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Posts Tagged ‘servante’

Faible est ma voix, mais mon vouloir ne cède pas (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Faible est ma voix, mais mon vouloir ne cède pas.
Et même, sans amour, je me sens plus légère.
Dans les hauteurs du ciel un vent souffle ample et pur
Et mes pensées ignorent la souillure.

La servante Insomnie a quitté mon chevet,
Je ne me morfonds plus près de la cendre grise,
Et sur la tour l’aiguille courbe de l’horloge
Ne me fait plus l’effet d’une flèche qui tue.

Donc le passé sur moi perd son pouvoir.
La délivrance est proche. Je pardonne
En regardant la lumière qui joue
Sur le lierre mouillé par le printemps.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Dans quel but le clair de lune vient-il frapper la prairie? (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




Le clair de lune quand il vient frapper la prairie
Je ne sais quelles choses il me rappelle…
Il me rappelle la voix de la vieille servante
Qui me racontait des contes de fées
Et comment Notre-Dame déguisée en mendiante
Cheminait la nuit sur les routes
Portant secours aux enfants maltraités…

Si je ne peux plus croire que c’est la vérité,
Dans quel but le clair de lune vient-il frapper la prairie?

(Fernando Pessoa)

Illustration: Alexis de Tocqueville

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On voudrait croire (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



on voudrait croire ici-bas
que nous parle une voix d’en haut
quelquefois la jeune servante
occupée à cirer le plateau
d’une table ancienne
suspend son geste écoute
naître au loin la chanson secrète
et s’approche de la fenêtre
alors qu’apparaît le marchand d’oublies

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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Le Ranz des Vaches (Anonyme Suisse)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




    
Le Ranz des Vaches

1

Les armaillis des Colombettes
De bon matin se sont levés.

2

Quand ils sont arrivés aux Basses-Eaux
Le chancre me ronge! Ils n’ont pu passer.

3

Pauvre Pierre, que faisons-nous ici?
Nous ne sommes pas mal embourbés

4

Il te faut aller frapper à la porte,
A la porte du curé.

5

Que voulez-vous que je lui dise
A notre brave curé.

6

Il faut qu’il dise une messe
Pour que nous puissions passer

7

Il est allé frapper à la porte
Et il a dit ceci au curé:

8

Il faut que vous disiez une messe
Pour que nous puissions passer

9

Le curé lui fit sa réponse:
Pauvre frère, si tu veux passer

10

Il te faut me donner un petit fromage
Mais sans écrémer le lait.

11

Envoyez-nous votre servante
Nous lui ferons un bon fromage gras.

12

Ma servante est trop jolie
Vous pourriez bien la garder

13

N’ayez pas peur, notre curé
Nous n’en sommes pas si affamés

14

De trop « moler » votre servante
Il faudra bien nous confesser

15

De prendre le bien de l’Eglise
Nous ne serions pas pardonnés

16

Retourne-t’en, mon pauvre Pierre
Je dirai pour vous un Ave Maria.

17

Beaucoup de biens et de fromages vous souhaite
Mais venez souvent me trouver.

18

Pierre revient aux Basses-Eaux
Et tout le train a pu passer

19

Ils ont mis le kio à la chaudière
Avant d’avoir à moitié trait

REFRAIN

1-3-5-7-9-11-13-15-17-19: Lyôba (appel des vaches) pour traire (bis).
Venez toutes, les blanches, les noires,
les rouges, les étoilés sur la tête les jeunes, les autres,
Sous ce chêne où je vous traie,
sous ce tremble où je fabrique le fromage, Lyôba, lyôba, pour la traite (bis).

