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Poésie

Posts Tagged ‘s’étirer’

Le geste (Belinda Cannone)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2022



Illustration: Belinda Cannone
    
Le geste

Chaque matin, de la fenêtre de mon bureau je regarde mon chêne,
seul hôte du grand champ qui s’étend devant la maison,
de l’autre côté de la route, et qui est désigné au cadastre sous le nom de Paradis.

Durant le jour, quand le ciel versicolore est en fête,
ou quand l’eau perle sur la vitre,
qu’une ombre s’étire, que des traînées de brume flottent
ou qu’un animal passe,
je prends une photo à travers le carreau.

(Belinda Cannone)

 

Recueil: Un chêne
Traduction:
Editions: Le vistemboir

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Pour quelques-uns penchés (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2022




    
Pour quelques-uns penchés
Sous le fardeau amer
Pour quelques-uns
Qui penseraient avoir le coeur
Brisé
L’instant s’étire
À perdre haleine
Un voile se déchire
Et montre à nu les plaies
Du ciel

Puis tout revient à l’ordre

Et c’est comme le tremblement
Des feuilles
Après une bourrasque

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Sous l’imperturbable clarté Choix de poèmes 1983-2014
Traduction:
Editions: Gallimard

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TROIS CHOSES (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2021




    
TROIS CHOSES

RENDS-MOI trois choses, cruelle mort,
Chantait l’os sur le rivage,
Un enfant eut ce qu’enfant cherche
De plaisir ou d’heureux sommeil
Sur l’abondance de ma poitrine
(C’est un os blanchi par la vague
Et desséché par le vent).

Trois choses pleines que femmes savent,
Chantait l’os sur le rivage,
Un homme, si je l’étreignais
Ainsi, quand mon corps était vie,
Y trouvait toute joie que donne la vie
(C’est un os blanchi par la vague
Et desséché par le vent).

Et la troisième de mes hantises,
Chantait l’os sur le rivage,
C’est ce matin où je vis
Face à face mon bien-aimé,
Et m’étirai ensuite, et bâillai, heureuse.
(C’est un os blanchi par la vague
Et desséché par le vent.

(William Butler Yeats)

 

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LES ARABESQUES DE LA BARCAROLLE (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021



LES ARABESQUES DE LA BARCAROLLE

Faut-il que le piano soit lent
Faut-il que le jour
Tarde à mourir
Pour que le chat s’étire et baille
Pour que tes gestes s’alentissent
Que l’ombre glisse au long des murs
Faut-il que ce moment soit calme
Pour que tes cheveux se dénouent
Que ce livre s’échappe des mains
Et que le soleil s’efface
Faut-il que la paix soit complète
Pour que le temps s’arrête enfin
Que la tristesse soit légère
Que toute peine soit remise
Et que s’éloignent les nuages

(Robert Momeux)

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Les tournesols (Maeda Yugûre)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



Les tournesols
Inondés d’huile dorée
S’étirent nonchalamment sous la petitesse du soleil

(Maeda Yugûre)

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Même celui-là (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2021



Même celui qui se croit
On ne peut plus seul,
Abandonné,

Même celui-là
Est impliqué

Dans des histoires, qui s’étirent,
De caresses de la lumière

Sur son visage,
Sur ses mains,
Sur tout son corps.

Même celui-là
A sa nacre qui l’illumine.

(Guillevic)

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Délivrance (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Délivrance

Après
une chaleur
lourde
sourde à tout
s’étire, lente, sous la peau

L’âme
un instant
est au repos
ne se glisse pas dehors
mais colle aux corps
s’y baigne de toi à moi
bien à l’étroit

Et je m’endors

(Carole Zalberg)

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LUMIÈRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2020



Illustration: Victoria Chizhova
    
(Recueil Accents)
LUMIÈRE

Le matin sur le toit des maisons
Fait trembler un lac de lumière.
(Encore une fois les choses
Vont fondre dans leur élément.)

Par tant de fenêtres ouvertes
L’air circule et les pâles ombres
Qui protègent les formes
S’étirent doucement.

En vain le triste coeur s’oppose,
En vain le souvenir et le regret,
En vain la peur de l’inconnu :
Cette clarté, comme la mort,
Comme la joie et le sommeil,
Brûle et livre au voyage immobile
Un impatient passager.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Là toute simple (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019




    
Là toute simple

La glace à la vanille
le quart de pomme pour la tortue
l’eau pour les plantes
des jouets d’enfants qui traînent au sol
du vent dans les toiles d’araignées
les cerises les lucioles
les souvenirs et les projets
qui passent sans écraser
qui s’étirent dans le ciel
qui couchent l’herbe
qui sifflotent
qui germent
Là toute simple
la vie qui clapote
à nos pieds

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Aux petits soins (Guillaume Siaudeau)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2019




    
Aux petits soins

Au fond
de l’appartement
le temps s’étire
une mouche
lui masse
le dos

(Guillaume Siaudeau)

 

Recueil: Inauguration de l’ennui
Traduction:
Editions: Alma

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