même âme,
Ou d’un même pays, se donneraient la main.

Il faudrait faire un feu d’une folle envergure,
Car le givre a couvert les villes et les prés;
Faire sauter la si froide serrure
De nos garde-manger. Et que les jets pourprés
Reçoivent de nos mains leur riche nourriture
Pour donner en retour la chaleur douce et pure.

Il faudrait, oui, faire ce noble feu
Afin que les humains se dégèlent un peu.

(Attila Jozsef)

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Chanson pour toi (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Chanson pour toi

Je ne cesserai pas
de chanter les cloches des rencontres muettes,
les bras des divans parfumés,
les grandes chutes d’oiseaux ressemblants,
les éternels miroirs vibrants.

Je ne cesserai pas
de chanter la morsure rouge des lèvres,
l’épaule insoumise, les aisselles surprises,
les seins toujours à l’heure aux rendez-vous nocturnes.

Je ne cesserai pas
de chanter ton visage poudré de cendre,
le dernier naufrage à l’aube soufflée des lampes,
ta nuque échappée à l’étreinte,
tes pas que rien ne trahit.
Je ne cesserai pas
de chanter tes hanches profondes,
tes chevilles noyées dans les nuages,
tant de pensées vagabondes,
tant de fumée divine.

Je ne cesserai pas
de chanter ta chevelure courante
aux pieds des arbres solitaires
blessés de feuilles et d’œillères.

Je ne cesserai pas
de chanter la rue, le parc, la mer,
car je te connais
car je t’aime et te connais.

Je ne cesserai pas
d’apprendre à rire,
à peindre et rire
dans le fond des palais;
car je te crains,
car je t’aime et te crains.

Je ne cesserai pas
de forger des serrures,
des cadenas et des ceintures
tout le long du ciel,
car je te garde,
car je t’aime et te garde.

Je ne cesserai pas
de couper tes mains,
tes bras et tes poings
pour que jamais l’adieu
ne remonte sur l’eau.

(Edmond Jabès)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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Chanson pour un soir de clair de lune (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Tu déplaces les rues.
La ville est un labyrinthe.
J’aboutis toujours à ta rue.

Tu changes de nom.
Les jours sont mes échelons.
Ta fenêtre est si haute.

Je ne cesserai pas
d’apprendre à rire,
à peindre et rire

Je te perds de vue.
A ta porte, un voleur
s’attaque à la serrure.

Tu bordes mes rêves.
Tu échappes à la terre,
A l’hiver, aux larmes.

(Edmond Jabès)

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DROIT (Philippe Jones)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



DROIT

C’était le temps des grandes pluies,
pavés gras et fusils brillaient
et les paroles vénéneuses,
portes et serrures grinçaient.

Sur tout un continent les feuilles
tombaient avec indifférence.
Contre la grille il était grand
pâle, cheveux gris de silence.

Les yeux sans brume il souriait
les yeux au delà du voyage,
c’était la veille de sa mort
il souriait, les yeux sans âge.

C’était le temps des grandes hontes,
où les prisons étaient le port
d’hommes dressés, d’hommes vivants.

Il marchait droit, il marche encore

(Philippe Jones)

Illustration: Alberto Giacometti

 

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UN LONG COULOIR DANS LA SERRURE (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



 Illustration: Amnesty International
    
UN LONG COULOIR DANS LA SERRURE

Bruit de pas. Du long couloir dans la serrure
Un homme vient
L’homme est effroyable

Par le nez de la serrure, l’eau assombrie de la montagne
Coule et entre. Dans mes méninges flotte ma lointaine
Enfance; l’araignée d’eau,
Les plantes marines, le bruissement de l’eau
Qui tourbillonne une ou deux fois à mes oreilles,
Soudain tout s’arrête et m’ordonne
«Avoue!»

Par l’oesophage de la serrure, ardemment
Le téléphone sonne encore.
Dans la gorge, d’un seul trait
J’avale un couteau glacial.
Le couteau enfoncé,
Répondre à la question.
«Nous ne sommes plus des hommes»

Par le trou de la serrure, souffle le vent sonore.
Les feuilles de l’orme s’agitent
Quelqu’un le prend à la gorge et le secoue
branche par branche,
Les papiers à deux faces flottent
Le dernier saisit l’empreinte
De mon doigt.
Je voudrais dormir.
«Ah, ce corps, pourquoi existe-t-il?»

Craquement de la porte â l’extérieur ;
Bruit de pas ; du long couloir dans la serrure
Un homme sort.
En tombant,
Demandant grâce, il dit enfin
Aux mouches «ONLY WAY TO FLY »

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes __..
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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