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Poésie

Posts Tagged ‘s’éterniser’

Où est la VIE ? (Lise Cassin)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Un oiseau monte vers le soleil
La vérité naît de l’instant
L’intensité dans le silence
Silence de l’instant
Espace de clarté blanche délivré de ténèbres

Amour nu
La brûlure à vif s’éternise
Au cœur
d’une île inespérée
A l’aube d’un jour innocentée de nuit

(Lise Cassin)

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LE SACRE DE VÉNUS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



LE SACRE DE VÉNUS
A Carmen.

Bravant marées vents et fantômes
Ton souvenir vient jusqu’à moi
Quand tombent les feuilles d’automne
Quand s’éternise au long des mois
L’amour et la peine des hommes.

Kara Théiôn, ô ma Jocaste
« Tête chère » bardée de fer,
En bandoulière j’ai le masque
Au ceinturon balle le casque
— Je suis aux portes de l’enfer —

J’ai vu des soirs si longs, si tendres,
Une musique et des ave
Qu’on n’en finissait pas d’entendre
Et j’ai vu des chevaux crevés
Dans les fossés couleur de cendre

J’ai vu les femmes que j’aimais
Mêlées au vent de mes détresses
Mais une seule, pour jamais
En silence dénoue ses tresses
Sur mes nuits et mes désormais

Issue des flammes de la mer
Ô ma grande femme de nacre,
Ma Vénus, le voici ton sacre !
Il sonne dans mon coeur amer
Le dur temps de nos épousailles.

Mes astres, mes soleils, mes lampes
Tout ce que j’aimais au rebours
Sombre dans l’arroi des tambours.
Donne-moi la vertu patience :
Je voudrais revivre l’amour.

Vous mes amis, mes camarades
Ou compagnons des jours sans peur ,
Soutenez-moi. Portez mon coeur,
Protégez-moi de votre grâce,
De votre armure de douceur.

(Maurice Fombeure)


Illustration: Sandro Botticelli

 

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PÉRIPLE (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018




PÉRIPLE

Je suis né sur les bords de la Seine et de l’Oise,
Auprès d’un archipel d’îlots embroussaillés
Qui me semblaient voguer avec les mariniers
Vers Mantes-la-Jolie, ou venir de Pontoise.

Les lourds chalands de bois saluaient la Fin d’Oise
Et menaient à Paris leurs frets dépareillés :
Le vin bleu du Maghreb et la pâte à papier,
L’anthracite du Nord et la bière lilloise.

Sur leur route en lacets c’est dévidé mon âge,
Sans hâte et sans arrêt, le rouleau du voyage
A laminé mon temps jusqu’au dernier filet.

S’il coula dans le creux de mes mains par hasard,
Comme un libre désordre est un effet de l’art,
J’ai pu croire un instant qu’il s’éterniserait.

(Jean-Charles Michel)

 

 

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À QUELQU’UN (Haruo Satô)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018



 

Achille Funi

À QUELQU’UN
ARU HITO NI

Hier, je t’ai vue en rêve, et c’était la deuxième fois
Mais six fois déjà j’ai rêvé de ton mari.
Même en rêve je ne peux parler longtemps avec toi
Mais avec lui je parle, je me promène dans mes rêves.
Les rêves sont contre moi. Ah,
Je doute de l’autre monde!
Quand je t’ai vue en rêve, je me suis aussitôt éveillé
Et j’ai mis bien du temps pour me rendormir.
Mais les rêves de ton mari s’éternisent
Et le lendemain, oh, j’ai mal à la tête…
Faut-il le dire? Une fois au moins je voudrais en rêve
Tuer ton mari, voir ce qui se passerait
Si j’en aurais quelque regret.

(Haruo Satô)

Illustration: Achille Funi

 

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Le printemps à Wuling (Li Qingzhao)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Le printemps à Wuling

Le vent a cessé ; jusqu’à la poussière l’air embaume ;
les arbres ont déjà perdu toutes leurs fleurs.
Le soleil décline à l’horizon ;

je suis trop lasse pour lisser ma chevelure.
Les choses sont là, immuables ;
l’homme ne fait que passer ;
ses entreprises ne sont qu’éphémère illusion.

