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Poésie

Posts Tagged ‘s’étoiler’

SOIR RELIGIEUX (Emile van Arenbergh)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



SOIR RELIGIEUX

La vesprée automnale a la paix d’une église.
Çà et là, sous la lune, un astre, au fond du soir.
Scintille ainsi qu’un cierge au pied d’un ostensoir,
Et, tel un flot d’encens, monte une brume grise.

Comme une foule en deuil massée à l’horizon,
Là bas s’étale au flanc des monts la forêt sombre,
Et sa plainte, à travers le mystère de l’ombre,
Longuement psalmodie une sourde oraison.

Tandis qu’en s’étoilant, les tombantes ténèbres
Sèment de pleurs d’argent leurs tentures funèbres,
L’écarlate vitrail du couchant flambe encor ;

Et l’orbe du soleil, de ses lueurs dernières,
Dans les pourpres rubis des célestes verrières,
Fait au loin flamboyer une rosace d’or.

(Emile van Arenbergh)

Illustration

 

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Nous mourrons lentement (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Gustav Klimt  
    
— Nous mourrons lentement. Je meurs dès aujourd’hui.
Mon regard éperdu va perdre sa lumière,
Ma voix d’enfant, ma voix pâlira la première,
Mon rire, mon sourire et l’amour avec lui.

Dis ! quel amour futur, simple frère du nôtre,
Goûtera la fraîcheur de tout ce qui nous plut ?
Qui sentira brûlants, quand nous ne serons plus,
Les vers qu’entre nos bras nous fîmes l’un pour l’autre ?

Périr ! Et le savoir ! N’attendre que l’effroi !
Regarde s’étoiler mes jeunes doigts funèbres.
Je touche en me haussant les ailes des ténèbres.
Par quel matin d’hiver crierai-je que j’ai froid ?

Aurore qui grandit, crépuscule qui tombe,
Sur mon être au linceul, déjà presque enterré,
Les orgues rugiront du ciel : Dies Irae!
Et les fleurs de mon lit me suivront sur la tombe.

Non ! Pas encor ! Ce soir nous exalte en sursaut !
Ferme sur toute moi, sur moi, ton bras qui tremble!
Nos deux corps, nos deux cœurs, nos deux bouches ensemble!
Ah! je vis !… Tout est chaud ! Tout est chaud ! Tout est chaud !

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sur la sève d’un mot que dire? (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018



Illustration
    
Sur la sève d’un mot que dire?
Jouaient le même éclat la même jeunesse
Lorsque ce pré en juin sut m’envoûter.
Jamais le mot noir ne s’était dit,
Le jour nous comblait des merveilles simples
Ô joie respirant sur les eaux, joie
Quand tout silence s’étoile en lettres pures.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ecrire (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
Ecrire :

faire s’étoiler le désir de dire,
tracer des routes inverses,
s’ouvrir au multiple,
pour chasser ce qui, de nature, se dérobe,
et, le temps d’une éclaircie,
saisir un peu de la mesure juste,
la maîtriser pour une joie pleine mais crispée;
puis la voir s’émietter en embruns
dont le livre recueille les mouillures.

Le temps tourne la page.

Lecteur, tu habites ces blancs comme tu les entends.
Pour moi, ils sont ma faim, mon devenir, ma liberté libre.

Où, le poème que je veux faire ?
Plus avant ?
Tapi peut-être dans la fourmilière de mes brouillons ?

Où le poème qui me fera ?
C’est toujours de plus loin que je parle.
Dans le défaut.

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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Mes ténèbres (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




   
Mes ténèbres ne se sont jamais entièrement dissipées
elles se sont étoilées

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Chanson du petit mouton qui bêle sur la falaise (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2017



C’est un petit mouton bêleur qui ne sait s’il a du malheur.
Il bêle parce que bêler, c’est comme étoiles s’étoiler.
Même la nuit tout seul il bêle. Pas même un feu rose à la ronde…
Il bêle vers la mer profonde toute la détresse du monde.

(Paul Fort)

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Je vais (Tristan Cabral)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2017



je vais où je m’étoile
pour ne pas me briser…

(Tristan Cabral)

 

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Une écriture (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2016



Une écriture qui supporte l’intempérie,
qui puisse se lire sous le soleil ou la pluie,
sous la nuit ou le cri,
sous le temps dénudé.

Une écriture qui supporte l’infini,
les crevasses qui s’étoilent comme le pollen,
la lecture sans pitié des dieux,
la lecture illettrée du désert.

Une écriture qui résiste
à l’intempérie totale.
Une écriture qui puisse se lire
jusque dans la mort.

(Roberto Juarroz)

Illustration:Fabienne Contat

 

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La table flotte (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2016



femme soleil n

La table flotte la nuit dehors, la nuit dedans
et au-dessus de moi m’inondent les drapeaux du peuple
et à côté de moi les hommes rament pour amener les cercueils à terre
Et sous moi s’enciele, s’étoile comme chez moi à la Saint-Jean!

Et je te parcours du regard,
enflammée de soleil ;
pense à ce temps, où la nuit grimpait avec nous sur la montagne
pense à ce temps,
pense que je fus, ce que je suis :
un maître de cachots et de tours,
un souffle dans les ifs, un ivrogne dans la mer,
un mot où tu descends te brûler.

(Paul Celan)

 

 

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Quand la nuit s’étoile (Marguerite Clerbout)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2016



Quand la nuit s’étoile jointe à la lumière
accueille-la
seule, elle est l’espace
l’espace venu du ciel

(Marguerite Clerbout)

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