***

Lè j’armayi di Kolonbètè

TITRE DU CHANT EN FRANCAIS:
Le Ranz des Vaches

1
Lè j’armayi di Kolonbètè
Dè bon matin chè chon lèvâ.

2
Kan chon vinyê i Bachè j’Ivouè
Tsankro lo mè! n’an pu pachâ.

3
Tyè fan no ché mon pouro Piéro?
No no chin pâ mô l’inrinbyâ.

4
Tè fô alâ fiêr a la pouârta,
A la pouârta dè l’inkourâ.

5
Tyè voli vo ke li dyécho?
A nouthron brâvo l’inkourâ.

6
I fô ke dyéchè ouna mècha
Po ke no l’y pouéchan pachâ.

7
L’y è j’elâ fiêr a la pouârta
È l’a de dinche a l’inkourâ:

8
I fô ke vo dyécho ouna mècha
Po ke no l’y puéchan pachâ.

9
L’inkourâ li fâ la rèponcha:
Pouro frârè che te vou pachâ,

10
Tè fô mè bayi ouna motèta
Ma ne tè fô pâ l’èhyorâ.

11
Invouyi no vouthra chèrvinta
No li farin on bon pri grâ.

12
Ma chèrvinta l’è tru galéja
Vo porâ bin la vo vouêrdâ.

13
N’ôchi pâ pouêre, nouthron prithre,
No n’in chin pâ tan afamâ.

14
Dè tru molâ* vouthra chèrvinta
Fudrè èpè no konfèchâ.

15
Dè prindre le bin dè l’èlyije
No ne cherin pâ pèrdenâ.

16
Rètouârna t’in mou pouro Piéro
Deri por vo on’Avé Maria.

17
Prou bin, prou pri i vo chouèto
Ma vinyi mè chovin trovâ.

18
Piéro rèvin i Bâchè j’Ivouè
È to le trin l’a pu pachâ.

19
L’y an mè le kiô a la tsoudêre
Ke n’avan pâ la mityi aryâ.

Redzingon
1-3-5-7-9-11-13-15-17-19: Lyôba, lyôba, por aryâ (bis). Vinyidè totè, byantsè, nêre, Rodzè, mothêlè, dzouvenè ôtrè,
Dèjo chti tsâno, yô vo j’âryo, Dèjo chti trinbyo, yô i trintso, Lyôba, lyôba, por aryâ (bis).

(Anonyme Suisse)

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SIGNES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



 

FIN

SIGNES

Quand un client parfois dans un restaurant sombre
décortique une amande
une main vient se poser sur son étroite épaule
il hésite à finir son verre
la forêt au loin repose sous les neiges
la servante robuste a pâli
il lui faut bien laisser tomber la nuit d’hiver
n’a-t-elle pas souvent vu
à la page dernière
d’un livre à modeste savoir
le mot fin imprimé
en capitales dorées ?

(Jean Follain)

 

 

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La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse

La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse,
Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse,
Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs.
Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs,
Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres,
Son vent mélancolique à l’entour de leurs marbres,
Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats,
A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps,
Tandis que, dévorés de noires songeries,
Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries,
Vieux squelettes gelés travaillés par le ver,
Ils sentent s’égoutter les neiges de l’hiver
Et le siècle couler, sans qu’amis ni famille
Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille.

Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir,
Calme, dans le fauteuil, je la voyais s’asseoir,
Si, par une nuit bleue et froide de décembre,
Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre,
Grave, et venant du fond de son lit éternel
Couver l’enfant grandi de son oeil maternel,
Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse,
Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?

(Charles Baudelaire)

Illustration: Jean-Baptiste Corot

 

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La servante écosse les pois (Marie Rose de France)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Myles Birket Foster Ecosser les pois

La servante écosse les pois
Sans voir leurs sourires

(Marie Rose de France)

Illustration: Myles Birket Foster

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UNE QUESTION (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



UNE QUESTION

La servante aux douces hanches
était debout dans la grâce d’exister.
Elle ressemblait à une jarre.
Oui, ses hanches, son cou, ses cuisses,
ressemblaient à une jarre.
Et pour la fraîcheur et pour les courbes.
Ses cheveux étaient un poids d’ombre et d’odeurs,
une jeune forêt sans doute, et cachant quels oiseaux? On rêvait.
Par un certain détour, on pensait : que peut un homme ?