A peine prononcées, mes paroles sont noyées de larmes.
On me dit que sur la Shuang, un charmant printemps s’éternise.
Aussi, je songe à y mener ma pauvre petite sauterelle.
Mais je crains que ce frêle esquif
ne puisse embarquer un si lourd chagrin.

(Li Qingzhao)

 

 

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Pénétrer davantage le coeur du soir (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017



    

Pénétrer davantage
le coeur du soir

Si loin
les montagnes estompées
Trop proches
les grillons qui s’éternisent

La brume errante
Se veut seule
son propre refuge

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Appel ou tentation (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017



Appel ou tentation ? Lorsque tu réussis ton rire,
la lumière s’émiette et nous amorçons le dialogue
haleine contre haleine.

L’espace est pris de tremblements.

Soleil, à midi bleu d’ailes qui s’envolent tu reçois
le baiser du sacre.

Moi je te nomme hélianthe et tu m’éblouis.

Mais quelle ombre s’éternise derrière l’incendie de ta face ?

(Jules Tordjman)

Illustration: Thierry Lambert

 

 

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L’été s’éternisait (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



L’été s’éternisait
dans la lumière inépuisable des clairières
aux mares noires desséchées
La vaine véhémence de ses buissons
Le feuillage doré de ses renoncements
faits de lenteur et de bercements

(Georges Bonnet)

 

 

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Déjà la trace est morte il va falloir recommencer (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Chaque matin Chaque soir
Pour sauver la face du temps

Tu regardes par la serrure
Tu éteins tous les luminaires

Dans les couloirs tu retrouves
La poussière

Et dans tes doigts
Se dispersent les éclats
Où venaient s’éterniser

Quelque chose

Mais déjà la trace est morte
Il va falloir recommencer

A fermer les yeux.

(Georges Jean)


Illustration

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Enfance ! (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2016



Enfance ! éloignement d’où lui vient sa douceur
Nuance où la couleur s’éternise en sourdine,
Religieux triptyque ombré d’une patine
Qui met sur les fonds d’or son vernis brunisseur.

Jeunesse ! Enfance ! attrait des choses disparues;
Astres du ciel plus clairs dans l’étang bleu du coeur
Chanson d’orgue criard dont toute la langueur
Expire en sons blessés dans le lointain des rues.

Je veux vous évoquer la ville aux pignons noirs,
Vieille ville flamande où les paroisses proches,
Lorsque j’étais enfant, faisaient pleurer leurs cloches
Comme un adieu de ceux qui mouraient dans les soirs !

Je veux recomposer la maison paternelle
Avant l’absence, avant la mort, avant les deuils;
Les soeurs, jeunes encor, dormant dans les fauteuils
Et le jardin en fleur et la vigne en tonnelle.

Je veux revivre une heure à l’ombre des grands murs,
Dans le collège ancien où nos âmes placides
S’ouvraient comme une église aux profondes absides
Avec des vitraux d’or pleins de visages purs.

Je veux vous reporter à ces calmes années :
Je suis resté le même après bien des douleurs;
Le manteau de mon Ame a toutes ses couleurs
Mais mes yeux sont plus las que des roses fanées.
{…]

Qu’importe ! ma souffrance est bonne ! Je les plains
Ceux qui n’ont plus l’orgueil d’être mélancoliques,
En gardant comme moi les dévotes reliques,
Les reliques d’enfant dont mes tiroirs sont pleins.

Surtout qu’en toi, ma chère ancienne, je m’épanche
Dans un chuchotement de mon esprit au tien
Viens donc; allons-nous-en poursuivre l’entretien
Dans le jardin flétri de ma Jeunesse Blanche,

Dans ce jardin désert, dans ce jardin fermé,
Dans ce jardin fleuri de lis, piqué de cierges,
Où jadis s’avançaient d’incomparables vierges
Dont les lèvres soufflaient l’odeur du mois de mai.

Mais ce parc est en proie à l’insulte des ronces,
Et mes rêves anciens, dans les lointains glacés,
Tels que des marbres blancs, tendent leurs bras cassés
Et de leurs yeux éteints pleurent dans les quinconces.

Pauvre parc envahi par l’automne et le soir,
Qui souffre en évoquant son aurore abolie;
Il est morne, il est vide, et ma mélancolie
L’enferme tout entier comme un grillage noir !

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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