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Poésie

Posts Tagged ‘servir’

Vie (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018



Illustration
    
Vie, don stérile et fortuit,
de quoi me sers-tu, ma vie ?
Pourquoi un destin caché
à la mort t’a-t-il vouée ?

Qui, dans un dessein hostile,
m’a tiré hors du néant,
liant à mon âme ardente
un esprit rongé de doutes ?

Nul but au bout de ma route :
un coeur vide, un esprit vain
qu’empoisonne d’amertume
le bruit morne de mes jours.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard
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Pile Wonder (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018




    
Je me souviens de « La pile Wonder ne s’use que si l’on s’en sert ».

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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LES TRAQUÉS (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



LES TRAQUÉS
(fragment)

Où sommes-nous sur le dos du monde ?
Nous avons tant roulé
d’un sabord sur l’autre
et piqué du nez dans l’embrun
que les méridiens sont brisés.

Le froid du vent ne trouve plus d’obstacle
sur le spardeck nu
c’est un torrent d’herbes mouillées qui dévale.

De la nuit, rien ne naît que ce filin
qui tombe dans ma main durcie.
On entend, comme d’un cachot, rôder la vie
et la Vie c’est la mer façonnant nos destins.

Le vie c’est aussi ce filin dans ma main
ce filin rude et froid qui vient d’en haut
du ciel peut-être
et qui vibre dans ma main.

Je le tirais á moi lorsque j’étais enfant
et la cloche éclatait d’orgueil !
Puis la nuit se peuplait d’étoiles vagabondes
qui glissaient en cercle vers moi
et l’église emmurait alors la voie lactée.

Si je tirais la cloche
dans ce vent d’herbes mouillées
viendraient-ils les vieux de mon village
sur la mer illimitée ?

Si j’éveillais le bruit des heures sur nos têtes
l’église de la nuit serait-elle assez grande
pour accueillir tous ces errants que j’ai perdus ?

Mais les heures ne sont plus saluées par des cloches
dans les sillons de nuit la guerre nous a vidés
loin des villages
loin des étoiles qui vagabondent.

Le vent nous reste, avec la mer, avec la nuit,
près de la Mort qu’il faut servir.

La cloche des heures ne sonne plus
mais les glas sont infinis

(Pierre Béarn)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Pour avoir la paix (Éric Pessan)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2018




    
Pour avoir la paix, je me sers un verre.
Enfin, quand j’ai un verre à la main,
je peux penser à autre chose
que les bouteilles rangées sous l’évier

(Éric Pessan)

 

Recueil: Le syndrome Shéhérazade
Traduction:
Editions: L’Attente

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Enfants jouant à la balle (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



Enfants jouant à la balle
je la pousse du pied
Heureux de servir à quelque chose

(Thierry Cazals)


Illustration: Françoise Gilot


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Un livre, à quoi ça sert ? (J.M.G. Le Clézio)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Un livre, à quoi ça sert ?
À écrire. Ça sert à écrire, à lire, à dessiner.
À écrire ce qui est écrit, à lire ce qui est écrit.
À dessiner des animaux, des arbres, des poissons, des cendriers, des livres, des hommes, des enfants.
À dessiner tout ce qu’on voit.
A compter aussi, à mettre des chiffres.
À raconter des histoires, l’histoire du hibou, l’histoire de la montagne creuse et de la forêt avec les loups.
À faire le ciel, à faire le soleil. A faire une chemise. À faire un pot de fleurs, et une cigarette.
On dessine. On colorie.
On dessine les maisons.
On dessine les salamandres et les escargots.
On peut les faire à l’endroit, et puis à l’envers.
On peut les faire avec des craies, avec des pinceaux.
Avec des allumettes aussi.
Avec de la paille.
Avec des feuilles.
Avec des cheveux.
Avec de l’herbe. Avec des morceaux de bois.
On peut coller, on peut découper avec des ciseaux.
Un livre, ça peut être une boîte.
ça sert à se rappeler, aussi.
A gribouiller.
À cacher les choses, pour que les autres ne les trouvent pas.
ça sert à envoyer des lettres aussi. À mettre les lettres et les cartes quand le facteur les a apportées.
À coller des photos.
Un livre, ça sert à lire le journal.
On écrit les lettres, les O, les A, les Z, les W.
On écrit ZORRO, CHAT ISABELLE.
Ça sert à courir dans le jardin.
Un livre, ça sert à mettre ce qu’on a rêvé cette nuit.
Quand on s’est bien amusé avec, on n’a plus qu’à le jeter à la poubelle.

(J.M.G. Le Clézio)


Illustration

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Aveugle et sourde (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
Aveugle et sourde,
la nature ne voit pas les châteaux
que nous bâtissons en paroles,
ni la bête à l’écart du troupeau
qui broute la fleur empoisonnée.

Elle n’entend pas les têtes chantantes
qui flottent au-dessus de nos rivières,
ni les tambours en peau de chagrin
qui nous servent à compter les jours.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Filles de la mémoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tant de portes (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018




    
Tant de portes
pour ne pas entrer
tant de regards
pour ne rien voir
Les clés sont
dans les serrures
de l’autre côté
Elles ne servent
qu’à nous empêcher
de découvrir
le noir

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Et pourtant dans le monde (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018




    
Et pourtant dans le monde

On nous dira qu´on a tort de chanter
La fraternité et la liberté,
Que tout cela ne sert à rien,
Que ce n´est pas encore pour demain

{Refrain:}
Et pourtant dans le monde
Les enfants nous répondent
Et pourtant dans le monde…

On nous dira qu´on a tort de rêver
En croyant vivre la réalité,
Qu´il faut garder les yeux ouverts
Et regarder ce qui va de travers.

{au Refrain}

On nous dira qu´on a tort de crier
Et de clamer nos quatre vérités,
Qu´il vaut mieux se taire ou mentir,
Et surtout savoir garder le sourire.

{au Refrain}

On nous dira qu´on a tort de parler
De l´amour comme si il en existait,
Qu´il ne s´agit que d´un mirage,
Une illusion qui n´est pas de notre âge.

{au Refrain}

On nous dira qu´on a tort ou raison,
Ca nous fera pas changer de chanson,
On vous la donne comme elle est,
Vous pourrez en faire ce qu´il vous plaît.

{au Refrain, x3}

(Georges Moustaki)

Illustration

 

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La semaine prochaine (José Millas-Martin)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Photos grenier en vrac Vieille dame du pavillon 1934
Près de la Marne Si fraîche les dimanches d’été Guinguettes
Petit vin blanc etc Je veux retourner chez moi Mais
voui vous irez la semaine prochaine Son lit point fixe
Tu sais hier j’étais chez moi J’avais oublié de couper
le courant Jours Nuits interférences Pense aux cerises
pour tes confitures Photos majuscules L’autre
dame les a brûlées A quoi serviraient-elles?

(José Millas-Martin)

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