(Norge)


Illustration: Catherine Forestier-Thivrier

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J’ai de toi une image (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



 

Koh Sang Woo 1978 - Korean photographer -  (11) [1280x768]

J’ai de toi une image
Qui ne vit qu’en mon coeur.
Là, tes traits sont si purs
Que tu n’as aucun âge.

Là, tu peux me parler
Sans remuer les lèvres,
Tu peux me regarder
Sans ouvrir les paupières.

Et lorsque le malheur
M’attend sur le chemin,
Je le sais par ton coeur
Qui bat contre le mien.

Vers le soir, tu me parles parfois de la mort
Comme si tu étais déjà un peu absente,
Comme si ton coeur se détachait sans effort
De la vie dont tu fus la docile servante.

Tu me parles paisiblement de la maison
Qu’il ne faudra pas vendre et des vieux groseilliers
De ton jardin qu’on ne devra pas arracher,
Et des miettes de pain à donner aux pinsons
Qui viennent dès l’hiver picorer dans la cour,
Et de tous ces simples travaux de tous les jours
Que tes mains dénouées auront abandonnés.

Et ta voix coule alors, pareille à un ruisseau
Qui s’en va humblement, comme le veut sa pente,
Mais qui, sans le savoir, fait refleurir la menthe
Et met au creux des prés des morceaux de ciel bleu.

(Maurice Carême)

Illustration: Koh Sang Woo

 

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SPHINX (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Gustave Moreau
    
SPHINX

Toutes les femmes sont des fêtes,
Toutes les femmes sont parfaites,
Et dignes d’adoration,
Sous les fichus ou sous les mantes
Toutes les femmes sont charmantes,
Oui, toutes, sans exception;

Toutes les femmes sont des Belles
Sous les chapeaux ou les ombrelles
Et sous le petit bonnet blanc;
Toutes les femmes sont savantes,
Les princesses et les servantes,
Les ignorantes… font semblant;

Toutes les femmes sont des reines :
Impératrices souveraines
Et grisettes de magasin,
Et premières communiantes,
Avant comme après si liantes
Avec les lèvres du cousin;

Toutes les femmes sont honnêtes,
Le coeur loyal et les mains nettes,
En sabots, ou sur les patins;
Adorables prostituées,
Nous mériterions vos huées :
C’est nous qui sommes les… pantins.

Toutes les femmes sont des saintes,
Surtout celles qui sont enceintes
Tous les neuf mois sans perdre un jour,
Et qui de janvier à décembre
Se pâment la nuit dans leur chambre
Par la volonté de l’Amour.

Toutes, toutes, sont bienheureuses
D’élargir leurs grottes ombreuses
D’où l’amour a fichu la peur
Par la fenêtre… déchirée,
« Et la fille déshonorée »?
Rit dans sa barbe… de sa peur,

Plus fines que nous et meilleures,
Efles nous sont supérieures…
Chaque Français, dans tous les cas,
S’il les aborde se découvre
Et c’est le plus grand, dans le Louvre,
Qui sait saluer… le plus bas,

Belle, parfaite, reine, sainte,
Honnête si ce n’est enceinte,
Tout cela s’applique fort bien
A la femme que tu veux être…
Mais… si l’on pouvait Vous connaître,
Ah!… quant à moi… je ne sais rien…
Devant Vous je songe, immobile,
Tel, droit, sur son cheval Kabyle,
Bonaparte, au regard de lynx,
Sans suite, seul, un grand quart d’heure,
Au soleil des sables, demeure
Fixe et rêveur, devant le Sphinx!

(Germain Nouveau)

 

Recueil: La Doctrine de l’Amour Valentines
Traduction:
Editions: Gallimard

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