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Poésie

Posts Tagged ‘seuil’

Tout devient possible (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017


Magritte_amants



Elle se plaît à figurer le seuil
qui sans cesse camoufle un autre accès
s’éloigne
Et lui il tourne autour confond
Le code et la distance
Parfois la porte se rapproche
Une boucle échappe au temps
par l’embrasure
Et tout devient possible.

(Charles Dobzynski)

Illustration: René Magritte

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CABANE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017




    
CABANE

La cabane était douillette et des roses trémières
Ornaient la porte quand il chuchota au travers.
Le soleil sur le seuil était d’un jaune ardent
Lorsqu’elle ouvrit à cet homme ou cet ouragan.

À présent la cabane s’effondre au vent d’hiver
Les cloisons tombent où dans le péché ils s’aimèrent.
Et la longue et blanche pluie balaie toute la cabane
Comme une vieille sorcière de son balai de paille !

***

CABIN

The cabin was cozy and hollyhocks grew
Bright by the door till his whisper crept through.
The sun on the sill was yellow and warm
Till she lifted the latch for a man or a storm.

Now the cabin falls to the winter wind
And the walls cave in where they kissed and sinned.
And the long white rain sweeps clean the room
Like a white-haired witch with a long straw broom!
From Blue Mountain

(Tennessee Williams)

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Qu’avez-vous fait (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



Illustration: Benoit Colsenet
    
Qu’avez-vous fait, sinon
marcher sur terre énergumène.

Chercher un lieu

mais le voyage était sans fin.

Chercher quelqu’un. Mais c’était
à qui chercherait, sans prendre une autre main.

Même l’extrémité des branches
aurait été une patrie.

Perdus, vous vous en alliez avec la galaxie
mais vous serrez un mot qui vous est resté,
entendu par hasard au seuil d’une porte
comme reçoit une caresse un cheval solitaire.

Un mot
devenu
soleil et lieu.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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En te cherchant (Ahmad Shamlou)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



En te cherchant
au seuil de la montagne je pleure
Au seuil de la mer et de l’herbe.

En te cherchant
au passage des vents je pleure
Au carrefour des saisons,
Dans le châssis cassé d’une fenêtre qui prend
Le ciel enduit de nuages
Dans un vieux cadre.

En attendant ton image
Ce cahier vide
Jusqu’à quand
Jusqu’à quand
Se laissera-t-il tourner les pages?

Accueillir le flux du vent et de l’amour
Dont la sœur est la mort
Et l’éternité
Son mystère qu’elle t’a soufflé
Tu devins alors le corps d’un trésor
Essentiel et désirable
Comme un trésor
Par qui la possession de la terre et des pays
Est devenue ce que le cœur accueille.

Ton nom est un moment d’aurore qui sur le front du ciel passe
– Que ton nom soit béni! –

Et nous encore
Nous revoyons
La nuit et le jour
et l’encore.

(Ahmad Shamlou)

Illustration: Alex Alemany

 

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Le temps vient d’une parole douce (Jacques Tornay)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2017



Le temps vient d’une parole douce,
compagne qui a survécu aux hivers
dans le pays où rien n’est perdu,
étrangères aux lois du monde familier.

On essaie d’habiter l’intérieur de soi
de ses propres voeux, sans relâche
vers une réalité possible à transcrire.
Le poids du corps fait bouger la terre.

Dans le relatif absolu, le fugace durable,
l’être debout sur le seuil écoute
son plus grand mystère, ses mains
fleurissent lentement à l’écho d’un soleil.

(Jacques Tornay)

 

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La main, la terre promise (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2017



    

La main, la terre promise
chaque fois plus lointaine, seule la main
connaît encore le chemin.

Un corps n’est pas une maison pour la tristesse
et moi je me suis toujours posé au seuil
de la pierre de l’été.

Ô pierre pierre – pierre d’allégresse.
Exaspérée.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière solaire / Le poids de l’ombre / Blanc sur blanc
Traduction: Michel Chandeigne, Patrick Quillier et Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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Les crues de printemps (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2017



 

Les crues de printemps
Lèchent lentement les seuils —
La lune rayonne.

***

The spring flood waters
Lap slowly at the doorsteps, —
A radiant moon.

(Richard Wright)

 

 

 

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Ce palais (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2017



Ce palais dont le faîte touchait au ciel
et dont les rois eux-mêmes baisaient le seuil,
j’ai vu sur ses ruines un coucou
perché, qui criait: “Où? où? où?”

(Omar Khayam)

 Illustration

 

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Prête aux baisers résurrecteurs (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Prête aux baisers résurrecteurs

Pauvre je ne peux pas vivre dans l’ignorance
Il me faut voir entendre et abuser
T’entendre nue et te voir nue
Pour abuser de tes caresses

Par bonheur ou par malheur
Je connais ton secret pas coeur
Toutes les portes de ton empire
Celle des yeux celle des mains
Des seins et de ta bouche où chaque langue fond

Et la porte du temps ouverte entre tes jambes
La fleur des nuits d’été aux lèvres de la foudre
Au seuil du paysage où la fleur rit et pleure
Tout en gardant cette pâleur de perle morte
Tout en donnant ton coeur tout en ouvrant tes jambes

Tu es comme la mer tu berces les étoiles
Tu es le champ d’amour tu lies et tu sépares
Les amants et les fous
Tu es la faim le pain la soif l’ivresse haute

Et le dernier mariage entre rêve et vertu.

(Paul Eluard)

 Illustration: Pablo Picasso

 

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Oses-tu voir une Ame en « Incandescence »? (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017


benoit-extase

Oses-tu voir une Ame en « Incandescence »?
Alors blottis-toi sur le seuil –
Le Rouge – est la teinte commune du Feu –
Mais lorsque le vif Minerai

A surmonté l’épreuve de la Flamme –
Il frémit au sortir de la Forge
Sans autre couleur que la Lumière
Du Brasier non consacré –

Le moindre Village, est fier d’avoir son Forgeron –
Son Enclume dont le son égal
Est le symbole de la Forge plus subtile
Qui sans bruit travaille – au dedans –

Affinant avec Brasier, et Marteau
Ces impatients Minerais
Jusqu’à ce que la Lumière choisie
Répudie la Forge –

(Emily Dickinson)

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