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Poésie

Posts Tagged ‘s’étaler’

Ceux qui rêvent Pomme (Claire Pommet)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019




    
Ceux qui rêvent
Pomme
Mes nuits blanches ne sont pas blanches, à peine claires
Semées d’étoiles
Petits trous dans la toile étanche
Tristes strass sur le voile
Et moi, envoûtée de ténèbres
Je passe des heures infinies
À compter les moutons funèbres
Qui tapissent mes insomnies

Ah minuit est là
Ah je ne dors pas

Et moins je dors et plus je pense
Et plus je pense et moins j’oublie
L’immense impasse, l’espace immense
Qui s’étendent au fond de mon lit
C’est inouï tous ces silences
Qu’il est cosmique cet ennui
Dois-je recourir à la science?
Anesthésier l’insomnie?

Ah minuit est là
Ah je ne dors pas

Et puis passé minuit je danse
Au rythme des tachycardies
Et tout s’emballe et tout balance
Et tout m’étale et tout me fuit
La lune est un fruit un peu rance
La vie est une maladie
Ceux qui rêvent ont bien de la chance
Et les autres ont des insomnies
Ceux qui rêvent ont bien de la chance
Et les autres ont des insomnies
Ceux qui rêvent ont bien de la chance
Quant à moi j’ai des insomnies

Ah minuit est là
Ah je ne dors pas
Ah minuit est là
Ah je ne dors pas
Je ne dors pas
Je ne dors pas
Je ne dors pas

(Claire Pommet)

 

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La mer printanière (Yosa Buson)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2019



    

(Yosa Buson)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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ÉTRANGERS (Many-Leib)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration: Wilhelm Hammershoi
    
ÉTRANGERS

Voilà, comme un enfant, qu’il tombe sur son coeur,
Solitude et douleur – et de ses yeux l’implore,
Et son sang assoiffé boit comme d’une amphore
À ses deux sources d’or la vivante liqueur,

Et sa saveur de lait – puis, poignard, il se tend
Pour ouvrir son doux corps, le fendre comme foudre,
S’éteindre dans sa sève en cendres, se dissoudre
En elle, au séminal abîme se jetant.

Ils sont assis avec les étoiles, le soir
À table. Tous les deux partagent le pain noir
Et le couteau entre eux sur la table s’étale.

Mais l’un l’autre étrangers se dérobent leurs yeux
Comme si le couteau, coupant en deux leur noeud,
Les avait séparés tels les bords de la table.

(Many-Leib)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Loupiotes (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019




    
Loupiotes

Le tilleul fait ses feuilles. Des centaines de petites
feuilles toutes fraîches. Presque transparentes. Le soir,
quand le soleil s’étale derrière les collines, elles brillent
comme des guirlandes de loupiotes en papier sur nos
crânes fatigués.

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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La bonne nouvelle était là (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



 

Edwin Church  Aurores boréales _500

La bonne nouvelle était là.
Elle était là comme un grain de soleil est sur le grain de blé
comme un pan de ciel bleu à travers l’échancrure des grands nuages bas s’étalant dans le ciel

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Edwin Church

 

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Vagues (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 

 

Vagues convulsives
vagues qui moutonnent
vagues hardies et agressives
avec une régularité de métronome
elles se suivent et s’étalent
sur le sable gris
et assaillent le rivage
qui se retranche
derrière la digue….

(Jean-Baptiste Besnard)

Le site de Jean-Baptiste ici

Illustration

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Penser vert (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



 

Janusz Orzechowski  The_meadow_jo5-v

S’étaler tout en large
Comme une prairie
Penser vert
Et sans ostentation
Faire le bonheur des vaches

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Janusz Orzechowski

 

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LA PIE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration: Marion Rose
    
LA PIE

L’ombre des frondaisons sur les prés bouge.
Le foin reste accroché aux haies par touffes.
Un églantier sur le talus s’étale.
La brise emporte en passant ses pétales.

La vapeur pâle erre au fond de l’azur.
Le soleil jette aux chemins ses dorures.
Un portail s’ouvre au passant sous un saule.
Le courant d’air va d’une arcade à l’autre.

Ainsi la pie d’arbre en arbre au verger,
ainsi la vie d’heure en heure, au juger.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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SILENCE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Illustration: Stéphane Pencréac’h
    
SILENCE

Il s’étale, effrayant: c’est la mer murmurante,
C’est un champ infini de toutes parts neigeux.
C’est la Mort déguisée attrapant mes cheveux,
Chagrine et qui fait peur. La Mort caracolante.

Je dépose à ses pieds mon âme pantelante.
Mon coeur bat-il encor? Je l’écoute, anxieux.
Musique monotone… et pourtant — justes cieux ! —
J’aime l’entendre vivre au sein de ma tourmente.

Je marche, dirait-on, sur un frêle terrain.
Quand le sol se défait sous mon pied incertain,
Je prétends résister comme fou qui s’éveille.

Puis je baisse la tête au comble de l’émoi.
Car la vase, déjà, vient boucher mon oreille.
Interdit, je me rends. Qu’adviendra-t-il de moi?

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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LA CARESSE (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

LA CARESSE

Mes chaudes mains, baigne-les
Dans les tiennes…. Rien ne calme
Comme d’amour ondulés
Les passages d’une palme.

Tout familiers qu’ils me sont,
Tes anneaux à longues pierres
Se fondent dans le frisson
Qui fait clore les paupières

Et le mal s’étale, tant,
Comme une dalle est polie,
Une caresse l’étend
Jusqu’à la mélancolie.

(Paul Valéry)

Illustration: Bénédicte Pontet

 

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